Les contractions utérines pendant la grossesse peuvent être une source d'inquiétude. Cet article aborde les causes, la gestion et les traitements médicamenteux disponibles pour arrêter ces contractions, en particulier en cas de menace d'accouchement prématuré (MAP).
Contractions utérines : généralités
Il est normal de ressentir des contractions pendant la grossesse. Elles peuvent survenir dès le quatrième mois et être liées au stress, à l'activité physique ou à la morphologie de la femme enceinte. Ces contractions se manifestent par un va-et-vient douloureux dans le bas-ventre ou le dos, durant environ deux minutes. Le ventre peut devenir dur et former une boule qui apparaît et disparaît. Moins de vingt contractions par jour, surtout en fin de journée, sont généralement considérées comme normales. Elles sont souvent dues à la fatigue de l'utérus après l'activité de la journée. Le repos suffit généralement à les calmer. Cependant, si les contractions persistent et sont douloureuses pendant deux à trois heures malgré le repos, il est conseillé de consulter un professionnel de santé. Il est important de ne pas confondre ces contractions avec des douleurs ligamentaires ou des problèmes de constipation.
Utérus contractile
On parle d'utérus contractile lorsque les contractions utérines sont anormalement fréquentes au cours de la grossesse, se produisant plus de dix fois par jour. Ces contractions répétitives peuvent être le signe d'un problème sous-jacent.
Causes possibles
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à un utérus contractile, notamment :
- L'augmentation du volume de l'utérus à mesure que le bébé grandit.
- La préparation du corps à l'accouchement, qui peut entraîner des "fausses contractions" (contractions de Braxton Hicks).
Reconnaître les signes
Il est important de savoir reconnaître les signes d'un utérus contractile :
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- Contractions fréquentes et répétitives.
- Douleurs semblables à des crampes menstruelles.
Il peut être difficile de différencier les contractions utérines des mouvements du bébé.
Quand s'inquiéter ?
Il est nécessaire de consulter un médecin si les contractions deviennent trop fréquentes, douloureuses ou si elles s'accompagnent d'autres symptômes tels que des saignements vaginaux ou une perte de liquide amniotique.
Diagnostic
Le diagnostic d'un utérus contractile repose sur :
- L'interrogatoire de la patiente pour évaluer la fréquence et l'intensité des contractions.
- Un monitoring pour enregistrer les contractions et le rythme cardiaque fœtal.
- Un examen clinique, notamment un toucher vaginal, pour évaluer l'état du col de l'utérus.
- Une échographie endovaginale pour mesurer la longueur du col de l'utérus.
Menace d'accouchement prématuré (MAP)
La menace d'accouchement prématuré (MAP) est définie par l'association de contractions utérines et de modifications du col de l'utérus avant 37 semaines d'aménorrhée (SA).
Causes de la MAP
Les causes de la MAP peuvent être diverses :
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- Prématurité médicalement provoquée en raison d'une pathologie materno-fœtale (diabète gestationnel, hypertension maternelle, retard de croissance intra-utérin, placenta praevia, hydramnios, toxémie gravidique, grossesse multiple…).
- Prématurité spontanée (rupture de la poche des eaux, pyélonéphrite, béance du col, infections notamment de l'utérus…).
- Antécédents d'accouchement prématuré.
- Grossesses rapprochées (moins de 18 mois d'intervalle entre deux naissances).
- Statut socio-économique précaire.
- Isolement.
- Origine africaine (risques génétiques).
- Dépression ou stress important.
- Consommation de tabac et de drogues.
Traitement médical : l'Atosiban
Lorsque la MAP est diagnostiquée avant 34 SA, un traitement médical tocolytique peut être envisagé pour freiner ou stopper les contractions et retarder l'accouchement. L'Atosiban est un médicament utilisé dans ce contexte.
ATOSIBAN ACCORD
ATOSIBAN ACCORD 37,5 mg/5 ml, solution à diluer pour perfusion, contient de l’atosiban, un antagoniste compétitif de l'ocytocine au niveau des récepteurs. L'ocytocine est une hormone qui joue un rôle important dans les contractions utérines. En bloquant l'action de l'ocytocine, l'atosiban diminue la fréquence et la force des contractions, permettant ainsi de retarder l'accouchement.
Propriétés pharmacologiques
L'atosiban est un peptide de synthèse ([Mpa1, D-Tyr(Et)2, Thr4, Orn8]-ocytocine) qui se lie aux récepteurs de l'ocytocine et de la vasopressine. Il diminue la fréquence des contractions et la tonicité du muscle utérin, entraînant la suppression des contractions utérines.
Pharmacocinétique
- Chez les volontaires saines non enceintes, après une perfusion d’atosiban, la concentration plasmatique diminue rapidement, avec une demi-vie initiale (tα) et finale (tβ) de 0,21 ± 0,01 et 1,7 ± 0,3 heures, respectivement.
- Le taux d'atosiban lié aux protéines plasmatiques est de 46 à 48 % chez la femme enceinte.
- L'atosiban traverse le placenta.
- Deux métabolites ont été identifiés dans le plasma et l’urine des sujets. Le métabolite principal M1 présente un pouvoir d’inhibition des contractions utérines induites par l'ocytocine approximativement 10 fois inférieur à celui de l'atosiban.
- L’atosiban n’est retrouvé qu’en faibles quantités dans les urines.
Données de sécurité précliniques
Les études non cliniques n'ont révélé aucun risque particulier pour l'homme, sur la base des études classiques de pharmacologie de sécurité, de toxicité en administration répétée ou de toxicité pour la reproduction.
