Loading...

La Lactation chez la Vache Abondance : Causes et Gestion des Défis

Introduction

La gestion de la lactation chez les vaches, notamment la race Abondance, est un aspect crucial de l'élevage laitier. Plusieurs facteurs peuvent influencer la production et la qualité du lait, ainsi que la santé et le bien-être des animaux. Cet article explore en profondeur les causes potentielles des problèmes de lactation, tels que l'acidose, la lipolyse et le stress thermique, tout en mettant en lumière l'importance d'une gestion alimentaire et environnementale appropriée.

Le Rôle Crucial de l'Alimentation et de la Digestion

L'Acidose Ruminale : Un Déséquilibre à Surveiller

Le tube digestif des bovins, avec ses quatre « estomacs », est particulièrement sensible aux déséquilibres alimentaires. Le rumen, le plus grand de ces estomacs, abrite une grande quantité de microorganismes qui fermentent la majorité de ce que mange la vache. Lorsque l'alimentation est déséquilibrée, ces microorganismes produisent une trop grande quantité d'acides gras volatils (AGV), entraînant une acidification du rumen, caractérisée par une baisse de son pH.

L'acidose ruminale se manifeste cliniquement par des diarrhées, une déshydratation, une atonie ruminale (le rumen ne se contracte plus) et une météorisation (vache qui ballonne). Il est vivement recommandé de faire appel à votre vétérinaire pour éviter les complications, car l’inflammation des parois du rumen favorise le passage des microorganismes et du lactate dans la circulation sanguine.

Il existe deux formes d'acidose :

  • L'acidose aiguë : Les signes cliniques digestifs apparaissent rapidement, souvent à la suite d'un accident dans la préparation ou la distribution de la ration. Les symptômes incluent une vache qui ballonne, des bouses molles et des douleurs abdominales.
  • L'acidose subaiguë : Il n'y a quasiment aucune manifestation clinique, mais il existe bel et bien des désordres acido-basiques responsables de problèmes économiques pour l'éleveur. Une étude a montré qu'une vache atteinte d'acidose subaiguë est soumise à une chute de production laitière quotidienne d’environ 2,7 kilos. De plus, ce lait est moins riche en matière grasse et en protéines.

Une bonne gestion de l’alimentation de ses bovins est la clé pour prévenir l’acidose. La ration de base doit contenir une grosse quantité de fibres de bonne qualité. Il est aussi possible de fractionner la distribution de concentrés. Une eau de qualité doit être accessible à volonté.

Lire aussi: Comprendre la baisse de lactation à 2 mois

La Lipolyse du Lait : Un Indicateur de Qualité à Maîtriser

La lipolyse du lait est une réaction d'hydrolyse de la matière grasse qui peut être à l'origine de défauts de qualité organoleptique et technologique des laits et des produits laitiers. Les niveaux de lipolyse dépendent de l’animal, des facteurs d’élevage, du matériel de traite et de la présence éventuelle de bactéries psychrotrophes.

La lipolyse du lait, un des processus de dégradation de la Matière Grasse (MG) laitière, est un critère de qualité du lait. En effet, les acides gras à chaîne courte libérés lors de la lipolyse provoquent le développement d'un arôme de rance dans le lait, qui n’est pas toléré par les consommateurs Français. De plus, la présence de triglycérides partiels dans le lait nuit à ses propriétés technologiques, telles que ses capacités de moussage et de crémage.

La mesure de la lipolyse s’effectue par dosage des Acides Gras Libres (AGL) des laits, produits de la réaction de lipolyse. Le lait de référence doit contenir moins de 0,89 meq d’AGL pour 100 g de MG.

On distingue trois types de lipolyse : la Lipolyse Spontanée (LS), la Lipolyse Induite (LI) et la Lipolyse Microbienne (LM). La LS se produit consécutivement au refroidissement du lait, en l’absence de chocs mécaniques. Elle dépend de l’animal et des facteurs d’élevage. La LI se produit consécutivement aux chocs mécaniques et thermiques qui ont lieu pendant la traite et le stockage du lait. En pratique, dans les élevages, il n’est pas possible de dissocier la LS de la LI dans les laits de tank. La LM est le produit de l’action des enzymes microbiennes sur les globules gras du lait.

Le système lipolytique (SLi) est le système enzymatique qui conduit à la réaction de lipolyse. Le SLi est constitué par 1) une enzyme native du lait, la LipoProtéine Lipase (LPL), 2) son substrat, les TG constituants les Globules Gras (GG) et 3) ses cofacteurs, activateurs et inhibiteurs. Le refroidissement du lait est un prérequis à l’activation du SLi. En effet, la réfrigération permet une réorganisation des composants du lait, propice à la LS, car elle permet de mettre en contact l’enzyme LPL et son substrat, les TG.

Lire aussi: Tout sur la lactation

L'Importance de l'Hydratation

L’eau est l’un des éléments essentiels à la survie de toutes les créatures vivantes. Les vaches n’y font évidemment pas exception. Une vache boit en moyenne 50 à 100 litres d’eau par jour, et même jusqu’à 150 litres les jours les plus chauds. Des distinctions sont cependant à faire selon la situation dans laquelle se trouve l’animal. En période estivale (température supérieure à 25°C), une vache peut boire jusqu’à 150/160 litres d’eau dans la journée (50 litres pour une génisse entre 6 et 12 mois, 80 litres pour une génisse d’un à deux ans).

