L'asthme est une maladie inflammatoire chronique des voies respiratoires qui touche des millions de personnes à travers le monde. Caractérisée par des crises de dyspnée sifflante, souvent nocturnes et réversibles, elle peut considérablement altérer la qualité de vie. Cet article vise à explorer en profondeur l'asthme, en abordant sa définition, ses causes multifactorielles, les méthodes de diagnostic, les options de traitement et les stratégies de prévention.
Qu'est-ce que l'Asthme ?
L'asthme se manifeste par une inflammation chronique des voies respiratoires, entraînant un rétrécissement des bronches. Cette hyperréactivité bronchique est modulée par des facteurs spécifiques, tels que l'allergie, et non spécifiques, comme la pollution ou le tabac. Les voies aériennes, chargées de conduire l'air vers les zones d'échanges gazeux, voient leur fonction compromise lors d'une crise d'asthme, où la contraction des muscles et l'inflammation réduisent le passage de l'air.
Étendue du Problème
L'asthme est un problème de santé publique mondial, affectant entre 100 et 150 millions de personnes. Son incidence est en augmentation, avec plus de 18 000 décès annuels attribués à cette affection. Les coûts associés à l'asthme dépassent ceux de la tuberculose et de l'infection à VIH/Sida réunis. En France, plus de 2,5 millions de personnes sont concernées, dont un tiers d'enfants. La prévalence atteint 9 % de la population française, avec des disparités géographiques notables, possiblement liées aux différences climatiques.
Causes et Facteurs Déclenchants
L'asthme est un syndrome multifactoriel, influencé par des éléments acquis liés à l'environnement.
Facteurs Génétiques et Atopie
Le terrain atopique, une aptitude anormale à synthétiser des IgE spécifiques contre les allergènes naturels, est un facteur causal majeur. Le terrain génétique joue également un rôle essentiel, avec un risque allergique variant de 20 % dans la population générale à 80-90 % chez les enfants nés de parents tous deux allergiques.
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Facteurs Environnementaux et Professionnels
Les pneumallergènes, tels que les pollens, les acariens, les protéines animales, les arthropodes, les moisissures et les levures atmosphériques, peuvent sensibiliser les individus. Les allergènes professionnels représentent environ 10 % des asthmes apparus à l'âge adulte. La pollution acido-particulaire et photo-oxydante, ainsi que le tabac, sont des cofacteurs indéniables.
Autres Facteurs Déclenchants
Le stress psychologique, les influences hormonales (notamment pendant la période prémenstruelle chez les femmes), les viroses respiratoires, l'intolérance à l'aspirine, la sensibilité aux sulfites et le reflux gastro-œsophagien peuvent également déclencher des crises d'asthme. Un changement d’environnement peut également être à l’origine du déclenchement des symptômes d’asthme. Il est important d’éviter les climats secs, froids ou très chauds qui favorisent la survenue des crises d’asthme. Les lieux de très haute altitude (supérieure à 2500m) et les villes très polluées sont à éviter.
Diagnostic de l'Asthme
Le diagnostic repose sur :
- L'interrogatoire clinique : Recherche de symptômes tels que toux, dyspnée, oppression thoracique et sibilants, variables d'un jour à l'autre, souvent avec une recrudescence nocturne.
- L'exploration fonctionnelle respiratoire (EFR) : Essentielle pour confirmer le diagnostic et évaluer la sévérité de l'affection. Mesure du débit expiratoire de pointe (DEP) à l'aide d'un débit-mètre, permettant à l'asthmatique d'évaluer lui-même le rétrécissement bronchique.
- Auto-questionnaire : Pour évaluer le contrôle de l’asthme (Asthma control questionnaire ou ACQ, ou Asthma control test, ACT).
Les explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) sont réalisées par un pneumologue pour confirmer le diagnostic. Le VEMS (Volume Expiratoire Maximal par Seconde) est mesuré à l’aide d’un spiromètre et constitue un indice de référence de l’obstruction bronchique.
Traitement de l'Asthme
Le traitement vise à contrôler l'asthme, en évitant les facteurs déclenchants et en utilisant des médicaments anti-asthmatiques.
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Contrôle de l'Environnement
Il consiste à éviter tout ce qui déclenche des crises : irritants, facteurs favorisants et déclenchants.
Médicaments Anti-Asthmatiques
- Traitement de la crise : Bronchodilatateurs d'action rapide (salbutamol, fénotérol, terbutaline) pour soulager les symptômes aigus.
- Traitement de fond : Corticostéroïdes inhalés (CSI) pour réduire l'inflammation des voies respiratoires. Agonistes β2-adrénergiques d'action prolongée (BALA) peuvent être ajoutés pour un contrôle symptomatique continu. Des biothérapies (anticorps anti-IgE, anti-IL5/5R, anti-IL4/IL13R) sont utilisées pour les asthmes sévères. Dans certains cas, des glucocorticoïdes par voie orale (CSO) peuvent être nécessaires, mais leur utilisation doit être limitée en raison des effets indésirables.
