La question de la consommation de viande rouge chez les enfants est un sujet de préoccupation et de débat. Faut-il l'intégrer à leur alimentation ou privilégier d'autres sources de nutriments ? Cet article explore les avantages et les inconvénients de la viande rouge pour les enfants, en s'appuyant sur des données scientifiques et des recommandations nutritionnelles.
Les Bienfaits Nutritionnels de la Viande Rouge pour les Enfants
La viande rouge est une source importante de nutriments essentiels pour la croissance et le développement des enfants. Elle apporte des protéines de très bonne qualité, indispensables à la construction et à la réparation des tissus. De plus, la viande rouge est particulièrement riche en fer, un élément essentiel pour la formation des globules rouges et le transport de l'oxygène dans l'organisme.
Un apport conséquent en fer
La viande rouge apporte des quantités importantes de fer bien assimilable, 3 fois plus que le porc, 7 fois plus que la volaille, 6 fois plus que le poisson et 10 fois plus que l’œuf. Les abats et les coquillages apportent encore plus de fer que la viande rouge. Le fer contenu dans la viande rouge est dit "héminique", ce qui signifie qu'il est plus facilement absorbé par l'organisme que le fer non héminique présent dans les végétaux.
Vitamine B12, Zinc
Outre le fer, la viande rouge est également une source de vitamine B12, essentielle pour la croissance et le bon fonctionnement du système nerveux, et de zinc, important pour le système immunitaire, la croissance et la cicatrisation. La vitamine B12 est produite par les micro-organismes des ruminants et n'est pas présente dans les végétaux, ce qui rend la viande rouge une source importante pour les enfants.
Protéines
L'importance de la viande pour les enfants ne se limite pas à l'apport en protéines. Cependant, il est vrai que le poisson et les œufs ont une composition en acides aminés similaire à celle de la viande. Pour obtenir la même teneur en protéines que dans 100 g de blanc de poulet, il faut consommer 4 œufs ou 130 g de poisson.
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Les Risques Associés à la Consommation de Viande Rouge chez les Enfants
Malgré ses bienfaits nutritionnels, une consommation excessive de viande rouge peut présenter des risques pour la santé des enfants. Il est bien connu qu'une consommation excessive de viande rouge peut être néfaste pour la santé. La science montre que la consommation régulière de viande rouge peut augmenter le risque de développer le diabète de type II, des maladies cardiovasculaires et certains cancers.
Risques à long terme
Si cet effet néfaste est documenté uniquement chez les adultes, « il est important d’imprimer à un enfant des bonnes habitudes durables le plus tôt possible », estime celui-ci. Il peut donc être risqué d’accoutumer un enfant à manger de la viande trop régulièrement, avant de lui demander de réduire sa consommation une fois adulte.
Viande transformée
Les viandes transformées, conservées par fumage, salaison, salage ou ajout de conservateurs chimiques, sont particulièrement à risque. Des organisations internationales ont déclaré qu’il existe des preuves solides que la consommation de viande rouge et de viande transformée augmente le risque de cancer colorectal.
Mode de cuisson
Le mode de cuisson de la viande rouge est également important. La cuisson à feu vif, en particulier sur une flamme nue, carbonise l’extérieur, entraînant la formation de composés chimiques cancérigènes.
Gras saturés
La viande rouge est souvent riche en gras saturés, mais cette teneur peut varier considérablement selon la coupe et la quantité de gras. Pour limiter la consommation de gras saturés, il est préférable d’opter pour des viandes hachées et des morceaux de viande plus maigres.
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Recommandations de Consommation de Viande Rouge pour les Enfants
Il est essentiel de trouver un équilibre entre les bienfaits nutritionnels et les risques potentiels de la consommation de viande rouge chez les enfants.
