Loading...

Avoir un Deuxième Enfant par PMA avec Donneur : Témoignages et Réflexions

L'assistance médicale à la procréation (PMA) offre une voie vers la parentalité pour de nombreux couples et femmes seules. Si le premier enfant né d'une PMA est une source de joie immense, le désir d'un deuxième enfant peut raviver des émotions complexes et confronter à des défis spécifiques. Cet article explore les témoignages de femmes ayant entrepris un deuxième parcours de PMA avec donneur, mettant en lumière les difficultés, les espoirs et les réflexions qui accompagnent cette démarche.

Le Désir d'Agrandir la Famille : Un Choix Personnel et Complexe

Après des années de parcours de FIV et la joie d'accueillir un premier enfant, le désir d'un deuxième peut surprendre. Pourquoi replonger dans un processus si éprouvant ? La réponse est profondément personnelle. Pour certaines, il s'agit d'offrir un frère ou une sœur à leur enfant, de compléter leur famille, ou de réaliser un désir profond de maternité.

Se lancer dans une nouvelle FIV remue forcément le passé. On repense à ce flux ininterrompu de questions qui hantaient nos nuits, nos moments d’inactivité : combien de temps avant d’envisager l’adoption ? On se remémore cette vie au jour le jour dans laquelle on refusait toute projection à long terme. Et dans le même temps il y avait cette angoisse de ne pas savoir de quoi notre lendemain serait fait : une vie avec des enfants issus de ce parcours de FIV, ou une vie avec des enfants issus d’un don de sperme, ou une vie avec des enfants adoptés, ou encore une vie sans enfant… Même sans connaitre l’avenir, on avait décidé d’être heureux, de faire avec ce que nous avions et surtout avec ce que nous n’avions pas. On se disait qu’il fallait vivre différemment, envisager la vie autrement, pour ne pas subir cette vie qui s’impose à nous alors qu’elle est si différente de celle à laquelle on aspirait. Il y avait mille questions qui se posaient, et autant qu’on souhaitait ne plus se poser quand deux petits embryons étaient déposés. A ce moment précis, tout pouvait devenir possible et en même temps cela pouvait être le dernier acte avant une chute douloureuse : le paradoxe entre se projeter et se protéger. Cette torture permanente entre y croire, pour donner toutes leurs chances à ces petits embryons, commencer à les choyer, les aimer, s’abandonner au bonheur de cette vie future à portée de bras, ou alors ne surtout pas y croire, se raccrocher à des pensées rationnelles, se dire que finalement il y a statistiquement plus de chances que ce ne marche pas plutôt que ça fonctionne, pour se préparer à l’échec, rendre la descente aux enfers plus supportable parce qu’on s’est conditionnée et qu’on s’y est préparée. L’unique remède est finalement d’arrêter de penser. Plus facile à dire qu’à faire, on n’est jamais loin d’une fuite en avant : ne jamais s’arrêter de travailler, de s’activer, de s’afférer, pour ne jamais penser à ce que serait notre vie si elle devait être sans enfant.

Les Défis d'un Deuxième Parcours de PMA

Même avec un premier succès, un deuxième parcours de PMA n'est pas garanti d'être plus facile. Les témoignages révèlent une réalité complexe, marquée par des défis physiques, émotionnels et administratifs.

Les aspects physiques

L’enchainement des protocoles ne laisse pas le corps indemne. L’accumulation des piqûres rend chaque nouvelle piqûre plus douloureuse que la précédente, chaque nouvelle prise de sang moins insignifiante. Le corps connait parfaitement les douleurs du protocole, les piqûres, les bleus qui marquent le corps, l’ovitrelle à haute dose qui nous fait nous plier de douleurs, mais il est de plus en plus sensible et atteint ses limites : lui qui a tant subi, tant encaissé, commence à montrer ses limites.

Lire aussi: Comprendre les causes de l'ovulation en l'absence de règles

L'impact émotionnel

Le poids des souvenirs, la peur de l'échec et la difficulté à gérer l'attente sont autant de facteurs qui peuvent rendre ce deuxième parcours encore plus éprouvant.

