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Débarquement de Provence : Déroulement et Importance Stratégique

À l'occasion des commémorations du 80e anniversaire de la Libération de la France, un regard rétrospectif sur le débarquement de Provence s'impose. Cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale, souvent éclipsé par le débarquement de Normandie, a joué un rôle crucial dans la libération du territoire français. Le musée national de la marine à Toulon et le Département du Var s’associent pour mettre en lumière cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale, au détour d'une exposition inédite : "Opération Dragoon. Plus de 130 clichés et documents d’archives provenant aussi bien d’institutions françaises que britanniques et américaines illustrent la préparation et le déroulement de ce second débarquement sur le territoire français.

Contexte Historique et Prise de Décision

La décision concernant les débarquements a été prise lors de la conférence anglo-américaine de Québec en août 1943. Il a été décidé que l'opération Overlord serait la principale et qu'elle serait appuyée par une attaque dans le Sud de la France, nommée finalement opération Dragoon. L'opération "Dragoon" visait à ouvrir un second front sur le territoire français, complémentaire à celui de Normandie. Cette stratégie avait plusieurs objectifs clés : fixer des troupes ennemies, disposer de ports en eau profonde et protéger ensuite le flanc droit de l'armée américaine venant de Normandie.

Dès le 27 mai 1944, les bombardements sur la défense allemande entre Nice et Marseille s’accélèrent tandis que la résistance française réalise de nombreuses opérations de sabotage pour empêcher le repli de l’ennemi. En outre, une opération de diversion, « Span », est menée vers Gênes.

Forces en Présence et Préparatifs

Dans la nuit du 14 au 15 août 1944, une flotte de 2000 bâtiments de guerre arrive au large du sud de la France. A leur bord, les soldats du général américain Patch attendent le déclenchement d’une des opérations les plus importantes de la Seconde Guerre mondiale : le débarquement de Provence.

La 7e armée américaine du général Patch, qui comprend les forces françaises de l'armée B commandées par le général de Lattre de Tassigny, arrive en vue des côtes dans la nuit du 14 au 15 août. Ce même soir, les Forces françaises de l'intérieur (FFI) reçoivent de Londres trois messages dont le dernier, "le chef est affamé", signifie le lancement des opérations.

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L'Armée d'Afrique, composée de troupes levées par la France dans l'ensemble de son empire colonial, et plus particulièrement en Afrique du Nord, comptait à l'heure du débarquement en Provence, en août 1944, 173 000 Tunisiens, Marocains, Algériens, Africains d'Afrique occidentale et équatoriale. A leurs côtés se trouvaient 168 000 Français d'Afrique du Nord, 35 000 Corses et 20 000 évadés de France. Parmi les soldats qui attendent sur ces bateaux, certains sont plus impatients que d'autres : les Français rêvent depuis quatre ans de libérer leur pays occupé par l'armée allemande. Alors qu'ils étaient une poignée deux mois plus tôt en Normandie, c'est toute une armée française qui débarque en Provence.

Ayant réuni au large de la Corse des navires venus en dix convois, pour des raisons stratégiques, de ports aussi éloignés les uns des autres qu'Oran, Naples ou Tarente, la flotte alliée s'est d'abord dirigée vers Gênes pour tromper l'adversaire.

Déroulement des Opérations

Le lancement d’Anvil/Dragoon, dirigée par Patch (chef de la 7e armée américaine), a lieu le 15 août vers 4h, pour affronter la XIXe division armée de Wiese. 9 000 soldats sont parachutés (sous les ordres du général américain Robert T. Frederick) dans la plaine du Muy et se dirigent vers la côte. Puis, l’opération amphibie du Supreme Allied Commander Mediterranean, partie d’Italie et d’Afrique du Nord, envoie différentes armées entre Cavalaire et Saint Raphaël. Ces armées, la Romeo Force, la Rosie Force et la Sitka Force, sont réparties sur les plages baptisées Alpha, Delta, et Camel. L’armée B, dirigée par le général de Lattre de Tassigny et composée de 260 000 soldats français dont 80 % provient de l’Outre-Mer, de l’Afrique Noire et du Maghreb participe au combat dès le 16.

Peu après minuit, tandis que les Rangers américains prennent pied dans les îles du Levant, les premiers commandos français s'emparent du Cap Nègre et vont conquérir une tête de pont vitale autour du Lavandou. Dans la nuit, plus de 5 000 parachutistes alliés sont largués au-dessus de la vallée de l'Argens pour verrouiller les voies d'accès aux zones de débarquement. À l'aube, un bombardement aérien et naval écrase les batteries allemandes. Le 16 août, le gros des forces françaises commence à débarquer.

Les jonctions entre les différentes forces se font très rapidement, libérant Saint-Tropez, Ramatuelle, Fréjus, etc. Les têtes de pont (zones conquises en territoire ennemies) sont établies en un temps record : le 17 août, la ligne de défense, appelée « blue line », est créée ! Les Allemands, combattant sur plusieurs fronts, sont en nette infériorité. Fortes de leur succès, les troupes alliées remontent la Vallée du Rhône, et Grenoble tombe le 22 août 1944.

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La Libération de Toulon et Marseille

Il appartient aux Français de libérer les deux grands ports, Marseille et Toulon. Le général de Monsabert, appartenant à l’armée B, affronte les hommes du général allemand Schaeffer à Marseille, et le général de Lattre de Tassigny, allié aux généraux Magnan et Salan, s’oppose aux troupes de l’amiral allemand Ruhfus à Toulon. Alors que partout les soldats allemands se replient, ces officiers reçoivent d’Hitler l’ordre de tenir les deux ports.

Le 20 août, l'encerclement de Toulon commence. Alors que les Commandos et les Chocs s'emparent des batteries ennemies, Français libres, Algériens, " marsouins " de la Coloniale et Tirailleurs sénégalais rivalisent de courage pour prendre la ville. La 9e division d'infanterie coloniale va finir de nettoyer Toulon de ses occupants. Le 28 août, la garnison allemande se rend.

Parallèlement, de Lattre a lancé ses troupes vers Marseille. Aubagne est prise par les Tabors marocains. La 3e division d'infanterie algérienne du général de Monsabert prend position aux abords de la cité phocéenne où l'insurrection a éclaté. Le 23 août, tirailleurs et cuirassiers rejoignent les résistants. Cinq jours de combats violents seront nécessaires pour réduire les défenses allemandes. Les deux ports ont été conquis avec un mois d'avance sur les prévisions.

Progression vers le Nord

Patch entre dans Lyon le 3 septembre. La jonction avec les soldats de Normandie se fait à Dijon le 12 septembre 1944 (avec 40 jours d’avance) ! L’opération Dragoon a rejoint l’opération Overlord (débarquement allié venu de Normandie) bien plus vite que prévu, et les Allemands sont désormais pris en étau.

La 1e D.F.L. va participer avec la 9e D.I.C. à la prise de Toulon qui tombera le 25 août 1944 en même temps que Paris et Bucarest. Puis, c’est la ruée vers le Nord de la France, en remontant la rive droite du Rhône. La D.F.L. libère Lyon le 3 septembre 1944, puis est stoppée par le manque d’essence. Pourtant, une colonne est lancée en avant, elle dégage Autun le 9 et fait sa liaison avec les Spahis de la 2e D.B. venant de Normandie le 12 septembre à Nord-sur-Seine près de Châtillon-sur-Seine.

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Conséquences et Importance

Les pertes sont minimes et l’avance, remarquable. La libération du sud permet désormais d’approvisionner les Alliés par les ports. Le 15 août 1944, en Provence, un second front est ouvert après le débarquement du 6 juin 1944 en Normandie. C’est l’opération « Dragoon ».

C'est un élément politique et psychologique essentiel pour l'après-guerre. Combattant aux côtés des armées alliées, l'armée d'Afrique, composée de troupes levées par la France dans l'ensemble de son empire colonial, et plus particulièrement en Afrique du Nord.

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