Protocole d'administration
Le traitement par atosiban doit être initié dès que possible après l'établissement du diagnostic de travail prématuré. La durée du traitement ne doit pas dépasser 48 heures. Le protocole standard comprend :
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- Injection d'un bolus initial : 6,75 mg d'atosiban par voie intraveineuse.
- Perfusion continue : Après l'injection du bolus, une perfusion d'atosiban est administrée pendant 3 heures à un débit de 24 ml/heure (soit 18 mg/heure).
- Surveillance : Une surveillance des contractions utérines et du rythme cardiaque fœtal est essentielle pendant l'administration de l'atosiban et en cas de persistance des contractions.
Pour obtenir un dosage précis, il est recommandé d'utiliser un système de contrôle pour ajuster le débit en gouttes/min. Si d'autres médicaments doivent être administrés simultanément par voie intraveineuse, la canule peut être partagée ou l'injection intraveineuse peut se faire sur un autre site.
Efficacité
Les études cliniques ont démontré que l'atosiban est efficace pour retarder l'accouchement chez les femmes présentant une MAP. Dans une étude, 59,6 % des femmes traitées par atosiban n'ont pas accouché et n'ont pas nécessité de traitement tocolytique alternatif dans les 7 jours suivant l’initiation du traitement, contre 47,7 % des femmes traitées par β-agoniste (p=0,0004). La probabilité de non-accouchement et de non-recours aux traitements tocolytiques alternatifs dans les 7 jours suivant l’initiation du traitement était semblable chez les femmes traitées par atosiban ou par bêtamimétiques à l´âge gestationnel allant de la 24ème à la 28ème semaine. La durée moyenne de gestation à l'accouchement était la même dans les deux groupes : 35,6 semaines (3,9) et 35,3 semaines (4,2) respectivement pour l'atosiban et le β-agoniste (p=0,37).
Effets secondaires
Les effets indésirables de l'atosiban sont généralement modérés. Au total, 48 % des patientes traitées par atosiban ont présenté des effets indésirables pendant les essais cliniques. Chez le nouveau-né, les essais cliniques n'ont révélé aucun effet indésirable spécifique de l'atosiban.
Les effets indésirables suivants ont été rapportés :
- Très fréquent (≥ 1/10) : Nausées.
- Fréquent (≥ 1/100 à < 1/10) : Céphalées, sensations vertigineuses, bouffées de chaleur, vomissements, tachycardie, hypotension.
- Peu fréquent (≥ 1/1 000 à < 1/100) : Réactions au site d'injection, fièvre.
- Rare (≥ 1/10 000 à <1/1 000) : Réactions allergiques.
En tant qu’antagoniste de l’ocytocine, l’atosiban peut théoriquement favoriser le relâchement du muscle utérin et une hémorragie post-partum. En conséquence, il convient de contrôler les pertes sanguines après l'accouchement. Toutefois, aucune contraction utérine post-partum anormale n'a été observée au cours des essais cliniques.
La déclaration des effets indésirables suspectés après autorisation du médicament est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.
Contre-indications et précautions d'emploi
Il n'existe aucune donnée sur l'utilisation d’atosiban chez des patientes atteintes d’insuffisance hépatique ou rénale. Toutefois, il est peu probable qu’un ajustement de la dose soit nécessaire en cas d’insuffisance rénale, étant donné que seule une petite quantité d’atosiban est excrétée dans les urines.
L'expérience clinique acquise avec l’atosiban est limitée chez les patientes présentant des grossesses multiples ou ayant un âge gestationnel compris entre 24 et 27 semaines, du fait du petit nombre de patientes traitées.
Quand l’atosiban est utilisé chez des patientes chez lesquelles la survenue d’une rupture prématurée des membranes ne peut être exclue, le bénéfice d'un accouchement retardé doit être évalué par rapport au risque potentiel d’une chorioamniotite.
Les grossesses multiples et les médicaments ayant une activité tocolytique, tels que les inhibiteurs calciques et les bêtamimétiques, exposent à un risque accru d’œdèmes pulmonaires.
Interactions médicamenteuses
Il est peu probable que l’atosiban soit impliqué dans des interactions médicamenteuses faisant intervenir le cytochrome P450. Des études d'interaction ont été menées avec le labétalol et la bétaméthasone chez des femmes volontaires saines.
Fertilité, grossesse et allaitement
Dans les études cliniques sur l’atosiban, aucun effet n'a été observé sur l'allaitement. Les études de toxicité embryo-foetale n’ont montré aucun effet toxique de l'atosiban.
Surdosage
Peu de cas de surdosage ont été rapportés avec l’atosiban. Ils se manifestent sans signe ou symptôme spécifique.
Autres mesures
En complément du traitement médicamenteux, d'autres mesures peuvent être mises en place pour gérer les contractions utérines et prévenir l'accouchement prématuré :
- Repos : Le repos est essentiel pour réduire les contractions. Il est conseillé de s'allonger et d'éviter les activités physiques intenses. Le repos strict au lit n'est plus recommandé en raison des risques de phlébite.
- Hydratation : Boire au moins 1,5 litre d'eau par jour est important car l'utérus est un muscle qui se contracte plus facilement s'il est déshydraté.
- Éviter le stress : Les situations de stress peuvent favoriser les contractions. Il est important de se détendre et de gérer son stress.
- Antispasmodiques : Le médecin ou la sage-femme peut prescrire un antispasmodique pour soulager les contractions.
- Homéopathie : L'homéopathie peut être utilisée en complément pour traiter les causes des contractions, mais elle ne doit pas remplacer un traitement médical conventionnel. Il est important de consulter un professionnel de santé avant de prendre des médicaments homéopathiques pendant la grossesse.
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