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L'avortement médicamenteux : noms, procédures et informations essentielles

L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est un sujet sensible et encadré par des lois. En France, l'IVG est légale depuis la loi Veil de 1974, modifiée en 2001, et permet de mettre fin à une grossesse non désirée. Cet article se concentre sur l'avortement médicamenteux, ses noms, les procédures, et les informations importantes à connaître.

Légalité et délais de l'IVG en France

L'IVG est autorisée en France jusqu'à 14 semaines d'absence de règles, un délai similaire à celui de l'Allemagne, de l'Italie, de la Belgique ou de la Grèce. Le délai de réflexion de sept jours a été supprimé, et le consentement parental n'est plus obligatoire pour les mineures. Malgré l'efficacité croissante des méthodes de contraception hormonale, le nombre d'IVG est resté relativement stable en France au cours des trente dernières années.

L'interruption de grossesse est également autorisée sans limite de délai en cas de malformations fœtales importantes ou de maladie grave de la mère. On parle alors d'interruption médicale de grossesse (IMG).

L'IVG médicamenteuse : une option courante

En France, environ 76 % des IVG sont réalisées par voie médicamenteuse. Cette méthode consiste à prendre deux médicaments prescrits par un médecin ou une sage-femme, et elle est possible jusqu'à 7 semaines de grossesse (soit 9 semaines d'aménorrhée).

Où réaliser une IVG médicamenteuse ?

L'IVG médicamenteuse peut être réalisée :

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  • Dans un cabinet de ville, par un médecin ou une sage-femme ayant une compétence professionnelle adaptée et une convention avec un établissement de santé.
  • Dans un centre de planification ou un centre de santé, également avec une convention.
  • En téléconsultation, avec une prescription délivrée par un médecin ou une sage-femme.
  • Dans un centre de soins ou à domicile, selon le choix de la femme.

Les médicaments utilisés pour l'IVG médicamenteuse

Cinq spécialités pharmaceutiques sont indiquées pour l'IVG médicamenteuse et disponibles en pharmacie de ville :

  • Mifépristone (noms commerciaux : Miffee 200mg®, Mifégyne 200mg®, Mifégyne 600mg®)
  • Misoprostol (noms commerciaux : Misoone 400µg® et Gymiso 200µg®)

Ces médicaments peuvent être prescrits par un médecin ou une sage-femme, dans un centre de planification, dans un centre de santé ou en téléconsultation. Ils peuvent être pris dans un centre de soins ou, si la femme le souhaite, à domicile, à un moment adapté à son emploi du temps.

Les étapes de l'IVG médicamenteuse

  1. Première consultation : Information et recueil du consentement

    • Le médecin ou la sage-femme vous informe sur les deux méthodes d'IVG (médicamenteuse ou instrumentale) et vous remet un dossier-guide.
    • Un entretien psychosocial est proposé (obligatoire pour les mineures).
    • Vous choisissez la méthode d'IVG qui convient le mieux à votre situation personnelle et confirmez votre choix par un écrit.
    • La méthode contraceptive à mettre en place après l'IVG est discutée.
    • Un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont le VIH, et un dépistage du cancer du col de l'utérus (à partir de 25 ans) peuvent être proposés.
  2. Prise du premier médicament : la mifépristone

    • Ce médicament bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse, favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin.
    • Il est pris soit à domicile, soit lors d'une consultation.
    • Des saignements et des douleurs peuvent survenir, mais ils sont généralement plus importants après la prise du deuxième médicament.
  3. Prise du second médicament : le misoprostol

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    • Il est pris 24 à 48 heures après la mifépristone, soit à domicile, soit lors d'une consultation, soit au cours d'une courte hospitalisation.
    • Le misoprostol augmente les contractions et provoque l'IVG.
    • Les contractions utérines provoquent des douleurs qui ressemblent à celles des règles, parfois plus fortes, mais qui peuvent être réduites grâce à des antalgiques.
    • Des saignements souvent assez abondants accompagnent l'interruption de la grossesse.
  4. Visite de contrôle

    • Elle a lieu 14 à 21 jours après la prise du premier médicament.
    • Le médecin ou la sage-femme confirme que la grossesse est bien interrompue grâce à un examen médical et/ou une échographie ou un examen sanguin.
    • L'absence de complications liées à l'IVG médicamenteuse est vérifiée.
    • Les moyens contraceptifs les plus adaptés à votre situation sont évoqués.

Gestion de la douleur et des saignements

Dans le cas d'une IVG médicamenteuse, les douleurs peuvent être très intenses (entre 8 et 10 sur une échelle de 10), avec un pic au troisième jour après la prise du premier médicament. Pour soulager la douleur, il est possible d'avoir recours à un antalgique ou à des antispasmodiques prescrits par le médecin. Les saignements peuvent être importants au moment de l'expulsion de l'œuf et ne pas être compatibles avec les activités professionnelles. Un arrêt de travail peut être prescrit.

L'hémorragie vaginale survient le plus souvent dans les 3 ou 4 heures qui suivent la prise du second médicament. Il est recommandé de ne pas être seule à son domicile à ce moment-là.

Que faire en cas d'échec ?

Il existe un petit risque d'échec de l'IVG médicamenteuse. En l'absence de saignement, il faut consulter un médecin. En cas d'échec de l'IVG (si la grossesse se poursuit), le médecin ou la sage-femme vous oriente vers l'IVG instrumentale.

L'IVG instrumentale (chirurgicale)

La méthode chirurgicale consiste en l'aspiration du contenu de l'utérus sous anesthésie locale ou générale. L'aspiration est précédée d'une préparation du col de l'utérus par la prise de mifépristone (MIFEGYNE) 38 à 48 heures avant, de misoprostol (GYMISO ou MISOONE) 3 à 4 heures avant, ou de géméprost (CERVAGEME) 3 heures avant. Une courte hospitalisation (souvent seulement de quelques heures) est nécessaire pour pratiquer l'intervention. Une visite de contrôle est nécessaire 2 à 3 semaines après l'intervention.

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En cas d'IVG chirurgicale, les principaux effets indésirables observés dans les jours qui suivent l'intervention sont : fièvre, douleurs, saignements. Comme pour toute intervention, des complications, rares mais graves, sont possibles : perforation de l'utérus, infection, hémorragie, etc. En cas de fièvre, de pertes de sang importantes ou de fortes douleurs abdominales dans les jours qui suivent l'IVG chirurgicale, il est recommandé d'appeler rapidement l'établissement où a eu lieu l'IVG.

Informations complémentaires et précautions

Interactions médicamenteuses

L'administration concomitante de mifépristone avec l'itraconazole, un inhibiteur du CYP3A4, augmente l'ASC de mifépristone. Une augmentation de l'exposition est attendue quand la mifépristone est administrée de manière concomitante avec un inhibiteur puissant du CYP3A4. L'administration concomitante de mifépristone avec la rifampicine, un inducteur du CYP3A4, diminue l'ASC de mifépristone. Par conséquent, une efficacité diminuée peut être attendue quand la mifépristone est donnée de manière concomitante avec un inducteur du CYP3A4.

Effets indésirables

Des effets indésirables cutanés sévères, y compris des cas de nécrolyse épidermique toxique et de pustulose exanthématique aiguë généralisée, ont été rapportés en association avec la mifépristone. Chez les patients confrontés à des effets indésirables cutanés sévères, le traitement par la mifépristone doit être immédiatement arrêté.

Dans de rares cas, des accidents cardiovasculaires graves (infarctus du myocarde et/ou spasme des artères coronaires et hypotension sévère) ont été rapportés après l'utilisation d'un analogue de prostaglandines.

Des cas graves (incluant des cas fatals) de syndrome de choc toxique et de choc septique faisant suite à des infections par des pathogènes atypiques (comme Clostridium sordellii ou Escherichia coli) ont été rapportés après l'interruption médicamenteuse de grossesse réalisée avec 200 mg de mifépristone suivie par l'administration vaginale ou buccale non autorisée de comprimés de misoprostol.

Contre-indications et précautions d'emploi

La prudence s'impose chez les patientes souffrant de troubles hémostatiques associés à une hypocoagulabilité ou une anémie. En cas de suspicion d'insuffisance surrénale aiguë, l'administration de dexaméthasone est recommandée. En raison de l'activité anti-glucocorticoïde de la mifépristone, l'efficacité d'un traitement chronique par les corticostéroïdes, y compris les corticostéroïdes inhalés dans le traitement de l’asthme, peut être diminuée pendant 3 à 4 jours après la prise de mifégyne. Un ajustement thérapeutique est recommandé.

Fertilité après une IVG

La reprise de la fertilité après une IVG est immédiate. Il est donc recommandé d'utiliser une contraception si nécessaire.

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