La coqueluche est une infection respiratoire bactérienne hautement contagieuse, particulièrement dangereuse pour les jeunes enfants. Autrefois l'une des principales causes de mortalité infantile, elle nécessite une attention particulière, surtout chez les nourrissons. Cet article détaille les symptômes de la coqueluche maligne chez le nourrisson, les méthodes de diagnostic et les approches thérapeutiques actuelles.
Qu'est-ce que la Coqueluche ?
La coqueluche est une infection respiratoire causée par la bactérie Bordetella pertussis. La transmission se fait par des gouttelettes de salive émises lorsqu'une personne infectée tousse, éternue ou parle. Les nourrissons, en particulier ceux qui ne sont pas encore complètement vaccinés, sont les plus vulnérables aux formes graves de la maladie.
Symptômes de la Coqueluche chez le Nourrisson
Les premiers symptômes de la coqueluche chez les nourrissons peuvent être similaires à ceux d'un simple rhume, avec une légère fièvre et une toux banale. Cependant, après une ou deux semaines, la toux évolue en quintes sévères et répétées, souvent suivies d'une inspiration bruyante caractéristique, parfois comparée au "chant du coq".
Pendant les quintes de toux, le nourrisson peut tirer la langue, devenir rouge voire bleu en raison du manque d'oxygène. Ces épisodes peuvent être accompagnés de crachats et de vomissements. Chez les bébés, la maladie peut se manifester par une toux quinteuse prolongée, parfois asphyxiante.
Coqueluche Maligne : Une Forme Grave chez le Nourrisson
La coqueluche maligne est une forme particulièrement sévère de la maladie, observée principalement chez les nourrissons de moins de trois mois. Elle se caractérise par une détresse respiratoire importante et une défaillance polyviscérale, c'est-à-dire une atteinte de plusieurs organes vitaux comme le foie, les reins et le cerveau. Cette forme est responsable de la quasi-totalité des décès liés à la coqueluche.
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Un cas clinique typique de coqueluche maligne peut se présenter comme suit : un nourrisson de quelques semaines, admis en réanimation pour des symptômes de bronchiolite associés à une tachycardie persistante (environ 200 battements par minute) et une hyperleucocytose sévère avec hyperlymphocytose. Des convulsions, un coma, et une insuffisance respiratoire rapidement progressive peuvent survenir, évoluant vers une hypertension artérielle pulmonaire sévère. Une défaillance hémodynamique peut entraîner le décès de l'enfant en quelques jours.
Symptômes Spécifiques de la Coqueluche Maligne
La coqueluche maligne se distingue par plusieurs caractéristiques cliniques :
- Très jeune âge du patient : La majorité des cas surviennent chez les nourrissons de moins de deux mois.
- Tachycardie permanente : Une fréquence cardiaque élevée persistante, sans cause apparente.
- Dyspnée et insuffisance respiratoire précoce : Difficulté respiratoire sévère dès le début de la maladie.
- Atteinte neurologique fréquente : Convulsions, coma et autres troubles neurologiques.
- Hyperleucocytose et hyperlymphocytose majeures : Augmentation importante du nombre de globules blancs, en particulier des lymphocytes.
- Hyponatrémie sévère : Diminution du taux de sodium dans le sang, associée à une oligurie (diminution de la production d'urine) et des œdèmes.
Malgré les traitements intensifs et les techniques de réanimation, l'évolution de la coqueluche maligne est souvent fatale, avec un taux de mortalité supérieur à 75 %.
Diagnostic de la Coqueluche
Le diagnostic de la coqueluche repose sur l'identification des symptômes cliniques et la confirmation par des examens biologiques.
Identification des Symptômes
La suspicion de coqueluche doit être évoquée devant une toux persistante, surtout si elle présente les caractéristiques suivantes :
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- Toux sans fièvre chez un nourrisson ou une personne non immunisée.
- Quintes de toux typiques, insomniantes et émétisantes, avec une reprise bruyante de l'inspiration ("chant du coq").
- Toux banale de plus de 7 jours sans cause évidente chez une personne immunisée.
Il est important de noter que la coqueluche peut entraîner des complications graves, en particulier chez les nourrissons de moins de 3 mois, les bébés de moins de 12 mois présentant des formes neurologiques, et les personnes fragiles.
Examens Biologiques
Pour confirmer le diagnostic de coqueluche, une analyse PCR (réaction en chaîne par polymérase) sur un prélèvement nasopharyngé doit être réalisée dès la suspicion clinique et au plus tard 21 jours après le début de la toux. Cet examen est remboursé par l'Assurance maladie sous certaines conditions.
La PCR est recommandée dans les situations suivantes :
- Nouveau-nés et nourrissons de moins de 6 mois, ou de plus de 6 mois non ou incomplètement vaccinés, présentant une toux quinteuse ou associée à des apnées.
- Enfants, adolescents et adultes vaccinés présentant une toux supérieure à 7 jours sans cause évidente.
La culture sur prélèvement nasopharyngé, réalisée par certains laboratoires hospitaliers et le Centre national de référence (CNR), permet de surveiller l'évolution des souches et l'apparition de souches résistantes aux macrolides. Cet examen est possible jusqu'au 14e jour de toux.
