Le diaphragme, souvent méconnu, est un muscle vital pour la respiration et bien d'autres fonctions corporelles. Ce muscle en forme de parachute, situé entre la cavité thoracique et abdominale, travaille sans relâche pour nous permettre de respirer, de parler, de rire, et même de maintenir une bonne posture. Un dysfonctionnement du diaphragme peut entraîner divers problèmes, allant du simple hoquet à des douleurs thoraciques et des troubles digestifs.
Le Diaphragme : Anatomie et Fonctions Essentielles
Le diaphragme est un muscle mince en forme de coupole qui sépare la cavité thoracique (contenant les poumons et le cœur) de la cavité abdominale (contenant le foie, l’estomac, la rate et les intestins). Il s’insère à l’avant sur le sternum, sur les six dernières côtes latéralement, et à l’arrière sur les premières vertèbres lombaires. Plusieurs structures vitales traversent le diaphragme, notamment l’œsophage, la veine cave inférieure et l’aorte, passant par des orifices spécifiques. Le diaphragme est innervé par le nerf phrénique, qui prend racine au niveau des vertèbres cervicales. Certaines insertions du diaphragme sont communes au muscle ilio-psoas, qui relie la cuisse à la base de la colonne vertébrale.
Rôle Principal : La Respiration
La mission première du diaphragme est de permettre l’entrée et la sortie de l’air dans les poumons. À chaque inspiration, le diaphragme s’abaisse, créant une dépression dans la cage thoracique qui permet aux poumons de se gonfler d’air. Cette mécanique se produit automatiquement, plusieurs milliers de fois par jour, sans que nous ayons besoin d’y penser. Le diaphragme agit en synergie avec d’autres groupes musculaires, notamment les muscles intercostaux, les abdominaux et même le périnée (ou plancher pelvien). Cette respiration abdominale profonde (ou respiration diaphragmatique) est souvent plus efficace que la respiration thoracique superficielle.
Fonctions Secondaires : Bien Plus que la Respiration
Le diaphragme joue également plusieurs rôles importants :
- Phonation, rire, éternuements, toux : Le diaphragme se contracte de façon volontaire ou réflexe pour moduler la pression de l’air expiré et soutenir le son à chaque fois que vous parlez, chantez, criez ou riez. Muscler le diaphragme protège les cordes vocales des chanteurs et augmente la puissance de leur voix.
- Pompe veineuse et digestive : Les mouvements réguliers du diaphragme ont un effet de pompe mécanique sur les organes situés juste en dessous, notamment sur les intestins et les vaisseaux sanguins.
- Posture et tonicité du tronc : Le diaphragme stabilise la colonne vertébrale en se contractant harmonieusement avec les muscles du dos et du ventre. Un diaphragme fonctionnel et bien coordonné contribue ainsi à la prévention des douleurs lombaires, à une meilleure tenue du tronc et à une démarche plus fluide.
- Circulation Sanguine: En plus de la respiration, le diaphragme agit également sur la circulation sanguine.
- Activités Sportives: Dans la pratique des activités sportives, une bonne utilisation du diaphragme évite l'essoufflement et optimise l'oxygénation du sang et des muscles. Elle est particulièrement importante dans certains sports où la gestion du souffle fait partie intégrante de l'activité comme le tir (à la carabine, à l'arc…), l'apnée, la plongée sous-marine…
Contraction Spasmodique : Le Hoquet et Autres Dysfonctionnements
Le Hoquet : Un Spasme Involontaire
Le hoquet est en réalité causé par de petits spasmes involontaires du diaphragme. Ces contractions rapides et incontrôlées provoquent la fermeture brutale des cordes vocales, à l’origine du fameux “hic”. Le hoquet est un petit tressautement irritant du diaphragme. Ce phénomène est souvent dû à un repas trop copieux, trop épicé ou pris trop rapidement, à l’ingestion d’air en mangeant ou en mâchant du chewing-gum, à des boissons gazeuses ou alcoolisées, ou à une irritation de l’œsophage. Chez les nourrissons, il se produit le plus souvent après la tétée ou le biberon, avant que le bébé ne fasse son rot.