Quantités modérées
La Société canadienne du cancer recommande de se limiter à 255 g de viande rouge cuite par semaine (soit trois portions de 85 g). Elle recommande également d’éviter complètement la viande transformée. Pour la santé cardiaque, la Fondation des maladies du cœur et de l’AVC du Canada recommande de privilégier les viandes maigres et de ne pas dépasser des portions de 110 g.
Variété et équilibre alimentaire
Il est important d'intégrer la viande rouge dans une alimentation variée et équilibrée, riche en fruits, légumes, céréales complètes et autres sources de protéines.
Privilégier les viandes maigres et les modes de cuisson sains
Il est préférable de choisir des coupes de viande maigres et de privilégier les modes de cuisson qui ne nécessitent pas l'ajout de matières grasses, comme la cuisson à la vapeur, au four ou à la poêle avec peu de matière grasse.
Alternatives à la Viande Rouge pour les Enfants
Il est tout à fait possible de trouver des protéines dans d’autres aliments :
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- Légumes secs ou légumineuses: Associées aux céréales, elles sont une source de protéines aussi intéressante que la viande.
- Poissons: Ils contiennent autant de protéines que la viande et renferment de "bonnes graisses", en particulier les oméga-3.
- Œufs: Remarquable source de protéines, la consommation de quelques œufs par semaine ne peut pas engendrer d’excès de cholestérol sanguin chez les personnes en bonne santé.
Les différents régimes et leurs impacts sur la santé
Pollué par de nombreux enjeux connexes (économie, environnement, traditions alimentaires), le débat scientifique est aussi compliqué par des confusions fréquentes entre les différents régimes végétaux, qui vont du pesco-végétarisme (qui exclut uniquement la viande) au véganisme (qui proscrit tout produit d’origine animale). Or, ces différents régimes ont des conséquences bien distinctes sur la santé humaine. Car chaque catégorie d’aliments apporte une contribution plus ou moins grande aux besoins en nutriments essentiels pour la croissance des enfants et le bon fonctionnement de l’organisme des adultes.
Le régime sans viande (pesco-végétarien)
Ce régime, proposé dans les cantines de Lyon, ne présente guère de risques, à condition de rester équilibré - comme n’importe quel régime. En effet, les nutriments apportés par la viande, dont les protéines, peuvent aussi se retrouver dans la plupart des autres aliments (poisson, produits laitiers, légumes, céréales, etc.). Au début de 2020, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a d’ailleurs donné son feu vert à l’expérimentation de repas pesco-végétariens dans les cantines, jugeant « très peu probable » qu’ils puissent conduire à des carences chez les enfants. François Mariotti, chercheur à AgroParisTech et président du comité experts « nutrition humaine » à l’Anses, explique toutefois qu’il faut rester vigilant sur le fer et le zinc, dont la viande est la principale pourvoyeuse. « Pour les enfants, la question du fer n’est pas négligeable, mais l’anémie est facilement détectable, et rarement très grave », explique le chercheur, qui rappelle que le poisson apporte aussi du fer, et qu’il est aisé de prendre des comprimés en cas de carence. « Quant au zinc, il n’y a pas de risque de carence à proprement parler : on pense juste que cela peut affecter l’immunité à long terme », poursuit François Mariotti.
Le régime végétarien classique (ou ovo-lacto-végétarien)
Si l’exclusion du poisson et des fruits de mer de son régime ne présente pas de problème majeur, les nutritionnistes mettent en garde contre deux risques. Tout d’abord, un déficit en oméga-3 à longues chaînes (de type EPA et DHA). Même si on en retrouve dans l’huile et dans les noix, ces acides gras sont en effet surtout présents dans le poisson. Or, « même si on n’a pas encore assez de recul et d’études pour le prouver, un déficit de ces oméga-3 pourrait théoriquement avoir un impact sur la santé du cerveau », explique Benjamin Allès. « Il peut aussi y avoir un risque vasculaire à long terme », complète François Mariotti. La solution se trouve-t-elle dans les compléments alimentaires en oméga-3 ? « Des études sont en cours pour savoir s’ils fonctionnent vraiment efficacement comme substituts », rapporte Benjamin Allès, qui rappelle que beaucoup d’entre eux sont produits à base d’huile de poisson, et donc incompatibles avec le régime végétarien. Une alimentation sans produits de la mer peut aussi poser un problème d’apport en iode. « Cela peut provoquer des dysfonctionnements de la thyroïde », détaille François Mariotti, qui précise toutefois que les carences en iode sont très rares et présentent surtout un risque pour les femmes enceintes.
