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Interprétation des résultats d'IgG rubéole pendant la grossesse

La rubéole est une maladie virale généralement bénigne, causée par le virus rubivirus. Bien qu'elle soit souvent inoffensive pour les enfants et les adultes, elle peut être grave pour les femmes enceintes, en particulier pendant le premier trimestre de la grossesse. En effet, l'infection peut être transmise au fœtus, entraînant de graves complications congénitales. C'est pourquoi le dépistage de la rubéole est systématiquement effectué chez les femmes enceintes. Cet article vise à expliquer l'interprétation des résultats d'IgG rubéole pendant la grossesse, les risques associés à l'infection et les mesures de prévention.

La rubéole : une menace pour le fœtus

La rubéole est une maladie infectieuse virale et contagieuse. Pour l'adulte, la rubéole est surtout dangereuse chez la femme enceinte, en particulier lors du premier trimestre, de par le risque de transmission de l’infection au fœtus via le placenta. Une rubéole congénitale pourrait porter atteinte à son développement, c'est pourquoi il est important d'y porter une attention particulière.

Le virus de la rubéole (RUBV) appartient à la famille des Matonaviridae et au genre Rubivirus. Il s’agit d’un virus à ARN (acide ribonucléique) monocaténaire linéaire de polarité positive. Ce virus enveloppé, de 60 à 70 nm de diamètre, possède une capside icosaédrique. Le RUBV est transmis par voie respiratoire lors de contacts humains directs.

En France, la vaccination depuis les années 1980 a permis une nette diminution du nombre de cas d’infections au cours de la grossesse. La rubéole est rare en France mais n’a pas encore disparu avec pour l’essentiel des cas d’importation ces dernières années.

Transmission et Contagion

La contamination par le virus de la rubéole s'effectue par voie respiratoire lors de contacts avec des personnes atteintes. Le virus se trouve dans les gouttelettes de salive émises par les personnes infectées lors de la toux, des éternuements ou de la parole. La rubéole comporte une période d'incubation moyenne de 15 jours.

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La rubéole est contagieuse pendant la phase symptomatique (habituellement les 7 premiers jours) et jusqu’à deux semaines après l’apparition de l’éruption cutanée.

Symptômes de la rubéole

Dans un cas sur deux, c’est-à-dire 50 % des cas, l’infection virale est totalement asymptomatique. Quand elle est symptomatique, les manifestations apparaissent environ deux semaines après la contamination.

Les symptômes de la rubéole sont les suivants:

  • Fièvre, généralement modérée autour de 38,5 °C.
  • Courbatures.
  • Conjonctivite.
  • Odynophagie (mal de gorge).
  • Augmentation de la taille des adénopathies rétro-auriculaires (ganglions derrière les oreilles).
  • Arthralgies (douleurs articulaires).
  • Éruption cutanée tardive : L’éruption cutanée de la rubéole apparaît une semaine après le début des symptômes et commence d’abord au niveau du visage, s’étendant ensuite aux membres et au tronc (éruption rubéoliforme). L’éruption apparaît sur le visage d’abord puis s’étend au reste du corps. Elle se manifeste sous forme d’un érythème discret caractérisé par des petites macules rose pâle. L'éruption persiste pendant 3 jours en moyenne.

Risques pendant la grossesse

La transmission materno-fœtale et le risque de malformations sont corrélés à l’âge gestationnel.

  • Avant 11 semaines d’aménorrhée (SA), la fréquence de l’infection fœtale est très élevée (80-90 %). Lorsque la primo-infection maternelle a lieu avant la 11 SA, le risque d’anomalies fœtales majeures est important (70 à 90 %). L’infection virale au cours de l’embryogenèse se traduit principalement par des atteintes oculaires, des déficits de l’audition, des malformations cardiaques (persistance du canal artériel, hypoplasie de l’artère pulmonaire) et un retard psychomoteur. La foetopathie peut se traduire par un retard de croissance intra-utérin, une hépatomégalie, un purpura thrombopénique, une anémie hémolytique, une pneumopathie interstitielle ou une encéphalite. Si l’infection fœtale est avérée à un terme précoce et que les parents en font la demande, une interruption de grossesse peut être acceptée compte tenu du pronostic sombre de ces infections congénitales.

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  • Entre 11 et 20 SA, la fréquence de l’infection fœtale diminue pour atteindre 25 % jusqu’à la 24-26 SA. La fréquence des anomalies est variable. Le risque principal est la perte de l’audition, qui peut se développer tardivement après la naissance. En cas de contamination maternelle en seconde moitié de grossesse, même si le fœtus est très souvent infecté, le risque de rubéole congénitale malformative est nul et aucun suivi particulier ne sera proposé hormis un diagnostic à la naissance à visée de prévention des personnes de l’entourage.

  • Après 26 SA, la fréquence de l'infection fœtale augmente à nouveau pour atteindre 100 % en fin de grossesse. Cependant, plus la transmission à l’enfant se produit tard pendant la grossesse, moins les conséquences pour l’enfant seront graves.

La rubéole pendant la grossesse peut provoquer un avortement ou des malformations chez le fœtus dont la gravité et la fréquence dépendent du terme. Le risque de malformations neurologiques, oculaires, cardiaques ou auditives est ainsi maximale si l'infection a lieu lors du premier trimestre de grossesse.

Importance du dépistage sérologique pendant la grossesse

Le diagnostic de la rubéole maternelle repose essentiellement sur la recherche d’anticorps spécifiques (sérologie - diagnostic indirect), réalisée la plupart du temps par des techniques ELISA (Enzyme Linked Immuno-Sorbent Assay).

Un dépistage sérologique est réalisé en début de grossesse afin de savoir si vous êtes immunisée contre le virus. La sérologie rubéole permet de savoir si on a déjà été infecté par le virus ou si on a été correctement vacciné, donc si on est protégé (ou immunisé). Il est effectué à partir d'une simple prise de sang.

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La sérologie (dépistage) consiste à réaliser des tests sanguins à la recherche d'anticorps spécifique de la rubéole. Les résultats obtenus indiquent si le patient est immunisé contre le virus et, s'il est infecté, le stade de la maladie. La sérologie permet d'établir si la personne est immunisée ou non contre le virus. Elle repose sur la détermination des taux d'immunoglobulines igG et des immunoglobines igG M.

Recherche d'IgG anti-RUBV

Le statut immunitaire est déterminé par la recherche des IgG anti-RUBV. Les anticorps antirubéole ont un effet protecteur.

Chez la femme enceinte, cette sérologie est obligatoire lors de la 1re consultation prénatale (si cela n’a pas été réalisé lors de la consultation pré-conceptionnelle) en l’absence de documents écrits permettant de considérer l’immunité comme acquise.

Si la sérologie de la rubéole n’a pas été faite avant la grossesse, elle devra être faite en début de grossesse. Si vous souhaitez avoir un enfant prochainement, il est donc conseillé de faire la sérologie avant le début de la grossesse.

En cas de résultat négatif, il est recommandé de renouveler cette sérologie à 20 SA afin de dépister l’éventuelle survenue d’une primo-infection. En l’absence de primo-infection, la vaccination après l’accouchement sera alors préconisée afin de prévenir une rubéole congénitale lors d’une grossesse ultérieure. On lui conseillera également de se faire vacciner juste après l’accouchement à la maternité.

À la suite d’un contage chez une femme enceinte non immunisée ou de statut immunitaire inconnu, un 1er sérum doit être prélevé le plus rapidement possible. Si le contage date de moins de 10 jours, la présence d’IgG anti-RUBV est en faveur d’une immunité antérieure. En l’absence d’IgG anti-RUBV, un second sérum prélevé 3-4 semaines après le contage est essentiel pour exclure ou confirmer la primo-infection rubéoleuse qui correspond biologiquement à une séroconversion correspondant à l’apparition des IgG.

Interprétation des résultats d'IgG

La sérologie recherche les anticorps, qui sont les défenses immunitaires fabriquées par notre corps pour lutter contre le virus de la rubéole. Ces anticorps apparaissent rapidement après la contamination.

  • Taux igG élevé (positif): Si le résultat de la recherche des anticorps IgG est positif en début de grossesse, quel que soit le taux, on considérera que vous êtes immunisée (protégée). Cela signifie que la personne a eu la rubéole ou a été vaccinée. Les anticorps de la rubéole sont en effet présents dès le début de l'éruption. Le taux s'élève rapidement dans les 2 semaines suivantes, puis diminue progressivement pour se stabiliser. Les anticorps IgG persistent et sont protecteurs. Les normes différent selon les techniques utilisées par les laboratoires. Sachez que les résultats ne constituent pas à eux seuls un diagnostic.

  • Absence d’IgG (négatif) : Quand il n’y a pas d’IgG dans le sang maternel, cela signifie que la maman n’est pas immunisée et votre bébé non plus. Si vous n’êtes pas immunisée, vous n’êtes pas protégée contre le virus et votre bébé non plus. La prudence s’impose alors et une surveillance mensuelle des anticorps est instaurée jusqu’au quatrième mois de grossesse pour s’assurer qu’il n’y a pas de rubéole en cours. Au-delà de cette date, la surveillance sérologique n’est plus nécessaire car les risques de malformations ou de complications dus à cette maladie sont inexistants.

L’interprétation des résultats doit prendre en compte une possible augmentation du titre des IgG anti-RUBV liée à une réinfection, une vaccination ou une stimulation polyclonale non spécifique du système immunitaire.

Recherche d'IgM anti-RUBV

La recherche des IgM, présentes en cas de primo-infection, est généralement prescrite sachant qu’elles peuvent également être mises en évidence lors de réinfections, de vaccination ou de stimulation polyclonale non spécifique du système immunitaire.

Les premiers anticorps à apparaître, très rapidement après l'infection, sont les immunoglobulines M (IgM). Dans le cas de la rubéole, les IgM apparaissent 15 jours après le contact avec le virus, c'est-à-dire au moment de l'éruption. Les anticorps apparaissent rapidement après la contamination. Ils sont toujours présents en début d'infection et disparaissent ensuite 1 à 2 mois après l’infection. Toutefois, leur présence ne signifie pas toujours qu’il s’agit d’une infection récente car, dans certains cas rares, ils peuvent persister à taux faible pendant longtemps.

Dans le cas général, le diagnostic repose sur la découverte d'une séroconversion avec présence d'IgM spécifiques qui apparaissent 15 jours après le contage et disparaissent en 3 à 8 semaines. La présence de ces dernières dans le sang du cordon indique l'existence d'une infection congénitale. Le diagnostic post-natal d'une infection congénitale repose sur la mise en évidence d'IgM spécifiques dans le sang du nouveau-né.

En cas de présence d’anticorps IgM, la mesure de l’indice d’avidité des IgG, si elle est réalisée avant 16 semaines d’aménorrhée, permet de savoir si l’infection est antérieure à la conception et ainsi d’écarter le risque de transmission au fœtus.

Diagnostic prénatal en cas de primo-infection

En cas de primo-infection avérée chez une femme enceinte et/ou d’anomalies évocatrices à l’échographie, il est possible de réaliser le diagnostic prénatal de la rubéole congénitale en recherchant le génome viral dans le liquide amniotique par RT-PCR. Pour un diagnostic certain, une amniocentèse est proposée après 18 SA. Elle étudie le génome du virus dans le liquide amniotique. Une ponction de sang fœtal aux alentours de la 22 SA permet le dosage des anticorps spécifiques d’une infection récente.

En cas de positivité et de présence d’anomalies échographiques, une interruption médicale de grossesse pourra être proposée. C’est souvent le cas lors d’une primo-infection ayant lieu avant 20 SA. Au-delà, la grossesse pourra, selon les images échographiques, être poursuivie.

Si le bébé est infecté, une surveillance rapprochée par un centre de référence sera mise en place.

Prévention de la rubéole pendant la grossesse

Le meilleur moyen de prévention contre la rubéole reste la vaccination.

La vaccination contre la rubéole est obligatoire pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 selon le schéma de 1 dose à 12 mois et une 2e dose entre 16 et 18 mois. Il est recommandé de faire la vaccination chez l’enfant par 2 injections à 12 et 18 mois. Il s’agit du vaccin trivalent, dans lequel le vaccin contre la rubéole est associé à celui contre la rougeole et les oreillons (ROR).

Le vaccin contre la rubéole est un vaccin à virus atténué, combiné aux valences contre la rougeole et contre les oreillons.

Au-delà de la vaccination des jeunes enfants, les femmes en âge de procréer ayant une sérologie négative et n’ayant pas reçu les 2 doses de vaccination doivent être vaccinées. Il est proposé une vaccination aux femmes en âge de procréer n'ayant pas d'anticorps ou possédant un taux faible non protecteur.

Ce vaccin est contre-indiqué au cours de la grossesse (virus atténué), mais peut être administré juste après l’accouchement. La vaccination est contre indiquée pendant la grossesse et dans le mois qui précède la conception. Les mamans qui viennent d’accoucher et qui ne sont pas immunisées peuvent se faire vacciner en suites de couches pendant le séjour à la maternité. Cela évitera bien des soucis lors d’une prochaine grossesse. L’idéal étant bien sûr de vacciner tous les enfants (filles et garçons) dès 1 an afin d’éviter qu’ils contaminent une femme enceinte.

En dehors de la grossesse, le diagnostic sérologique est peu utilisé.

Pour ceux qui ne sont pas vaccinés, les gestes barrières, comme le lavage de mains et le port d’un masque, restent des mesures simples à mettre en place. Les femmes enceintes ne peuvent pas se faire vacciner contre la rubéole pendant la grossesse d’où l'intérêt de savoir votre statut immunitaire avant de tomber enceinte.

"La vaccination doit se faire sous couvert d'une contraception efficace".

Traitement de la rubéole

Il n'existe aucun médicament agissant sur le virus de la rubéole. La rubéole est une maladie virale bénigne sauf en cas de transmission de la mère à son fœtus en cas de grossesse.

La rubéole est une maladie virale, de ce fait les antibiotiques ne sont pas utiles. Le traitement est simplement symptomatique et consiste à prendre des médicaments pour la fièvre et les douleurs, tels que le paracétamol.

Dans les cas où la rubéole survient chez une femme enceinte qui n’est pas immunisée, elle doit être orientée vers un centre spécialisé afin de bénéficier d’un suivi médical.

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