Introduction
Michel Clédat, figure marquante de l'obstétrique à Nancy, a consacré sa vie à aider les couples à concevoir des enfants. Son parcours, jalonné d'innovations et de réflexions éthiques, témoigne de l'évolution de la procréation médicalement assistée (PMA) et des enjeux sociétaux qu'elle soulève. Cet article explore son engagement, ses contributions et ses préoccupations face aux défis futurs de la médecine reproductive.
Un Obstétricien Passionné par la Naissance
Tout au long de sa carrière, Michel Clédat a mis au monde un nombre impressionnant de bébés, estimé entre 16 000 et 17 000. Cette expérience l'a profondément marqué, lui procurant une joie constante et la satisfaction de travailler en équipe. Son dévouement à son métier l'a absorbé corps et âme, répondant à un besoin viscéral de soigner et d'accompagner les femmes et les couples dans leur désir d'enfant.
Pionnier de l'Insémination Artificielle et de la FIV à Nancy
Dès 1974, Michel Clédat s'est engagé dans le domaine de la procréation médicalement assistée (PMA). Aux côtés du Pr Georges Grignon, il fut l'un des pionniers de l'insémination artificielle à Nancy, contribuant à la création du premier Cecos (Centre d'étude et de conservation des œufs et du sperme humains). À cette époque, la pratique de la procréation médicalement assistée était loin d'être acceptée par tous.
Dans les années 1980, il participe à l'aventure de la fécondation in vitro (FIV). « Testart et Frydman s’étaient lancés en 1982. Nous nous avons fait la première FIV en 1985 à Nancy. C’était extraordinaire ; là encore une révolution. Ça tenait du merveilleux. Ça a tout changé dans le traitement de la stérilité. »
L'Évolution de la PMA : De la FIV à l'ICSI et à la Vitrification
Le docteur Jean-Marcel Paulus rappelle que, dans le cas de fécondité naturelle, le taux de réussite est de 25 %. « Avec la fécondation in vitro, on redonne les mêmes chances aux couples hypofertiles qu’aux couples n’ayant de problèmes », souligne le biologiste. Une fois fécondé avec du sperme concentré, l’embryon est réimplanté entre J + 2 et J + 5. Depuis 20 ans, les techniques ont évolué. On est passé de la FIV à l’ICSI ou injection intracytoplasmique d’un seul spermatozoïde avec une micropipette.
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Au fil des années, les techniques de PMA ont considérablement évolué. De la FIV classique, on est passé à l'ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïdes), qui consiste à injecter directement un spermatozoïde dans l'ovocyte. Les techniques de congélation embryonnaire ont également progressé, notamment grâce à la vitrification, permettant une meilleure conservation des embryons.
Autrefois, on implantait plusieurs embryons pour donner un maximum de chances. Aujourd’hui, la politique des centres, dans toute la France, est de ne transférer qu’un seul embryon. Jean-Marcel Paulus tient à souligner que la décision est toujours prise après une discussion entre le gynécologue, le biologiste et les parents.
Le Défi de l'Âge Maternel et la Nécessité de Sensibilisation
Michel Clédat exprime un regret quant au manque de sensibilisation des femmes sur l'importance de ne pas trop retarder l'âge de la première grossesse. Il souligne que la fertilité féminine atteint son apogée entre 18 et 30 ans, et qu'une baisse significative est observée après 37 ans. Il reconnaît les contraintes liées aux études, au travail et à la carrière, mais insiste sur le fait que la médecine, malgré ses progrès, ne peut garantir une grossesse après cet âge.
Il n’est pas insensible, bien sûr, à l’évolution sociétale qui amène les femmes à retarder l’âge de la première grossesse. « On a oublié, et c’est là l’un de mes regrets, de dire aux femmes d’arrêter la pilule à 30 ans. On a sensibilisé les femmes de plus de 50 ans sur le risque de cancer du sein après la ménopause. Mais nous, les gynécologues, on a oublié ce fondamental : la femme est féconde et accouche mieux entre 18-20 ans et 30 ans. À 35 ans c’est plus difficile et, après 37, il y a une vraie chute. Je sais bien qu’il y a les études, le travail, la carrière. Mais après 37 ans, la médecine, malgré ses progrès, ne donnera pas forcément l’enfant attendu. »
Les Questions Éthiques et Sociétales Soulevées par la PMA
Michel Clédat s'intéresse aux défis de la médecine et aux questions sociétales qu'elle engendre. Il évoque notamment la vitrification des ovocytes, qui permet aux femmes de préserver leur fertilité et de choisir le moment de leur grossesse. Il aborde également les questions de PMA et de GPA (gestation pour autrui) induites par le mariage pour tous, soulignant la nécessité d'une réflexion éthique approfondie sur ces sujets.
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Plutôt que de parler de lui, de son goût pour le jardin, la musique ou les treks au bout du monde, il préfère évoquer les défis de la médecine et les questions sociétales qu’elle engendre. La vitrification des ovocytes, par exemple, pour préserver sa fécondité et décider du moment où la femme aura un enfant, ou les questions de PMA et GPA induites par le mariage pour tous.
L'Importance de l'Équipe et de la Décision Partagée
Jean-Marcel Paulus tient à souligner que la décision est toujours prise après une discussion entre le gynécologue, le biologiste et les parents.
Témoignages de Familles Bénéficiant de la PMA
Matthieu, 20 ans, est l’aîné d’une fratrie de quatre enfants qui sont tous nés par fécondation in vitro, le dernier étant issu d’un embryon congelé trois ans plus tôt. Leurs parents, Laurence et Jean-Marc, ne leur ont rien caché. Après une première fécondation in vitro qui fut un échec, Laurence et Jean-Marc ont contacté le centre nouvellement créé à la clinique Majorelle par les docteurs Michel Clédat et Jean-Marcel Paulus.
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