Bernard de Bosson est une figure qui a marqué à la fois le monde politique et musical français. Né en 1935 et décédé le 25 août 2021, il a laissé une empreinte indélébile grâce à ses multiples facettes : producteur de musique respecté, homme politique engagé et figure emblématique de sa région, la Haute-Savoie. Cet article se propose d'explorer la vie et l'héritage de cet homme aux multiples talents.
Parcours dans l'industrie musicale
Bernard de Bosson a débuté sa carrière musicale en 1958 comme pianiste de jazz, se produisant aux côtés de grands noms tels que Stéphane Grappelli. Parallèlement à sa carrière de musicien, il travaille aux écritures pour la maison de disques Polydor, dont il devient directeur artistique. En 1966, il rejoint Eddie Barclay et prend en charge le développement international de son label.
En 1971, il crée et prend la présidence de Warner en France, où il révolutionne la chanson française en collaborant avec des artistes tels que France Gall, Véronique Sanson, Michel Berger et Michel Jonasz. Il a produit et distribué l’album de l’opéra-rock Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon.
Son influence dans le monde de la musique est telle qu'il est considéré comme la mémoire vivante de la musique enregistrée des soixante dernières années. Il est resté l’un des producteurs les plus respectés.
En 1987, il quitte Warner et devient directeur du SNEP (Syndicat National de l’Édition Phonographique), où il milite pour la baisse de la TVA sur le disque et pour les quotas de chanson française en radio. Il est également le premier président des Victoires de la musique.
Lire aussi: Dominique Bernard : un engagement multiple
L'anecdote suivante illustre son flair et sa confiance dans les artistes : « Michel Berger m’a dit : tu es complètement fou, tu n’as rien entendu. Je lui ai dit : je m’en fous, je te fais confiance. »
On peut souligner le rôle déterminant qu'il a joué dans la rencontre entre Véronique Sanson et Stephen Stills. En février 1972, c'est dans les bureaux de Bernard de Bosson, alors patron de Warner, que les deux artistes se rencontrent. Le coup de foudre est immédiat. Plus tard, lorsque le couple souhaite se marier, il leur fait remarquer qu'il n'y a aucune raison autre que fiscale de le faire.
Ascension politique
Fils de Charles Bosson, ancien sénateur-maire d'Annecy, Bernard Bosson suit les traces de son père en s'engageant en politique. Né en février 1948 à Annecy, il est licencié en droit et diplômé d'études supérieures en droit du travail, en droit public et administratif. Il exerce la profession d'avocat à partir de 1972.
En 1977, il devient conseiller municipal d'Annecy, puis maire en 1983, un poste qu'il occupera jusqu'en 2007, avec des réélections en 1989, 1995 et 2001. Son action en tant que maire est marquée par la restructuration des quartiers de la Mandallaz, du Parmelan et de la Prairie, l'aménagement du centre Courier, du centre de congrès de l'Impérial, de la zone d'activité de Vovray et du parc d'activités Altais. Il a également été conseiller général de 1979 à 1988 et conseiller régional de 1986 à 1992.
Son ascension politique est rapide au niveau national. Élu député en 1986, il est nommé la même année secrétaire d'État chargé des collectivités locales dans le gouvernement de Jacques Chirac, puis ministre des Affaires Européennes jusqu'en mai 1988. Lors de la seconde cohabitation, il est ministre de l'Équipement, des Transports et du Tourisme de 1993 à 1995. Il siège à l'Assemblée Nationale jusqu'en 2007.
Lire aussi: Hommage à Bernard Alane
Il est une figure du centre droit, membre du CDS (Centre des Démocrates Sociaux) dont il devient secrétaire général national de 1991 à 1994. En 1989, il participe au groupe des 12 « réformateurs » visant à unir la droite, mais l'expérience échoue.
En février 2000, il est condamné à quatre mois de prison avec sursis dans l'affaire du financement occulte du CDS, mais bénéficie d'une amnistie.
Engagement et héritage politique
Bernard Bosson a soutenu la candidature d'Édouard Balladur en 1995, puis celle de Jacques Chirac en 2002. En 2007, il soutient François Bayrou avant de rallier Nicolas Sarkozy et d'intégrer le Nouveau Centre. La même année, il perd son poste de député et démissionne de sa fonction de maire d'Annecy.
Même après s'être retiré de la vie politique, il continue de s'exprimer sur les sujets qui lui tiennent à cœur, comme la protection du lac d'Annecy.
Son engagement politique est salué par de nombreuses personnalités. François Bayrou témoigne : « J’aimais Bernard Bosson fraternellement. Un lien forgé dans le feu des combats, et dans les longues soirées de jeunesse. » Jean-Christophe Lagarde le décrit comme « un homme superbe ! ». Loïc Hervé souligne qu'il « a été à l’origine de mon engagement dans la vie politique ». Jean-Paul Amoudry, son ancien directeur de cabinet, se souvient d'un homme « exigeant, méthodique, d’une intelligence au-dessus de la moyenne, qui avait une réelle vision de l’avenir et voulait donner du sens à la politique. Il était profondément au service de la communauté humaine qu’il représentait. Il reste pour moi une lumière sur le chemin de la politique ».
Lire aussi: L'histoire de Bernard Nicod
Louis Besson, socialiste chambérien, souligne son attachement à la figure de son père et ses convictions humanistes.
Son héritage à Annecy est important : Courier, l'Impérial, le Brise-Glace, l'Hôpital d'Annecy. En novembre 2022, le square de l'Evêché à Annecy est renommé square Bernard Bosson en son honneur.
Hommages et souvenirs
De nombreux témoignages rendent hommage à Bernard Bosson après sa disparition. On se souvient de son dynamisme, de son éloquence et de sa capacité à résumer des dossiers complexes. Il était un homme de conviction, passionné par sa ville et sa région.
Son implication au service de ses convictions, son humanisme et son engagement pour Annecy et la Haute-Savoie sont salués. Il reste un contre-exemple dans un contexte où l'image politique est souvent ternie.
Famille
Il était le fils de Charles Bosson et le frère de Jean-Baptiste Bosson. Il a eu des enfants : et Mme Didier BOSSON, M. et Mme Olivier BOSSON, M. et Mme Pierre JONQUERES. Ainsi que des petits-enfants : Geneviève, Emilie, Céline, Cyprien, Marie, Thérèse (†), Antoine, Alexandre, Brieg, Henri (†). Et des arrière-petits-enfants : Marianne et Amédée.
tags: #bernard #de #bosson #descendance