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Contraction du crédit bancaire et récession économique : Comprendre les mécanismes et les conséquences

Introduction

Une crise financière ne se limite jamais aux marchés ; elle se propage à l'économie réelle, affectant la consommation, l'investissement et l'emploi. Cette transmission s'opère par divers canaux, reflétant l'impact de la déstabilisation financière sur les comportements des ménages, des entreprises et des banques. Les trois principaux canaux reconnus dans l'analyse économique sont l'effet de richesse négatif, les ventes forcées d'actifs et la contraction du crédit. Ces mécanismes contribuent à transformer un choc financier en récession généralisée et sont au cœur des politiques de stabilisation.

L'effet de richesse négatif : Baisse du patrimoine, recul de la consommation

Lors d'un krach boursier ou d'une crise immobilière, les prix des actifs chutent, entraînant une perte de patrimoine pour les ménages. Ce phénomène est appelé effet de richesse négatif, incitant les agents à adapter leurs comportements. Ils réagissent notamment en réduisant leur consommation, par précaution ou par nécessité. Cet effet est plus marqué chez les ménages dont le patrimoine constitue une part importante des ressources et dépend de leur propension marginale à consommer.

Exemple : Aux États-Unis, après 2008, la chute des prix de l'immobilier a amputé la richesse de nombreux ménages, entraînant un recul marqué de la consommation et amplifiant la récession.

En résumé : La baisse de la valeur du patrimoine incite les ménages à consommer moins, ce qui ralentit l'activité. Cet effet dépend du niveau de revenu et du comportement d'épargne.

Les ventes forcées : Spirale de pertes et amplification de la crise

En période de crise, les institutions financières (banques, fonds d'investissement) et certaines entreprises sont parfois contraintes de vendre des actifs pour honorer leurs engagements immédiats. Ces ventes forcées peuvent être déclenchées par des pertes, des appels de marge ou des exigences de garantie. Un facteur clé de ce mécanisme est l'effet de levier : de nombreux acteurs empruntent pour investir sur les marchés. En cas de baisse des prix, la valeur de leurs actifs ne couvre plus les dettes, ce qui les oblige à vendre encore davantage pour limiter les pertes.

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Effet de levier : L'effet de levier désigne l'utilisation de l'endettement pour augmenter la rentabilité d'un investissement. Il amplifie les gains quand les prix montent, mais aussi les pertes en cas de chute.

Ces ventes entraînent une nouvelle baisse des prix de marché, dégradent la valeur des actifs détenus et déséquilibrent les bilans comptables.

Bilan : Le bilan présente, d'un côté, les actifs (ce que possède l'entreprise) et, de l'autre, les dettes. Une entreprise ou une banque est solvable si la valeur de ses actifs est supérieure à celle de ses engagements à long terme.

En résumé : Les ventes forcées, souvent liées à un fort effet de levier, provoquent une chute des prix et un effet domino sur les bilans, qui aggravent la crise initiale.

La contraction du crédit : Le cœur de la transmission macroéconomique

Lors d'une crise financière, les banques fragilisées deviennent plus prudentes. Elles réduisent l'octroi de prêts, même à des emprunteurs solvables. Cette contraction du crédit freine directement l'investissement des entreprises et la consommation des ménages. Ce mécanisme est renforcé par les perturbations du marché interbancaire, où les banques s'échangent des liquidités à très court terme. En cas de crise, ce marché peut se bloquer :

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  • Par défiance, lorsque les banques doutent de la santé financière de leurs contreparties.
  • En raison de la baisse de la valeur des actifs utilisés en garantie.

Ce blocage engendre un risque systémique, c'est-à-dire une menace pour l'ensemble du système financier, car une défaillance locale peut déclencher une série de faillites et un effondrement global du crédit.

Exemple : En 2008, la paralysie du marché interbancaire a entraîné une crise du crédit à l'échelle mondiale. Les entreprises n'ont plus pu financer leur activité, ce qui a provoqué des faillites, du chômage et une baisse de la production.