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Les symptômes du hoquet sont dus à la contraction involontaire, régulière et spontanée du diaphragme. Il en résulte des expulsions d’air involontaires. Comme la glotte se ferme en même temps, ces expulsions sont accompagnées du hic caractéristique. Le hoquet peut être douloureux, surtout quand il se produit au moment de l’inspiration. Le hoquet est un phénomène fréquent et banal. Il s’arrête en général spontanément. Il arrive toutefois qu’il perdure plus de 48 heures ou récidive, provoquant insomnie, fatigue, difficultés à s’alimenter et perte de poids.
Le hoquet (appelé aussi myoclonie phrénoglottique) est un réflexe respiratoire. Le hoquet donne l'impression d'une succession de petites éructations un peu bruyantes : des petits "hics" ou des petits "hocs". Mais en réalité le hoquet est bien distinct de l'éructation (familièrement appelé "rot"). "Le hoquet aigu est fréquent et généralement sans gravité. Mais s’il se chronicise (dure plusieurs jours) ou récidive souvent, une consultation médicale est recommandée.
À l'heure actuelle, les causes du hoquet demeurent en partie mystérieuses. Les scientifiques pensent qu’il serait lié à une irritation des nerfs ou des parties du cerveau qui contrôlent les muscles de la respiration (notamment le diaphragme). Généralement les brefs épisodes sont déclenchés par un évènement affectant les voies aéro-digestives (ballonnements, consommation d’alcool, ingestion de substances chaudes ou irritantes, parler, rire… ). Le hoquet est le plus souvent un symptôme occasionnel, transitoire et sans gravité.
Autres Dysfonctionnements du Diaphragme
En tant que muscle, le diaphragme peut être le siège de douleurs qui se manifestent parfois entre les côtes (douleurs intercostales) ou dans la région thoracique. Ces douleurs peuvent résulter de tensions musculaires, d’inflammations ou même de pathologies plus complexes. Le diaphragme peut parfois perdre partiellement ou totalement sa capacité à se contracter d’un côté seulement - c’est ce qu’on appelle une paralysie unilatérale. Souvent silencieuse, cette paralysie peut passer inaperçue car l’autre moitié du diaphragme compense.
Le diaphragme possède un orifice appelé hiatus, par lequel passe l’œsophage. Parfois, une partie de l’estomac remonte à travers cet orifice dans la poitrine, provoquant ce qu’on appelle une hernie hiatale. Ce phénomène peut entraîner des brûlures d’estomac, des reflux acides, et parfois des douleurs thoraciques.
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Comme tout muscle, le diaphragme peut être sujet à des tensions chroniques, souvent liées au stress, à une mauvaise posture ou à une respiration inadéquate. Ces tensions peuvent altérer la qualité de la respiration, entraîner une sensation d’oppression thoracique, et contribuer à une fatigue générale. Lorsqu’il fonctionne bien, le diaphragme descend à l’inspiration, créant un appel d’air dans les poumons, puis remonte à l’expiration. Mais il arrive que ce mouvement se bloque ou se désorganise. Résultat : une cascade de symptômes parfois déroutants.
En effet, lorsque le diaphragme est crispé, il a des difficultés à remonter ce qui comprime l'abdomen et entraîne des désagréments généralement sans gravité. La personne a, par exemple, une respiration incomplète, un mauvais retour veineux au niveau des jambes, ou encore une digestion plus difficile avec éventuellement de la constipation ou de la diarrhée. Cependant, dans certains cas, l'inconfort créé par un diaphragme trop contracté peut avoir des conséquences plus importantes. Par exemple, si le plexus solaire est tendu, la personne va se sentir oppressée, parfois jusqu'à l'angoisse. Cette oppression pouvant être ressentie au niveau du cœur, elle va engendrer des palpitations ou une accélération du rythme cardiaque.
Signes d'un Diaphragme Dysfonctionnel
- Une respiration courte, difficile ou oppressante. C’est souvent le premier signe qui doit alerter. Lorsque le diaphragme ne se contracte plus correctement, la respiration devient superficielle, saccadée, voire pénible. On peut avoir la sensation de manquer d’air, surtout à l’effort ou en position allongée.
