L'infertilité masculine est un problème de santé publique qui touche de nombreux couples à travers le monde. Un facteur masculin est prédominant dans 30% des cas d'infertilité du couple. De nos jours, l’infertilité, qu’elle soit masculine ou féminine, n’est plus une fatalité. Parmi les causes potentielles, l'utilisation de cortisone, un corticostéroïde puissant, suscite des interrogations quant à son influence sur la fertilité masculine. Cet article vise à explorer en profondeur la relation entre la cortisone et la fertilité masculine, en s'appuyant sur les données scientifiques disponibles et en abordant les aspects suivants : les causes générales de l'infertilité masculine, le mécanisme d'action des corticoïdes, les études cliniques sur l'impact de la cortisone sur la fertilité, les alternatives thérapeutiques et les recommandations pour les hommes sous corticothérapie souhaitant concevoir.
Infertilité Masculine : Un Aperçu des Causes
L’infertilité masculine peut avoir diverses origines, allant de facteurs liés au mode de vie à des problèmes médicaux sous-jacents. Ce qui peut affecter la fertilité masculine vient de facteurs liés à sa qualité de vie. Selon les statistiques de l’OMS, la cause la plus fréquente de stérilité masculine est l'absence totale de spermatozoïdes dans les testicules qui peuvent, à leur tour, être mal positionnées par rapport à la normale.
Facteurs liés au mode de vie
La consommation de toxiques tel que le tabac, le cannabis et autres drogues peut affecter la qualité du sperme et la fertilité masculine. L’exposition aux perturbateurs endocriniens, substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle interférant avec le système endocrinien, peut également avoir des effets néfastes sur l’organisme et la fertilité.
Facteurs liés à l'âge
La diminution de la fertilité masculine avec l’âge est établie avec une baisse du volume spermatique, une diminution de la mobilité des spermatozoïdes ainsi que du pourcentage de formes normales.
Facteurs médicaux
Dans certains cas, la mobilité du spermatozoïde peut être ralentie jusqu’à -40%. Quand le nombre de spermatozoïdes génétiquement anormaux (malformation au niveau de la tête, du flagelle…) dépasse les 60%, on est devant un cas de tératospermie. De plus, certaines causes d’infertilité sont incurables notamment dans les infertilités d’origine génétique, d’autres peuvent être traitées permettant à l’homme d’améliorer ses paramètres spermatiques et la qualité de ses spermatozoïdes voire même de retrouver une fertilité naturelle.
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Corticoïdes : Mécanisme d'Action et Utilisations
Les corticoïdes, tels que la cortisone, sont des médicaments anti-inflammatoires et immunosuppresseurs puissants. L'administration de corticoïdes est également possible dans certaines infertilités de cause immunologique. Ils agissent en réduisant l'inflammation et en supprimant l'activité du système immunitaire. Ils sont utilisés pour traiter une variété de conditions médicales, notamment :
- Maladies auto-immunes : lupus, polyarthrite rhumatoïde, maladie de Crohn
- Allergies sévères : asthme, eczéma
- Inflammations : bursite, tendinite
- Rejet de greffe
Bien que les corticoïdes soient efficaces pour traiter ces conditions, ils peuvent également avoir des effets secondaires importants, notamment sur la fertilité.
Impact des Corticoïdes sur la Fertilité Masculine
Les corticostéroïdes administrés par voie systémique peuvent altérer la fertilité masculine et féminine en influençant la sécrétion hormonale de l'hypothalamus et de l'hypophyse, ainsi que la gamétogenèse dans les testicules et les ovaires. Les études sur l'impact des corticoïdes sur la fertilité masculine sont mitigées, mais certaines suggèrent un effet négatif potentiel.
Effets hormonaux
Les corticoïdes peuvent perturber l'équilibre hormonal nécessaire à la production de spermatozoïdes. Ils peuvent notamment :
- Diminuer la production de testostérone : La testostérone est l'hormone masculine principale, essentielle à la spermatogenèse (production de spermatozoïdes).
- Augmenter la production de cortisol : Le cortisol, hormone du stress, peut inhiber la production de testostérone et affecter la qualité du sperme.
Effets sur la qualité du sperme
Des études ont montré que les corticoïdes peuvent affecter la qualité du sperme en diminuant :
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- Le nombre de spermatozoïdes
- La mobilité des spermatozoïdes
- La morphologie des spermatozoïdes
Ces effets peuvent rendre la conception plus difficile.
Études cliniques
Il existe des données cliniques limitées sur l’évaluation de l’effet de la dexaméthasone sur la fertilité masculine ou féminine. Certaines études ont montré une association entre l'utilisation de corticoïdes et une diminution de la fertilité masculine, tandis que d'autres n'ont trouvé aucun lien significatif. Il est important de noter que ces études sont souvent de petite taille et présentent des limitations méthodologiques.
Alternatives Thérapeutiques et Recommandations
Si un homme sous corticothérapie souhaite concevoir, il est important de discuter des options thérapeutiques avec son médecin.
Alternatives aux corticoïdes
Dans certains cas, il peut être possible de remplacer les corticoïdes par d'autres médicaments ayant moins d'impact sur la fertilité.
Réduction de la dose
Si l'arrêt des corticoïdes n'est pas possible, une réduction de la dose peut aider à minimiser les effets secondaires sur la fertilité.
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Traitements pour améliorer la qualité du sperme
Il existe des traitements qui peuvent aider à améliorer la qualité du sperme, tels que :
- Antioxydants : Les antioxydants peuvent protéger les spermatozoïdes contre les dommages causés par les radicaux libres.
- Suppléments nutritionnels : Certains suppléments, comme le zinc et le sélénium, peuvent améliorer la qualité du sperme.
Assistance médicale à la procréation
Si la conception naturelle n'est pas possible, l'assistance médicale à la procréation (AMP), telle que l'insémination artificielle ou la fécondation in vitro (FIV), peut être une option. Les progrès techniques en PMA et notamment l’apparition de la micro-injection (ICSI) en 1992 ont conduit à trop souvent négliger le versant andrologique dans la prise en charge en PMA pour se contenter de rechercher le spermatozoïde à injecter dans l’ovocyte.
Préservation de la fertilité
La préservation de fertilité est à discuter avant l’instauration de certains traitements.
Cortisone et Grossesse : Risques et Précautions
Il n'existe pas ou peu de données relatives à l'utilisation de la dexaméthasone et de la lévofloxacine chez la femme enceinte. Les corticostéroïdes traversent le placenta. L'utilisation prolongée ou répétée de corticostéroïdes pendant la grossesse a été associée à un risque accru de retard de croissance intra-utérine, à un poids plus faible à la naissance, et à un risque d'hypertension artérielle, de troubles vasculaires et de résistance à l'insuline à l'âge adulte. Les nourrissons nés de mères ayant reçu des doses importantes de corticostéroïdes pendant la grossesse doivent être soigneusement surveillés afin de détecter tout signe d'hypoadrénalisme. Étant donné qu'une exposition systémique aux corticostéroïdes ne peut être exclue après administration ophtalmique, le traitement par DUGRESSA n'est pas recommandé pendant la grossesse, et en particulier au cours des trois premiers mois.
La prednisone et la prednisolone peuvent être utilisées sans restriction particulière pour traiter les MICI chez la femme enceinte. On ne considère pour l’instant pas qu’ils augmentent le risque de malformations bien que de fortes doses de corticostéroïdes puissent induire des fentes palatines chez les rongeurs et qu’une méta-analyse de mauvaise qualité méthodologique, suggérait qu’il puisse en être de même chez l’humain. La 11-béta-hydroxygénase placentaire métabolise la prednisone et la prednisolone, aussi le fœtus n’est-il exposé qu’à environ 10% de la dose maternelle en cas de traitement par ces deux stéroïdes. En revanche, la bétaméthasone et la déxaméthasone traversent largement le placenta.
Les corticostéroïdes systémiques et la lévofloxacine sont excrétés dans le lait maternel. Aucune donnée n'est disponible en ce qui concerne les quantités de dexaméthasone présentes dans le lait maternel capables de produire des effets cliniques chez le nourrisson. L'existence d'un risque potentiel pour l'enfant allaité ne peut pas être exclue.
Maladies Inflammatoires Chroniques de l'Intestin (MICI) et Fertilité
Les maladies inflammatoires cryptogénétiques de l’intestin (MICI) atteignent souvent des personnes jeunes, aussi les questions sur l’interférence éventuelle entre ces maladies ou leur traitement et la procréation sont-elles fréquentes. La fertilité des femmes souffrant de MICI non sélectionnées est habituellement normale. Un risque accru de stérilité est observé chez les femmes atteintes de maladie de Crohn (MC) active. Une stérilité tubaire peut être observée chez des femmes atteintes de MC et présentant des adhérences intra abdominales notamment postopératoires. Plusieurs études ont montré que la colectomie totale avec anastomose iléo-anale réduisait fortement (jusqu’à 80%) la fertilité. Ce risque semble nettement moindre après anastomose iléo-rectale.
Les avortements semblent plus fréquents chez les femmes atteintes de MICI, tout particulièrement quand la maladie est active (jusqu’à 35% des conceptions). Le risque de mort fœtale (au-delà de la 16e semaine) est d’environ 1% dans la population générale et 2% en cas de MC active. Malgré les progrès des traitements, un risque accru de prématurité et d’hypotrophie est toujours observé au cours de la MC et de la RCH. Un suivi attentif, notamment pendant le 3e trimestre, et l’arrêt du tabagisme doivent être conseillés.
L’activité de la MICI au moment de la conception augmente le risque d’activité persistante pendant la grossesse. Ainsi, le risque de rechute au cours de la grossesse est d’environ 20-25% si la RCH ou la MC sont inactives au moment de la conception, mais d’au moins 50% si la maladie est active au moment de la conception. Les femmes atteintes de MICI doivent donc être informées d’éviter si possible une conception pendant une phase active de leur maladie.
Corticoïdes et Système Immunitaire : Impact sur la Grossesse
Une grossesse est une situation unique d’un point de vue immunologique car le système immunitaire de la mère doit « reconnaître » un embryon dont au moins la moitié des antigènes (protéines reconnues par le système immunitaire) sont d’origine paternelle. Pour ce faire, une situation d’inactivation ou de tolérance accrue du système immunitaire de la mère se produit, de sorte que le placenta de l’embryon peut envahir l’utérus maternel sans être rejeté. Les traitements disponibles visent à suspendre ou à moduler les altérations du système immunitaire et les autres altérations qui peuvent exister. Parmi les médicaments qui peuvent être utilisés, on peut citer les corticoïdes, l’hydroxychloroquine, les immunoglobulines intraveineuses, les intralipides, les immunosuppresseurs, etc.
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