Le paludisme pendant la grossesse constitue un problème de santé publique majeur, entraînant des risques et des complications significatifs pour la mère et l'enfant à naître. Chaque année, en Afrique, 30 millions de femmes enceintes vivent dans des régions endémiques, où la maladie sévit de manière permanente. Tragiquement, 200 000 nourrissons meurent chaque année des suites de complications liées au paludisme pendant la grossesse. Face à ce défi, une équipe de chercheurs de l'Inserm travaille depuis 20 ans pour développer un vaccin contre le paludisme pendant la grossesse, avec l'espoir de protéger ces populations vulnérables.
Le paludisme gestationnel : un danger pour la mère et l'enfant
Dans les zones endémiques à forte transmission, une immunité contre le paludisme est généralement acquise au cours de l'enfance, protégeant les individus adultes des complications les plus graves de la maladie. Ainsi, le paludisme peut être asymptomatique, même pendant la grossesse. Cependant, la grossesse affaiblit l'immunité de la femme, la rendant plus sensible à l'infection. Les conséquences peuvent être graves, incluant pour la mère un risque d'anémie, d'avortement spontané, et pour l'enfant à naître un risque de naissance prématurée, de petit poids de naissance, et de retard de croissance intra-utérin.
Les mesures de prévention actuelles
Aujourd'hui, l'OMS recommande un ensemble de mesures de prévention pour lutter contre le paludisme pendant la grossesse. Ces mesures comprennent l'utilisation de moustiquaires imprégnées d'insecticide et un traitement préventif, qui réduisent les risques de complications liées à un épisode de paludisme pendant la grossesse. Des supplémentations en fer et en acide folique sont également prescrites pour soutenir la santé de la mère et du fœtus.
PRIMVAC : un vaccin en développement
Dans le but de prévenir jusqu'à 10 000 décès maternels et 200 000 décès infantiles par an, une équipe de chercheurs parisiens travaille depuis deux décennies à la mise au point d'un vaccin contre le paludisme gestationnel. Afin de faire valider leur essai clinique, les chercheurs ont évalué leur vaccin, nommé PRIMVAC, chez 68 femmes non enceintes âgées de 18 à 35 ans, à Paris au centre d'investigation clinique Cochin Pasteur, puis au Burkina Faso, au Centre national de recherche et de formation sur le paludisme à Ouagadougou.
L'objectif principal de cette étude était d'évaluer la réponse immunitaire induite par la vaccination, jusqu'à 15 mois après l'injection, et d'identifier d'éventuels effets indésirables. Un des chercheurs précise que "Développer un vaccin efficace à destination des jeunes femmes avant leur première grossesse est une priorité afin de réduire la mortalité liée au paludisme". Les travaux de l'équipe consisteront désormais à tester cette réponse immunitaire dans le temps, afin de s'assurer qu'elle soit toujours induite lors d'une première grossesse.
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