La chimiothérapie, bien qu'essentielle dans le traitement de nombreux cancers, peut avoir des répercussions significatives sur la fertilité, tant chez les hommes que chez les femmes. Cet article aborde les effets de la chimiothérapie, en particulier le protocole R-CHOP, sur la fertilité masculine et les considérations importantes pour les couples envisageant une grossesse après un tel traitement.
Effets de la chimiothérapie sur la fertilité
La chimiothérapie peut altérer la fertilité en perturbant la production de spermatozoïdes chez l'homme et le cycle menstruel chez la femme.
Fertilité masculine
Certains médicaments de chimiothérapie diminuent le nombre de spermatozoïdes, entraînant une diminution de la fertilité, voire une stérilité masculine. Cela varie en fonction du type de traitement, des doses, de l’âge et de l’état général du patient. Le médecin doit préciser si le traitement de chimiothérapie est susceptible de diminuer ou non le nombre de spermatozoïdes.
Fertilité féminine
Certains médicaments de chimiothérapie perturbent le cycle menstruel des femmes : cycles irréguliers, quantité modifiée ou interruption totale des règles. Si tel est le cas, une femme peut ressentir les symptômes associés à la ménopause : bouffées de chaleur, sécheresse de la peau et des muqueuses, sécheresse vaginale, démangeaisons de la vulve.
Un traitement hormonal substitutif de la ménopause peut être proposé afin de diminuer ces effets indésirables, sauf en cas de cancer hormonodépendant. Le médecin peut également proposer des crèmes, des gels ou des lubrifiants locaux qui visent à atténuer la sécheresse vaginale et diminuer la douleur lors des rapports sexuels.
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Une fois le traitement terminé, si une femme n’est pas ménopausée, le cycle menstruel peut redevenir normal au bout de quelques mois. Toutefois, après 40 ans, il est possible que la ménopause s’installe.
Le protocole R-CHOP et la fertilité masculine
Le R-CHOP est un protocole de chimiothérapie couramment utilisé dans le traitement des lymphomes non hodgkiniens. Il combine plusieurs médicaments : Rituximab, Cyclophosphamide, Doxorubicine (Hydroxydaunorubicine), Vincristine (Oncovin) et Prednisone. L'impact de ce protocole sur la fertilité masculine est variable.
Impact sur la spermatogenèse
La chimiothérapie altère la spermatogenèse, vraisemblablement par destruction des spermatogonies (cellules souches germinales) et des spermatocytes (cellules en cours de différenciation entrées en méiose). L’effet gonadotoxique de la chimiothérapie dépend de la nature de la molécule et de sa dose cumulative.
Gonadotoxicité des agents chimiothérapeutiques
Les chimiothérapies à haut risque d’insuffisance gonadique sont essentiellement les alkylants. Ainsi, la gonadotoxicité est plutôt faible en cas de chimiothérapie ABVD, intermédiaire à élevée pour le BEACOPP et très élevée en cas de conditionnement avant greffe. Les cellules de Leydig sont le plus souvent épargnées par cette gonadotoxicité, et la fonction testiculaire hormonale persiste le plus souvent, même en cas d’atteinte de la spermatogenèse, sauf en cas de traitement à très forte gonadotoxicité comme dans le cas des conditionnements avant greffe.
Risque de stérilité
Le risque de stérilité dépend du type de chimiothérapie, de sa durée et des doses utilisées. Les effets de la chimiothérapie sont variables d’un homme à un autre. Les répercussions sur la fertilité seront d’autant plus importantes que les doses cumulées de médicament seront élevées, en particulier pour les agents alkylants comme, par exemple, avec le cyclophosphamide ou la cisplatine.
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Grossesse après R-CHOP : Études et recul
Une question fréquemment posée par les couples après une chimiothérapie R-CHOP est de savoir si une grossesse est envisageable et quels sont les risques potentiels pour l'enfant.
Études sur les grossesses après chimiothérapie
Il existe des études sur les grossesses après chimiothérapie, mais les données spécifiques sur les effets à long terme du R-CHOP sur la progéniture peuvent être limitées. Les médecins conseillent généralement d’attendre un certain temps après la fin du traitement avant d’envisager une grossesse. Ce temps d’attente varie en fonction de l’origine du cancer.
Risques potentiels pour l'enfant
Bien qu'il n'ait pas été démontré que l'exposition pendant un rapport sexuel à un médicament présent dans le sperme ou les sécrétions vaginales présente un risque pour la santé du partenaire, certains médicaments utilisés pour le traitement des cancers peuvent entraîner des risques importants de malformation du fœtus. C’est pourquoi il est recommandé d’éviter toute grossesse pour les femmes en cours de traitement ainsi que pour les partenaires féminines des hommes en cours de traitement.
Recul et expertise médicale
Le recul sur les grossesses après R-CHOP est en constante évolution. L'expertise médicale est essentielle pour évaluer les risques individuels et fournir des conseils personnalisés. Une surveillance médicale étroite pendant la grossesse est recommandée.
Conseils et recommandations
Préservation de la fertilité avant traitement
Une congélation de spermatozoïdes doit être systématiquement proposée avant le début des traitements. Cette technique est possible y compris chez l’adolescent. Pour les patients pré- ou péripubères, une biopsie de tissu testiculaire est proposée en cas de traitement à forte gonadotoxicité.
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Contraception pendant et après traitement
Pendant une chimiothérapie, il est nécessaire d'envisager un moyen de contraception. La prise de la pilule est parfois possible pendant une chimiothérapie. Le médecin est là pour conseiller sur les différents moyens de contraception possibles si besoin.
Une contraception de couple (préservatif, pilule, stérilet) tenant compte du traitement administré est proposée, dès le début du traitement et durant toute sa durée, pour éviter toute grossesse à risque pour l’enfant.
Surveillance après traitement
Une surveillance du spermogramme doit être proposée après la fin des traitements : des récupérations de la spermatogenèse sont possibles à distance. Le bilan ne doit pas être réalisé trop précocement après la fin du traitement ou bien répété car les résultats ne sont pas définitifs.
Il est conseillé d’attendre au minimum un an après l’arrêt du traitement pour envisager une grossesse et de contrôler le sperme pour évaluer la qualité de la production spermatique. En cas de chimiothérapie, il peut être conseillé d’utiliser des préservatifs lors des rapports sexuels étant donné la possibilité de l’excrétion des produits médicamenteux dans le sperme.
Assistance médicale à la procréation
En cas de congélation de sperme avant traitement, la prise en charge de l’infertilité repose sur des techniques d’assistance médicale à la procréation : inséminations artificielles, fécondation in vitro (FIV) assistée d’une injection intracytoplasmique d’un spermatozoïde (ICSI).
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