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Hugues Capet : Fondateur de la dynastie capétienne

Hugues Capet, roi de France de 987 à 996, est une figure charnière de l'histoire française. Son accession au trône marque la fin de la dynastie carolingienne et le début de la dynastie capétienne, qui régnera sur la France pendant plus de trois siècles.

Jeunesse et ascension

Né vers 941, probablement à Dourdan, Hugues Capet est le fils d'Hugues le Grand, duc des Francs, et d'Hedwige de Saxe, sœur de l'empereur Otton Ier. Cette ascendance prestigieuse lui confère une position importante dans le royaume franc. Son éducation est probablement sommaire et il ne semble pas maitriser le latin. En 937, Hugues le Grand, veuf de sa deuxième épouse, se remarie avec une soeur du roi Otton de Germanie, futur restaurateur de l'Empire. Hugues Capet est le premier né d'une fratrie d'au moins cinq enfants.

À la mort de son père en 956, Hugues hérite de la Neustrie (entre Loire et Seine) et du duché de France (entre Seine et Somme). Il devient ainsi l'un des principaux seigneurs de la Francie occidentale, possédant de vastes domaines autour de Paris et d'Orléans, comprenant des seigneuries laïques et des abbayes. Son influence grandit rapidement, et il alterne soutien et opposition au pouvoir royal.

En 970, il épouse Adélaïde, fille de Guillaume Tête d'Étoupes, duc d'Aquitaine. De cette union naîtront trois enfants, dont Robert le Pieux, qui succédera à son père sur le trône.

L'élection au trône

À la fin du Xème siècle, le pouvoir des héritiers de Charlemagne est faible. Les derniers rois carolingiens peinent à maintenir leur autorité face aux puissants seigneurs locaux. En 987, à la mort du roi carolingien Louis V, dit "le Fainéant", sans héritier direct, la question de la succession se pose avec acuité.

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Charles de Lorraine, oncle de Louis V, est le prétendant carolingien légitime. Cependant, il est écarté lors d'une assemblée des grands du royaume, tenue à Senlis le 1er juin 987. L'archevêque de Reims, Adalbéron, joue un rôle déterminant dans cette décision. Il met en avant l'absence de Charles, sa vie dissolue et sa pauvreté, et soutient la candidature d'Hugues Capet.

Le 3 juillet 987, Hugues Capet est élu roi des Francs par l'assemblée des Grands, à Noyon. Son sacre, célébré dans la cathédrale de Noyon, marque le début d'une nouvelle ère pour le royaume franc. À 47 ans, il devient le premier souverain non carolingien depuis Pépin le Bref en 768. Les annales de l'abbaye Saint-Médard de Soissons mentionnent l'élection de Hugues, « surnommé Chapez ».

Consolidation du pouvoir

Devenu roi, Hugues Capet doit faire face à plusieurs défis pour consolider son pouvoir. Il est confronté à l'opposition de Charles de Lorraine, qui conteste son élection et s'empare de Laon en 988. Hugues Capet assiège Laon à deux reprises, mais sans succès. Finalement, en 991, l'évêque de Laon, Ascelin, trahit Charles et le livre au roi. Charles de Lorraine meurt prisonnier à Orléans quelques années plus tard.

Hugues Capet doit également gérer les relations avec la papauté. Un conflit éclate à propos du siège épiscopal de Reims, resté vacant après la mort d'Adalbéron. Hugues Capet, se méfiant de la papauté qu'il juge trop liée à l'empereur germanique, réunit un concile national à Verzy en 991, qui dépose l'archevêque Arnoul et le remplace par Gerbert d'Aurillac (futur pape Sylvestre II). Cette décision provoque la colère du pape Jean XV.

Malgré ces difficultés, Hugues Capet parvient à maintenir son autorité et à assurer la stabilité du royaume. Il s'appuie sur l'alliance avec le monachisme et dispose d'abbayes riches en terres. Lié à Cluny par une tradition familiale, il est influencé par l'esprit de cette abbaye. Il est l’«oint du seigneur», ce qui lui confère une force morale, un prestige religieux qui le rendent supérieur à tous les grands.

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La dynastie capétienne

Conscient de la fragilité de son pouvoir, Hugues Capet prend des mesures pour assurer la succession de sa dynastie. Dès le 30 décembre 987, il associe son fils aîné, Robert, à la royauté et le fait sacrer de son vivant. Cette pratique, qui sera suivie par ses successeurs, permet d'établir le principe de l'hérédité et d'éviter les contestations à la mort du roi. Les premiers rois capétiens font élire et couronner leurs fils héritier de leur vivant, de sorte que dès 1174, l’hérédité se substitue finalement à l’élection.

Hugues Capet ouvre la voie à une lignée qui régnera sur la France pendant plus de 300 ans : les Capétiens. Au XIIe siècle, lorsqu’il faut dénommer cette dynastie définitivement implantée sur le trône de France, on choisit de l’appeler “capétienne”, en s’inspirant d’un surnom qui dès le XIe siècle avait qualifié le duc Hugues le Grand. Mais ce n’est qu’au XIIe siècle que le roi Hugues Ier, à la suite de son père, reçut à son tour le surnom de Capet, probablement parce que respectant l’usage de ses ancêtres, il était abbé laïc de Tours où un fragment de la cape de Saint Martin était conservé.

Mort et héritage

Hugues Capet meurt le 24 octobre 996, près de l'abbaye de Saint-Martin de Tours. Son corps est transporté à Saint-Denis, où il est inhumé. Il laisse à son fils Robert le Pieux un royaume stabilisé et une dynastie enracinée.

Le règne d'Hugues Capet marque une étape importante dans l'histoire de France. Il est le fondateur d'une dynastie qui va façonner le pays pendant des siècles. Son élection au trône, bien que contestée, marque la fin de l'ère carolingienne et le début d'une nouvelle ère, celle de la France féodale.

Le surnom "Capet"

L'origine du surnom "Capet" est incertaine. L'hypothèse la plus courante est qu'il dérive du mot "cape", en référence à la cape de Saint-Martin de Tours, dont Hugues Capet était abbé laïc. Une autre hypothèse est qu'il s'agit d'un diminutif du mot "capitale", en référence à la ville de Paris, dont Hugues Capet était comte.

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Sources et bibliographie

Les sources sur la vie d'Hugues Capet sont rares et souvent fragmentaires. Parmi les sources les plus importantes, on peut citer :

  • Les chroniques de Richer de Reims
  • Les lettres de Gerbert d'Aurillac
  • Les chartes et actes royaux

Plusieurs ouvrages ont été consacrés à Hugues Capet et à la dynastie capétienne. Parmi les plus récents, on peut citer :

  • Hugues Capet : Le Fondateur, de Georges Bordonove
  • Hugues Capet : Naissance d'une dynastie. Biographie historique, d'Yves Sassier
  • Les Capétiens : Histoire et dictionnaire (987-1328)

tags: #hugues #capet #biographie

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