La philosophie grecque antique, berceau de la pensée occidentale, a profondément influencé notre compréhension du monde, de la politique, de l'éthique et de l'existence humaine. Cet article explore les fondements de cette philosophie, son évolution à travers les époques et les principaux courants de pensée qui ont façonné notre civilisation.
Le Contexte Historique et Politique de la Philosophie Grecque
On ne peut évoquer une philosophie politique, quelle qu'elle soit, sans la replacer dans le contexte politique qui l'a motivée. La culture grecque naît en Ionie (Asie mineure) avec, au IX° siècle avant J.C., les poèmes homériques (l'Iliade et l'Odyssée) puis, au VII° et VI° siècles, les premiers philosophes et scientifiques : Thalès, Anaximandre, Héraclite, Xénophane, Parménide. La Sicile et le sud de l'Italie constituent également, au VI° siècle, des centres culturels importants où de grands philosophes dispensèrent leur enseignement : Pythagore à Crotone, Empédocle à Agrigente. Les philosophes dits présocratiques inauguraient une réflexion rationnelle sur la nature qui ne puisait plus son inspiration dans la mythologie et la théologie.
Au moment où démarre la philosophie que nous connaissons (celle dont les œuvres ne sont pas perdues) Athènes et Spartes, sont les deux principales cités rivales. Elles présentent deux modèles politiques opposés. Athènes, cité culturellement florissante, est une démocratie. Spartes, où l'activité culturelle est inexistante est une timocratie (les guerriers dominent). Le premier grand philosophe de l'histoire, Platon, va pourtant davantage considérer Spartes comme modèle plutôt qu'Athènes.
Il n'y avait pas d'unité politique grecque. La Grèce était morcelée en autant d'États qu'il n'y avait de cités (polis en grec, d'où dérive le mot « politique »). La Cité ne dépassait guère la grandeur de ce que nous considérons aujourd'hui comme une ville moyenne (environ 400 000 habitants sur la cité athénienne au V° siècle av. J.C.). Chaque cité avait ses mœurs, ses institutions, son système politique indépendant. Cependant, il existait une communauté de langue. Les Grecs avaient conscience d'appartenir à un seul peuple, le peuple de ceux qui parlent grec. Une communauté de religion. Tout ceci créait un patriotisme commun qui permettra par exemple aux grecs de s'unir contre l'envahisseur Perse.
La Démocratie Athénienne : Un Système Restreint
La démocratie n'est pas exactement le pouvoir de tous. Elle est le pouvoir de tous les citoyens c'est-à-dire de tous les hommes libres. Cela signifie que sont exclus du pouvoir les femmes, les enfants, les esclaves et les métèques (comme on appelait alors les étrangers à la cité, ces étrangers pouvant du reste être grecs - ils correspondent à ce qu'on appellerait aujourd'hui les travailleurs immigrés). Sur environ 400 000 habitants, 130 à 140 000 sont citoyens, desquels il faut retrancher les femmes et les enfants. Il y avait possibilité d'accéder à la citoyenneté par décision spéciale mais sous Périclès cette possibilité est assez limitée. Démocratie restreinte.
Lire aussi: Les traditions autour du Berceau de Naissance
Démocratie signifie pouvoir des dèmes c'est-à-dire des citoyens. Dèmes : circonscriptions, subdivisions administratives, cantons d'Athènes. Il y avait 30 dèmes à Athènes groupés 3 par 3 en tribus. Comme il y avait 3 régions géographiques à Athènes (la région montagnarde des collines, le littoral du port d'Athènes qu'est le Pirée et la ville), chaque tribu groupait 3 dèmes, un dème montagnard, un dème du littoral et un dème de la ville de manière à ne pas rendre rivaux des intérêts différents: les intérêts des négociants du port ne sont pas nécessairement les mêmes que ceux des éleveurs de la montagne.
Cette démocratie est directe: les citoyens participent à l'Ecclesia, assemblée où l'on votait à main levée les lois mais où l'on jugeait aussi les coupables envers l'État. La Boulè est une assemblée de 500 membres tirés au sort (après candidature) pour un an. La hantise des athéniens est le retour de la tyrannie. Le régime permettait aux talents artistiques de s'épanouir. Nul n'était inféodé à un prince ou à un tyran. Athènes a aussi une supériorité politique sur les autres cités au V° siècle, et ceci à cause de son rôle important lors des guerres médiques (contre les Perses). Sa supériorité maritime et ses victoires placèrent Athènes à la tête d'une confédération de cités alliées auxquelles elle assurait sa protection militaire. Mais Athènes exigeait des tributs en échange et imposa des vexations aux cités réticentes. Le monde grec fut divisé en deux : les partisans d'Athènes et ceux de Spartes.