Le régime végétalien (ou vegan)
L’exclusion totale des produits d’origine animale est ce qui inquiète le plus les nutritionnistes. Non pas en raison de preuves scientifiques formelles sur l’effet du végétalisme sur la santé des enfants, mais de l’absence de telles preuves. « Au nom du principe de précaution, on ne peut pas recommander le régime végétalien pour tout type de population, car on manque de données de suivi à long terme, et encore plus chez les enfants », explique Benjamin Allès. Il faudra attendre la fin de 2021 pour que l’Anses se prononce, pour la première fois, sur la compatibilité du végétalisme avec les besoins nutritionnels, au regard de l’état des connaissances scientifiques. Contrairement à une idée très répandue, la question des protéines n’est pas centrale. En effet, les protéines végétales couvrent les mêmes besoins que les protéines animales, issues de la viande ou du lait. Il faut simplement veiller à varier les aliments végétaux pour couvrir l’ensemble des besoins protéiques. « Si vous mangez des céréales au petit déjeuner et des légumineuses le soir, ça va très bien », assure François Mariotti. Dans les faits, « tout le monde couvre son besoin en protéines et en acides aminés dans la population française, même parmi les végétaliens », assure le chercheur. Le principal problème du régime végétalien, c’est la vitamine B12, qu’on ne trouve quasiment que dans les produits d’origine animale. « Or, une carence peut provoquer de vraies maladies, comme de l’anémie, ou, bien pire, des troubles neurologiques et neuropsychiatriques », met en garde François Mariotti. C’est la raison pour laquelle les nutritionnistes recommandent aux végétaliens de prendre des compléments alimentaires contenant cette vitamine, sous la forme de comprimés. L’exclusion des produits laitiers du régime végétalien peut également engendrer un déficit d’apport en calcium et en vitamine D. Ce qui peut poser problème aux enfants, puisque la vitamine D favorise l’absorption du calcium, qui est crucial pour solidifier les os pendant la croissance. Pour les adultes, un déficit en calcium expose à un risque d’ostéoporose et de fracture. Pour le compenser, certaines boissons végétales comme le « lait » de soja sont enrichies en calcium ou en vitamine D. Si les risques inhérents au régime végétalien peuvent donc être le plus souvent circonscrits, les spécialistes recommandent un suivi nutritionnel régulier par un professionnel, à même de détecter d’éventuelles carences. Et rappellent que les principes de base de la nutrition doivent s’appliquer aux végétaliens comme aux autres : varier son alimentation, ne manger ni trop gras, ni trop salé, ni trop sucré, et éviter les produits ultratransformés, qui sont également très répandus sur le marché du véganisme.
Recommandations particulières pour les nourrissons
Le public particulièrement fragile des nourrissons fait l’objet de recommandations particulières. L’Anses proscrit absolument leur alimentation avec des laits classiques (qu’ils soient végétaux et animaux), qui « ne permettent pas de couvrir les besoins nutritionnels très spécifiques des nourrissons de la naissance à un an ». A défaut du lait maternel, l’Anses recommande jusqu’à trois ans la consommation de laits spécifiquement préparés pour couvrir les besoins nutritionnels des enfants (lait première âge, deuxième âge ou de croissance). Ceux-ci peuvent être issus de laits animaux ou, sur prescription médicale, de protéines végétales.
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