Introduction
Le phénobarbital est un médicament antiépileptique de la famille des barbituriques. Il est utilisé dans le traitement de certaines formes d'épilepsie chez l'enfant. Cet article vise à fournir des informations détaillées sur la posologie du phénobarbital en pédiatrie, ses indications, contre-indications, effets secondaires et interactions médicamenteuses.
Indications thérapeutiques du phénobarbital
Le phénobarbital est un anticonvulsivant utilisé dans le traitement de diverses formes d'épilepsie, notamment les épilepsies partielles et généralisées tonico-cloniques. Il peut être prescrit en monothérapie ou en association avec d'autres traitements antiépileptiques. Cependant, il est important de noter que le phénobarbital n'est pas efficace dans les absences typiques et les crises myocloniques, et peut même aggraver ces dernières.
Présentations du médicament Gardénal
Le Gardénal, contenant du phénobarbital, est disponible sous plusieurs formes :
- GARDÉNAL 10 mg : comprimé (blanc) ; boîte de 80
- GARDÉNAL 50 mg : comprimé (blanc) ; boîte de 30
- GARDÉNAL 100 mg : comprimé (blanc) ; boîte de 20
- GARDÉNAL : préparation injectable à 40 mg ; flacon de lyophilisat et ampoule de solvant de 2 ml
Composition du médicament
La composition du médicament GARDÉNAL varie selon le dosage:
- Comprimés : Phénobarbital (10 mg, 50 mg, 100 mg), Amidon de blé (gluten)
- Préparation injectable : Phénobarbital (40 mg)
Il est essentiel de prendre en compte la présence d'amidon de blé (gluten) pour les patients atteints de la maladie cœliaque ou d'une sensibilité au gluten.
Lire aussi: Guide complet sur Célestène : utilisation et dosage
Contre-indications
Ce médicament est contre-indiqué dans les cas suivants :
- Allergie aux barbituriques
- Porphyrie
- Insuffisance respiratoire grave
- Association avec les produits de phytothérapie contenant du millepertuis
Précautions d'emploi et mises en garde
Il est crucial de ne jamais modifier ou interrompre le traitement sans l'avis d'un médecin, car cela pourrait entraîner la réapparition des convulsions, même après une longue période sans crise. Des précautions sont nécessaires en cas d'insuffisance hépatique ou rénale. Un traitement prolongé chez l'enfant peut nécessiter la prise conjointe de vitamine D pour prévenir le rachitisme.
Il est déconseillé de consommer des boissons alcoolisées pendant le traitement, car cela augmente le risque de somnolence. La conduite de véhicules et l'utilisation de machines dangereuses sont fortement déconseillées, surtout dans les heures qui suivent la prise du médicament, en raison du risque de somnolence.
Interactions médicamenteuses
Le phénobarbital peut interagir avec plusieurs médicaments, notamment :
- Produits de phytothérapie contenant du millepertuis : risque de diminution de l'efficacité de l'antiépileptique.
- Contraceptifs oraux (pilule) : risque d'inefficacité de la contraception. Une contraception efficace doit être utilisée pendant le traitement et pendant deux mois après son arrêt si le phénobarbital a été administré en urgence.
- Anticoagulants oraux : nécessité d'un contrôle plus fréquent de l'INR.
- Antidépresseurs imipraminiques : risque de survenue de crises convulsives généralisées.
- Corticoïdes : diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité des corticoïdes.
- Digitaliques : diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de la digitoxine.
- Antiarythmiques : diminution des concentrations plasmatiques et de l'efficacité de l'antiarythmique.
- Bêtabloquants : diminution des concentrations plasmatiques de ces bêtabloquants avec réduction de leurs effets cliniques.
- Doxycycline : diminution des concentrations plasmatiques de la doxycycline.
- Carbamazépine : diminution progressive des concentrations plasmatiques de carbamazépine et de son métabolite actif.
- Théophylline : diminution des concentrations plasmatiques et de l'activité de la théophylline.
- Immunosuppresseurs : diminution des concentrations plasmatiques de l'immunosuppresseur et de son efficacité. Augmentation de la posologie de l'immunosuppresseur sous contrôle des concentrations plasmatiques.
- Ifosfamide: Risque de majoration de la neurotoxicité.
- Méthadone: Risque majoré de dépression respiratoire, pouvant être fatale en cas de surdosage. Par ailleurs, diminution des concentrations plasmatiques de méthadone avec risque d'apparition de syndrome de sevrage par augmentation de son métabolisme hépatique.
- Zidovudine : Risque de diminution de l'efficacité de la zidovudine par accélération de son métabolisme hépatique.
Il est impératif d'informer votre médecin ou votre pharmacien de tous les médicaments que vous prenez, y compris les médicaments en vente libre et les produits de phytothérapie.
Lire aussi: Précautions d'emploi de la Clindamycine chez l'enfant
Fertilité, grossesse et allaitement
Grossesse
Si une grossesse survient sous traitement, il est impératif de consulter immédiatement votre médecin. L'arrêt brutal de ce médicament expose à la réapparition de crises préjudiciables à la mère et à l'enfant à naître. Le médecin évaluera le risque éventuel lié à l'utilisation de ce médicament dans votre cas.
Le phénobarbital traverse le placenta et peut augmenter les risques de malformations congénitales. Des troubles neurodéveloppementaux ont été rapportés chez des enfants exposés au phénobarbital pendant la grossesse. Les patientes prenant du phénobarbital doivent recevoir un supplément adéquat d'acide folique avant la conception et pendant la grossesse. Un syndrome hémorragique peut survenir chez le nouveau-né. Une prévention par la vitamine K1 est recommandée chez la mère et le nouveau-né.
Le phénobarbital ne doit pas être utilisé chez les femmes en âge de procréer et les femmes enceintes, sauf en l’absence d’alternative thérapeutique moins tératogène. Un avis médical doit être donné aux femmes en âge de procréer. Chez les femmes traitées pour une épilepsie, un arrêt brutal du traitement antiépileptique doit être évité car cela peut entraîner la réapparition de crises dont les conséquences pour la mère et le fœtus peuvent être graves. Une monothérapie doit être utilisée chaque fois que possible. En effet, une polythérapie avec plusieurs antiépileptiques peut être associée à un risque plus élevé de malformations congénitales qu’une monothérapie.
Allaitement
Le phénobarbital est excrété dans le lait maternel. En cas d’ingestion accidentelle, consulter immédiatement un médecin, en avertissant d’une intoxication aux barbituriques, et montrez-lui la notice ou l’étiquette.
Posologie et administration
La posologie du phénobarbital doit être strictement respectée et adaptée individuellement par le médecin en fonction de l'âge, du poids et de la réponse thérapeutique de l'enfant.
Lire aussi: Comment doser le Doliprane 500 mg chez l'enfant ?
- Chez l'enfant: La posologie usuelle est de 3 à 4 mg/kg en une prise quotidienne au coucher.
La concentration plasmatique thérapeutique est comprise entre 15 et 40 mg/L. La cinétique du phénobarbital est soumise à de grosses variations inter-individuelles, ce qui justifie la surveillance des concentrations plasmatiques pour permettre un meilleur contrôle des convulsions et une meilleure adéquation entre la clinique et la posologie. Lorsque la clinique le justifie, contrôler la barbitémie en effectuant le prélèvement de préférence le matin. L'efficacité du médicament ne peut être jugée qu'après 15 jours de traitement.
Effets indésirables possibles
Comme tous les médicaments, le phénobarbital peut provoquer des effets indésirables, bien que tous ne surviennent pas chez toutes les personnes. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont :
- En début de traitement: Ataxie, somnolence, faiblesse et étourdissements.
- Autres effets: Polyurie, polydipsie et polyphagie (à des concentrations sériques élevées).
- Effets hématologiques: Le phénobarbital peut avoir des effets délétères sur les cellules souches de la moelle osseuse, entraînant une pancytopénie immunotoxique et/ou une neutropénie.
- Effets hépatiques: Augmentation isolée de la gammaglutamyltranspeptidase (sans signification clinique en général), élévation modérée des transaminases et/ou des phosphatases alcalines.
- Effets cutanés: Des réactions dermatologiques sévères, telles que le syndrome de Stevens-Johnson (SJS) et la nécrolyse épidermique toxique (NET ou syndrome de Lyell), ont été très rarement rapportées. Les patients doivent être informés des signes et symptômes et surveiller étroitement toute réaction cutanée.
- Effets neuropsychiques: Somnolence en début de journée, troubles cognitifs, atteinte de la mémoire. Des idées et comportements suicidaires ont été rapportés chez des patients traités par des antiépileptiques.
- Effets osseux: Une diminution de la densité minérale osseuse, une ostéopénie, une ostéoporose et des fractures ont été rapportées chez des patients traités au long court par phénobarbital.
- Syndrome d'hypersensibilité: Des réactions d'hypersensibilité multisystémique avec le plus souvent fièvre, éruption cutanée, éosinophilie et atteinte hépatique ont été rapportées.
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.
Surdosage
En cas de surdosage, il est impératif d'éliminer le produit ingéré de l'estomac, par exemple par lavage gastrique. L'administration de charbon actif peut également être bénéfique. Bien qu'il n'existe pas d'antidote spécifique, les stimulants du système nerveux central (comme le doxapram) peuvent stimuler le centre respiratoire.
Une ingestion accidentelle peut entraîner une intoxication, et peut être fatale, en particulier chez les enfants. En cas d’ingestion accidentelle, consulter immédiatement un médecin, en avertissant d’une intoxication aux barbituriques, et montrez-lui la notice ou l’étiquette.
Mécanisme d'action
Le phénobarbital augmente le seuil épileptogène et diminue la propagation des décharges neuronales. Il augmente le courant déclenché par les récepteurs GABAergiques en allongeant la durée des impulsions de ce courant sans en modifier la fréquence. Il déprime spécifiquement le centre moteur du cortex cérébral.
Pharmacocinétique
La demi-vie plasmatique est de 50 à 140 h chez l'adulte, de 40 à 70 h chez l'enfant. Elle augmente chez les sujets âgés et en cas d'insuffisance hépatique ou rénale. Le phénobarbital diffuse dans tout l'organisme, notamment dans le cerveau en raison de sa liposolubilité; il traverse la barrière placentaire et passe dans le lait maternel. Il est métabolisé en partie au niveau hépatique en métabolite inactif. L’excrétion est sous forme inchangée à 25% dans les urines.
Surveillance du traitement
Une surveillance régulière des concentrations plasmatiques de phénobarbital est essentielle pour ajuster la posologie et optimiser l'efficacité du traitement tout en minimisant les effets secondaires. Il est recommandé d’évaluer l’état clinique de l’animal traité 2 à 3 semaines après l’instauration du traitement, puis tous les 4 à 6 mois, en mesurant par exemple les enzymes hépatiques et les acides biliaires sériques. Le phénobarbital peut augmenter l’activité de la phosphatase alcaline et des transaminases. Aussi, en cas de suspicion d’hépatotoxicité, il est recommandé d’effectuer des bilans hépatiques.
tags: #phenobarbital #posologie #pediatrique