Sparte : Une Timocratie Militaire
Deux rois se partageaient la direction de la cité. Leurs attributions étaient surtout militaires, judiciaires et religieuses. Ils étaient assistés par l'imposante geronsia (conseil de vieillards issus des familles nobles de Spartes) qui, outre des fonctions judiciaires, préparait les lois qu'elle soumettait à l'assemblée des citoyens dont la voix était purement consultative. Les citoyens spartiates vivaient des activités artisanales et agricoles des Périèques (disposant de leurs propres terres autour de la cité) et surtout du travail des Hilottes sur les terres qui appartenaient aux spartiates. Ces paysans asservis, durement traités par leurs conquérants et maîtres menaçaient par des révoltes fréquentes la sécurité de l'État. Mais sur le plan militaire Spartes est une grande puissance. En fait Spartes est une timocratie (pouvoir des militaires). Le citoyen spartiate consacrait tout son temps à sa formation de soldat. Le jeune spartiate, séparé très tôt de sa famille, recevait une éducation intellectuelle très rudimentaire en comparaison de celle du jeune athénien. Entraîné à souffrir toutes sortes de privations, rompu à toutes sortes d'exercices on le préparait à devenir un guerrier redoutable.
L'Émergence des Sophistes et la Crise de la Vérité
La démocratie athénienne est avant tout une cité de la parole. Dans une démocratie directe, chacun est amené à s'exprimer en public, ce qui suppose un apprentissage. Il faut apprendre les gens à discuter, à prouver leur point de vue. Ceci exige qu'on apprenne les techniques rhétoriques: les rhéteurs vont apprendre cet art aux gens. Les rhéteurs sont les maîtres du beau langage qui prétendent qu'on peut persuader (et non convaincre) autrui de ce que l'on veut par le beau langage. Les rhéteurs sont aussi des sortes d'avocats de l'époque (l'institution des avocats est inconnue à Athènes et chaque citoyen doit se défendre seul. Or les procès sont nombreux) : les rhéteurs écrivent contre rémunération les plaidoiries de ceux qui doivent parler au tribunal.
L'ensemble des cités grecques du V° siècle s'ouvre au commerce. Des voyageurs vont dès lors découvrir qu'il y a d'autres villes et d'autres pays. Ceci permet un renouveau des connaissances. Les valeurs traditionnelles sont remises en question: on compare Spartes à Athènes par exemple. Dans la cité existent donc des maîtres qui ont voyagé: les sophistes, sortes de conférenciers itinérants. Ceux-ci vont prétendre que la coutume n'est pas universelle, qu'elle est relative, que les manières de vivre sont changeantes. Ils en concluent que la vérité n'est pas universelle. Les sophistes apprennent aux autres que chacun peut convaincre, est apte à savoir: chacun a son idée et son opinion. Il y a une multiplicité d'opinions et chacun peut défendre la sienne. Pour eux, toutes les opinions se valent. Aucune n'est plus vraie que l'autre et par là même on peut persuader autrui de n'importe quoi. Petit à petit, ils vont en arriver à discourir sur n'importe quoi, sur des choses qu'ils ne connaissent pas. Le sophiste ne sait pas ce que c'est que la justice. Il sait qu'il y a une justice à Athènes (la démocratie) et une autre à Spartes (l'aristocratie militaire). Il veut persuader sur ce qu'est la justice en tel ou tel endroit. Il veut persuader et donc il flatte. Le sophiste flatte. Il est le démagogue, celui qui défend avant tout sa cause et sa profession. Il flatte pour persuader et par là-même (s'il y arrive) peut prendre le pouvoir. Le sophiste est un tyran en puissance. La sophistique est le ferment, l'aliment, dans un régime démocratique. La démocratie est démagogique. Le sophiste flatte pour faire triompher son opinion. Il persuade et ne convainc pas. Platon fut très antisophistique. Le problème est qu'il constitue notre principale source d'information sur ce que pensaient vraiment les sophistes. Il s'agit donc de reconstituer, par delà les affirmations partisanes, qui ils furent vraiment. Des partisans du droit du plus fort comme le Thrasymaque du livre I de la République ou le Calliclès du Gorgias. Puisque la justice des hommes est variable, puisque les lois sont variables, on qualifiera cette justice d'arbitraire, de naïve au profit d'une justice selon la nature dont le principe est assez simple : jouir autant qu'on en est capable, laisser libre cours à tous ses plaisirs.
