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Interprétation des résultats positifs pour les IgG anti-rubéole

La rubéole est une maladie virale contagieuse généralement bénigne, causée par le virus de la rubéole (RUBV), un virus à ARN monocaténaire de polarité positive appartenant à la famille des Matonaviridae. Bien que souvent bénigne, la rubéole représente un risque majeur pour les femmes enceintes, car l'infection peut entraîner de graves malformations congénitales chez le fœtus. C'est pourquoi le dépistage de la rubéole et l'interprétation des résultats sérologiques, notamment la présence d'IgG, sont cruciaux pour la prise en charge des femmes enceintes et la prévention de la rubéole congénitale.

Le virus de la rubéole

Le virus de la rubéole (RUBV) est transmis par voie respiratoire lors de contacts humains directs. Après contamination, le virus se multiplie au sein des muqueuses oropharyngées, puis des ganglions cervicaux avant de rejoindre la circulation sanguine. La période d’incubation dure en moyenne 16 à 18 jours. Au niveau du pharynx, le virus est présent 1 semaine avant et 1 semaine après le début de l’éruption, expliquant la contagiosité de l’infection. La virémie peut être mise en évidence pendant la semaine qui précède l’apparition des signes cliniques. La virurie est transitoire et dure de 1 à 2 jours au moment de l’éruption.

Prévalence et prévention

Au niveau mondial, la vaccination contre la rubéole a été introduite dans de nombreux pays, ce qui a permis de réduire considérablement le nombre de cas. En France, la vaccination depuis les années 1980 a permis une nette diminution du nombre de cas d’infections au cours de la grossesse. La vaccination contre la rubéole est obligatoire pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 selon le schéma de 1 dose à 12 mois et une 2e dose entre 16 et 18 mois. Le vaccin contre la rubéole est un vaccin à virus atténué, combiné aux valences contre la rougeole et contre les oreillons.

Importance du dépistage sérologique

Le diagnostic de la rubéole maternelle repose essentiellement sur la recherche d’anticorps spécifiques (sérologie - diagnostic indirect), réalisée la plupart du temps par des techniques ELISA (Enzyme Linked Immuno-Sorbent Assay). Le statut immunitaire est déterminé par la recherche des IgG anti-RUBV. Chez la femme enceinte, cette sérologie est obligatoire lors de la 1re consultation prénatale (si cela n’a pas été réalisé lors de la consultation pré-conceptionnelle) en l’absence de documents écrits permettant de considérer l’immunité comme acquise. En cas de résultat négatif, il est recommandé de renouveler cette sérologie à 20 SA afin de dépister l’éventuelle survenue d’une primo-infection. En l’absence de primo-infection, la vaccination après l’accouchement sera alors préconisée afin de prévenir une rubéole congénitale lors d’une grossesse ultérieure.

Sérologie et interprétation des résultats

La sérologie permet d'établir si la personne est immunisée ou non contre le virus. Elle repose sur la détermination des taux d'immunoglobulines igG et des immunoglobines igG M. Un résultat positif d’IgG au-dessus d’un certain seuil permet d’affirmer que la future maman est immunisée et a rencontré une fois le virus dans sa vie, ou alors qu’elle est vaccinée. Dans ce cas, les futures mamans peuvent être tranquilles. Pour ne pas prendre de risque, un second prélèvement est programmé une quinzaine de jours plus tard. Quand il n’y a pas d’IgG dans le sang maternel, cela signifie que la maman n’est pas immunisée. La prudence s’impose alors et une surveillance mensuelle des anticorps est instaurée jusqu’au quatrième mois de grossesse pour s’assurer qu’il n’y a pas de rubéole en cours. Au-delà de cette date, la surveillance sérologique n’est plus nécessaire car les risques de malformations ou de complications dus à cette maladie sont inexistants.

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Interprétation d'un résultat IgG positif

Un résultat positif pour les IgG anti-rubéole indique généralement une immunité contre la rubéole. Cela signifie que la personne a été soit vaccinée contre la rubéole, soit a été infectée par le virus dans le passé et a développé une immunité. La présence d'IgG indique une protection contre une future infection.

IgG positifs chez la femme enceinte

Chez une femme enceinte, un résultat IgG positif est rassurant car il indique qu'elle est immunisée contre la rubéole et qu'elle est peu susceptible de contracter l'infection pendant la grossesse. Cela réduit considérablement le risque de rubéole congénitale chez le fœtus.

Situations particulières

Il est important de noter que l’interprétation des résultats doit prendre en compte une possible augmentation du titre des IgG anti-RUBV liée à une réinfection, une vaccination ou une stimulation polyclonale non spécifique du système immunitaire. La recherche des IgM, présentes en cas de primo-infection, est généralement prescrite sachant qu’elles peuvent également être mises en évidence lors de réinfections, de vaccination ou de stimulation polyclonale non spécifique du système immunitaire.

Risques et complications de la rubéole congénitale

La transmission materno-fœtale et le risque de malformations sont corrélés à l’âge gestationnel. Avant 11 semaines d’aménorrhée (SA), la fréquence de l’infection fœtale est très élevée (80-90 %). Cette fréquence diminue ensuite pour atteindre 25 % jusqu’à la 24-26 SA, puis augmente à nouveau pour atteindre 100 % en fin de grossesse. Lorsque la primo-infection maternelle a lieu avant la 11 SA, le risque d’anomalies fœtales majeures est important (70 à 90 %). Entre 11 et 20 SA, la fréquence des anomalies est variable. L’infection virale au cours de l’embryogenèse se traduit principalement par des atteintes oculaires, des déficits de l’audition, des malformations cardiaques (persistance du canal artériel, hypoplasie de l’artère pulmonaire) et un retard psychomoteur. La foetopathie peut se traduire par un retard de croissance intra-utérin, une hépatomégalie, un purpura thrombopénique, une anémie hémolytique, une pneumopathie interstitielle ou une encéphalite. Entre 11 et 20 SA, le risque principal est la perte de l’audition, qui peut se développer tardivement après la naissance.

Diagnostic prénatal

En cas de primo-infection avérée chez une femme enceinte et/ou d’anomalies évocatrices à l’échographie, il est possible de réaliser le diagnostic prénatal de la rubéole congénitale en recherchant le génome viral dans le liquide amniotique par RT-PCR. En cas de positivité et de présence d’anomalies échographiques, une interruption médicale de grossesse pourra être proposée. C’est souvent le cas lors d’une primo-infection ayant lieu avant 20 SA. Au-delà, la grossesse pourra, selon les images échographiques, être poursuivie. Chez le nouveau-né, les IgM anti-RUBV pourront être recherchées dans le sang.

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Prévention et vaccination

La vaccination contre la rubéole est le moyen le plus efficace de prévenir l'infection et ses complications. La vaccination est obligatoire pour tous les enfants nés à partir du 1er janvier 2018 selon le schéma de 1 dose à 12 mois et une 2e dose entre 16 et 18 mois. Au-delà de la vaccination des jeunes enfants, les femmes en âge de procréer ayant une sérologie négative et n’ayant pas reçu les 2 doses de vaccination doivent être vaccinées. Ce vaccin est contre-indiqué au cours de la grossesse (virus atténué), mais peut être administré juste après l’accouchement.

Vaccination et grossesse

Pour les femmes dont la sérologie prénatale est négative ou inconnue, la vaccination ne pouvant être pratiquée pendant la grossesse, elle devra être pratiquée immédiatement après l’accouchement, de préférence avant la sortie de la maternité, ou à défaut au plus tôt après la sortie. Cette vaccination peut être pratiquée par les sages-femmes.

Que faire en cas de contage chez une femme enceinte non immunisée ?

À la suite d’un contage chez une femme enceinte non immunisée ou de statut immunitaire inconnu, un 1er sérum doit être prélevé le plus rapidement possible. Si le contage date de moins de 10 jours, la présence d’IgG anti-RUBV est en faveur d’une immunité antérieure. En l’absence d’IgG anti-RUBV, un second sérum prélevé 3-4 semaines après le contage est essentiel pour exclure ou confirmer la primo-infection rubéoleuse qui correspond biologiquement à une séroconversion correspondant à l’apparition des IgG.

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