La langue maternelle, langue natale ou langue première, termes désignant tous la première acquisition linguistique d’un enfant, est un concept riche et complexe, souvent chargé d'implications culturelles, émotionnelles et politiques. Cet article explore la définition de la langue maternelle, son importance fondamentale pour le développement individuel et sociétal, ainsi que les enjeux liés à son apprentissage et à sa préservation, en s'appuyant sur des recherches linguistiques et des réflexions théoriques.
Définition de la langue maternelle
La langue maternelle est la langue de communication utilisée avec l’enfant avant qu’il n'apprenne à parler. C’est à travers les interactions de son entourage que l’enfant assimile de façon naturelle la langue entendue. Elle est acquise sans enseignement conventionnel. Elle est parfois désignée comme la première langue (L1). Elle représente un représentant d’une catégorie linguistique, d’une catégorie abstraite.
Contrairement à une L2, qui est une langue étrangère ou une langue seconde apprise plus tard, la langue maternelle est intimement liée à l'identité, à la culture et aux premières expériences de l'individu. Elle est le fondement sur lequel se construisent les autres apprentissages linguistiques et cognitifs.
Importance de la langue maternelle
Développement cognitif et linguistique
Une bonne maîtrise de la langue maternelle est essentielle pour l’apprentissage d’une seconde langue. La langue maternelle joue un rôle fondamental pour l’avènement de la parole et pour la construction du rapport de chaque être humain au monde. Elle est le socle sur lequel se construit la pensée, l'abstraction et la communication. Les enfants qui développent une solide compétence dans leur langue maternelle ont plus de facilité à apprendre d'autres langues, à réussir à l'école et à développer leur potentiel cognitif.
L'apprentissage d'une langue étrangère a des effets directs sur le cerveau de l'apprenant, car elle fait appel à de nombreuses compétences cognitives. Lorsque vos étudiants se forment à une nouvelle langue, leur cerveau devient plus apte à se concentrer et à écouter, car il s'entraîne à filtrer les informations pertinentes de ce qu'il entend. Selon de nombreuses études, les personnes bilingues sont plus aptes à gérer des informations complexes.
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Identité culturelle et émotionnelle
La langue maternelle est un vecteur essentiel de la culture et des traditions d'une communauté. Elle transmet l'histoire, les valeurs, les croyances et les savoirs d'une génération à l'autre. Elle est également un puissant symbole d'identité et d'appartenance. Parler sa langue maternelle permet de se connecter à ses racines, de se sentir enraciné et de préserver son héritage culturel.
La langue maternelle est celle dans laquelle a baigné le petit d’homme à sa naissance et même avant. Elle joue un rôle fondamental pour l’avènement de la parole et pour la construction du rapport de chaque être humain au monde. Elle est intimement liée à l'identité, à la culture et aux premières expériences de l'individu.
Communication et intégration sociale
La langue maternelle est l'outil principal de communication au sein de la famille et de la communauté. Elle permet d'exprimer ses émotions, de partager ses expériences et de construire des relations sociales. La maîtrise de la langue maternelle favorise l'intégration sociale et la participation à la vie de la société.
Parler une langue étrangère est la meilleure façon de s'exposer à une nouvelle culture. Si l'apprentissage d'une autre langue peut rendre vos étudiants plus conscients des différences culturelles, il leur permettra également de comprendre pourquoi ces différences existent et l'importance de respecter cette diversité des cultures.
Acquisition de la langue maternelle : facteurs et défis
L'acquisition de la langue maternelle est un processus complexe qui dépend de plusieurs facteurs, notamment :
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- L'environnement linguistique : L'exposition à la langue, la fréquence des interactions et la qualité du langage utilisé par l'entourage sont déterminants. Pour apprendre le français en milieu majoritaire, les enfants L1, à 6 ans, ont déjà bénéficié d’un peu plus de 20 000 heures de pratique orale de la langue, ce qui est très conséquent.
- Les facteurs individuels : Les capacités cognitives, la motivation et les expériences personnelles de l'enfant influencent son apprentissage linguistique.
- Le contexte socioculturel : La valorisation de la langue maternelle, le soutien de la famille et de la communauté, ainsi que l'accès à des ressources éducatives sont essentiels.
En milieu majoritaire, les enfants bénéficient d'une pratique intensive de la langue. Un Francophone majoritaire est un individu vivant dans un lieu exclusivement francophone. Par exemple, un Français vivant en France, avec des parents français et parlant le français 100 % du temps, est un francophone majoritaire. A contrario, un francophone minoritaire est un francophone dont l’exposition et la pratique de la langue sont restreintes. Par exemple, les Franco-Ontariens peuvent parler le français à la maison et être dans un milieu anglophone le reste du temps. En pays non francophone, l’exposition à la langue et la pratique sont limitées. La fréquence et la répétition étant nécessaires pour acquérir des structures, en salle de classe, il sera nécessaire de compenser cet environnement manquant. En répétant de nombreuses fois les items et les structures, l’apprentissage a plus de chance de se faire naturellement.
L'apprentissage d'une langue seconde ou d'une langue maternelle dans un autre pays correspond à une situation différente. Le nombre d’heures d’exposition à la langue est en effet différent. Même si les parents sont francophones et qu’ils parlent français toute la journée, ils sont amenés, pendant une période de temps, à parler une autre langue. De la même manière, le nombre de personnes avec lequel l’enfant parle le français est limité. Les situations d’acquisition sont différentes. Souvent, celui-ci ne maîtrise pas la langue comme un locuteur natif en milieu majoritaire. En milieu minoritaire, même si les apprenants maîtrisent la langue, cette langue orale est limitée par rapport à des francophones majoritaires, à tous les niveaux : vocabulaire ; registre de langue ; grammaire ; etc.
L'apprentissage de la langue maternelle peut être entravé par divers défis, tels que :
- Le manque de ressources : Absence de matériel pédagogique adapté, de personnel enseignant qualifié et de programmes scolaires bilingues.
- La discrimination linguistique : Dévalorisation de la langue maternelle au profit de la langue dominante, entraînant un sentiment d'infériorité et une perte d'estime de soi.
- L'assimilation culturelle : Pression exercée sur les minorités linguistiques pour qu'elles abandonnent leur langue et leur culture au profit de la langue et de la culture dominantes.
Stratégies pour promouvoir la langue maternelle
Pour préserver et promouvoir la langue maternelle, il est essentiel de mettre en œuvre des stratégies à différents niveaux :
- Au niveau familial : Encourager les parents à parler leur langue maternelle à leurs enfants, à leur lire des histoires et à leur transmettre leur culture.
- Au niveau éducatif : Mettre en place des programmes scolaires bilingues qui valorisent la langue maternelle et favorisent son apprentissage.
- Au niveau communautaire : Soutenir les associations et les initiatives qui promeuvent la langue maternelle et la culture des minorités linguistiques.
- Au niveau politique : Adopter des politiques linguistiques qui reconnaissent et protègent les droits des minorités linguistiques, et qui garantissent l'accès à l'éducation et aux services publics dans leur langue maternelle.
Il est important de travailler le vocabulaire de manière explicite, grâce à un certain nombre d’activités. Pour la grammaire, l’idéal est, dans un premier temps, de présenter une structure en contexte, ce qui permet des répétitions visuelles : par exemple, la petite fille a mangé de la pizza ; le bébé a mangé de la pastèque ; etc. Des couleurs ou un surlignage peuvent être utilisés. La structure peut ensuite être présentée à l’oral, avec quelques répétitions. Chaque personne de la classe peut dire ce qu’elle a mangé. Il peut s’agir d’une occasion d’étudier le vocabulaire lié à la nourriture. Il est ensuite possible de demander à son voisin ce qu’il a mangé. Une fois que l’oral est acquis, l’écrit peut être abordé, à l’aide d’exercices passifs permettant la répétition : demander par exemple de souligner les verbes au passé composé. Après ces exercices, le cerveau doit normalement avoir enregistré les informations (verbe au participe passé avec -é à la fin et absence d’accord). Des exercices un peu plus complexes peuvent alors être proposés, comme trouver les conjugaisons à l’écrit.
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Les apprenants peuvent essayer de pratiquer la langue en dehors de l’école, pour essayer de compenser ce manque par rapport à des francophones majoritaires. Toutes sortes de possibilités existent, selon les pays. En Amérique du Nord, les récompenses sont privilégiées par rapport aux punitions. Par exemple, les enfants ayant lu un livre et noté le vocabulaire reçoivent une récompense, à déterminer. Ils peuvent également regarder une vidéo ou un film en français et en discuter ensuite en classe. Plus les élèves pratiquent le français, plus ils développent le vocabulaire et les structures.
Journée internationale de la langue maternelle
L’initiative de célébrer une Journée internationale de la langue maternelle vient du Bangladesh. Elle a été approuvée à la Conférence générale de l’UNESCO en 1999 et est observée dans le monde entier depuis 2000. L'UNESCO croit en l'importance des diversité culturelles et linguistiques pour des sociétés durables. C'est au sein de son mandat pour la paix qu'elle oeuvre pour préserver les différences de cultures et de langues qui favorisent la tolérance et le respect des autres. À l’occasion de la Journée internationale de la langue maternelle, célébrée chaque année le 21 février, l’UNESCO réaffirme son engagement en faveur de la diversité linguistique et invite ses États membres à célébrer la journée dans autant de langues que possible afin de rappeler que la diversité linguistique et le multilinguisme sont essentiels pour le développement durable. La diversité linguistique est de plus en plus menacée à mesure que des langues disparaissent. 40% des habitants de la planète n’ont pas accès à un enseignement dans une langue qu’ils parlent ou qu’ils comprennent.
Langue maternelle et genre
Les hommes auraient eu, depuis toujours, le dernier mot. C'est ce qu'ont démontré des chercheurs de l'université de Cambridge dans une étude basée sur l'analyse de données génétiques et de flux migratoires. Pour en arriver là et reconstituer le mode de transmission de la langue, les chercheurs ont examiné des marqueurs génétiques spécifiques à chaque sexe dans de nombreuses communautés à travers le monde. L'étude s'est attachée à suivre la transmission à la descendance du chromosome Y chez les hommes et de l'ADN mitochondrial chez les femmes. Avec cette conclusion : la transmission du langage est liée au sexe. L'homme migrant impose sa langue Pour pister ces marqueurs, Renfrew et Foster ont décortiqué les anciennes migrations polynésiennes vers les territoires de la Mélanésie. Le long de la côte de Nouvelle-Guinée, les populations nouvellement installées parlaient, soit la langue d'origine, soit celle de la destination. En y regardant de plus près, les études génétiques ont montré que l'ADN féminin était une fois sur deux indépendant de la langue parlée. En revanche, le chromosome Y était, quant à lui, détecté presque exclusivement dans les lieux où le polynésien, la langue nouvelle donc, était parlé, alors qu'il était pratiquement absent des territoires où le mélanésien continuait d'être parlé. Mais ce n'est pas tout : ils ont aussi montré que les flux migratoires étaient essentiellement masculins. Et qu'importe que les hommes migrants se soient en général mariés à des femmes "locales" : c'est bien la langue de l'homme qui a supplanté celle de la femme. Selon Peter Forster, la recherche met ni plus ni moins en question l'une des expressions les plus utilisées pour décrire la langue natale : "Dans toutes les langues, la notion de langue maternelle est fermement ancrée dans l'imaginaire populaire. C'est peut-être la raison pour laquelle, depuis de nombreuses années, le rôle des pères, ou plus précisément celui des hommes à succès, n'a pas été reconnu par les généticiens." Et pourtant, à le croire, les femmes préhistoriques ont rapidement adopté la langue des hommes immigrés, surtout si "les nouveaux arrivants étaient des combattants courageux et des agriculteurs, ce qui leur garantissait un statut plus élevé".
Avantages de l'apprentissage d'une langue étrangère en lien avec la langue maternelle
À tout âge, l'apprentissage d'une langue étrangère n'est pas une chose facile. Cependant, apprendre les langues peut apporter de nombreux avantages à vos étudiants.
- Le multilinguisme est une compétence très prisée par les recruteurs. En outre, maîtriser une ou plusieurs langues étrangères peut justifier un salaire plus élevé.
- Parler une langue étrangère est la meilleure façon de s'exposer à une nouvelle culture.
- En effet, lorsque vos étudiants se forment à une nouvelle langue, leur cerveau devient plus apte à se concentrer et à écouter, car il s'entraîne à filtrer les informations pertinentes de ce qu'il entend.
- Apprendre une autre langue, c'est aussi améliorer ses compétences dans sa langue maternelle. Lorsque vos étudiants apprennent une deuxième langue, leur connaissance de la grammaire s'améliore. En effet, vos étudiants seront plus conscients de la langue et de la façon dont elle peut être structurée et manipulée. En appréciant davantage les mécanismes de leur langue maternelle, vos étudiants peuvent devenir meilleurs à l'écrit et à l'oral.
- Les universités et les écoles supérieures accordent de plus en plus d'importance à la maîtrise des langues étrangères. De même, si vos étudiants ont pour ambition de partir un semestre à l’étranger, l’apprentissage d’une langue étrangère leur sera évidemment bénéfique.
- En plus d'être une activité stimulante, l'apprentissage d'une nouvelle langue comporte des avantages qui vont au-delà de l'excitation d'être immergé dans une culture différente. Les étudiants aiguisent leur esprit en apprenant à lire, parler et écrire dans une nouvelle langue. Lorsque le cerveau passe d'une langue à l'autre et reçoit des informations de formes variées, il évalue le sens de deux façons et atténue les modèles complexes. De plus, les étudiants qui parlent plusieurs langues peuvent passer d'une tâche à une autre plus rapidement.
Bilinguisme et langue maternelle
Les locuteurs bilingues ont acquis et maintenu au moins une langue pendant l'enfance, la première langue (L1). La première langue (parfois également désignée sous le nom de langue maternelle) est acquise sans enseignement conventionnel. L’âge d’acquisition d’une langue influence la compétence du bilingue. Le degré de maîtrise des langues influence le type de bilinguisme.
L'oubli de la langue maternelle
Il est bien connu que notre capacité à parler une langue que l’on a étudiée se dégrade rapidement si l’on ne la pratique pas régulièrement. Cependant, on ne pense pas souvent au fait qu’il est également possible d’oublier sa langue première. Ce phénomène dont on parle peu n’est pourtant pas si rare. Comment ces mots qui nous ont bercés depuis notre plus tendre enfance peuvent-ils donc disparaître de notre mémoire ? L’attrition de notre langue maternelle peut-elle être totale ? L’attrition est quasiment toujours causée par la forte présence d’un autre idiome qui se substitue peu à peu au premier. C’est ce qui arrive aux immigrés et aux expatriés de longue date. En immersion à l’étranger depuis longtemps, regarder quelques programmes télévisés de son pays d’origine, lire en version originale et discuter de temps en temps avec sa famille ne suffit plus toujours à maintenir un niveau de langue fluide, au vocabulaire riche et à la syntaxe irréprochable. Comprendre n’est pas vraiment un problème, mais parler l’est davantage. Bien entendu, la perte d’une langue ne se manifeste pas de la même manière chez tout le monde. Pour certains elle n’est que partielle et provisoire, mais pour d’autres elle est bien plus profonde et définitive. Il a été démontré que dans une telle situation de totale immersion, même chez les enfants relativement âgés, l’attrition complète se fait en quelques mois seulement. Pourtant, lorsque nous sommes immergés dans un environnement où une langue est majoritairement présente, celle-ci devient petit à petit la référence dans notre cerveau. Avant 12 ans, notre cerveau est particulièrement malléable, ce qui nous permet d’apprendre mais aussi de désapprendre tout un tas de choses très facilement. Cette plasticité des réseaux neuronaux est la raison pour laquelle les enfants adoptés perdent si radicalement une langue qu’ils parlaient pourtant très bien. Les mots s’effacent au fur et à mesure que leur équivalent dans l’autre langue est assimilé, comme s’ils étaient remplacés. Chez un bilingue précoce, comme un enfant qui a grandi avec deux parents de nationalités différentes, les deux langues s’influencent mutuellement et celle qui prend le dessus n’est pas toujours la même. Chez un bilingue tardif, on suppose donc que la langue apprise en premier sera celle qui restera dominante tout au long de sa vie. Lorsque nous adoptons les codes linguistiques d’un nouveau pays, ce féru d’organisation met au premier plan tous les outils nécessaires pour s’adapter à cette nouvelle langue et pouvoir s’exprimer et interagir plus rapidement et plus efficacement. Rassurez-vous, il est extrêmement rare pour un adulte d’oublier complètement sa langue maternelle. En effet, le langage ne se limite pas à la mémorisation des mots et à leur utilisation. En tant qu’outil d’expression, il ne mobilise pas seulement notre mémoire et notre logique mais également notre système limbique, qui régit nos émotions. Vous l’aurez compris, l’attrition de sa langue maternelle n’est pas rare et peut revêtir tout un tas de formes.
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