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L'avortement : Un droit en danger constant

L’avortement, composante essentielle des droits sexuels et reproductifs, est un soin primaire reconnu par l’OMS. Il dépasse les enjeux de santé publique et se révèle déterminant pour l’éducation et l’emploi des femmes. Malgré des avancées législatives dans certains pays, l'accès à l'IVG reste fragile et menacé à l'échelle mondiale, y compris en France. Le dimanche 28 septembre 2025, Oxfam France célèbre la Journée mondiale pour le droit à l’avortement, une occasion de rappeler cet enjeu crucial.

Un droit constitutionnellement protégé en France, mais toujours contesté

En France, la loi Veil du 17 janvier 1975 a dépénalisé l’avortement, marquant un tournant pour l’émancipation des femmes. Son recours n’est désormais plus sanctionné mais demeure la cible des mouvements conservateurs 50 ans après. Malgré leurs attaques continues, les organisations féministes ont depuis obtenu d’autres avancées notables pour défendre et protéger ce droit fondamental du backlash. C’est à présent une liberté reconnue par la Constitution française par exemple.

Cependant, l'accès à l'IVG n'est toujours pas pleinement effectif, voire régresse parfois, y compris à l'échelle nationale. Des difficultés majeures persistent pour les femmes immigrées ou vivant en milieu rural, avec une disponibilité des professionnel·les et structures de santé très disparate sur le territoire, entraînant de longs délais d’attente. De plus, la stigmatisation et la coercition persistent : 1 femme française sur 3 a ressenti des pressions lors de l’avortement.

Cette opposition émane principalement des mouvements anti-IVG, souvent d’inspiration religieuse, proches de la droite traditionnelle et de l’extrême droite. La Manif pour tous, la Fondation Jérôme Lejeune, le Centre européen pour le droit et la justice, le Congrès mondial des familles… Partout dans le monde, les acteurs anti-genre se professionnalisent, se transnationalisent, sont plus organisés, structurés et financés, sans compter leur influence croissante, y compris au sein des instances multilatérales. Par exemple, le Réseau politique pour les valeurs organise un sommet transatlantique chaque année depuis six ans. Sous le thème « Unir les cultures pour la vie, la famille et les libertés », l’édition 2023 s’est déroulé à l’ONU avec plus de 200 dirigeant·es politiques et civiques issu·es de 40 pays - dont le ministre de la Protection de l’enfance de l’Équateur, la ministre des Femmes du Nigeria, des députés du Ghana, de l’Ouganda, du Paraguay, de la Finlande, du Panama, de la Colombie, du Brésil ainsi que des membres du Parlement européen.

Évolution contrastée du droit à l'avortement dans le monde

Fort de ce constat, les États ont eu tendance à libéraliser leurs législations au cours des 30 dernières années. En Amérique latine par exemple, l’avortement est légalisé en Argentine en 2020, dépénalisé en Colombie en 2022, et dans 24 des 32 États du Mexique à ce jour. Côté Europe, l’Irlande l’autorise jusqu’à 12 semaines - avec certaines restrictions - depuis 2019, et l’Irlande du Nord - sur demande - depuis 2020. Cependant, dans ces deux juridictions, les services d’avortement sont indisponibles dans de nombreuses régions. À Malte, il n’est plus illégal en toute circonstance depuis 2023, et s’ouvre pour la première fois pour les femmes dont la vie est en danger, et le fœtus, non-viable. En Asie, la Corée du Sud juge son interdiction contraire à la Constitution en 2021, et la même année, la Thaïlande l’autorise sans conditions jusqu’à 12 semaines, sur demande jusqu’à 20 semaines, et à tout moment dans certains cas, comme un risque pour la santé physique ou mentale de la personne enceinte par exemple.