Il existe 5 paliers thérapeutiques successifs. En effet, elle préconise l’utilisation de l’association corticostéroïdes inhalés (CSI)-formotérol à faible dose, au besoin. Les effets indésirables des corticoïdes (ou corticostéroïdes) inhalés sont la candidose oropharyngée, une dysphonie (enrouement) et une voix rauque. Comme autre option de traitement de secours, les agonistes β2-adrénergiques (qui dilatent les bronches) d’action brève (BAAR) peuvent être utilisés dès les premiers symptômes de crise. Parmi eux, les médicaments les plus prescrits sont le salbutamol en première intention, le fénotérol associé à l’ipratropium et la terbutaline. Ils ont un effet en 2-3 minutes et qui persiste 4 à 6 heures. Plus rarement, des anticholinergiques (ou antagonistes muscariniques qui provoquent eux aussi une dilatation des bronches) par voie inhalée peuvent aussi être utilisés dans le traitement symptomatique de la crise d’asthme, comme l’ipratropium bromure. Puis, à partir du palier 3, des agonistes β2-adrénergiques d’action prolongée (BALA) sont prescrits dans le traitement symptomatique continu de l'asthme (à faible dose pour le palier 3 et à dose moyenne pour le palier 4). Des biothérapies (traitements par des organismes vivants ou des substances provenant de ses organismes) peuvent également être utilisées. Parmi elles, on trouve des anticorps anti-IgE comme l’omalizumab, des anti-IL5/5R comme le mepolizumab et des anti-IL4/IL13R comme le dupilumab. Ces 3 derniers traitements sont administrés par injection sous-cutanée par un professionnel de santé. Ils s’adressent aux asthmes sévères qui doivent être pris en charge par un spécialiste de l’asthme. Il est parfois encore nécessaire d’utiliser les glucocorticoïdes par voie orale (CSO) comme la prednisolone, la bétaméthasone ou la dexaméthasone. La durée de traitement et la dose utilisée doit être la plus courte possible car ils entraînent de nombreux effets indésirables (prise de poids, fragilité de la peau, fonte musculaire, ostéoporose…).
Dispositifs d'Inhalation
Les médicaments peuvent être administrés par différents dispositifs : aérosols-doseurs pressurisés, inhalateurs de poudre sèche et nébulisateurs. L'utilisation d'une chambre d'inhalation peut être bénéfique, en particulier chez les enfants et en cas de difficultés avec les aérosols-doseurs.
Traitement de l’asthme aigu
Le traitement de l’asthme aigu doit être débuté à domicile par le patient en prenant 2 bouffées de son bronchodilatateur d’action rapide, renouvelé toutes les 10 minutes en l’absence d’amélioration. En cas d’inefficacité ou de véritable sensation d’étouffement d’emblée, il faut considérer qu’il s’agit d’un asthme aigu grave et appeler le 15 (SAMU) ou le 112 (numéro d’appel d’urgence). Il est important ensuite d’éviter la récidive (30% des asthmatiques récidivent dans le mois). Pour cela, la corticothérapie (utilisation de corticoïdes) orale est prolongée de 3 à 7 jours.
Asthme et Situations Spécifiques
Grossesse
La majorité des traitements de contrôle de l’asthme sont sans risque pendant la grossesse. Il est toutefois tout à fait possible d’avoir un enfant lorsque l’asthme maternel est bien traité.
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Voyage
Avant de partir en voyage, il est conseillé de prendre rendez-vous avec le médecin traitant afin de s’assurer du bon contrôle de l’asthme. Il n’est pas recommandé de partir quelques jours après une crise d'asthme sévère qui reflète une mauvaise stabilisation de l’asthme. Les voyages en avion ne présentent pas de risque chez les personnes dont l’asthme est bien contrôlé. Lors des voyages en voiture, il ne faut pas abuser de la climatisation et si possible utiliser un système de climatisation avec un filtre à air. Dans les zones très polluées, il faut éviter d’ouvrir les fenêtres à cause de la poussière et des gaz d’échappement. Il faut également veiller à ce que l’intérieur de la voiture soit régulièrement dépoussiéré, éviter les désodorisants et demander aux proches de ne pas fumer en voiture.
Par ailleurs, il est impératif d’emporter ses différents traitements : le bronchodilatateur d'action rapide en cas de crise d’asthme, les médicaments du traitement de fond quotidien, la dernière ordonnance du médecin traitant, des corticoïdes en comprimés et un débitmètre de pointe (pour les patients atteints d’asthme sévère). Il est aussi important de mettre à jour les vaccins avant le départ.
Activité physique
Il n’y pas de sport spécifique recommandé pour les asthmatiques, sauf la plongée sous-marine avec bouteilles car l’air comprimé dans la bouteille est froid et totalement sec, ce qui peut déclencher une crise chez le sujet asthmatique. 30 minutes d’activité physique modérée sont recommandées par jour. Et il est important de noter que l’activité physique peut faire partie de la vie quotidienne.
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