Loading...

L'Avortement au Chili : Législation, Michelle Bachelet et le Débat Sociétal

Le débat sur l'avortement au Chili est un sujet complexe et passionné, marqué par une histoire de restrictions et de luttes pour les droits des femmes. La législation chilienne en matière d'avortement a connu des évolutions significatives, notamment sous la présidence de Michelle Bachelet, et continue de susciter des discussions animées au sein de la société. Cet article explore l'évolution de cette législation, le rôle de Michelle Bachelet, les opinions divergentes et les défis persistants concernant l'accès à l'avortement au Chili.

Un Combat pour les Droits Reproductifs

Le droit à l’interruption de grossesse est le résultat d’une lutte acharnée et de l’engagement d’une avant-garde éclairée. Au Chili, comme ailleurs, ce droit est au cœur d'un débat éthique et politique complexe.

Le Contexte Historique

Le Chili était depuis 1989 l'un des rares pays au monde à interdire totalement le recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG). Cette interdiction était une loi héritée de la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990). Auparavant, l'IVG thérapeutique était autorisée, jusqu'à ce que le dictateur Augusto Pinochet ne l'interdise en 1989.

Le Chili avait été l'un des premiers pays au monde à légaliser l'avortement thérapeutique en 1931, avant que le dictateur Augusto Pinochet (1974-1990) ne l'interdise formellement en 1989.

La Présidence de Michelle Bachelet et la Dépénalisation Partielle

En août 2017, juste avant la fin du mandat de la présidente socialiste Michelle Bachelet et le retour de la droite au pouvoir, l'avortement a été partiellement dépénalisé dans trois cas spécifiques :

Lire aussi: La pilule du lendemain après une IVG

  • Viol
  • Risque pour la vie de la femme enceinte
  • Non-viabilité du fœtus.

La dépénalisation de l'IVG a été l'un des grands combats de Michelle Bachelet, pédiatre de formation et ministre de la santé de 2000 à 2002. C'est de justesse qu'elle a obtenu le vote positif du Parlement, quelques mois avant la fin de son mandat et la victoire de la droite.

Les Défis de l'Accès à l'IVG

Malgré la dépénalisation partielle, les féministes soulignent que le texte actuel ne garantit pas l'accès des femmes à l'IVG. L'objection de conscience des médecins, autorisée par la loi, rend difficile la pratique. Un amendement proposé par le Tribunal constitutionnel a permis l'objection de conscience « institutionnelle », c'est-à-dire étendue à l'ensemble des praticiens d'un centre de santé.

Une étude du ministère de la santé a révélé que 20 % des médecins ont refusé de pratiquer un avortement pour les cas de danger pour la vie de la femme, 27 % pour les cas de non-viabilité du fœtus et 47 % pour les cas de viol. Au total, plus de 30 % de l'ensemble des spécialistes ont invoqué l'objection de conscience.

Les Avortements Clandestins et les Chiffres

Selon les ONG, le nombre d'avortements clandestins pratiqués chaque année s'élèverait à 120 000. Entre septembre 2017 et juillet 2018, 359 femmes ont pu avorter légalement.

Comme Emilia, des dizaines de milliers de femmes avortent chaque année de manière clandestine et risquent la prison. Avorter est un délit passible de 3 à 5 ans de prison au Chili. Selon le Ministère public, 63 femmes ont été condamnées en 10 ans, entre 2002 et 2011. Mais qu'importe, environ 160.000 avortements seraient pratiqués tous les ans.

Lire aussi: Avortement et liberté des femmes en France

Camila, une jeune Santiaguina de 24 ans, raconte son expérience d'avortement clandestin à l'âge de 14 ans. Elle a subi une interruption de grossesse traumatisante, réalisée par un homme non identifié, dans des conditions d'hygiène précaires.

Mobilisation et Opinions Publiques

Les femmes se sont mobilisées ces derniers mois, notamment contre la violence de genre, avec des manifestations inédites de dizaines de milliers de personnes, contre le sexisme à l'université avec l'occupation de dizaines de facs pendant presque deux mois, mais également pour le droit à l'avortement, avec l'adoption du foulard vert, symbole de la lutte pour l'IVG en Argentine. Le 25 juillet, trois femmes ont été poignardées lors d'une marche en faveur de l'avortement légal à Santiago.

Une enquête de l'université Diego Portales révèle qu'un Chilien sur deux est en faveur de l'avortement thérapeutique, tandis que 78% sont opposés à un avortement libre.

Réactions Politiques et Projets de Loi

Les partis de la droite au pouvoir se sont immédiatement opposés à l'initiative de légalisation. La droite a annoncé qu'elle présenterait un projet de réforme de la Constitution pour garantir « le droit à la vie depuis le moment de la conception jusqu'à la mort naturelle ».

Douze députées chiliennes ont présenté au Congrès un projet de légalisation de l'avortement pendant les quatorze premières semaines de grossesse.

Lire aussi: Tout savoir sur l'IMG

Le Débat Argentin et l'Influence Régionale

Le débat sur la légalisation de l'avortement en Argentine a eu des échos dans toute la région latino-américaine, encourageant les militantes féministes des autres pays.

tags: #avortement #Chili #législation #Michelle #Bachelet

Articles populaires:

Share: