L'interruption volontaire de grossesse (IVG), communément appelée avortement, est une procédure permettant de mettre fin à une grossesse. Cet article se concentre sur l'IVG au premier trimestre, fournissant des informations détaillées sur les méthodes disponibles, les démarches à suivre, et les aspects médicaux et psychologiques à considérer.
Fausse couche et IVG : Définitions et distinctions
Il est important de distinguer l'IVG de la fausse couche, également appelée avortement spontané. La fausse couche est une complication fréquente de la grossesse, survenant spontanément dans 15 à 20% des cas au cours du premier trimestre. Elle se définit par l'expulsion de l'embryon ou du fœtus avant qu'il ne soit viable, c'est-à-dire avant 22 semaines d'aménorrhée. On parle de fausse couche précoce si elle survient avant 12 semaines d'aménorrhée, et de fausse couche tardive entre 12 et 22 semaines d'aménorrhée.
L'IVG, en revanche, est une décision volontaire d'interrompre une grossesse en cours.
Les Méthodes d'IVG au Premier Trimestre
Deux méthodes principales sont utilisées pour l'IVG au premier trimestre : l'IVG médicamenteuse et l'IVG instrumentale (ou chirurgicale). Le choix de la méthode dépend de plusieurs facteurs, notamment le terme de la grossesse et les préférences de la patiente, en concertation avec le médecin ou la sage-femme.
IVG Médicamenteuse
L'IVG médicamenteuse est possible jusqu'à la fin de la 7e semaine de grossesse, soit 9 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste en la prise de deux médicaments, la mifépristone et le misoprostol, qui agissent en synergie pour interrompre la grossesse et provoquer l'expulsion de l'œuf.
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Déroulement de l'IVG médicamenteuse :
- Consultation d'information : Un rendez-vous avec un professionnel de santé (médecin ou sage-femme) est nécessaire pour obtenir des informations complètes sur les méthodes d'IVG, les lieux de réalisation, les délais, les risques et les effets secondaires possibles. Un dossier-guide est remis à la patiente. Un entretien psychosocial est proposé, obligatoire pour les mineures.
- Recueil du consentement : Lors d'un second temps, la patiente choisit la méthode d'IVG et confirme son choix par écrit. Ce moment est privilégié pour décider de la méthode contraceptive à mettre en place après l'IVG et pour réaliser un dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST), dont l'infection par le VIH, ainsi qu'un dépistage du cancer du col de l'utérus.
- Prise de la mifépristone : Ce médicament bloque l'action de la progestérone, une hormone nécessaire au maintien de la grossesse. Il favorise les contractions de l'utérus et l'ouverture du col utérin. La mifépristone peut être prise soit à domicile, soit lors d'une consultation.
- Prise du misoprostol : Ce médicament est pris 24 à 48 heures après la mifépristone. Il augmente les contractions utérines et provoque l'expulsion de l'œuf. Le misoprostol peut être pris à domicile, lors d'une consultation, ou au cours d'une courte hospitalisation.
- Visite de contrôle : Une visite de contrôle est obligatoire 14 à 21 jours après la prise de la mifépristone pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications.
Effets secondaires et complications possibles :
- Douleurs pelviennes, saignements abondants, troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhée).
- Complications rares : infection, hémorragie. Il est important de consulter en urgence en cas de fièvre (température supérieure à 38°C), de pertes de sang importantes, de fortes douleurs abdominales ou de malaise.
IVG Instrumentale (ou Chirurgicale)
L'IVG instrumentale est privilégiée au-delà de la 7e semaine de grossesse et jusqu'à la 14e semaine de grossesse, soit 16 semaines après le début des dernières règles. Elle consiste en une aspiration du contenu utérin, réalisée par un médecin dans un établissement de santé.
Déroulement de l'IVG instrumentale :
- Consultations préalables : Les mêmes consultations d'information et de recueil du consentement que pour l'IVG médicamenteuse sont nécessaires. Une consultation d'anesthésie est également requise si l'intervention est réalisée sous anesthésie générale.
- Intervention : L'intervention dure entre 15 et 20 minutes. Le col de l'utérus est dilaté, et un instrument est introduit dans l'utérus pour aspirer le contenu.
- Surveillance post-opératoire : Après l'intervention, la patiente reste sous surveillance pendant quelques heures dans l'établissement de santé.
- Visite de contrôle : Une visite de contrôle est nécessaire après l'IVG pour s'assurer que la grossesse est bien interrompue et qu'il n'y a pas de complications.
Anesthésie :
L'IVG instrumentale peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale.
- Anesthésie locale : La patiente reste éveillée et peut ressentir des crampes pendant l'intervention.
- Anesthésie générale : La patiente est endormie et ne ressent aucune douleur pendant l'intervention.
Effets secondaires et complications possibles :
- Douleurs abdominales, saignements.
- Complications rares : hémorragie, perforation de l'utérus, infection. Il est important de contacter rapidement l'établissement où a eu lieu l'IVG ou le service d'urgences gynécologiques le plus proche en cas de fièvre (température supérieure à 38 °C), de pertes de sang importantes, de fortes douleurs abdominales et/ou de malaise.
Aspects Communs aux Deux Méthodes
Démarches administratives
La demande d'IVG se fait en deux temps : la consultation d'information et la remise du consentement écrit. Il n'y a plus de délai de réflexion minimal entre les deux temps, ils peuvent avoir lieu au cours d'une seule et même consultation.
Prise en charge financière
L'IVG est prise en charge à 100 % par l'Assurance Maladie pour toutes les personnes assurées sociales, ayant-droits ou bénéficiaires de l'Aide Médicale d'Etat (AME). Les examens et consultations sont également pris en charge à 100% sans avance de frais, que la patiente soit majeure ou mineure.
Contraception
Il est important de discuter de la contraception après l'IVG avec le médecin ou la sage-femme. La reprise de la fertilité est immédiate après une IVG, il est donc recommandé d'utiliser une contraception si une nouvelle grossesse n'est pas désirée. Un stérilet peut être posé à l'issue du traitement/de l'intervention jusqu'à environ 15 semaines de grossesse.
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Soutien psychologique
L'IVG peut être une expérience émotionnellement difficile. Un entretien psychosocial est proposé à toutes les patientes, et est obligatoire pour les mineures. Il est possible de contacter la FIOM, une institution qui propose des aides en cas de grossesse non planifiée, ou de consulter un psychologue avant, pendant et/ou après l'IVG. Des associations comme Agapa peuvent également offrir un soutien.
Informations Complémentaires
- Groupe sanguin Rhésus négatif : Si le groupe sanguin de la patiente est Rhésus négatif, une injection d'immunoglobulines anti-D est nécessaire après l'IVG pour éviter d'éventuelles complications lors d'une future grossesse.
- β-HCG : Les β-HCG sont les hormones produites par l'embryon en cas de grossesse. Leur dosage permet de confirmer la grossesse et de s'assurer de son interruption après l'IVG.
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