Le curetage, de plus en plus appelé "aspiration", est une intervention médicale parfois nécessaire suite à une interruption de grossesse. Cet article vise à fournir une information détaillée et structurée sur l'aspiration pour l'avortement, en abordant son fonctionnement, les différentes étapes de la procédure, les considérations pré et post-opératoires, et les aspects importants à connaître.
Qu'est-ce que l'aspiration (ou curetage) ?
Le curetage, ou aspiration, est une intervention qui consiste à vider l'utérus de son contenu. Elle est réalisée le plus souvent après une IVG (Interruption Volontaire de Grossesse) ou une fausse couche, lorsque l'utérus n'a pas expulsé complètement l'embryon ou les tissus placentaires. Dans ces cas, il peut rester des débris dans l'utérus tels que des morceaux, des caillots, ou du placenta. L'aspiration permet de nettoyer la cavité utérine et d'éviter des complications.
Un curetage de la cavité utérine est aussi un moyen de réaliser un prélèvement de la muqueuse utérine. Une curette est alors utilisée pour prélever du tissu utérin. Le but de cette biopsie est d'établir un diagnostic, en cas de suspicion d'un cancer de l'endomètre. Conjointement à cet examen, une hystéroscopie est pratiquée. Dans le cadre d'une PMA (Procréation Médicalement Assistée), un curetage peut être réalisé afin de favoriser l'implantation de l'embryon dans l'endomètre.
Les différents types d'IVG et l'aspiration
Il existe deux principales méthodes d'IVG : l'IVG médicamenteuse et l'IVG chirurgicale (par aspiration).
- IVG médicamenteuse : Elle consiste en la prise de deux médicaments à 24 à 48 heures d’intervalle. Le mifépristone interrompt la grossesse en bloquant la progestérone, et le misoprostol provoque des contractions pour expulser l'œuf. Elle est possible jusqu'à la 5ème semaine de grossesse (7 semaines d'aménorrhée).
- IVG chirurgicale (par aspiration) : Elle consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Elle peut être réalisée jusqu'à la fin de la 14e semaine de grossesse (16 semaines d'aménorrhée).
L'IVG chirurgicale est une intervention chirurgicale qui consiste à aspirer l'œuf à l'intérieur de la cavité utérine. Cette opération se réalise sous anesthésie locale ou générale et ne dure qu'une dizaine de minutes. Avant de procéder à l'aspiration, le médecin dilate le col de l'utérus.
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Comment se déroule un curetage par aspiration ?
Préparation
Avant l'intervention, la patiente reçoit généralement un tranquillisant, puis est placée sous perfusion. Une consultation avec un médecin ou une sage-femme est nécessaire pour discuter des différentes méthodes d'IVG, des lieux de réalisation, des risques et des effets secondaires possibles. Un dossier guide est remis, et un entretien psycho-social est proposé, obligatoire pour les mineures. La patiente devra confirmer par écrit sa demande d'avortement. C’est aussi le moment au cours duquel vous choisirez, en concertation avec le professionnel de santé, la méthode d’avortement adaptée à votre cas.
Dans le cas d'une IVG, la patiente prend un traitement antibiotique avant et après l'intervention. Pas de traitement à prendre pour une grossesse arrêtée spontanément.
Y a-t-il des contre-indications à l’IVG instrumentale ? Le professionnel de santé que vous consultez pour l’IVG évaluera si vous présentez des contre-indications lors de la première consultation pour vous proposer la méthode d’IVG adaptée à votre situation. Il n’existe pas de contre-indication à l’IVG instrumentale en tant que telle, seule l’allergie aux produits d’anesthésie peut constituer une contre-indication.
L'intervention
Un médecin gynécologue ou un médecin traitant peut faire un curetage. Un curetage de la cavité utérine se déroule au bloc opératoire sous anesthésie locale ou générale, selon la demande de la patiente (pour des raisons pratiques ou personnelles).
Le médecin dilate le col de l'utérus avec des bougies (des instruments qui ont la forme de fines tiges en métal), avant d'y insérer une canule, un tube avec un diamètre allant entre 6 et 10 millimètres, qui lui permettra d'aspirer soit les cellules mortes, soit la grossesse entière. Une échographie est ensuite faite pour vérifier que l'utérus est bien vide.
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Le curetage IVG se pratique le plus souvent par aspiration manuelle ou automatique via une unité automatique d'aspiration. Des curettes souples ou rigides sont utilisées en extrémité du flexible d'aspiration, dont le diamètre varie en fonction du nombre de semaines de grossesse.
L’IVG instrumentale est possible jusqu’à la 14e semaine de grossesse (soit 16 semaines après le 1er jour des dernières règles). Elle est effectuée par un médecin ou, sous certaines conditions, par une sage-femme, en établissement de santé ou dans certains centres de santé autorisés. Après la réalisation des étapes d’information et recueil du consentement (qui peuvent être effectuées en téléconsultation) l’IVG peut être réalisée. Il s’agit d’une rapide intervention instrumentale pour aspirer l’œuf qui se trouve dans l’utérus après dilatation du col. Une canule de calibre adapté au stade de la grossesse est introduite par le professionnel de santé (médecin ou sage-femme) dans l’utérus pour aspirer le contenu utérin.
L'intervention dure généralement une dizaine de minutes.
Anesthésie
L’IVG instrumentale est toujours réalisée sous anesthésie générale ou locale. Si vous choisissez une anesthésie générale, vous êtes endormie et ne ressentez aucune douleur. Si vous choisissez une anesthésie locale vous êtes consciente lors de l’intervention. Un spéculum est mis en place pour voir le col et l’utérus et un produit d’anesthésie est injecté au niveau du col de l’utérus et de la partie haute du vagin. L’intervention débute quand l’anesthésie fait effet. En complément de l’anesthésie locale, des médicamentes antidouleurs sont donnés avant l’intervention afin de diminuer les sensations douloureuses liées aux contractions utérines. Une sensation de gêne peut être ressentie plus qu’une douleur.
Suivi post-opératoire
Après l'intervention, la patiente est surveillée en salle de réveil. Une échographie est réalisée pour vérifier que l'utérus est bien vide. Des saignements peuvent durer pendant une quinzaine de jours maximum. Pendant cette période, les bains, comme les rapports sexuels, sont à proscrire. Après l'intervention, si la femme a de la fièvre ou ressent des douleurs, qu'elle n'hésite pas à consulter : elle développe peut-être une infection. Le médecin vérifiera alors que tout est bien parti. Un arrêt de travail est prescrit si la femme le désire.
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Une consultation de suivi doit être réalisée entre le 14e et le 21e jour après l’intervention, et ce, dans le but de s’assurer qu’il n’existe pas de complication.
Douleur et aspects psychologiques
L’IVG instrumentale est-elle douloureuse ? Les douleurs après une IVG instrumentale sont liées aux contractions utérines. Ces douleurs sont comparables à des douleurs de règles qui peuvent être plus intenses que d’habitude. Des médicaments antidouleurs vous seront prescrits afin d’éviter ou soulager ces douleurs. Si ces douleurs sont trop importantes et/ou persistantes (malgré la prise de médicaments antidouleurs), contactez la structure au sein de laquelle l’IVG instrumentale a été pratiquée. Des saignements surviennent généralement à la suite de l’intervention. Ils peuvent être un peu plus abondants que les règles habituelles dans les premiers jours. Ils durent de quelques jours à 3 semaines.
La douleur varie selon les femmes : elle peut être supportable pour certaines, et pas du tout pour d'autres. Le contexte a son importance : une femme, qui vient de subir une fausse couche, sera très probablement plus frustrée et affaiblie psychologiquement qu'une autre, qui a demandé une IVG et qui peut se sentir comme "libérée d'un poids", par exemple.
À la suite de l’interruption de grossesse, que vous soyez majeure ou mineure, le médecin ou la sage-femme vous proposera un entretien psycho-social. Cet entretien n’est pas obligatoire.
Risques et complications possibles
Les risques sont très faibles après un curetage. Lorsque l’IVG est réalisée dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.), comme c’est le cas en France, les complications sont peu fréquentes.
Dans de rares cas, il est possible que des lésions au niveau du col de l’utérus ou de la paroi utérine surviennent au cours de l’intervention. Comme pour toute intervention, des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergie aux produits d’anesthésie par exemple). Ces complications sont rares et la consultation d’anesthésie préopératoire permet de réduire considérablement ces risques.
Les complications suite à l’intervention sont les mêmes que pour l’IVG médicamenteuse : une hémorragie, une infection ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs. Il est possible dans de très rares cas que la grossesse ne soit pas totalement aspirée. Dans cette situation, une seconde intervention peut parfois être nécessaire.
Même si ces complications sont rares en pratique, vous en serez informée lors de la procédure d’IVG pour vous y préparer au mieux. Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication: de la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ; des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite); un malaise ; de très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs. Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG.
Il y a aussi un risque de synéchie, c'est-à-dire d'adhérence cicatricielle, lorsque l'on a trop gratté les parois de l'utérus. En cas de synéchie du col, la conséquence principale étant que l'on va avoir du mal à poser un stérilet ensuite.
Aspirer le contenu de l'utérus ne rend absolument pas stérile, même si l'intervention est répétée. En général, le médecin conseille de patienter 2 cycles menstruels après l'aspiration avant de concevoir un enfant.
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