En résumé : Le blocage du crédit aux entreprises et aux ménages entraîne une chute de l'investissement et de la consommation, au cœur de la transmission entre crise financière et crise économique.

Les origines de la crise : L'essor des prêts hypothécaires à risque aux États-Unis

La crise des subprimes, qui a éclaté aux États-Unis en 2007, trouve ses racines dans le développement important du marché des prêts hypothécaires à risque, dits "subprimes", au début des années 2000. Ces prêts étaient accordés à des emprunteurs ayant une faible solvabilité, avec des taux d'intérêt initialement bas, mais souvent variables et susceptibles d'augmenter significativement après une période déterminée. La titrisation de ces prêts, c'est-à-dire leur transformation en titres financiers revendus sur les marchés, a permis une diffusion massive du risque à travers le système financier mondial. La politique de taux d'intérêt bas menée par la Réserve fédérale américaine (FED), la banque centrale des États-Unis, après l'éclatement de la bulle internet, a également favorisé l'expansion du crédit immobilier et l'endettement des ménages.

Le mécanisme de la crise : L'éclatement de la bulle immobilière et la contagion financière

Plusieurs facteurs ont convergé pour déclencher la crise. À partir de 2006, la hausse des taux d'intérêt directeurs de la Réserve fédérale a entraîné une augmentation des mensualités pour les emprunteurs à taux variable, les rendant incapables de rembourser leurs prêts. Simultanément, les prix de l'immobilier ont commencé à baisser, piégeant les emprunteurs dont la valeur du bien immobilier était devenue inférieure au montant du prêt. Les défauts de paiement se sont multipliés, entraînant une chute de la valeur des titres adossés à ces prêts (MBS - Mortgage-Backed Securities) et une crise de confiance généralisée sur les marchés financiers. La complexité des produits financiers titrisés et leur dissémination mondiale ont amplifié la contagion de la crise aux banques et aux institutions financières internationales, provoquant un assèchement du crédit et une crise bancaire majeure.

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La propagation internationale de la crise : La mondialisation financière en cause

La crise des subprimes, initialement localisée aux États-Unis, s'est rapidement propagée à l'échelle mondiale en raison de l'interconnexion des marchés financiers. Les banques européennes et asiatiques, qui avaient investi massivement dans les titres adossés aux subprimes, ont subi d'importantes pertes. La crise de liquidité a paralysé le système bancaire international, entraînant une forte contraction du crédit et une récession économique mondiale. L'interdépendance des économies nationales, accentuée par la mondialisation financière, a joué un rôle crucial dans la transmission de la crise à l'échelle planétaire.

Les conséquences économiques et sociales de la crise

Les conséquences de la crise des subprimes ont été considérables et durables :

  • Crise économique mondiale : Récession économique majeure dans de nombreux pays, avec une forte augmentation du chômage et une baisse de la production.
  • Crise bancaire : Faillites bancaires et sauvetages massifs par les États pour éviter l'effondrement du système financier.
  • Crise de la dette souveraine : Augmentation de la dette publique dans de nombreux pays pour financer les plans de relance et les sauvetages bancaires, conduisant à des crises de la dette souveraine, notamment en Europe.
  • Conséquences sociales : Hausse du chômage, des inégalités et de la pauvreté, avec des conséquences politiques importantes, comme la montée des populismes.

Les réponses politiques et les régulations mises en place

Face à l'ampleur de la crise, les gouvernements et les institutions internationales ont mis en place des mesures d'urgence, notamment des injections massives de liquidités dans le système financier, des plans de relance budgétaire et des garanties des dépôts bancaires. Des réformes de la régulation financière ont également été entreprises, avec pour objectifs de renforcer la surveillance des marchés, d'améliorer la transparence des produits financiers et de limiter la prise de risque excessive des institutions financières. Le G20 a joué un rôle important dans la coordination des réponses internationales à la crise.

