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Azithromycine et Grossesse Face à la COVID-19 : Analyse des Données et Recommandations Actuelles

Introduction

La pandémie de COVID-19 a suscité de nombreuses recherches pour identifier des traitements efficaces. Parmi les médicaments étudiés figurent l'azithromycine, souvent associée à l'hydroxychloroquine. Cet article examine l'efficacité et la sécurité de l'azithromycine, en particulier chez les femmes enceintes, à la lumière des données scientifiques actuelles.

L'Impact de la COVID-19 et la Réponse Immunitaire

Certains patients atteints de la COVID-19 développent un syndrome respiratoire sévère, caractérisé par une hypoxie nécessitant une ventilation assistée, pouvant entraîner le décès. Au Royaume-Uni, pendant la première vague, la mortalité chez les patients hospitalisés pour COVID-19 était d'environ 26 %, et de 37 % chez ceux nécessitant une ventilation mécanique. Le système immunitaire joue un rôle essentiel dans la réponse de l'organisme à l'infection. Une défaillance immunitaire peut favoriser une atteinte pulmonaire grave, marquée par des lésions alvéolaires diffuses, des infiltrats inflammatoires et des microthromboses. Les corticostéroïdes, comme la dexaméthasone, ont montré des effets bénéfiques chez les patients hypoxiques, soulignant l'importance de la modulation immunitaire dans la gestion de la COVID-19.

Évaluation de l'Azithromycine dans le Traitement de la COVID-19

Études Initiales et Limites

Une recherche bibliographique a identifié trois essais randomisés comparant l'azithromycine (500 mg/jour) aux soins habituels chez des patients hospitalisés pour COVID-19. Dans ces études, l'azithromycine était toujours associée à l'hydroxychloroquine. Les résultats de ces essais, portant sur 1 223 patients, n'ont pas montré de différence significative entre les traitements en termes de mortalité (10 %), de durée d'hospitalisation et d'amélioration clinique. Cependant, ces essais avaient une faible puissance statistique, ce qui ne permettait pas d'exclure l'existence d'une différence réelle.

L'Essai RECOVERY : Une Étude de Grande Envergure

L'essai RECOVERY est une étude randomisée ayant comparé plusieurs médicaments, dont l'azithromycine, à un groupe témoin recevant les soins habituels. L'objectif principal était d'évaluer la mortalité toutes causes confondues 28 jours après la randomisation. Les critères secondaires incluaient le délai avant la sortie de l'hôpital et, chez les patients sans ventilation mécanique au moment de la randomisation, la nécessité d'une ventilation mécanique invasive ou le décès.

Entre avril et novembre 2020, 9 433 patients (57 %) sur 16 442 inclus dans l'essai RECOVERY étaient éligibles pour être randomisés dans le bras évaluant l'azithromycine. La durée médiane du traitement par l'azithromycine a été de 6 jours. Les résultats ont montré que la mortalité au 28e jour post-randomisation était similaire dans le groupe azithromycine (22 %) et le groupe soins habituels (22 %), avec un Odds Ratio (OR) de 0,97 (0,8-1,07 ; p = 0,50). De plus, la survenue d'arythmies cardiaques n'était pas plus fréquente dans le groupe azithromycine.

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Ces résultats suggèrent que l'azithromycine n'est pas efficace chez les patients hospitalisés pour COVID-19. Bien que les infections virales puissent augmenter le risque de surinfections bactériennes pulmonaires, la prévention de ces surinfections par l'azithromycine ne semble pas bénéfique dans les formes non sévères de COVID-19.

Limites de l'Étude et Considérations sur la Tolérance

La réalisation de l'essai RECOVERY en ouvert, où les participants et les soignants connaissaient le traitement reçu, pourrait avoir influencé l'évaluation du critère principal d'évaluation. De plus, il est important de prendre en compte la tolérance de l'azithromycine. Outre le risque de sélection de germes résistants, qui représente un danger sociétal bien documenté, les macrolides peuvent entraîner un prolongement de l'intervalle QTc, augmentant le risque de troubles du rythme cardiaque, dont des torsades de pointes.

Azithromycine, Grossesse et COVID-19 : Risques et Recommandations

Hydroxychloroquine, Azithromycine et Grossesse : Un Risque Potentiel

L'Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) rappelle que l'hydroxychloroquine, l'azithromycine et l'ivermectine n'ont pas démontré d'efficacité dans la prévention ou le traitement de la COVID-19. L'ANSM alerte également les femmes enceintes sur les risques liés à la prise d'hydroxychloroquine pendant la grossesse.