- Une sensation de poids ou d’oppression thoracique. La gêne respiratoire peut s’accompagner d’un ressenti de “blocage” ou de pression dans la poitrine. Ce symptôme peut être confondu avec des douleurs d’origine cardiaque.
- Des douleurs dorsales. Le diaphragme est attaché à la colonne vertébrale. Lorsqu’il est tendu ou spasmodique, il peut tirer sur les structures voisines et entraîner des douleurs dorsales, souvent localisées entre les omoplates ou dans la région thoracique.
- Des troubles digestifs inexpliqués.
- Un hoquet tenace ou fréquent. Un diaphragme irrité peut se contracter involontairement, provoquant un hoquet persistant, difficile à faire passer.
- Une fatigue chronique liée à une oxygénation insuffisante. Lorsque la respiration devient inefficace, l’organisme est moins bien oxygéné. À la clé : fatigue persistante, sensation de faiblesse, troubles de la concentration ou essoufflement rapide à l’effort.
Il faut savoir que ces signes peuvent apparaître progressivement ou rester discrets. En cas de gêne respiratoire persistante, de douleurs thoraciques atypiques ou de troubles digestifs sans cause apparente, mieux vaut consulter un professionnel de santé : médecin, kinésithérapeute, ostéopathe ou pneumologue.
Causes du Hoquet Persistant
Si le hoquet se prolonge au-delà de 48 heures, une consultation médicale est nécessaire. Le médecin commencera par vous interroger sur les éventuels traitements que vous suivez, car certains médicaments de la classe des corticoïdes ou des benzodiazépines peuvent provoquer un hoquet qui dure. Le hoquet persistant peut aussi être le signe d’une pathologie sous-jacente. Il est donc à prendre au sérieux.
Les épisodes chroniques de hoquet ont parfois des causes plus graves. Par exemple, le diaphragme peut être irrité par une pneumonie, une chirurgie thoracique ou gastrique ou des déchets qui s’accumulent dans le sang en cas d’insuffisance rénale. Rarement, il peut être provoqué par une tumeur cérébrale ou un accident vasculaire cérébral. Le hoquet persistant peut être le signe de certains cancers digestifs comme le cancer de l'estomac, de l'œsophage du foie ou encore du pancréas. Parfois le hoquet persistant est symptomatique d'un cancer du côlon qui a métastasé au niveau des voies digestives hautes.
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Diagnostic
Le médecin peut vous prescrire des examens pour rechercher une affection digestive comme le reflux gastro-oesophagien, la cause principale du hoquet chronique. Viennent ensuite l’ulcère, la gastrite, certaines maladies neurologiques… Une fois la cause trouvée, le traitement de la maladie fait disparaître le hoquet. Si elle n’est pas identifiée, le médecin prescrit des médicaments destinés à améliorer votre qualité de vie.
L’examen clinique consiste un examen complet et parfois neurologique. Une endoscopie digestive haute pour visualiser l’œsophage, l’estomac et la partie supérieure de l’intestin grêle peut être prescrite. Les affections digestives représentent la première cause de hoquet chronique. L’endoscopie digestive haute est donc l’examen complémentaire le plus prescrit dans ce contexte.
Traitements et Solutions
Traitement du Hoquet Bénin
Le hoquet aigu est très majoritairement bénin et ne nécessite donc aucun traitement. Il cesse spontanément et survient de temps en temps, sans gêne notable, ni impact sur la qualité de vie du sujet.
Pour faire passer rapidement ce type de hoquet, on commence par identifier ce qui l’a déclenché et agir en conséquence : manger plus lentement, limiter les sodas, etc. On peut aussi tenter plusieurs petits « trucs », comme suspendre volontairement sa respiration (apnée). On peut ainsi retenir son souffle le plus longtemps possible, boire un verre d’eau rapidement et sans respirer, inspirer et expirer rapidement dans un sac en papier…
Pour faire « passer » le hoquet d’une autre personne, aidez-la à focaliser son attention sur autre chose en la chatouillant, en lui racontant une blague, etc. Inutile de lui faire peur pour autant !
Il existe un grand nombre de remèdes populaires contre le hoquet. Aucune de ces méthodes n'a d'efficacité médicalement démontrée. Toutefois, étant donné que ces remèdes sont généralement faciles à mettre en œuvre, il n’y a aucun danger à les tester.
Traitement du Hoquet Chronique et des Dysfonctionnements Diaphragmatiques
Le traitement de la pathologie associée constitue l’un des piliers de la prise en charge du hoquet chronique. Parallèlement, il existe des médicaments utilisés pour soulager les crises de hoquet chronique lorsqu’aucune cause n’a été retrouvée lors du diagnostic, mais leur efficacité est le plus souvent très modeste. La chlorpromazine entre 10 et 50 mg par voie orale trois fois par jour selon les besoins peut être prescrite. Un blocage du nerf phrénique, grâce à de faibles quantités d’un produit anesthésique peut également être envisagé.
Au vu des conséquences que peut engendrer un dysfonctionnement diaphragmatique, il est donc facile de comprendre la raison pour laquelle l'ostéopathe va quasiment toujours vérifier la santé de votre diaphragme au cours d'une séance. Pour rendre à celui-ci sa souplesse optimale, le praticien va, en premier lieu, rechercher les tensions existantes au niveau de ses différentes insertions. Il va donc éliminer celles situées au niveau du sternum et des vertèbres en lien avec le diaphragme, puis rééquilibrer la compression entre le thorax et l'abdomen pour augmenter l'amplitude de la respiration.
Prendre Soin de Son Diaphragme au Quotidien
Le diaphragme est un véritable miroir émotionnel. En cas de stress ou d’anxiété, il se contracte, bloquant la respiration, provoquant inconforts et douleurs. Pour détendre le diaphragme, rien de tel que de pratiquer la respiration abdominale. Pour cela, inspirez lentement par le nez en gonflant doucement le ventre, comme si vous remplissiez un ballon. Puis, expirez lentement par la bouche en rentrant le ventre. Ce mouvement amplifie la mobilité du diaphragme et favorise son relâchement naturel.
La cohérence cardiaque est une méthode simple et efficace pour calmer le système nerveux et relâcher le diaphragme. Elle consiste à faire six respirations par minute (soit une inspiration et une expiration de 5 secondes chacune), pendant environ 5 minutes, trois fois par jour.
Il existe certaines postures de yoga spécialement conçues pour ouvrir la cage thoracique. Certains exercices de pleine conscience pratiqués en sophrologie sont aussi d’excellents alliés pour apaiser les tensions internes. Le chant ou la pratique d’instruments à vent sont des façons ludiques et efficaces de mobiliser le diaphragme.
Une fois la séance d'ostéopathie terminée, comme nous ne sommes pas conscients de la façon dont nous respirons, il y a de fortes chances que nous reprenions vite nos mauvaises habitudes, et ce, malgré la détente apportée par l'ostéopathe sur notre diaphragme. Pour conserver durablement les effets de la consultation d'ostéopathie, il est donc important de prendre conscience de notre respiration. Et puisque votre ostéopathe connaît parfaitement les mécanismes de celle-ci, il est tout indiqué pour vous aider dans ce domaine. Il va donc vous montrer différents exercices de respiration, simples et faciles à reproduire chez vous au quotidien.
Dans la mesure où le diaphragme est indissociable du maintien de notre santé, il est important de l'entretenir régulièrement, tout comme un véhicule. Prendre rendez-vous chez l'ostéopathe, une à deux fois par an, s'impose donc pour lui rendre sa souplesse. Entre deux visites, avoir conscience de notre respiration et prendre l'habitude de pratiquer régulièrement quelques exercices respiratoires participeront à la bonne santé de notre diaphragme.
Conserver un IMC sain (entre 18,5 et 25) et un tour de taille normal (pour les femmes, un tour de taille de moins de 88 cm est une référence normale et moins de 75cm est un tour de taille idéal) contribue également à la bonne santé du diaphragme.
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