Les leçons de la crise des subprimes et leurs implications pour les relations internationales

La crise des subprimes a mis en lumière les dangers de la déréglementation financière, de la titrisation excessive et de l'interconnexion des marchés. Elle a également souligné la nécessité d'une coopération internationale renforcée pour prévenir et gérer les crises financières mondiales.

La crise de 1929 : Un parallèle historique

La crise de 1929 est unanimement considérée aujourd'hui comme la première crise systémique de l’histoire du capitalisme. Sa composante financière est incontestable. Pour autant, la crise présente des déterminants endogènes longs qui sont à rechercher au début de la décennie 1920.

Les déterminants de la crise de 1929

  • Les conséquences économiques de la paix : Les exigences imposées à l'Allemagne après la Première Guerre mondiale ont créé des instabilités économiques et financières.
  • L'impossible retour à l’étalon-or : L'incapacité à rétablir un système monétaire stable a conduit à une concurrence monétaire et à des politiques déflationnistes.
  • La croissance économique américaine : Le développement industriel et la consommation de masse aux États-Unis ont créé des déséquilibres entre l'offre et la demande.

Le déroulement de la crise de 1929

La crise s'est révélée par le krach boursier du jeudi 24 octobre 1929 (Black Thursday). À partir du début de l’année 1929, l'indice du cours des actions au New York Stock Exchange (NYSE) augmente de manière considérable et nettement plus que proportionnelle à la hausse des profits sur la même période : en moins de 10 ans, les cours de la Bourse de New York sont multipliés par trois, ce qui se traduit par une hausse d’environ 12 % par an. Le Dow Jones passe de 100 en 1924 à 381 en juillet 1929. Une spéculation facilitée par la pratique de l'achat à la marge (call loan). Toutes les crises financières commencent par des excès de crédits qui alimentent la formation d'une bulle spéculative.

Les conséquences de la crise de 1929

Si, sur le plan financier, la crise est essentiellement américaine, sur le plan de l'activité économique, la dépression des années 1930 affecte de nombreux pays dans le monde : l'indice de production mondial de 1932 est 35 % plus faible que celui de 1929. Parallèlement, le taux d’investissement s'effondre dans tous les pays industrialisés (de plus de 15 % du PIB mondial en 1929 à moins de 10 % en 1932) tandis que le niveau général des prix s'écroule, conduisant la plupart des pays à la déflation, et que le chômage explose dans des proportions historiquement inédites (alors que l'on dénombre 6 millions de chômeurs dans les pays industrialisés en 1928, on en compte 35 millions en 1932 !).

Le rôle du surendettement des ménages dans les crises

Atif Mian et Amir Sufi, dans leur livre "House of Debt" (2014), mettent en évidence le rôle crucial du surendettement des ménages dans la Grande Récession américaine. Ils réfutent la "banking view" qui considère que le problème principal a été l’impossibilité, pour les banques, de prêter. Selon eux, c’est avant tout le surendettement des ménages, faisant suite au retournement du marché immobilier de 2006, qui est à l’origine de la destruction de tant d’emplois, avant même le début de la crise bancaire. Ce surendettement a conduit à une baisse de la consommation des ménages touchés et donc à une chute de la production, engendrant une augmentation du nombre de licenciements.

Les mécanismes du surendettement

  • Le développement des prêts subprimes : Entre 2000 et 2006, de nouveaux types de prêts immobiliers destinés à des ménages à plus faible capacité financière se sont développés massivement.
  • La titrisation des prêts immobiliers : La transformation des prêts immobiliers en titres revendus sur les marchés financiers a permis une diffusion massive du risque.
  • L'effet d'accélérateur : Les propriétaires existants ont commencé à emprunter face à la valorisation de leur bien immobilier, ce qui a conduit à une augmentation de leur niveau d'endettement.

