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Trisomie 21 et autres anomalies génétiques : Informations et perspectives

Introduction

Les anomalies génétiques, telles que les trisomies, résultent de la présence d'un chromosome supplémentaire ou d'une partie de chromosome supplémentaire dans les cellules d'un individu. Ces anomalies peuvent affecter les chromosomes sexuels (gonosomes) ou les chromosomes non sexuels (autosomes), entraînant divers syndromes malformatifs, des retards mentaux et parfois des avortements spontanés. Cet article explore en détail la trisomie 21 (syndrome de Down) et d'autres trisomies moins fréquentes, leurs caractéristiques, leur diagnostic et les enjeux éthiques associés au dépistage prénatal.

Trisomie 21 (Syndrome de Down)

Caractéristiques générales

La trisomie 21, également connue sous le nom de syndrome de Down ou mongolisme, est l'anomalie chromosomique la plus fréquemment observée chez l'Homme. Elle est caractérisée par la présence d'un chromosome 21 supplémentaire, entraînant une formule chromosomique à 47 chromosomes au lieu de 46. Cette anomalie se manifeste par un syndrome dysplasique stéréotypé associant :

  • Débilité mentale : Un retard mental variable.
  • Faciès caractéristique : Un visage rond et aplati, une tête brachycéphale, des fentes palpébrales obliques en haut et en arrière, un épicanthus.
  • Hyperlaxité : Une laxité ligamentaire excessive.
  • Abdomen hypotonique : Un tonus musculaire faible au niveau de l'abdomen.
  • Mains et pieds courts : Des extrémités plus courtes que la moyenne.
  • Pli palmaire transversal unique : Un seul pli traversant la paume de la main.

Malformations associées et complications

La trisomie 21 est souvent associée à des malformations viscérales, notamment :

  • Malformations cardiaques : Diverses anomalies cardiaques congénitales.
  • Malformations digestives : Atteintes du système digestif.
  • Hypoplasie de l'apophyse odontoïde : Une malformation de la deuxième vertèbre cervicale, pouvant entraîner des risques neurologiques.

L'espérance de vie des personnes atteintes de trisomie 21 est diminuée, avec un taux de mortalité élevé durant les premières années en raison d'affections respiratoires, de décompensations de malformations cardiaques et de leucémie. À l'âge adulte, elles présentent un risque accru de développer une forme prématurée de maladie d'Alzheimer, des affections auto-immunes (diabète de type 1, maladie de Hashimoto, maladie cœliaque, arthrite juvénile) et une carence martiale.

Types de trisomie 21

Il existe différentes formes de trisomie 21 :

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  • Trisomie 21 homogène : Le caryotype est à 47 chromosomes dans toutes les cellules de l'organisme (96% des cas).
  • Trisomie 21 en mosaïque : Certaines cellules seulement présentent un caryotype à 47 chromosomes (1 à 2 % des cas).
  • Translocation : Le chromosome 21 surnuméraire est transloqué sur un autre chromosome (14, 21 ou 22), entraînant un caryotype à 46 chromosomes (3 à 4 % des cas).
  • Trisomie partielle du 21 : Seule une partie du chromosome 21 est présente en trois exemplaires.

Dépistage et diagnostic prénatal

Le dépistage de la trisomie 21 est proposé systématiquement aux femmes enceintes après information. Il n'est plus réservé aux femmes de plus de 38 ans. Le risque est calculé en fonction de l'âge de la mère, des résultats de l'échographie de la nuque et des marqueurs sériques.

  • Premier trimestre (11ème à 13ème semaine d'aménorrhée) :
    • Échographie : Mesure de la clarté nucale (risque augmenté si supérieure au 95ème percentile).
    • Marqueurs sériques : Dosage de la βHCG et de la PAPP-A.
  • Deuxième trimestre (14ème à 17ème semaine d'aménorrhée) :
    • Marqueurs sériques : Dosage de la βHCG et de l'α-fœtoprotéine.