L’eau joue ainsi un rôle essentiel dans le processus de digestion des vaches. L’eau aide également les vaches à réguler leur température corporelle. Les vaches en période de lactation ont besoin de plus d’eau pour soutenir la production de lait. La quantité totale dépend en partie de la production. Il est ainsi raisonnable de compter en moyenne trois litres par kilogrammes de lait.

Pour garantir que vos vaches reçoivent la quantité d’eau dont elles ont besoin, il est essentiel de surveiller leur consommation. Cette eau doit également être de bonne qualité, c’est-à-dire potable et sûre. Assurez-vous que l’eau est propre, dénuée de contaminants et fraîche en la changeant régulièrement. Elle ne doit pas non plus dégager d’odeur désagréable. Vérifiez les sources d’eau pour vous assurer qu’elles ne sont pas contaminées par des agents pathogènes.

Placez les abreuvoirs dans un endroit accessible et confortable pour les vaches. Idéalement, un abreuvoir pour vache doit se situer entre 75 à 85 centimètres au-dessus du sol. Le débit de remplissage de l’abreuvoir doit être capable de le couvrir et un débit de 15 à 20 litres par minute est généralement recommandé.

Le Stress Thermique : Un Facteur de Risque Majeur

Le stress thermique chez les vaches provoque des problèmes physiques causés par une hausse de leur température corporelle. Les bovins transpirent faiblement et c’est la respiration qui leur permet de réguler leur température. L’apparition de dépôts de graisse empêche les bovins de réguler efficacement la chaleur, les animaux en surpoids sont donc plus vulnérables.

Lire aussi: Guide sur l'Allaitement Mixte

La première manifestation du stress thermique est un changement comportemental des vaches : elles déploient plus d’efforts à se rafraîchir et/ ou à ne pas s’exposer à la chaleur. Le stress thermique provoquera davantage de mammites, un CCI plus élevé et une production de lait en déclin.

En fonction de l’humidité relative, le stress thermique peut se déclencher à une température de 20 °C. En général, dans les étables bien ventilées, on considère que la réduction du stress thermique est censée se produire à une température extérieure de 21 ˚C.

Voici un plan d’action en 5 points pour atténuer le stress thermique :

  1. Ventilation : La ventilation augmentera le seuil à partir duquel le stress thermique commence à avoir un impact. La circulation de l’air est primordiale pour que les vaches puissent se rafraîchir.
  2. Eau potable : De l’eau potable en abondance, à la fois au pâturage et dans l’étable. L’eau doit être fraîche, propre et agréable à boire. La température idéale de l’eau potable est de 17 °C.
  3. Alimentation : Ajouter des sources d’énergie facilement digestibles dans les rations alimentaires. Éviter la fermentation à la table d’alimentation. Nourrir les vaches le soir de préférence, nourrir deux fois par jour si nécessaire.
  4. Ombrage : Construisez des toits blancs et larges, ou d’autres couleurs claires pour réfléchir les radiations solaires et faire de l’ombre.
  5. Densité : Faites en sorte que les vaches ne se blottissent pas les unes aux autres ou ne se tiennent pas trop proches.

Optimisation du Démarrage en Lactation

L’optimisation du démarrage en lactation est la clé de réussite d’une bonne lactation. Un mauvais démarrage en lactation peut être dû à une mauvaise ration de base, une complémentation au robot non adéquate, une intégration des primipares non optimale, des paramètres de traite non adaptés ou une période de tarissement défaillante.

Il est important d’aller voir les vaches en début de lactation afin d’établir des notes d’état corporel (NEC). La note idéale se situe autour de 3 (sur une échelle de 1 à 5). Il est indiqué de réaliser des prises de sang pour mesurer le béta-hydroxybutyrate (BHB). Une cétose est démontrée si les valeurs de BHB sont supérieures au seuil et s'il y a de l’amaigrissement durant le premier mois de lactation.

Pour prévenir et surtout limiter la cétose sur le début de lactation, la période de tarissement doit être étudiée. Pour limiter le déficit énergétique en début de lactation, il faut maximiser la capacité d’ingestion au tarissement. Pour cela, il ne faut pas engraisser en début de tarissement ni faire maigrir à la fin. La ration concentrée ne doit pas être à volonté. La capacité d’ingestion des vaches est évaluée par le score de remplissage du rumen.

L’analyse des acides gras non estérifiés (AGNE) sur le sang des vaches taries permet de prédire le risque de cétose. La valeur des AGNE doit être inférieure à 0,4 mmol/l. En pratique, la phase de préparation vêlage doit être allongée. Elle doit durer au moins 21 jours : c’est la durée minimum pour que le rumen s’adapte à la ration.

Impact des Affections Sanitaires sur la Production Laitière

Les affections sanitaires ont un impact significatif sur la production laitière. Les boiteries et les mammites sont les affections les plus courantes. À court terme (5 semaines), les pertes de production les plus importantes sont causées par les mammites hivernales et surtout les boiteries survenant à la mise à l’herbe. À l’échelle de la lactation complète, ce sont les boiteries répétées qui entraînent les pertes de production les plus élevées.

Les vaches présentant en première lactation des troubles sanitaires graves (boiteries multiples) ont une carrière plus courte de 1,1 lactation que les vaches indemnes en première lactation.

tags: #lactation #vache #abondance #causes

Articles populaires:

Share: