Un polype colique est une excroissance anormale qui se développe sur la muqueuse du côlon ou du rectum. Ces polypes peuvent varier en forme et en taille, allant de lésions planes à des excroissances bourgeonnantes. Bien que la plupart des polypes soient asymptomatiques, ils présentent un risque de transformation en cancer colorectal au fil du temps. La polypectomie colique est une intervention essentielle pour retirer ces polypes et prévenir le développement du cancer.
Qu'est-ce qu'un Polype Colique?
Un polype est une prolifération anormale de la muqueuse du côlon ou du rectum. Il peut avoir différentes formes (plan, bourgeonnant…) et être de taille variable. Il va évoluer progressivement (en quelques années habituellement) et se transformer en cancer. La plupart du temps, les polypes sont asymptomatiques et découverts lors de la réalisation d’une coloscopie.
Les polypes colorectaux sont des excroissances anormales des tissus de la muqueuse. Ils sont courants et souvent multiples, surtout chez les adultes âgés de plus de 50 ans, et n’occasionnent habituellement aucun symptôme. Les polypes hyperplasiques ou festonnés se produisent lorsque, dans une section de la muqueuse de l’intestin, des cellules croissent trop rapidement. Les polypes adénomateux (adénomes) sont définis par la croissance de nouvelles cellules des glandes.
Types de Polypes Coliques
Il faut distinguer différents types de polypes du côlon en fonction de la nature des cellules à partir desquelles ils se développent :
- Polypes adénomateux (adénomes) : Issus de la prolifération des cellules des glandes localisées dans la muqueuse du côlon. Ils sont classés en fonction du nombre de leurs cellules précancéreuses. On estime que près de trois adénomes sur 1.000 deviennent des cancers (carcinome malin).
- Polypes hyperplasiques : Ils entraînent une augmentation de la taille des glandes de la muqueuse du côlon. Ils évoluent rarement vers un cancer.
- Polypes hamartomateux : Ils sont très peu fréquents et à faible risque d'évolution maligne.
- Polypes inflammatoires : Ils se développent chez les patients atteints de rectocolite hémorragique ou de maladie de Crohn. Ils résultent de processus inflammatoires répétés et de cicatrisation de la muqueuse du côlon.
Symptômes et Détection des Polypes Coliques
La plupart des polypes sont asymptomatiques. Les lésions plus grosses peuvent entraîner des crampes, des douleurs abdominales ou une occlusion (une obstruction de la lumière intestinale). Une diarrhée aqueuse abondante pouvant entraîner de faibles taux de potassium dans le sang : hypokaliémie.
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Méthodes de Détection
- Test Immunologique Fécal (FIT) ou Recherche de sang occulte : Une analyse d’un échantillon de selles pour vérifier la présence de traces de sang.
- Coloscopie : Un long tube flexible dont le bout est muni d’une caméra utilisée afin de pouvoir visualiser la muqueuse interne du colon et ensuite identifier et retirer les polypes détectés.
La Coloscopie : Examen Clé pour le Diagnostic
La coloscopie est l’examen de dépistage le plus fiable pour mettre en évidence des lésions éventuelles au niveau du côlon. Autre avantage, les lésions détectées peuvent être enlevées partiellement ou totalement au cours de l’examen pour analyse. La coloscopie consiste en l’exploration du côlon et du rectum pour détecter des anomalies d’origine cancéreuse ou non. Couramment pratiquée, elle peut être prescrite en cas de symptômes intestinaux non expliqués (douleurs, diarrhées), de saignements intestinaux (traces de sang dans les selles), d’antécédents familiaux ou personnels de cancer colorectal.
Les anomalies détectées lors d’une coloscopie peuvent être des excroissances de tissus (polypes), des diverticules (hernies), la présence de tissus lisses d’aspect anormal ou une inflammation. L’analyse des prélèvements au microscope permettra de poser le diagnostic. La présence d’anomalies n’indique pas nécessairement qu’il s’agisse d’un cancer, la majorité des polypes étant bénins ; néanmoins, leur élimination permet de prévenir l’apparition de la maladie.
Préparation à la Coloscopie
Pour réaliser l’examen, le côlon, en temps normal rempli de selles, doit être impérativement nettoyé afin que les parois puissent être visualisées. La préparation va commencer par un régime alimentaire adapté à mettre en place quelques jours avant l’examen. Il va consister en une alimentation sans fruits ni légumes (régime sans fibres ou sans résidus). Afin de vider le côlon, un laxatif est à prendre la veille de l’examen. Il est conseillé de le boire très frais afin d’en atténuer le goût salé.
Le jour même, en raison de l’anesthésie générale, il faut être à jeun. À partir de minuit la veille de l’examen, il ne faut ni manger ni boire et ne pas fumer. De plus, avant l’examen, il faut prendre une douche en se savonnant soigneusement l’ensemble du corps. Certains traitements médicamenteux ne sont pas compatibles avec la coloscopie comme ceux qui ralentissent le transit intestinal ou les fluidifiants du sang. Le patient devra informer son médecin de tout traitement qu'il prend et si nécessaire certains seront arrêtés quelques jours avant l'examen. Une bonne préparation avant la coloscopie est fondamentale pour le bon déroulement de l’examen. En effet, si le côlon n’est pas suffisamment propre, l’examen peut être interrompu et reporté.
Déroulement de la Coloscopie
La coloscopie est un examen qui dure environ 30 minutes, le plus souvent sous anesthésie générale. Le coloscope est introduit par l’anus puis progressivement amené jusqu’au côlon. Afin de déplisser les tissus, le côlon est gonflé par de l’air permettant ainsi une bonne visualisation de toutes les parois. Au fur et à mesure de la progression du coloscope, des images sont directement transmises et analysées par le gastroentérologue. Si des anomalies sont détectées, un échantillon de tissu est prélevé pour analyse ultérieure (biopsie). Il est également possible que l’intégralité du tissu anormal soit enlevée (ablation).
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Après l'Examen
À votre réveil, le gastroentérologue réalise un compte rendu de ce qui a été observé. Les résultats des analyses effectuées sur les éventuelles biopsies seront envoyés au médecin traitant dès que possible. La plupart du temps, après une courte période d’observation de quelques heures, il est possible de rentrer chez soi. Le patient devra prévoir de se faire raccompagner car il est interdit de conduire le jour d'une anesthésie. Dans certains cas, une courte hospitalisation peut être nécessaire surtout en cas d’examens difficiles ou encore de prélèvements de gros polypes. Il est possible de reprendre une alimentation et une activité normale après l’examen. La coloscopie peut provoquer quelques effets secondaires. De légères crampes abdominales sont couramment ressenties. Il est également normal de faire des gaz qui correspondent à l’air insufflé dans l’intestin au cours de l’examen.
Polypectomie : Techniques et Procédures
La plupart des polypes peuvent être éliminés au moment même de la coloscopie, en les coupant à la base avec une anse ou une pince à biopsie. Il s’agit de la technique de polypectomie ou mucosectomie. Certains polypes sont trop volumineux ou présentent un risque de cancer superficiel. Une nouvelle technique d’exérèse peut alors être nécessaire. Si le polype se révèle être cancéreux, la nécessité d’un traitement supplémentaire chirurgical dépend du risque de propagation éventuelle du cancer.
Si des polypes du côlon et du rectum sont détectés, ils sont tous retirés (polypectomie endoscopique) et sont analysés. Le traitement d'un polype du côlon consiste à le retirer (ablation). Les polype pédiculés (constitués d'un chapeau et d'un pied qui les relient à la paroi intestinale) sont généralement retirés par voie endoscopique, lors de la coloscopie.
Techniques de Polypectomie
Il existe 3 techniques possibles de traitement des polypes du colon par coloscopie :
- Polypectomie à l’anse froide ou chaude : La plupart des polypes peuvent être éliminés au moment même de la coloscopie, en les coupant à la base avec une anse ou une pince à biopsie.
- Mucosectomie : Plus récemment, la technique de mucosectomie a élargi le champ des lésions résécables par endoscopie.
- Dissection sous-muqueuse : Les évolutions se poursuivent avec l’apparition de la technique de dissection sous-muqueuse. Si cette dernière reste réservée à des centres experts et à de rares lésions sélectionnées, la polypectomie et idéalement la mucosectomie doivent être utilisées au mieux par les endoscopistes.
Pour certains polypes qui reposent à plat sur la paroi du côlon (polypes sessibles) ou pour les très gros polypes, l'ablation doit se faire par chirurgie. La chirurgie des polypes du côlon a lieu au cours d’une hospitalisation de quelques jours et consiste à retirer la portion du côlon dans laquelle le polype s’est développé. Le chirurgien recoud ensuite les deux extrémités du côlon pour reformer le conduit digestif.
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Facteurs Influant sur le Choix de la Technique
Un certain nombre d’améliorations se sont faites au fil des ans et les indications respectives, les techniques idéales sont de plus en plus précises. Parallèlement, les données disponibles sur le risque ganglionnaire des lésions avancées se sont précisées. La classification de Paris a permis d’adapter nos gestes à la présentation endoscopique de la lésion. La terminologie et les renseignements que doivent fournir l’anatomopathologiste ont parallèlement évolué (classification de Vienne, conférence de consensus sur le cancer colique).
Quelques principes simples facilitent la résection des polypes. L’orifice de sortie du canal opérateur est situé entre 5 heures et 8 heures sur un cadran horaire. Positionner le polype dans ce cadran permettra d’y accéder directement. Pour tous les polypes coliques = 5 mm ou pour ceux de 6 à 9 mm en situation difficile, il est conseillé d’effectuer l’exérèse dès leur visualisation (10 % des polypes visualisés à la montée ne sont plus retrouvés à la descente). Le choix de l’anse, et en particulier de sa taille et de sa forme, peut être adapté à l’aspect et à la localisation du polype.
Gestion des Complications
La majorité des hémorragies surviennent lors du geste. Il n’existe pas de facteurs prédictifs. Les opérateurs doivent maîtriser les gestes d’hémostase et disposer du matériel adapté. La mobilisation du patient et l’instillation d’eau à haute pression peuvent être utiles pour mieux exposer le site du saignement. Le traitement curatif d’une hémorragie immédiate ou retardée se fait par l’application de clip hémostatique et/ ou par l’injection de sérumadrénaliné.
Le risque perforatif est faible, variant de 0,2 à 0,5 %. Le traitement d’une perforation, si elle est diagnostiquée lors de la mucosectomie, peut faire appel à une méthode endoscopique (clips) mais il sera indispensable de réaliser un scanner (pour juger de la présence ou non de liquide intrapéritonéal) et de prendre un avis chirurgical.
Analyse Post-Polypectomie et Suivi
L’examen anatomopathologique doit faire l’objet d’un compte-rendu reprenant l’ensemble des critères utiles pour adapter la décision thérapeutique complémentaire ou le suivi. On constate encore trop souvent que des éléments indispensables au choix sont absents. Le plus souvent, cela résulte d’une mauvaise présentation de la pièce (non étalée, pied non repéré) ou d’une insuffisance de précision de l’anatomopathologiste. Le risque de métastases ganglionnaires est fonction du niveau d’envahissement pariétal par le cancer. L’analyse de la lésion est donc décisive. Cette analyse sera plus ou moins fiable en fonction de la qualité de la pièce. C’est habituellement simple pour les lésions pédiculées.
En cas de résection incomplète, visible endoscopiquement ou prouvée par l’étude histologique, une résection complémentaire est à réaliser entre 2 et 6 mois.
Prévention du Cancer Colorectal
La polypectomie est, en fréquence, un des premiers actes thérapeutiques de l’endoscopie digestive. La prise en charge des polypes a changé au cours des 10 dernières années. Nous sommes passés de l’anomalie de relief, aperçue puis biopsiée avant décision ou directement réséquée, au polype finement analysé puis réséqué par une technique choisie en fonction des caractéristiques macroscopiques endoscopiques.
Certains cancers viennent sans polypes, mais on sait que 80% des cancers du colon proviennent d’un polype du colon qui a dégénéré. Il existe un programme de dépistage organisé du cancer colorectal sur l’ensemble du territoire français pour toutes les personnes âgées de 50 à 74 ans et sans antécédents personnels ou familiaux. Ce dépistage est recommandé tous les deux ans.
Recommandations et Dépistage
Quand on a des antécédents, il faut faire des coloscopies régulières. Avant la coloscopie le patient doit suivre un régime pauvre en résidus à prendre la veille de l'examen.
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