Si le risque est jugé élevé, une amniocentèse (prélèvement de liquide amniotique) ou une biopsie de trophoblaste (prélèvement de villosités choriales) peut être proposée pour établir le caryotype du fœtus. Le consentement des deux parents est requis.

Le diagnostic prénatal de la trisomie 21 peut engendrer des troubles psychiques chez les parents, tels que l'anxiété, la dépression, un sentiment de menace pour l'avenir de la grossesse ou un sentiment de culpabilité lié aux décisions à prendre.

Enjeux éthiques

Le dépistage prénatal de la trisomie 21 soulève des questions éthiques importantes. Certaines associations de défense des personnes handicapées mettent en garde contre le risque d'eugénisme, car la quasi-totalité des fœtus diagnostiqués trisomiques sont avortés. Il est essentiel de lutter contre les préjugés qui font d'une personne trisomique une source de malheur et de reconnaître l'humanité et le droit à la vie des personnes trisomiques et handicapées.

Autres trisomies

Outre la trisomie 21, d'autres trisomies peuvent survenir, bien qu'elles soient moins fréquentes et souvent associées à des pronostics plus sombres.

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Trisomie 13 (Syndrome de Patau)

La trisomie 13 est une anomalie chromosomique liée à la présence d'un chromosome surnuméraire sur la 13e paire. Elle est caractérisée par des malformations multiples, notamment :

  • Dysmorphie craniofaciale et oculaire majeure : Microcéphalie ou hydrocéphalie, bec-de-lièvre, anomalies oculaires.
  • Polydactylie : Présence de doigts supplémentaires.
  • Malformations des organes internes : Atteintes cardiaques, rénales, etc.
  • Retard de croissance intra-utérin : Croissance fœtale insuffisante.

La trisomie 13 est une affection rapidement mortelle dans les semaines ou les mois qui suivent la naissance. La fréquence de la trisomie 13 est de l'ordre de 1/10000. Elle peut être libre (sans risque de récurrence) ou due à une translocation parentale (risque de récurrence de 5%).

Les anomalies ophtalmologiques sont constantes : microphtalmie ou colobome uvéal, anophtalmie, exceptionnellement cyclopie, persistance du vitré primitif, cataracte.

Trisomie 18 (Syndrome d'Edwards)

La trisomie 18 est une anomalie chromosomique liée à la présence d'un chromosome 18 surnuméraire. Elle est caractérisée par :

  • Hypotrophie : Insuffisance pondérale.
  • Scaphocéphalie : Crâne allongé et étroit.
  • Micrognathisme : Mâchoire inférieure petite.
  • Aspect faunesque du pavillon des oreilles : Oreilles malformées.
  • Attitude de suppliant des membres supérieurs : Mains serrées avec les doigts fléchis.
  • Brièveté du sternum : Sternum court.
  • Malformations cardiaques : Anomalies cardiaques congénitales.

La trisomie 18 est responsable de syndromes polymalformatifs variés et est en général rapidement mortelle après la naissance. Les signes d'appel échographiques les plus fréquents sont le retard de croissance intra-utérin, l'hydramnios, les malformations cardiaques, l'omphalocèle et l'absence d'ouverture des mains. Sa fréquence est de 1/8 000. Le risque de récurrence est pratiquement nul si cette trisomie est libre. Elle peut être en mosaïque ou limitée à une partie du chromosome.

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Trisomie 8

La trisomie 8 est une aberration chromosomique avec dysmorphie craniofaciale, lésions ostéoarticulaires et retard mental. Elle est presque toujours en mosaïque et surtout observée chez les garçons. Dans sa forme totale, rare, elle est létale in utéro ou dans la première année.

Dans la trisomie 8 en mosaïque (T8M), l’importance des malformations et leur localisation dépendent de la répartition du mosaïcisme : dysmorphie faciale avec des bosses frontales saillantes, la lèvre inférieure épaisse et éversée, plis palmo-plantaires profonds avec une peau épaisse. Les anomalies ostéo-articulaires sont plus ou moins sévères. Le tronc semble trop long avec des vertèbres surnuméraires et déformées et une scoliose évolutive ; il existe des anomalies thoraciques, génitales et rénales. Le retard mental peut être modéré.

Quand la trisomie concerne seulement une partie du bras long, elle résulte d'une translocation parentale avec un risque de récurrence élevé. Les malformations osseuses dominent le tableau clinique avec des malformations du thorax, du bassin et des extrémités. Le retard mental est moyen.

Quand la trisomie concerne le bras court du chromosome 8, la dysmorphie faciale est caractérisée par une microcéphalie, une grande bouche, un micrognathisme et des dysplasies osseuses graves.

Trisomie 22

La trisomie 22 est presque toujours conséquence d'une translocation t (11 ; 22) (q23 ; q21) maternelle qui est la translocation réciproque la plus fréquente de l'espèce humaine. Le retard mental et staturo-pondéral est sévère.

Trisomie 4p

Remaniement chromosomique parental consistant, soit en une inversion péricentrique, soit en une translocation du bras court du chromosome 4 sur un acrocentrique, surtout le chromosome 22. Dans ces familles, on peut trouver des enfants monosomiques et des enfants tri 4p. On note un déficit mental sévère avec agitation, une aplasie de l'ensellure nasale à la naissance avec saillie de la glabelle, un pavillon arrondi des oreilles, un menton massif.

Trisomie 9p

Remaniement chromosomique parental équilibré du chromosome 3 par translocation ou insertion. La traduction clinique est un déficit mental sévère avec souvent épilepsie et troubles du comportement. On note une rétraction temporale, des joues rebondies, une grande bouche aux coins tombants, un menton très petit.

Autres anomalies génétiques

Môle hydatiforme

La môle hydatiforme est une maladie du trophoblaste survenant au cours du quatrième ou cinquième mois de la gestation avec absence de structures embryonnaires. Elle est caractérisée par la présence de vésicules de grande taille, jusqu’à 3 cm de diamètre, translucides, en grappes de raisins, répondant histologiquement à des villosités placentaires (choriales), au stroma œdémateux, myxoïde, dépourvu de vascularisation et accompagnées d’une prolifération plus ou moins importante du revêtement trophoblastique.

Évoqué à l'échographie, le diagnostic est confirmé par une teneur élevée en hormone chorionique gonadotrope bêta-HCG et l'aspect vésiculaire macroscopique du produit d'avortement. Son évolution peut se compliquer par une môle invasive ou un choriocarcinome placentaire gestationnel. Elle doit donc être évacuée par aspiration endo-utérine dans les délais les plus brefs.

Cette dégénérescence vésiculaire du placenta (môle vésiculaire) est surtout fréquente en Asie du Sud-Est, conséquence d'une dispermie XX avec prolifération du trophectoderme, exclusion du génome maternel de la masse cellulaire interne et donc de l'embryon.

L’élévation de la teneur en β-HCG, qui accompagne cette lésion est un reflet de l’activité du revêtement trophoblastique ; la surveillance de la courbe de sécrétion de cette hormone permet, après curetage ou avortement dit môlaire, de suivre l’évolution de cette maladie trophoblastique qui reste bénigne dans la majorité des cas. Toutefois, on constate, chez environ 10 p. 100 des malades, la persistance ou la réascension de la teneur en β-HCG dans les suites opératoires plus ou moins éloignées, traduisant la persistance de fragments molaires ou le développement d’une môle envahissante, encore appelée “môle disséquante” ou “chorioadenoma destruens” ; cette dernière forme est caractérisée par l’invasion plus ou moins destructrice du myomètre par des villosités placentaires accompagnées d’un trophoblaste exubérant.

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