Lire aussi: Choisir les bons jouets pour bébé dans le berceau
Le Mythe de Protagoras : L'Art Politique et la Justice
Le mythe est présenté par le sophiste Protagoras pour soutenir son point de vue : il raconte que les dieux ayant créé les espèces mortelles (animaux et hommes) prescrivent aux titans Épiméthée et Prométhée de distribuer les qualités. Épiméthée commence par les animaux : aux uns il donne des cornes pour se défendre, à d'autres la capacité d'aller vite pour s'enfuir devant le danger, de manière à ce que nulle espèce ne disparaisse. Il leur donne une fourrure pour se protéger etc. Or lorsqu'il arrive à l'homme il n'a plus rien à lui donner. Prométhée, pour sauvegarder l'homme décide de voler le feu, symbole de l'intelligence technique, à Héphaïstos et Athéna. Ce qu'il donne par là à l'homme ce sont les arts et les techniques. Or les arts techniques ont été distribués inégalement : on distribue le travail. L'un sera potier, l'autre charpentier, le troisième médecin etc. Or ce qui se passe c'est que les hommes s'entre-déchirent. Alors Zeus envoie Hermès leur donner les arts politiques. La question se pose de savoir si l'on va distribuer le don politique à tous les individus ou à quelques spécialistes comme on l'a fait pour la technique. S'il ne le donne qu'à quelques-uns la division demeure. Pour qu'il y ait cité il faut que tous les individus aient quelque chose en commun. Pour Protagoras ce quelque chose sera l'art politique: Hermès donne à tous les arts politiques. Et Protagoras explique le mythe : selon les sophistes chacun est apte à savoir ce qu'est la justice, chacun est compétent politiquement, chacun peut du reste discuter de la politique car pour Protagoras il n'est pas de vérité politique. Ce qui est vrai c'est ce qui s'impose et est donné.
Platon : La Quête du Savoir et de la Justice
Qui est Platon ? (427-347 av. J. Tout destinait Platon à une carrière politique. Il est issu d'une famille noble. Du côté paternel, il descendrait de Codrus, dernier roi d'Athènes. Sa mère était la petite fille de Critias l'ancien et la cousine germaine du Critias qui fit partie des Trente tyrans que Spartes imposa à Athènes vers 404 avant J.C. et qui furent, du reste, promptement démis du pouvoir. Il reçut l'éducation de tout jeune athénien: l'apprentissage de la poésie (Homère), de la musique (flûte, cithare), de la gymnastique. Mais aussi celle que lui offrait son milieu et qui lui permit d'acquérir une formation intellectuelle diversifiée et solide, de se familiariser avec les mathématiques, l'astronomie, les conceptions physiques des philosophes présocratiques. Ensuite et surtout sa rencontre avec Socrate et la fin tragique de ce dernier. C'est en 407 avant J.C. que se situe l'événement capital de la vie de Platon: il rencontre Socrate dont il suivra l'enseignement pendant 8 ans. Platon, séduit par ce maître qui sait démasquer les incompétences espère concilier le respect de la justice avec sa participation aux affaires de l'État. Mais en 399 avant J.-C., ses espoirs s'effondrent: Socrate est condamné à mort (en régime démocratique) et boit la ciguë. Le philosophe est incompris par ses concitoyens. La démocratie est fondamentalement démagogique. C'est la domination de l'opinion c'est-à-dire du langage des préjugés, de l'incompétence.