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En revanche, un recul significatif a également été observé ailleurs comme au Salvador, au Nicaragua, en Pologne et aux États-Unis où la Cour suprême a annulé l’arrêt Roe v. Wade en 2022. La situation est désormais dramatique en Alabama, au Missouri, au Texas ou encore en Géorgie, contrairement à la Californie, l’Ohio, l’Illinois et le Colorado, par exemple. Les législations sont ainsi très hétérogènes au niveau international. De sévères réserves sont maintenues en Afrique, à l’instar du Sénégal et de Madagascar, ainsi qu’en Asie, à l’image du Laos et des Philippines.

Les stratégies des mouvements anti-IVG et leurs conséquences

Les États conservateurs sont ainsi outillés pour progressivement menacer, fragiliser puis limiter et finalement bafouer un droit humain pourtant reconnu comme tel par les normes internationales. Plus concrètement, ce backlash se traduit par des initiatives collectives et politiques publiques défavorables - parmi lesquelles les campagnes de désinformation massive, les clauses et objections de conscience ainsi que des contraintes administratives et matérielles à l’égard des médecins.

▶️ Les femmes sont obligées d’écouter les battements de cœur du fœtus en Hongrie et en Russie. En Italie, un projet de loi en ce sens a été soumis au Parlement, mais sa discussion n’avance pas à ce stade. Les freins sont d’autant plus importants en contexte de crises. Lors des conflits, les femmes sont exposées à des ruptures contraceptives brutales, à des violences sexuelles accrues et à des services de santé limités.

Les obstacles engendrent non pas une baisse mais une hausse des avortements à risque, c’est-à-dire dans des conditions dangereuses, un environnement inadapté et avec du personnel insuffisamment compétent. Près de la moitié des IVG dans le monde sont pratiquées dans de telles circonstances. 7 millions de femmes sont ainsi hospitalisées chaque année et 39 000 en décèdent tragiquement. Les femmes précaires et marginalisées avec des ressources limitées sont parmi les plus affectées.

Initiatives et vigilance en France

En France, les évolutions législatives récentes ont simplifié, facilité et amélioré la prise en charge des patientes. Cependant, la disponibilité des professionnel·les et structures de santé demeure très disparate sur le territoire avec de longs délais d’attente. Les femmes immigrées ou vivant en milieu rural rencontrent des difficultés majeures dans leurs parcours de soins. De plus, la stigmatisation et la coercition persistent : 1 femme française sur 3 a ressenti des pressions lors de l’avortement.

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Selon un sondage IFOP, un peu plus d’un tiers des femmes françaises ayant avorté ont ressenti une certaine pression sur leur prise de décision, avec des comportements parfois très indélicats ou peu professionnels du corps médical. Certaines déplorent l’absence de choix quant au fait d’avoir recours ou non à une sonde vaginale, mais aussi d’avoir été contraintes de voir le fœtus lors de l’échographie ou d’écouter son cœur. Selon Bérangère Couillard, présidente du Haut Conseil à l’Egalité, encore 17% de femmes avortent dans un territoire qui n’est pas le leur, ce qui représente entre 3 000 et 5 000 femmes qui partent à l’étranger.

Oxfam a soutenu la campagne « Ma voix, mon choix » jusqu’à la victoire de cette initiative citoyenne européenne avec plus d’un million de signatures. Dans le but de garantir l’accès à l’IVG en Europe, elle vise à soutenir les femmes ne pouvant en bénéficier par la prise en charge des frais de déplacement et de santé.

Face à la baisse des subventions allouées au Planning Familial, l’association appelle à la mobilisation. Plus de 130 centres I.V.G. ont également été fermés, tandis que les mouvements anti-choix d’extrême-droite voient leur visibilité s’accroître dangereusement. En cette journée internationale pour le droit à l’avortement du 28 septembre 2025, nous exprimerons notre solidarité avec les femmes du monde entier qui n’ont pas accès à ce droit. Avec celles qui sont poursuivies par les anti choix, traditionalistes religieux ou masculinistes, quand elles luttent pour une société égalitaire en défendant leurs droits.

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tags: #avorter #un #droit #en #danger #actualités

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