L'expression "contracter une maladie" suscite une réflexion sur le langage, le droit et notre rapport à la vulnérabilité. L'article explore les nuances sémantiques et les connotations culturelles associées à cette expression, en s'appuyant sur des perspectives linguistiques, juridiques et philosophiques.
Un contrat involontaire ?
Un soir, confronté à la situation sanitaire actuelle, l'auteur s'interroge sur l'expression "contracter une maladie". Cette expression, courante dans le langage courant, soulève des questions quant à la nature involontaire de l'acquisition d'une maladie et son assimilation à un contrat.
Divergences lexicographiques
Si le Larousse mentionne l'expression "Être atteint d’une maladie, l’attraper : Contracter la grippe", le Trésor de la langue française informatisée (TLFI) n'en fait pas mention. Cette divergence lexicographique met en évidence le caractère potentiellement problématique ou discutable de l'expression.
"Contracter" : sens propre et figuré
Le verbe "contracter" signifie étymologiquement "se replier, se tendre, devenir plus rigide, se réduire, se rétrécir". Dans le contexte d'une maladie, il prend le sens de "l'attraper". On peut également contracter un prêt ou une dette, comme en anglais où l'on dit "to contract a disease", "to contract an illness", "to contract a loan", "to contract a debt". L'utilisation du même verbe pour des situations aussi différentes suggère une forme de contrainte ou d'obligation.
Un pré-contrat menaçant
L'éventualité d'être infecté par un virus, comme le coronavirus, est comparée à un "pré-contrat" qui menace d'officialiser notre infection. Cette menace plane au-dessus de nos têtes comme une épée de Damoclès, nous contraignant à l'enfermement, au repli et à la distanciation. On pourrait même qualifier cet état de fait de "duress", "contrainte, coercition", mais qui accuser et devant quelle instance ?
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Contrat : limitations et engagements
Le contrat, du latin "contractare, contractus, contraho", signifie d'abord l'effort de "tirer ensemble, réunir en tirant". Dès que nous devenons partie prenante à un contrat, nous acceptons des obligations, des limitations de nos libertés, afin de garantir nos droits et le bon fonctionnement de la relation contractuelle. Nous nous lions volontairement à l'autre pour faire naître une troisième forme de vie juridique.
L'ambivalence du contrat
D'autres contextes latins mettent en lumière l'émotion négative associée au contrat : s'attirer des problèmes, causer un combat, causer de l'embarras à quelqu'un, s'attrister. Cependant, le contrat peut aussi exprimer des idées bénéfiques, comme "faire halte ensemble", "faire ensemble en sorte que quelque chose apparaisse".
Entrer dans un contrat : une perspective anglophone
En anglais, on "enter into a contract", comme on entre dans une pièce ou une maison. Cela implique un engagement corporel et sensoriel, un partage d'espace et de temps avec l'autre. On reçoit l'autre chez nous et l'on est reçu par l'autre dans un esprit de partage.
Conclure un contrat : une perspective francophone
En français, on "conclut un contrat", se positionnant d'emblée à la fin de la relation. On clôt, on ferme à clé, réduisant la relation à un morceau de papier. Cette approche contraste avec l'engagement sur l'honneur du "gentlemen's agreement".
Negotium : affaires et embarras
Pour le professeur Bruno Dondero, "un contrat est un accord, un negotium, et ce peut être aussi un instrumentum, une manifestation matérielle du contrat". "Negotium" signifie à la fois l'activité d'être occupé et les soucis causés par les affaires. Ce terme latin nous montre un manque de temps libre, de paix et de tranquillité, la négation du bonheur.
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Commerce : destin et partage
"Commerce", synonyme partiel de "negotium", nous met en présence du latin "merx", prix et marchandise, et des lemmes grecs "moros", destin, et "meiromai", partager, répartir. La relation contractuelle est avant tout une relation de confiance.
Confiance et peur
Le latin "fido", origine de notre confiance, pourrait provenir de l'hébraïque "boyi !", "viens avec moi !". Un contrat est une "invitation to treat", une invitation à aller quelque part. La peur des conséquences du non-respect des obligations contractuelles force l'autre à adopter un comportement conforme aux attentes. L'anglais "behave" illustre cette obligation de bien se conduire, de se restreindre dans ses désirs.
Consideration : être avec les astres
L'anglais "consideration", terme juridique d'une beauté exquise, signifie d'abord "être avec les astres". Cela rappelle la devise latine "per aspera ad astra". La recherche du mot juste amène au verbe "cerco, -are", de "circus", source du nom "corona" et de l'adjectif "curvus".
Rond : perfection et sensualité
"Sidero", "cerco", "corona", "curvus" et "diverto" nous ramènent à l'idée de "rond", symbole de la perfection, roue du destin, image sensuelle. Les affaires vont bien avec le rond : être rond en affaires, faire un compte rond, une affaire qui roule.
Parties : prostitution et contrat
Les "parties", venant de "pars, -tis", sont apparentées au grec ancien "pórnê", prostituée, et au latin "paro", acheter. Tous les chemins mènent au lupanar, soulignant l'impartialité nécessaire des juges.
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Prudence : nouvelle religion
Dans un monde qui se recroqueville, la prudence apparaît comme une nouvelle religion, un "tsimtsoum", repli sur soi de la providence. Elle est érigée au rang de loi fondamentale.
Prudence justifiée : un oxymore ?
La "prudence justifiée" est un oxymore, car la prudence devrait être intrinsèquement justifiée. On a besoin de la justifier une fois de plus, de l'expliquer, de convaincre les autres qu'il est absolument nécessaire et obligatoire d'être prudents de manière justifiée.
Le champ lexical de la maladie
La maladie, thème omniprésent, inspire écrivains, cinéastes et artistes. Le champ lexical de la maladie est riche et complexe, comprenant des noms communs (maladie, traitement, trouble, syndrome, symptôme), des adjectifs (bénin, grave, sévère, majeur, fulgurant) et des verbes (décrire les différentes facettes de la maladie en mouvement). La maladie est également présente dans la culture populaire, au cinéma et à la télévision.
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