Pour Platon, la politique est un savoir. Qu'est-ce qu'être compétent politiquement ? c'est savoir et surtout posséder le savoir de la fin (fin=but) Celui là est compétent qui connaît la fin spécifique de ce qu'il doit faire. Or quelle est la fin de la politique ? Protéger les hommes de la violence de la nature extérieure. Organisation du travail. Assurer la satisfaction des besoins élémentaires. Quand population augmente, division du travail nécessaire. Protéger les hommes de leur propre violence. Satisfaire l'intérêt général. Les hommes sont soumis à la passion qui n'a rien de générale. Chacun est enclin à vouloir tirer avantage de la cité sans participer aux devoirs et aux travaux. Égoïsme spontané. Il faut donc vaincre la passion. Pour Platon est compétent celui qui connaît la fin d'une action. Quand les fins sont différentes, les compétences sont différentes. Or il est toujours possible de faire croire qu'on sait (démagogie). Il y a deux manières de gouverner des ignorants : on peut le faire en toute honnêteté dans l'intérêt de tous mais on peut aussi utiliser la démagogie, flatter les passions. Dans le Gorgias, Platon imagine un médecin assigné en justice par un cuisinier devant un tribunal d'enfants. Le cuisinier va dire « c'est moi qui vous donne la santé » et mitonner de bons petits plats. Le médecin va dire « non c'est moi » et distribuer des potions amères. Que vont décider les enfants (c'est-à-dire les ignorants) ? Dans le contexte antique, le démagogue, le flatteur, le manipulateur d'opinion est le sophiste. Aujourd'hui ce sont les medias, TF1 etc. Actualité de ces analyses. La connaissance des fins est inégale. Chacun a connaissance de certaines fins. Le cordonnier poursuit une fin : fabriquer des chaussures. Mais il ne lui viendrait pas à l'idée de conduire une bataille. Inversement le stratège ignore ce qu'est la fabrication des chaussures. Il y a donc différence des savoirs parce qu'il y a différence de fonctions. Or la démocratie est ce lieu où tout le monde se croit compétent pour parler de tout. C'est là l'illusion. Chacun dit « je pense que ». règne du mot incontrôlé, de la parole instable (cf. statues de Dédale - l'opinion est comme ces statues qu'on néglige de fixer. Seules les sciences sont stables)
Si la politique est un savoir, la démocratie est un système absurde. Il est absurde de voter au sujet de la vérité. C'est comme si on soumettait au vote un problème de mathématique ou de physique. La majorité peut se tromper (cf. Galilée. On peut avoir raison contre tous). Il est des circonstances où un individu peut avoir raison contre tous. La démocratie est donc le règne du désordre. Seul le savoir permet l'ordre. Il n'est rien de pire que d'être gouverné par des ignorants. Chacun se dit compétent en politique. Le stratège dit « moi je sais ce qu'est la guerre et je peux défendre le pays » Chacun de ceux qui réussissent dans leur travail diront être compétent. Platon ne serait pas étonné de voir certains journalistes demander leur opinion politique à des écrivains ou des artistes comme s'ils en savaient plus que les autres sous prétexte qu'ils sont compétents dans leur discipline. Quand chacun dit « c'est moi qui sais », celui qui triomphe est seulement le plus habile, l'orateur qui sait retourner une foule. La voie est libre pour la tyrannie. Au fond Platon craint moins la démocratie que ce à quoi elle mène : la tyrannie.
Courants Philosophiques Antiques et Leur Application Moderne
La philosophie, souvent jugée abstraite et trop intellectuelle, peut, au contraire, être un moyen de diriger notre existence dans le but de nous épanouir dans notre individualité et nos relations avec les autres. Elle est faite de pensées, doctrines, maximes que l’on peut appliquer à notre vie de tous les jours.
Lire aussi: Avis sur les berceaux Calidoo, Zina et Amara
1. Le Stoïcisme : Accepter l'Inévitable
Le premier courant, qui vous sera sûrement utile dans les situations difficiles, est le stoïcisme. Il tire son étymologie du grec ancien stoikos qui signifie « portique », en référence à son fondateur Zénon de Kition, qui enseignait cette philosophie sous un portique à Athènes au IIe siècle avant Jésus-Christ. Comme toute doctrine antique, le stoïcisme est une pensée que l’on peut appliquer à notre vie quotidienne. Selon les stoïciens, dont les représentants les plus connus sont Sénèque, Marc-Aurèle et Épictète, le bonheur n’est atteignable pour les individus que si ces derniers acceptent les événements et aléas de la vie tels qu’ils se présentent à eux. Pour ce faire, ils doivent faire preuve de prohaïresis, que l’on traduit, faute de mieux, par « volonté ». Il s’agit d’un concept introduit par Aristote et qui désigne, en bref, la volonté rationnelle avec laquelle on effectue une action. Chez les stoïciens, la prohaïresis est en harmonie avec l’ordre de la nature et celui d’autrui. Cette symbiose entre notre être, autrui et la nature est essentielle pour atteindre l’eudaimonia, le bonheur vers lequel chacun doit tendre. Mais là où le stoïcisme vous sera sans doute le plus utile, c’est qu’il défend l’idée selon laquelle tout aléa, toute difficulté de la vie doit être dépassée et ne doit pas nous contrôler. Il peut s’agir d’éléments négatifs, comme la maladie et la souffrance, ou positifs, comme le désir et le plaisir.
2. L'Épicurisme : La Recherche du Plaisir et de la Sérénité
Dans la liste des courants philosophiques de l’Antiquité qu’il faut connaître, il y a également l’épicurisme. Il s’agit d’un mouvement de philosophie éthique fondé par Épicure au IIIe siècle avant Jésus-Christ à Athènes. Pour les épicuristes, si l’on caricature, le bonheur est atteignable via la recherche de plaisirs et l’évitement des souffrances qui peuvent subvenir dans nos existences. Ce bonheur est défini par l’absence de troubles, que l’on appelle ataraxie en grec ancien. Le plaisir est considéré comme « un souverain bien » (comme défini dans les Lettres à Ménécée) et doit être complété par une sérénité de l’âme pour atteindre le bonheur complet. Attention, Épicure ne prône pas une course effrénée vers le plaisir, qui pourrait s’avérer malsaine et donc être source de souffrance. Au contraire, il ne faut s’attarder que sur les plaisirs naturels et nécessaires, dont Épicure élabore un classement précis. Ils désignent nos besoins quotidiens : se nourrir, bien dormir… et garantissent l’absence de troubles physiques. Les désirs non nécessaires et naturels tendent à contrer l’excès, par exemple : manger est un plaisir naturel, mais manger à outrance tous les jours n’est pas nécessaire et peut s’avérer dangereux pour nous. Enfin, les désirs non naturels et non nécessaires sont à éviter absolument. Il s’agit de désirs superficiels, vides de sens : vouloir à tout prix être très riche, vouloir redevenir jeune, vouloir être immortel en sont des exemples.
3. L'Amour Platonique : La Quête de la Complétude
Il y a vraiment trop de choses à dire concernant la philosophie platonicienne. Platon a écrit sur tous les sujets possibles : l’État, la justice, le langage, la métaphysique… Mais là où il me semble être utile, c’est quand il écrit sur l’amour, le thème du Banquet. Plusieurs convives sont réunis à l’occasion d’un grand dîner, et l’un d’entre eux raconte le mythe de l’amour tel qu’il est décrit par le poète Aristophane : lors de la création du monde, il existait trois types d’êtres, les androgynes, les hommes et les femmes. Tous étaient pourvus de quatre jambes, quatre bras et deux sexes, et évoluaient dans une plénitude totale. Cette histoire permet à Platon de théoriser la recherche de l’amour, l’attente de la rencontre amoureuse. Alors certes, ce n’est pas une philosophie de l’émancipation ni de l’indépendance, mais c’est une pensée qui veut nous faire comprendre que ce que l’on recherche dans les relations amoureuses, c’est ce sentiment de plénitude, de complémentarité que l’on souhaite trouver dans l’être aimé.
4. La Vertu Aristotélicienne : L'Équilibre et la Sagesse
Comme pour les stoïciens et les épicuriens, le but de l’existence humaine selon Aristote est d’atteindre le bonheur, qu’il désigne par « le bien ». Mais contrairement à Épicure, le bonheur aristotélicien ne réside pas dans les plaisirs que l’on peut tirer de la vie, mais plutôt dans une sorte de sagesse méditative, qui nous permet d’être bien avec nous-mêmes. Pour atteindre ce bonheur, la vertu, que l’on acquiert par l’expérience, peut nous aider. Ce qui permet d’apprendre à nous connaître est tout simplement de vivre notre existence, connaître des joies et des peines, affronter des difficultés. Tout ceci nous rend plus sage et plus à même d’être vertueux. L’expérience nous apprend à nous écouter, à connaître nos besoins et nos limites, et nous oblige à faire preuve de patience dans notre vie quotidienne. Pour Aristote, la vertu se trouve entre la connaissance de soi et l’action.
tags: #Grèce #antique #philosophie