Une étude américaine a comparé 2 045 grossesses exposées à l'hydroxychloroquine au cours du premier trimestre avec 19 080 grossesses non exposées. Les malformations congénitales observées étaient considérées comme graves, sans que la prise du médicament soit associée à un type spécifique de malformation. Bien que l'étude n'ait pas révélé de surrisque pour des doses inférieures à 400 mg, le principe de précaution doit s'appliquer.

Les modalités de prescription et de suivi de l'hydroxychloroquine ont été modifiées pour limiter le risque de malformations congénitales en cas d'exposition in utero, et une contraception est recommandée pour toutes les femmes traitées en âge de procréer. L'ANSM rappelle que l'hydroxychloroquine, l'azithromycine et l'ivermectine ne constituent pas des traitements du COVID-19 et que les enfants exposés à l'hydroxychloroquine pendant la grossesse de leur mère courent un risque plus élevé de malformation grave à la naissance.

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Azithromycine Pendant la Grossesse : Précautions et Alternatives

Par mesure de précaution, il est préférable de ne pas utiliser l'azithromycine au cours du premier trimestre de la grossesse. En raison du bénéfice attendu, l'utilisation de l'azithromycine peut être envisagée à partir du second trimestre de la grossesse si nécessaire. L'azithromycine est excrétée dans le lait maternel, et un risque pour les nouveau-nés/nourrissons ne peut être exclu.

Effets Indésirables et Interactions Médicamenteuses de l'Azithromycine

Effets Indésirables Potentiels

Comme avec d'autres macrolides, de rares réactions allergiques sévères, y compris l'œdème angioneurotique et l'anaphylaxie (rarement mortelle), ainsi que des réactions cutanées graves telles que la pustulose exanthématique aiguë généralisée (PEAG), le syndrome de Stevens-Johnson (SJS), la nécrolyse épidermique toxique (NET) et l'éruption médicamenteuse avec éosinophilie et symptômes systémiques (DRESS) ont été rapportées. Des cas d'hépatite fulminante pouvant conduire à une insuffisance hépatique menaçant le pronostic vital ont également été rapportés.

Des cas de diarrhée associée à Clostridium difficile (DACD) ont été rapportés avec l'utilisation de pratiquement tous les antibiotiques, y compris l'azithromycine. Des cas de sténose hypertrophique du pylore du nourrisson ont été rapportés avec l'utilisation d'azithromycine chez le nouveau-né (traitement jusqu'à 42 jours de vie).

Interactions Médicamenteuses

L'administration concomitante d'antibiotiques macrolides, y compris d'azithromycine, avec des substrats de la glycoprotéine P tels que la digoxine et la colchicine, peut induire une augmentation des taux sériques du substrat de la glycoprotéine P. Un risque d'augmentation des concentrations sanguines de ciclosporine et de la créatininémie est également possible.

L'azithromycine doit être utilisée avec prudence chez les patients prenant des médicaments susceptibles de donner des torsades de pointes, notamment les antiarythmiques de classe IA et III, les antipsychotiques, les antidépresseurs tricycliques et certaines fluoroquinolones. De nombreux cas d'augmentation de l'activité des anticoagulants oraux ont été rapportés chez des patients recevant des antibiotiques.

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Recommandations Actuelles et Alternatives Thérapeutiques

Absence de Bénéfice Clinique et Risques Accrus

Les données publiées à ce jour ne sont pas en faveur d'un bénéfice clinique de l'hydroxychloroquine associée ou non à l'azithromycine dans le traitement du COVID-19. Elles montrent même que cette utilisation est délétère pour le patient en raison d'une exposition accrue à des effets indésirables sur la fonction cardiaque. La prescription hors AMM d'hydroxychloroquine, d'azithromycine (seules ou associées) ou d'ivermectine dans le traitement ou la prévention du COVID-19 est donc fortement déconseillée au regard des données disponibles et des recommandations nationales et internationales actuellement en vigueur.

Surveillance des Ventes et Utilisation Inappropriée

L'ANSM et EPI-PHARE analysent régulièrement les données de vente en officine de certaines spécialités depuis l'émergence du COVID-19. Pour l'hydroxychloroquine, l'azithromycine ou l'ivermectine, l'augmentation des ventes mensuelles a suivi l'augmentation des taux d'incidence relevés lors de la circulation du virus du COVID-19, suggérant une utilisation de ces spécialités pour la prise en charge de cette pathologie.

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