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Fausse couche en début de grossesse : symptômes, causes et prise en charge

La fausse couche, ou interruption spontanée de grossesse, est un événement malheureusement fréquent. Elle se définit comme l'arrêt spontané d'une grossesse avant la 20e semaine de grossesse (22e semaine d'aménorrhée), soit environ 5 mois. Cet article aborde les symptômes, les causes, les traitements possibles et l'accompagnement nécessaire pour faire face à cette épreuve.

Définition et fréquence

La fausse couche est une interruption spontanée de grossesse avant la 22e semaine d’aménorrhée (soit 20 semaines de grossesse ou environ 5 mois). Au-delà de ce terme, on parle d'accouchement prématuré si le fœtus est viable. Environ 15% des grossesses se terminent par une fausse couche, ce qui en fait un événement relativement courant. Environ un tiers des femmes qui ont des enfants ont vécu une fausse couche au cours de leur vie.

On distingue deux types de fausses couches :

  • Fausses couches précoces : Elles surviennent au cours du premier trimestre de la grossesse, avant la 14e semaine d'aménorrhée. Elles sont les plus fréquentes.
  • Fausses couches tardives : Elles se produisent entre le deuxième trimestre de la grossesse.

La majorité des fausses couches sont isolées. On parle de fausses couches à répétition dès lors qu’une femme enceinte d’un même partenaire présente au moins trois fausses couches spontanées consécutives avant 14 semaines d’aménorrhée. Elles concernent 1,5 % des femmes et nécessitent une prise en charge avec des examens plus poussés.

Symptômes d'une fausse couche

Les symptômes d'une fausse couche peuvent varier d'une femme à l'autre, mais les plus courants sont :

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  • Saignements vaginaux : Ils peuvent être légers ou abondants, réguliers ou irréguliers. Il est important de noter que des saignements en début de grossesse ne signifient pas toujours une fausse couche. En effet, plus d'1/4 des femmes qui mènent leur grossesse à terme ont des saignements au cours du 1er trimestre.
  • Douleurs abdominales : Elles peuvent ressembler à des crampes menstruelles ou à des douleurs plus aiguës. Des douleurs dans le bas du dos ou le bassin sont également possibles.
  • Expulsion de tissus ou de caillots : L'expulsion par le vagin de débris de tissus ou de caillots de sang peut survenir. Ces grumeaux sont les tissus évacués par l'utérus qui ont besoin d'être analysés lors d'une consultation médicale.
  • Disparition des symptômes de grossesse : La disparition des symptômes de grossesse, tels que les nausées ou la tension mammaire, peut être un signe avant-coureur.
  • Autres symptômes : Fièvre (température > 38°), étourdissements ou vertiges, nausées ou vomissements, accélération du rythme cardiaque.

Dans certains cas, une fausse couche ne provoque aucun symptôme et elle est alors découverte lors d’une échographie ou sur une prise de sang. Dans d’autres cas une fausse couche peut passer inaperçue : suite à un retard de règle les saignements de la fausse couche sont confondus avec les saignements des règles habituelles.

Causes possibles

Les causes d'une fausse couche sont multiples et peuvent être liées à des facteurs embryonnaires, maternels ou environnementaux.

  • Anomalies chromosomiques : Dans la majorité des cas, les fausses couches précoces sont dues à des anomalies chromosomiques de l'embryon, qui empêchent son développement normal. Ces anomalies sont indépendantes de toute influence extérieure et il n’est pas possible de les prévenir ou de les empêcher.
  • Facteurs maternels :
    • Malformations utérines : Une malformation ou des anomalies au niveau de l’utérus (utérus cloisonné, polypes, fibromes, …) peuvent gêner l’implantation de l’embryon dans la cavité utérine.
    • Troubles hormonaux : Des perturbations hormonales ou une maladie chronique maternelle insuffisamment contrôlée (diabète, maladie de la glande thyroïde, syndrome des ovaires polykystiques, lupus, anémie …) peuvent être en cause.
    • Problèmes de coagulation : Des anomalies de la coagulation sanguine en particulier le syndrome des antiphospholipides.
    • Infections : Une infection comme la toxoplasmose, la rubéole ou la listériose par exemple.
    • Âge maternel avancé : Le risque de fausse couche augmente avec l’âge de la mère. Il semblerait que l’âge du père soit également un facteur de risque (le nombre de spermatozoïdes porteur d’anomalie chromosomique augmentant avec l’âge).
    • Obésité ou surpoids important.
  • Facteurs environnementaux :
    • Tabagisme et consommation d'alcool.
    • Consommation de drogues.
    • Consommation excessive de café.
    • Prise de médicaments ou de produits contre-indiqués durant la grossesse.

Contrairement à certaines croyances, l’activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n’augmentent pas le risque de fausses couches lors d’une grossesse normale.

Diagnostic

En cas de suspicion de fausse couche, il est important de consulter rapidement un médecin. Le diagnostic repose sur :

  • Examen clinique : Le médecin procédera à un examen gynécologique pour évaluer l'état du col de l'utérus et rechercher d'éventuels signes d'infection.
  • Échographie : Une échographie abdomino-pelvienne permettra de visualiser le contenu de l'utérus et de déterminer si la grossesse est toujours évolutive.
  • Dosage de l'hormone de grossesse (prise de sang) : Cet examen permet de suivre l'évolution du taux de l'hormone de grossesse et de confirmer l'arrêt de la grossesse si le taux ne progresse pas normalement.

Traitement

Il n’existe aucun traitement permettant de stopper une fausse couche. La prise en charge d'une fausse couche dépend de plusieurs facteurs, notamment du terme de la grossesse, de l'état de santé de la femme et de ses préférences. Plusieurs options sont possibles :

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  • Attente spontanée : Dans certains cas, la fausse couche se produit naturellement, sans intervention médicale. Cela peut prendre de quelques jours à deux semaines. En cas de pertes de sang abondantes ou de douleurs importantes, il faudra consulter à nouveau.
  • Traitement médical : Il s'agit de la prise d'un médicament par voie orale ou vaginale (misoprostol) qui va entraîner les contractions du muscle de l'utérus et une ouverture du col, jusqu’à l’expulsion des tissus intra-utérins.
  • Intervention chirurgicale (aspiration endo-utérine) : En cas de saignements abondants, de problèmes de coagulation ou de refus ou d’échec du traitement médical, une opération pourra être proposée. L’opération consiste en une aspiration endo-utérine pour aspirer les tissus embryonnaires, via un tube introduit dans la cavité utérine.

Après une fausse couche, il est généralement conseillé d'attendre un ou deux cycles menstruels avant de tenter une nouvelle grossesse.

Accompagnement psychologique

Même si sur le plan médical, c’est un évènement fréquent, qui n’a généralement pas d’impact sur la santé des femmes concernées, ni sur leur fertilité et leurs chances de mener une à bien une nouvelle grossesse, il ne faut pas banaliser la fausse couche, qui n’a rien d’anodin sur le plan psychologique. La fausse couche peut être une expérience douloureuse et traumatisante pour les parents. Il est important de ne pas minimiser la douleur ressentie et de rechercher un soutien psychologique si nécessaire. Plusieurs options sont possibles :

  • Parler à son entourage : Exprimer ses émotions, pleurer et en parler avec sa propre mère par exemple ou avec des proches de confiance, permet de rompre l’isolement qui dessert ce processus.
  • Rejoindre un groupe de soutien : Échanger avec des personnes qui ont vécu la même chose peut être un vrai soutien, mais cela est parfois plus facile avec des inconnus.
  • Consulter un professionnel de santé : Un psychologue, un psychiatre ou une sage-femme peuvent apporter une aide précieuse pour surmonter le deuil et les émotions difficiles.

Il est également impératif de s’entourer de professionnels de santé à qui poser vos questions et confier vos inquiétudes, notamment en cas de symptômes suspects. Ils sauront vous rassurer sur votre santé et adapter le suivi des grossesses futures (pour notamment vous aider à passer la fenêtre temporelle qui vous inquiète). Ils pourront également vous renseigner sur les dispositions mises en place récemment dans le cadre de la loi du 7 juillet 2023, visant à favoriser l'accompagnement des couples confrontés à une interruption spontanée de grossesse.

Prévention

S’il n’est pas possible de prévenir les fausses couches dues à une anomalie génétique du fœtus, en revanche certains comportements peuvent être modifiés pour limiter les autres causes d’interruption de grossesse. Voici quelques conseils :

  • Adopter une hygiène de vie saine : Évitez la caféine, l’alcool, le tabac et les drogues.
  • Maintenir un poids santé : Essayez de perdre du poids si vous êtes surcharge pondérale importante.
  • Adopter une alimentation équilibrée : évitez les aliments crus qui peuvent exposer aux infections de type toxoplasmose ou listériose.
  • Vérifier les vaccinations : vérifier que vos vaccinations sont à jour (notamment la vaccination contre la rubéole).
  • Éviter l'automédication : Ne jamais prendre de médicaments, plantes médicinales, huiles essentielles, etc, sans avis médical préalable.
  • Prendre de l’acide folique en complément.
  • Suivi médical : Si vous souffrez d’une maladie chronique, il est conseillé de consulter votre médecin pendant ou avant une grossesse, afin de bénéficier d’un suivi rapproché et d’éviter les risques à la fois pour vous et pour le fœtus.

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