Toute cette torture psychologique est derrière nous puisque la FIV nous a déjà offert un premier enfant. Et c’est pour ça qu’on aimerait se dire que cette deuxième FIV va être facile. Et pourtant un deuxième parcours de FIV reste un parcours de FIV avec ses lourdeurs de protocole, ses lourdeurs administratives et la douleur physique et psychologique qui va avec. C’est avant tout un parcours de FIV que l’on démarre avec l’envie inconditionnelle que ça marche. Cette envie, cette attente est bien présente à chaque transfert. Lorsque l’embryon ne s’accroche pas, la douleur est donc bien réelle. J’ai longtemps considéré que je n’avais pas le droit de me plaindre, de trouver ce deuxième parcours dur et compliqué et de vivre les échecs comme des échecs. Je me suis ainsi interdite de pleurer trop longtemps après un échec, comme si cette quête d’un deuxième enfant était un caprice. Pourtant un embryon qui ne s’accroche pas est une douleur émotionnelle bien réelle et universelle : elle touche toutes les femmes, confrontées à la stérilité ou non, dès qu’un embryon ne tient pas. Une fausse couche est une souffrance, qu’on ait un enfant, cinq enfants ou aucun.

La complexité administrative

Les démarches administratives, les rendez-vous médicaux et les protocoles peuvent être perçus comme encore plus lourds lorsqu'ils s'ajoutent aux responsabilités parentales déjà existantes.

On sait avant même de se lancer dans cette deuxième FIV à quel point ça va être long, fastidieux, compliqué. Mais cette deuxième série de FIV, elle est aussi difficile parce qu’on revit à chaque protocole le traumatisme de la première FIV alors même qu’elle est derrière nous et censée être terminée. Au final, ce parcours peut même sembler presque doublement plus difficile que le premier avec les souvenirs qu’il ravive : il nous fait revivre notre premier parcours, toute cette période où on ne savait pas si un jour on aurait la chance d’être maman, et comporte par ailleurs ses propres difficultés.

Le sentiment de culpabilité

Certaines femmes éprouvent un sentiment de culpabilité à se plaindre des difficultés de ce deuxième parcours, comme si leur désir d'un deuxième enfant était moins légitime que leur désir initial de devenir mère.

Lire aussi: Règles et grossesse : décryptage complet

J’ai longtemps considéré que je n’avais pas le droit de me plaindre, de trouver ce deuxième parcours dur et compliqué et de vivre les échecs comme des échecs. Je me suis ainsi interdite de pleurer trop longtemps après un échec, comme si cette quête d’un deuxième enfant était un caprice.

Le Don de Sperme : Un Choix Éclairé et Assumé

Le recours au don de sperme est une option pour les couples de femmes, les femmes seules ou les couples hétérosexuels confrontés à des problèmes de fertilité masculine. Ce choix implique une réflexion approfondie sur les implications génétiques, psychologiques et sociales.

Les motivations

Les motivations pour choisir un don de sperme sont variées : désir d'un enfant qui ressemble à la mère porteuse, volonté d'offrir à l'enfant la possibilité de connaître ses origines, ou simple nécessité médicale.

L'anonymat du donneur

La question de l'anonymat du donneur est un élément central dans la décision. En France, le don est anonyme, mais la loi de bioéthique de 2021 a introduit la possibilité pour l'enfant, à sa majorité, d'accéder à des informations non identifiantes sur le donneur. Dans d'autres pays, comme le Danemark, le don peut être semi-anonyme, permettant à l'enfant d'avoir accès à l'identité du donneur à ses 18 ans.

Certaines femmes préfèrent ne rien savoir de lui, d’autres veulent laisser le choix à leur enfant lorsqu’il sera plus grand.

Lire aussi: Que faire en cas de lait résiduel ?

L'impact sur la parentalité

Le don de sperme peut soulever des questions sur la place du père dans la famille. Cependant, les témoignages montrent que le lien affectif et l'investissement quotidien sont les éléments essentiels de la parentalité.

Mon mari n’a eu aucun mal à trouver sa place de père. Mon mari souffrant d’une azoospermie totale, nous avons contacté le Cecos (centre d’étude et de conservation des œufs et du sperme humain) pour un don de sperme. Après 15 mois d’attente, j’ai eu ma première insémination, un moment assez glauque dans le sous-sol d’un CHU où je n’avais même pas la place de poser mon sac. La communication avec les médecins a été difficile, ce n’était pas facile de comprendre les instructions (dosages, horaires des injections…). J’ai eu aussi beaucoup de pression sur mon poids car j’étais dans la limite haute. Ma fille est née en 2017. L’année suivante, j’ai décidé de donner mes ovocytes. Nous avions bénéficié de la générosité d’un donneur alors c’était important pour moi de permettre à un autre couple de pouvoir devenir parents. En 2020, après un an de tentatives et 4 inséminations, nous avons eu un fils. J’avais peur que mon mari ait du mal à trouver sa place de père avec nos enfants mais il n’en a rien été. Il a un jumeau monozygote très différent de lui et il sait bien que ce ne sont pas les gènes qui font la personne que l’on est. Nous avons toujours parlé à nos enfants de leur conception et nous essayons d’accueillir toutes leurs questions, même celles qui peuvent nous heurter. Alors qu’en France, le don est totalement anonyme, ma fille de 8 ans commence déjà à dire qu’elle voudrait rencontrer le donneur pour le remercier. Stéphanie, 41 ans, Cergy (95)