La sérologie n'est plus remboursée par l'Assurance maladie car elle n'apporte pas d'éléments utiles pour le diagnostic.
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Traitement de la Coqueluche
Le traitement de la coqueluche vise à réduire la contagiosité et à prévenir les complications, en particulier chez les nourrissons.
Recommandations pour le Malade
Afin d'éviter la transmission de la maladie, il est recommandé de mettre en place les mesures suivantes :
- Antibiothérapie curative : Les macrolides sont prescrits en première intention, et le cotrimoxazole en deuxième intention. Cette antibiothérapie a une action sur la contagiosité, mais peu sur les symptômes.
- Éviction de la collectivité : Le malade doit être isolé de toute collectivité (crèche, école, etc.) pendant 3 à 5 jours selon l'antibiotique prescrit, et pendant 3 semaines en cas d'absence de traitement.
Les antibiotiques recommandés pour traiter la coqueluche sont les suivants :
| Antibiotique | Enfant | Adulte | Femme enceinte | Durée de l'éviction |
|---|---|---|---|---|
| Azithromycine | 20 mg/kg/jour en une prise (max. 500 mg/jour) pendant 3 jours | 500 mg/jour en une prise pendant 3 jours | Même dosage que pour l'adulte, quel que soit le terme | 3 jours |
| Clarithromycine | 15 mg/kg/jour en 2 prises (max. 500 mg 2 fois par jour) pendant 7 jours | 500 à 1000 mg/jour en 2 prises pendant 7 jours | Même dosage que pour l'adulte, quel que soit le terme | 5 jours |
| Cotrimoxazole | 6 mg/kg/jour de triméthoprime en 2 prises pendant 14 jours | 320 mg/jour de triméthoprime en 2 prises pendant 14 jours | Envisageable pendant la grossesse avec supplémentation en acide folique | 5 jours |
Recommandations pour l'Entourage
Lorsqu'un cas de coqueluche est diagnostiqué, il est essentiel d'évaluer la protection des personnes considérées comme contacts et de prendre les mesures appropriées. Les contacts peuvent être de trois types :
- Contacts domiciliaires : Personnes vivant sous le même toit, enfants et personnels d'une section de crèche, personnes exposées au domicile d'une assistante maternelle, etc.
- Contacts extra-domiciliaires : Personnes ayant eu un contact en milieu clos pendant plus d'une heure sans masque (école, travail, amis, etc.).
- Soins exposant fortement aux sécrétions respiratoires : Intubation, kinésithérapie respiratoire, etc., réalisés sans masque.
Une antibioprophylaxie, identique à la curative, est recommandée dans les situations suivantes :
- Dans les 21 jours suivant le contact à risque, pour tous les nourrissons dits à "haut risque".
- Dans les 14 jours suivant le contact à risque, si le contact n'est pas protégé par un vaccin datant de plus d'une semaine et de 5 ans maximum, ou par une coqueluche survenue dans les 10 années précédentes :
- Personnes à risque.
- Femmes enceintes au 3ème trimestre de grossesse.
- Personnes ayant des contacts avec des bébés à haut risque et qui ne peuvent pas porter le masque en permanence.
Il est également important d'informer rapidement l'entourage du malade afin qu'ils puissent consulter un médecin pour vérifier leur vaccination, évaluer la nécessité d'un traitement préventif ou curatif en cas d'apparition de toux.
Prévention de la Coqueluche
La meilleure prévention contre la coqueluche est la vaccination. Il est donc essentiel de vérifier le statut vaccinal des patients à chaque consultation.
Stratégies de Vaccination
La vaccination contre la coqueluche repose sur trois stratégies principales :
- Vaccination précoce et obligatoire des nourrissons : La vaccination est obligatoire pour les nourrissons nés depuis le 1er janvier 2018, avec un schéma vaccinal complet comprenant 3 doses : une première injection à 2 mois, une autre à 4 mois, puis à 11 mois.
- Vaccination des femmes enceintes dès le 2nd trimestre de grossesse : Cette vaccination est recommandée à chaque grossesse, idéalement entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée.
- Vaccination des personnes susceptibles d'être en contact étroit avec le nourrisson (stratégie de cocooning) : En l'absence de vaccination de la mère pendant la grossesse, la vaccination est recommandée pour les parents, grands-parents, assistantes maternelles, etc.
Les vaccins contre la coqueluche actuellement disponibles sont tous des vaccins combinés, contenant plusieurs antigènes (diphtérie, tétanos, coqueluche, poliomyélite, etc.).
Suivi Épidémiologique
La coqueluche est surveillée en France par un réseau de surveillance des formes pédiatriques sévères, Renacoq, constitué de cliniciens et de bactériologistes de 42 hôpitaux. Ce réseau permet de suivre l'incidence de la maladie, d'identifier les pics épidémiques et d'analyser les caractéristiques des cas.
Depuis début 2024, la France connaît une recrudescence des signalements de cas de coqueluche, soulignant l'importance de maintenir une vigilance accrue et de renforcer les mesures de prévention.
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