Les conséquences du surendettement

Le surendettement des ménages a eu un effet important sur la consommation de biens durables, conduisant à une augmentation massive du chômage dans les secteurs touchés par une chute de la consommation.

Les solutions proposées par Mian et Sufi

  • Alléger la dette des ménages : Permettre aux propriétaires de revendre leur maison plutôt que de voir l’ensemble de leur richesse disparaître.
  • Mettre en place une forme de partage des risques entre créancier et prêteur : Développer des prêts avec partage du risque (shared-responsibility mortgage ou SRM).

Les crises économiques et le secteur bancaire

Les crises économiques sont des événements marquants qui perturbent le fonctionnement normal des économies, entraînant des répercussions profondes sur divers secteurs, y compris le secteur bancaire. Ces crises peuvent se manifester sous différentes formes, telles que des récessions, des dépressions ou des crises financières, et sont souvent causées par une combinaison de facteurs internes et externes. Les banques, en tant qu’intermédiaires financiers, jouent un rôle crucial dans l’économie en facilitant le crédit et en soutenant les investissements. Cependant, en période de crise, leur capacité à fonctionner efficacement est souvent compromise.

Les conséquences des crises économiques sur les pratiques bancaires

  • Resserrement des critères d’octroi de crédit : Les banques deviennent plus sélectives quant aux emprunteurs qu’elles choisissent de financer.
  • Augmentation des taux d’intérêt : Les banques ajustent leurs taux pour compenser l’incertitude.
  • Gestion des risques : Les banques mettent en place des systèmes robustes de gestion des risques qui intègrent des analyses quantitatives et qualitatives.
  • Diversification des actifs : Les banques investissent dans une variété d’instruments financiers et s’exposent à différents secteurs économiques.
  • Changements dans les comportements des clients : Les consommateurs deviennent généralement plus prudents dans leurs dépenses et leurs investissements.

Les mesures prises par les autorités réglementaires

Face aux défis posés par les crises économiques, les autorités réglementaires jouent un rôle crucial dans la stabilisation du système bancaire. Elles mettent en œuvre diverses mesures pour atténuer l’impact des crises sur les institutions financières et garantir la continuité du crédit dans l’économie.

Les stratégies des banques pour faire face aux crises économiques

Pour naviguer à travers les turbulences économiques, les banques adoptent diverses stratégies visant à renforcer leur résilience et à s’adapter aux nouvelles réalités du marché.

Les mécanismes de transmission d'une crise financière à l'économie réelle

Les canaux de transmission d'une crise financière à l'économie réelle traduisent les multiples façons dont un choc initial se diffuse et s'amplifie. L'effet de richesse négatif, les ventes forcées et la contraction du crédit sont des mécanismes complémentaires et souvent interdépendants.

L'effet de richesse négatif

L’effet de richesse traduit le fait qu’une variation de la valeur de leurs actifs patrimoniaux incite les agents économiques à modifier leur demande de biens de consommation et d’investissement. Cette demande diminue lorsque la valeur du patrimoine diminue.

La contraction du crédit

Dans une économie où le niveau d’endettement est élevé, les pertes des banques sur les marchés financiers se transmettent ensuite rapidement à l’activité économique car le crédit qu’elles octroient aux agents (ménages, entreprises) joue un rôle considérable. Il peut se produire alors une forte contraction du crédit qui comprime fortement la demande globale.

Les ventes forcées et la déflation par la dette

Lorsque les marchés financiers se retournent à la baisse, « l'affolement des débiteurs ou des créanciers ou des deux » conduit à des ventes en catastrophe de titres (et plus généralement d'actifs), car les débiteurs cherchent à se désendetter. Mais ce comportement conduit, par un effet d'agrégation, à aggraver la situation. En effet, les prix sur les marchés des biens et services baissent (déflation), de ce fait la valeur de la monnaie au pouvoir d’achat augmente et la valeur réelle des dettes s’accroit.

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