PMA à l'étranger

Dans les solutions légales, mais chères, il y en a en Espagne et en Belgique où la PMA avec donneur est possible pour les femmes françaises. Pour l’Espagne il n’y a pas de délai mais les coûts sont très importants. Je fais les premières démarches pour avoir un peu plus d’informations et pour une « simple » insémination ça sera déjà plusieurs milliers d’euros. Pour la Belgique les choses sont moins « commerciales » et les infos un peu plus difficiles à obtenir. Les centres implantés en Espagne mises tout sur le marketing : leurs sites internet sont en français, les équipes aussi. En Belgique, le système ressemble plus à notre système de santé français. Chaque clinique à son organisation et ses critères. Il faut monter son dossier puis passer devant une commission.

Les Alternatives au Don Anonyme : Donneurs Connus et Banques de Sperme Étrangères

Face aux limites du don anonyme, certaines femmes se tournent vers des alternatives, comme le don d'un proche ou l'achat de sperme dans des banques étrangères.

Le don d'un proche

Cette option permet à l'enfant de connaître son géniteur et de tisser des liens avec lui. Cependant, elle nécessite une réflexion approfondie sur les rôles et les responsabilités de chacun.

Bon, et bien pourquoi pas ! En plus mon bébé pourra mettre un nom et un visage sur son géniteur ce qui n’est pas plus mal. Oui, sauf qu’un don de sperme ce n’est quand même pas un « service » qu’on demande aussi facilement que de venir m’aider un dimanche soir parce que ma machine à laver fuit… Ça requiert quelqu’un qui soit droit dans ses bottes (autrement dit quelqu’un qui soit allé chez le psy et ait réglé ses traumas) et qui soit très au clair avec à la fois son projet (ou non projet) de paternité, la notion de donneur et sa relation avec moi… pas de toxicité possible, une excellente communication et un passif à l’épreuve du feu !

L'achat de sperme dans une banque étrangère

Cette option offre un choix plus large de donneurs et permet parfois d'accéder à des informations plus complètes sur leur profil. Cependant, elle peut être coûteuse et soulever des questions légales.

Une autre option (que je n’ai pas envisagé sur le moment car je ne la connaissais pas) consiste à acheter directement des gamètes sur un site internet en provenance du Danemark. Il faut ensuite trouver un gynéco qui vous accompagne dans la démarche pour faire les stimulations et l’insémination dans son cabinet. Petite précision importante : cette pratique est illégale en France. Il y a néanmoins des gynécologues qui acceptent d’accompagner ce type de démarches. C’est une méthode qui à l’avantage d’être peu chère et avec un délai d’attente assez réduit.

Sites internet spécialisés

En continuant mes recherches je découvre qu’il existe des sites internet spécialisés qui mettent en relation des femmes en recherche avec des donneurs potentiels.

L'Importance du Soutien et de l'Accompagnement

Un deuxième parcours de PMA est une épreuve qui nécessite un soutien émotionnel important. Les groupes de parole, les associations et les professionnels de santé peuvent offrir un espace d'écoute et de partage.

Mon témoignage est là pour dire aux femmes qu’une deuxième FIV après une première naissance, c’est dur, même si l’enjeu n’est plus le même. Pour cette raison, il est important de le savoir, de se le dire, de le faire savoir, de l’entendre.

La PMA pour Toutes : Un Enjeu d'Égalité et de Reconnaissance

La PMA pour toutes, c'est-à-dire l'accès à la PMA pour les couples de femmes et les femmes seules, est un enjeu d'égalité et de reconnaissance des différentes formes de parentalité.

La PMA pour toutes permettrait de sortir de l’hypocrisie actuelle, et aussi de donner à toutes les mêmes chances. Aujourd’hui, les femmes seules ou homosexuelles qui désirent un enfant doivent avoir le budget pour le faire. Heureusement, les choses avancent, puisque bientôt, le projet de loi concernant l’extension de la PMA à toutes les femmes sera présenté au Parlement. Cela permettrait de légitimer le désir d’enfant des couples de lesbiennes et des femmes célibataires aux yeux du grand public. Par ailleurs, on le sait, une fois qu’une loi est passée, le débat n’a plus lieu.

tags: #avoir #un #deuxieme #enfant #pma #donneur

Articles populaires:

Share: