Thomas Misrachi est une figure marquante du paysage audiovisuel français. Journaliste expérimenté, il a marqué de son empreinte plusieurs chaînes d'information en continu, notamment BFMTV et LCI. Son parcours est riche et diversifié, oscillant entre la présentation de l'actualité, la réalisation de reportages et l'exploration de thématiques profondes comme la fin de vie.
Formation et débuts professionnels
Diplômé de l’Institut d’études politiques d'Aix-en-Provence et de la London School of Economics and Political Science dans les années 1990, Thomas Misrachi a acquis une solide formation académique. Il fait ses premières armes sur les ondes avant de se tourner vers l’audiovisuel. En 1995, il intègre les équipes de la chaîne Bloomberg TV pour laquelle il présente, à Londres, la matinale. Quelques années plus tard, il officie toujours pour la même chaîne avec une spécialisation sur l’actualité américaine et britannique. Son expertise en actualité anglaise et américaine lui ouvre des portes et forge son profil de journaliste polyvalent.
L'ascension à BFM TV
En 2005, Thomas Misrachi participe au lancement de BFM TV, dont il devient l’un des visages phares. A la création de la chaîne BFM TV, Thomas Misrachi fait partie des journalistes appelés à présenter les informations à l’antenne. Dès le 28 novembre 2005, il présente la matinale, « BFM Matin », conjointement avec une autre journaliste, Stéphanie de Muru, puis avec Valérie Béranger. Successivement aux commandes de BFM Matin, d’Aujourd’hui Le Monde et d’Info 360, le journaliste lance par ailleurs 7 jours BFM, le premier magazine de reportage de la chaîne qu’il présente pendant 7 saisons. Depuis 2005, le Français voyage entre les différentes émissions de la chaîne : la matinale avec BFM Matin, le midi avec Aujourd’hui Le Monde, le soir avec Info 360, etc. Le week-end, Thomas Misrachi est par ailleurs aux commandes d’une émission de reportages sur le terrain, 7 jours BFM.
Il se retrouve ainsi chargé de la présentation des informations à l’antenne. Il quitte ensuite ces émissions pour partir directement sur le terrain, lorsque cela est nécessaire. Puis en octobre 2012, on peut le retrouver dans « 7 jours BFM » le samedi. Ses nombreuses années au sein de la chaîne d’information en continu lui ont permis de vivre des moments exceptionnels.
Avant de partir pour BFMTV, Thomas Misrachi a fait partie des journalistes à assister en direct aux attentats du 11 septembre 2001 à New York.
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En 2020, il anime en solo la tranche Le Live BFM de 9h à 12h pour décrypter l’actualité en direct.
"Embarqué" et "Escobar, l'héritage maudit" : l'exploration de nouveaux formats
A partir de 2014, il écrit, co-réalise et incarne aussi le programme d’immersion « Embarqué », dont les 9 films seront diffusés sur la chaîne RMC Découverte. Ce programme lui permet de se plonger au sein des grandes unités spéciales militaires de la planète. Parallèlement, entre 2019 et 2021, il est à l’origine et co-réalise la mini-série : « Escobar, l’héritage maudit » dont les quatre épisodes seront diffusés sur RMC Story.
L'arrivée sur LCI
A la rentrée 2021, il rejoint la chaîne LCI pour y présenter Le 9-12 avec Marie-Aline Méliyi. Pendant trois heures, en direct, la priorité est donnée à l’info.
"Le dernier soir" : un livre choc sur la fin de vie
Le 24 janvier dernier sortait Le dernier soir, livre choc de Thomas Misrachi dans lequel il révèle avoir programmé sa mort à l'âge de 75 ans. C'est un livre qui fait déjà beaucoup parler et risque d'être débattu pendant encore de longues années. Dans ce livre, Thomas Misrachi partage son expérience sur la fin de vie sur RMC. Il souhaite avoir recours à l'euthanasie, "mourir à 75 ans" et raconte la manière dont il a accompagné une amie jusqu'à sa mort. Le 24 janvier dernier, Thomas Misrachi publiait Le dernier soir aux éditions Grasset, dans lequel il revient sur le suicide assisté de la militante Jacqueline Jencquel, en mars 2022. Une amie à qui il a tenu la main lors de ses derniers instants, un geste qui pourrait lui valoir une peine de prison et une lourde amende pour "non-assistance à personne en danger" et "promotion du suicide". Mais le grand reporter y fait également une annonce plus personnelle : il a déjà programmé sa mort à l'âge de 75 ans. "Je ne veux pas des EHPAD, et de la vieillesse, et des gens qui me torchent, tout ça je n'en veux pas. Moi, je veux vivre le plus dignement possible, le plus longtemps possible" justifiait-il sur le plateau de C l'Hebdo le mois dernier. Il assure ne "vouloir convaincre personne"."Ce dont je ne veux pas, c'est mourir dans un Ehpad, […] c'est voir mon corps se dégrader, […] c'est cette pression que l'on inflige aux autres qui nous accompagnent dans ces dernières années de vie. Je ne veux pas de ce fardeau", confie-t-il avec émoi.
Thomas Misrachi a donc décidé du moment de sa mort: "J'ai décidé de mourir à 75 ans, dans 23 ans. Tout le monde me dit: 'c'est très tôt, peut-être que tu seras en forme'. Ce sera peut-être un an de plus, un an de moins. J'ai une fille qui a six ans, peut-être qu'elle sera enceinte et qu'elle me demandera de rester jusqu'à la naissance de son enfant. Je ne sais pas ce qu'il se passera", mais c'est une conviction "forte" que l'auteur assure avoir "toujours eue". "J'ai toujours voulu avoir ce contrôle sur cet aspect de ma vie". Invité à revenir sur ce livre et cette annonce choc dans une nouvelle interview accordée à nos confrères de Gala, Thomas Misrachi explique notamment que sa décision ne date pas de la mort de Jacqueline Jencquel, mais de bien des années auparavant : "J'ai eu une discussion avec une fille avec qui je suis sorti pendant très longtemps quand j'étais très jeune. Quand elle a su que le livre sortait, elle m'a dit : 'c'est drôle, tu m'en parlais déjà quand on était ensemble.' J'avais 23 ans quand j'étais avec elle, donc ça remonte au moins à cet âge-là. Mais je n'y pense pas au quotidien. J'en parle parce que ce livre est sorti, mais sinon je ne parle jamais de mort. Je ne suis pas du tout obsédé par ça. Mais c'est vrai que j'ai toujours voulu avoir ce contrôle sur cet aspect de ma vie. Chacun doit pouvoir faire ce qu'il veut" explique-t-il.
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Dans son livre, Thomas Misrachi raconte ses ultimes moments de vie. "Elle était moi de 25 ans en avance. Toutes ses convictions, toutes ses peurs, tous ses doutes, je les partage", raconte-t-il.
L'accompagnement de Sylvie et la question de l'euthanasie
Cette "amie de 77 ans", le journaliste la rencontre lors d'une interview qu'il réalise pour les antennes de BFMTV car "elle avait annoncé vouloir se donner la mort, parce qu'elle considérait avoir fait le tour de sa vie". "Un jour elle m'a demandé d'être là le dernier soir, le dernier jour, le jour où elle mettrait fin à sa vie", explique Thomas Misrachi, qui lui fait la promesse d'être présent. "À 19 heures, elle était vivante, à 23 heures, elle était morte", témoigne-t-il.
Initialement, Sylvie voulait faire cela en Suisse de façon légale. Mais depuis "une dizaine d'années", elle avait en sa possession un "produit qu'elle avait conservé" pour se donner la mort chez elle. "Elle avait tout préparé. On a passé cette soirée comme une soirée normale", continue-t-il.
Pour ne pas avoir assisté une personne en danger ce soir-là, Thomas Misrachi "pourrait être poursuivi pénalement, je risque plusieurs années de prison". Mais malgré les risques, l'auteur voulait témoigner.
Un témoignage pour ne pas oublier
"L'été dernier, je parlais avec quelqu'un qui connaissait cette personne et je commençais à oublier des détails de cette histoire. Je me suis dit qu'il ne fallait pas que j'oublie parce qu'un jour je raconterai cette histoire, j'en parlerai", confie-t-il. Après avoir écrit ça d'une traite, il le fait lire à un ami qu'il a en commun avec Sylvie. Ce dernier lui dit de le publier. Thomas Misrachi choisit les éditions Grasset pour raconter cette histoire.
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Expliquer son choix à sa fille
En revanche, il lui reste encore une tâche à accomplir : expliquer son choix à sa fille, âgée de 6 ans aujourd'hui. "Je lui expliquerai qu'un père, c'est aussi un homme et que même si cette petite fille est la chose la plus importante de ma vie, je suis une personne à part entière, j'ai des croyances, des idées, des convictions… On ne sera pas d'accord sur tout. J'espère qu'elle comprendra, qu'elle acceptera et qu'elle sera assez ouverte d'esprit pour m'accompagner d'une certaine manière", avance Thomas Misrachi.
Vie privée
Le journaliste de « 7 jours BFM » est très discret sur sa vie privée, et si nous savons qu’il a une compagne avec qui il a été pris en photo lors de l’avant-première du film Aux yeux de tous, nous n’avons pas connaissance de son identité.
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