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Vaccination contre la rubéole en post-partum : Recommandations et Pratiques Cliniques

La vaccination contre la rubéole en post-partum immédiat est une intervention de santé publique importante pour protéger les femmes non immunisées et prévenir la rubéole congénitale. Cet article vise à établir des recommandations pour la pratique clinique concernant la vaccination contre la rubéole dans le post-partum immédiat, en s'appuyant sur les données scientifiques actuelles et les recommandations des sociétés savantes nationales.

Importance de la vaccination contre la rubéole

La rubéole est une maladie virale généralement bénigne, souvent asymptomatique dans près de 50 % des cas. Cependant, elle représente un risque grave pour les femmes enceintes, car le passage transplacentaire du virus peut entraîner de graves malformations congénitales chez le fœtus, voire la mort fœtale. La gravité de la maladie est liée au passage transplacentaire du virus en cas d’infection d’une femme enceinte pendant les premiers mois de la grossesse. Le risque de malformations congénitales est très élevé (de 70 % à 100 %) quand la primo-infection maternelle survient avant 11 semaines d’aménorrhée (SA) ; il varie de 15 % à 80 % entre la 12e et la 18e SA pour devenir quasi nul après ce délai.

En France, un plan d’élimination de la rougeole et de la rubéole congénitale a été mis en place en 2005, avec des mesures vaccinales renforcées, notamment un rattrapage vaccinal avec le vaccin trivalent pour toutes les personnes nées à partir de 1980.

Recommandations pour la vaccination contre la rubéole en post-partum

Le vaccin contre la rubéole est recommandé dans le post-partum immédiat chez les femmes séronégatives, avec une dose de vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole (ROR) (accord professionnel). Cette recommandation s'inscrit dans une stratégie globale visant à protéger les femmes non immunisées et à prévenir la rubéole congénitale.

Indication principale

La vaccination post-partum est particulièrement indiquée pour les femmes dont la sérologie prénatale est négative ou inconnue. La vaccination ne pouvant être pratiquée pendant la grossesse, elle devra être pratiquée immédiatement après l’accouchement, de préférence avant la sortie de la maternité, ou à défaut au plus tôt après la sortie.

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Mise en œuvre pratique

Cette vaccination peut être pratiquée par les sages-femmes. Il est important de noter que les sérologies pré-vaccinales et post-vaccinales ne sont pas utiles. De plus, il n’y a pas lieu de revacciner des femmes ayant reçu deux doses de vaccins quel que soit le résultat de la sérologie si elle a été pratiquée.

Contre-indications et précautions

Comme pour tout vaccin, il existe certaines contre-indications à la vaccination contre la rubéole. La principale contre-indication est la grossesse. Une grossesse doit être évitée dans le mois qui suit une injection de vaccin contre la rubéole et la varicelle mais la prescription d’une contraception n’est pas obligatoire (accord professionnel).

D'autres contre-indications incluent :

  • Hypersensibilité aux substances actives, à l’un des excipients ou à la néomycine. Un antécédent de dermatite de contact à la néomycine n’est pas une contre-indication. Pour les réactions d’hypersensibilité liées aux protéines d’œuf.
  • Traitement immunosuppresseur en cours (y compris de fortes doses de corticostéroïdes). Priorix n'est pas contre-indiqué chez les sujets recevant des corticostéroïdes par voie locale ou par voie parentérale à faible dose (par exemple, pour la prophylaxie de l’asthme ou en traitement substitutif).
  • Déficit sévère de l'immunité humorale ou cellulaire (primaire ou acquis), par exemple déficit immunitaire combiné sévère, agammaglobulinémie et SIDA ou infection symptomatique due au VIH ou avec un taux âge-dépendant de lymphocytes T CD4+ chez les enfants de moins de 12 mois : CD4+ < 25 % ; enfants de 12 à 35 mois : CD4+ < 20 % ; enfants de 36 à 59 mois : CD4+ < 15 %.
  • Comme pour les autres vaccins, l’administration de PRIORIX doit être différée chez les sujets atteints de maladies fébriles sévères aiguës. Une infection bénigne, tel qu’un rhume, ne devrait pas entraîner de report de la vaccination.

L’allaitement maternel, une injection d’immunoglobulines anti-D ou une transfusion sanguine récentes ne sont pas des contre-indications à la vaccination dans le post-partum immédiat (accord professionnel).

Informations importantes sur le vaccin PRIORIX

PRIORIX est un vaccin vivant atténué contre la rougeole, les oreillons et la rubéole. Il est indiqué pour l'immunisation active contre ces maladies chez les enfants âgés de 9 mois et plus, les adolescents et les adultes.

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Composition :

  • Virus de la rougeole vivant atténué (souche Schwarz) : au minimum 103,0 DICC50
  • Virus des oreillons vivant atténué (souche RIT 4385, dérivée de la souche Jeryl Lynn) : au minimum 103,7 DICC50
  • Virus de la rubéole vivant atténué (souche Wistar RA 27/3) : au minimum 103,0 DICC50
  • Excipients : Acides aminés, Lactose (anhydre), Mannitol, Sorbitol (9 mg), Néomycine (traces), Eau pour préparations injectables

Posologie :

La dose est de 0,5 mL. Une seconde dose doit être administrée selon les recommandations officielles.

Mode d'administration :

PRIORIX est destiné à l’injection par voie sous-cutanée, l’injection par voie intramusculaire est également possible, dans la région deltoïde ou dans la partie antérolatérale de la cuisse. Le vaccin doit être administré de préférence par voie sous-cutanée chez les patients présentant une thrombocytopénie ou un trouble de la coagulation.

Interactions médicamenteuses :

PRIORIX peut être administré simultanément avec d’autres vaccins monovalents ou combinés, selon les recommandations officielles. Si l’administration n’est pas simultanée, un intervalle d’au moins un mois est recommandé entre l’administration de PRIORIX et d’autres vaccins vivants atténués.

Populations spécifiques

  • Femmes nées avant 1980 non vaccinées contre la rubéole : La vaccination contre la rubéole de ces femmes est recommandée ; elles doivent recevoir une dose de vaccin ROR au lieu d’un vaccin rubéoleux seul.
  • Professionnels de santé et de la petite enfance : Les personnes nées avant 1980, non vaccinées et sans antécédent connu de rougeole ou de rubéole, qui exercent des professions de santé en formation, à l’embauche ou en poste, devraient recevoir une dose de vaccin trivalent rougeole-rubéole-oreillons. Les professionnels en charge de la petite enfance devraient aussi recevoir une dose de vaccin trivalent rougeole-oreillons-rubéole.

Surveillance et Épidémiologie

En France, la rubéole n’est pas surveillée en population générale jusqu'en mai 2018 mais, du fait de la gravité de la rubéole lorsqu’elle est contractée au cours de la grossesse, une surveillance nationale des infections rubéoleuses materno-foetales a été instaurée dès 1976 (Réseau Renarub). En application du décret n° 2018-342 du 7 mai 2018, la rubéole rejoint la liste des maladies pour lesquelles la transmission de données individuelles de signalement ou de notification à l'autorité sanitaire est obligatoire.

Les données de couverture vaccinale par le vaccin trivalent ROR montrent des résultats élevés, mais il existe une hétérogénéité géographique et des populations de faible couverture vaccinale. Une étude de séroprévalence menée en 2013 a montré que 5,4 % des sujets âgés de 18 ans à 32 ans restaient réceptifs vis-à-vis de l’infection rubéoleuse.

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tags: #vaccination #rubéole #post-partum

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