La colique ovarienne est un problème fréquent, bien que souvent ignoré, chez les juments. Elle peut impacter négativement leur bien-être, affecter leurs performances sportives et compromettre leur potentiel d'élevage. Cet article vise à explorer les causes, les symptômes et les traitements de la colique ovarienne chez la jument, en offrant des informations complètes et accessibles à un large public.
Introduction
Les ovaires des juments peuvent être sujets à divers dysfonctionnements, provoquant des douleurs et des coliques. Ces problèmes peuvent survenir lors d'une ovulation difficile ou être liés à une inflammation chronique des ovaires. Comprendre les causes et les symptômes de ces troubles est essentiel pour assurer le bien-être de la jument et optimiser ses performances.
Le Cycle Œstral de la Jument
L’appareil reproducteur de la jument est particulier car il n’est pas actif toute l’année. Dans l’hémisphère nord, la période de reproduction, ou saison de reproduction, s’étale de mars à octobre. Durant cette période, la jument présente des cycles ovariens d’environ 21 jours. Chaque cycle se compose d’une phase d’œstrus (chaleurs) d’environ 7 jours, se terminant par l’ovulation, et d’une phase d'interoestrus de 14 jours. Les premières chaleurs apparaissent généralement entre 15 et 18 mois.
Durant les chaleurs, certaines juments peuvent présenter des changements de comportement, de l’irritabilité, voire des signes de coliques. Ces manifestations sont liées à l’activité ovarienne et aux fluctuations hormonales.
Causes de la Colique Ovarienne
Plusieurs facteurs peuvent contribuer à la colique ovarienne chez la jument :
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- Ovulation Laborieuse : Certaines juments peuvent souffrir de coliques lorsque l’ovulation est difficile.
- Inflammation des Ovaires : Des douleurs chroniques peuvent être liées à une inflammation des ovaires.
- Facteurs Hormonaux : Un taux insuffisant d'hormones nécessaires à l'ovulation peut empêcher le follicule d'atteindre sa maturité, persistant et régressant comme un petit kyste mou. Cette présence peut gêner mécaniquement les ovulations suivantes et créer une inflammation permanente.
- Poids de l’Ovule : Les soucis ovariens sont parfois dus au poids de l’ovule, qui peut atteindre les 4 kg dans des cas rares, généralement associés à une tumeur.
- Tumeurs Ovariennes : Bien que rares, les tumeurs de la granulosa (un type cellulaire de l’ovaire) peuvent provoquer des douleurs. Ces tumeurs sont non cancéreuses mais invasives, pouvant amener l’ovaire à une taille de ballon de basket.
- Hématomes Ovariens : Au moment de l’ovulation, l’ovaire peut saigner à cause de la rupture du follicule. L’épanchement de sang peut provoquer des douleurs. Si la jument présente des hématomes à chaque ovulation, les douleurs seront cycliques et s’apparenteront aux chaleurs douloureuses.
- Abcès Ovariens : Ils peuvent modifier le cycle en bloquant l’activité ovarienne. Les symptômes ne sont alors pas cycliques et peuvent inclure des signes de coliques répétés, un amaigrissement, de l’hyperthermie, des signes d’infection et une infertilité.
- Kystes Ovariens : Il s’agit de cavités liquidiennes sur l’ovaire, en général liées à un anoestrus (absence de chaleurs).
Symptômes de la Colique Ovarienne
Les symptômes de la colique ovarienne peuvent varier d'une jument à l'autre et peuvent être cycliques ou non. Les signes les plus courants incluent :
- Douleurs Lombaires : Les ovaires sont retenus par un ligament reliant la voûte lombaire, ce qui peut créer des douleurs lombaires (dorsalgies).
- Réticence au Travail : La jument peut devenir rétive au travail.
- Signes de Coliques : Les juments peuvent présenter des signes de coliques, tels que se coucher et se relever fréquemment, regarder leur flanc, ou gratter le sol.
- Boiteries : Des boiteries peuvent survenir en raison de la douleur.
- Changements de Comportement : Irritabilité, agressivité, stress, hypersensibilité au niveau des reins et du dos, raideurs.
- Hyperœstrus : La jument semble être plus souvent en chaleur ou a des chaleurs qui durent plus longtemps.
- Amaigrissement : Dans certains cas, la jument peut perdre du poids.
- Hyperthermie : Une augmentation de la température corporelle peut être observée.
- Infertilité : Les troubles ovariens peuvent affecter la fertilité de la jument.
Diagnostic de la Colique Ovarienne
Si vous suspectez que votre jument souffre de colique ovarienne, il est crucial de consulter un vétérinaire pour un diagnostic précis. Le vétérinaire peut effectuer les examens suivants :
- Examen Gynécologique Approfondi : Un examen gynécologique peut aider à identifier des anomalies au niveau des ovaires.
- Palpation Transrectale : La palpation transrectale permet de vérifier le bon positionnement des intestins et de détecter une distension gazeuse intestinale ou une masse.
- Échographie Transrectale : L’échographie transrectale des ovaires peut révéler des tumeurs, des kystes ou des abcès.
- Analyses Sanguines : Des analyses sanguines peuvent aider à détecter des déséquilibres hormonaux.
- Prise de Sang : Afin de détecter un potentiel déséquilibre hormonal (testostérone, anti-Müllerian hormone (AMH), inhibines et inhibin-B).
Traitements de la Colique Ovarienne
Les traitements de la colique ovarienne dépendent de la cause sous-jacente. Plusieurs options sont disponibles :
- Traitement Hormonal :
- Régumate : Ce traitement progestatif est l’équivalent d’une contraception, il supprime les chaleurs et leurs inconvénients. Cependant, il peut engendrer des troubles hormonaux chez l’humain qui l’administre. Les femmes enceintes devraient éviter le contact avec ce médicament.
- Administration Quotidienne d’Hormone Progestative : Pour couper les chaleurs (équivalent d’une contraception).
- Vaccination : Une vaccination permet une « castration chimique » de la jument, cependant celle-ci n’est pas autorisée en compétition. Elle présente l’avantage d’être beaucoup moins coûteuse et contraignante (durée d’environ 6 mois).
- Phytothérapie : Des plantes aux effets antispasmodiques, anti-inflammatoires et anxiolytiques, comme la Camomille et la Mélisse, peuvent être utilisées pour apaiser les douleurs ovariennes.
- Compléments Alimentaires : Des compléments alimentaires peuvent se révéler efficaces sur les chaleurs douloureuses de certaines juments. Des produits à base de plantes agissant sur le stress sont particulièrement appréciés. Il existe de nombreuses synergies présentes sur le marché, le mieux est d’en tester et de voir ce qui convient à votre jument. Il est déconseillé d'utiliser des synergies contenant du tryptophane, car son utilisation chez le cheval est controversée. Nous vous conseillons de rajouter pendant la cure de l’Huile d’Onagre, cette huile a la réputation de soulager certains symptômes liés aux ovariens, notamment l’irritabilité et certaines douleurs. Une cure doit durer 21 jours consécutifs (soit 3 semaines) en usage ponctuel. Pour cure en traitement de fond, 10 jours consécutifs par mois jusqu’à amélioration.
- Massage : Le massage peut aider à relâcher les tensions musculaires dans la zone lombaire et du bassin.
- Ostéopathie et Shiatsu : Dans le cas de troubles uniquement fonctionnels, les résultats seront meilleurs et plus stables avec un suivi ostéopathique et des séances de shiatsu.
- Chirurgie : En cas de tumeur ovarienne, le traitement est chirurgical. Il peut s’effectuer sous laparoscopie sur cheval debout. Les kystes peuvent être ponctionnés chirurgicalement en cas d’échec des traitements hormonaux.
- Stimulation Manuelle de Points Réflexes : La stimulation manuelle de deux points réflexes peut aider à la résolution de ce problème. Le premier point se situe derrière la dernière côte environ dix centimètres sous la pointe de la hanche. Le fait de masser ce point va permettre d’aider à provoquer une ovulation laborieuse. Le deuxième point est efficace contre les douleurs et coliques ovariennes.
Prévention de la Colique Ovarienne
Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir la colique ovarienne, certaines mesures peuvent aider à réduire le risque :
- Surveillance du Cycle Œstral : Être attentif aux changements de comportement de la jument pendant ses chaleurs peut aider à détecter précocement les problèmes.
- Alimentation Équilibrée : Assurer une alimentation équilibrée et adaptée aux besoins de la jument.
- Exercice Régulier : L’exercice régulier peut aider à maintenir une bonne santé générale et à prévenir les problèmes de santé.
- Suivi Vétérinaire Régulier : Des examens vétérinaires réguliers peuvent aider à détecter précocement les problèmes ovariens.
Coliques chez le cheval
Les coliques représentent la première cause de mortalité chez le cheval. Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas d’une maladie mais d’un syndrome, soit un ensemble de symptômes. En effet, une douleur abdominale va déclencher de nombreux symptômes tous plus ou moins identiques quelle que soit l’origine de la douleur (estomac, intestins ou parfois d’autres organes). Une colique étant une manifestation douloureuse, les symptômes vont varier en fonction du cheval et de son expression de la douleur.
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Les symptômes qui vont généralement alerter le propriétaire puisque le cheval n’est pas dans son état normal sont : Fréquence cardiaque : augmentation (tachycardie) proportionnellement à la douleur. État des muqueuses : congestives (couleur rose foncé), liserées voire violacées en cas d’état de choc du cheval. Les bruits intestinaux : diminués voire absents. Déshydratation : plus ou moins avancée en cas de coliques sévères.
Le rôle du vétérinaire va être de diagnostiquer à quel niveau se situe le problème et de préciser au maximum le diagnostic, de façon à choisir le meilleur traitement le plus rapidement.
Plusieurs mesures préventives sont à mettre en place afin de diminuer le risque d’apparition de coliques : Respecter une durée minimale d’ingestion de 5 heures par jour avec au minimum 4 à 5 kg de foin par jour, si possible dans un filet à foin. Fractionner la ration en plusieurs petits repas dans la journée. Donner de l’eau à volonté, pas trop froide et de façon non brutale. Respecter une transition alimentaire sur une semaine en mélangeant le nouvel aliment avec l’ancien. Proscrire le blé qui favorise une forte fermentation. Assurer une bonne conservation des aliments. Pour les chevaux coliquards chez qui ces mesures ne suffisent pas, il existe des compléments pour soutenir et stimuler le transit. Des sorties régulières au pré sont recommandées. La gestion des parasites intestinaux est bien évidemment primordiale.
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