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Augmentation des fausses couches: causes, conséquences et solutions

La fausse couche, un événement traumatisant, se définit comme la perte du fœtus avant la 20e semaine de grossesse, se produisant le plus souvent au premier trimestre. Elle se manifeste généralement par des douleurs et des saignements, signalant l'arrêt de l'activité cardiaque du fœtus. Environ 25% des grossesses débutantes se soldent par une fausse couche, et dans 5% des cas, elles sont dites répétées. On parle de fausses couches répétées à partir de deux fausses couches consécutives avant l'âge de 40 ans. Malgré les avancées de la recherche, 50% des fausses couches répétées restent inexpliquées.

Causes des fausses couches

Les causes des fausses couches sont multiples et variées, allant des anomalies génétiques aux facteurs environnementaux, en passant par des problèmes de santé de la mère.

Anomalies génétiques

Les anomalies chromosomiques chez la mère, le père ou le fœtus peuvent être à l'origine de fausses couches récurrentes. On estime que les anomalies génétiques pourraient provoquer jusqu'à 50% des fausses couches. Cependant, plus une femme fait des fausses couches, moins la probabilité qu'une erreur génétique accidentelle en soit la cause est élevée. Les causes chromosomiques sont à l’origine de près de 50 à 70 % des fausses couches précoces, concernant principalement des anomalies dans le nombre ou la structure des chromosomes de l’embryon, souvent dues à une erreur lors de la fécondation. La trisomie 16, incompatible avec la vie, est l’une des anomalies les plus fréquentes observées lors de fausses couches précoces.

Une consultation génétique peut être envisagée, afin de rechercher ces anomalies : il s'agira d'établir le caryotype sanguin. L’analyse se résume à une prise de sang faite à chaque membre du couple. Le généticien va vérifier que le nombre de chromosomes correspond à la normalité, et surtout que leur composition est correcte.

Anomalies endocriniennes

Des anomalies endocriniennes peuvent également être responsables de la perte prématurée du fœtus. De nombreux dérèglements hormonaux peuvent provoquer des fausses couches répétitives, comme par exemple une augmentation de la prolactine, un déficit en œstrogènes/progestérone, un problème de thyroïde… Pour détecter ces anomalies, un bilan hormonal doit être réalisé au 3e jour du cycle. Le bon déroulement de la grossesse dépend d’un équilibre hormonal précis.

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Près de 15 % des avortement spontanés sont liés à une insuffisance ovarienne.

Facteurs environnementaux

L'impact de l'environnement de la femme enceinte est également à prendre en compte : l'alimentation, le stress, l'âge et l'exposition à certaines substances peuvent influencer le risque de fausse couche. Le risque d’avortement spontané augmente avec l’âge de la mère. On estime que ce risque est de 9 % à 20 ans, de 20 % à 35 ans, de 40 % à 40 ans et de 80 % au-delà de 45 ans.

Problèmes de santé de la mère

Certaines maladies maternelles augmentent le risque de fausse couche, notamment les infections telles que la toxoplasmose, la rubéole, la listériose, l’infection par les salmonelles ou le cytomégalovirus. Sur le plan immunitaire, des anomalies dans la reconnaissance de l’embryon par le système immunitaire maternel peuvent également jouer un rôle. Le syndrome des antiphospholipides, une maladie auto-immune, est connu pour favoriser les fausses couches à répétition.

Anomalies utérines

Parfois, l’anomalie se trouve au niveau de l’utérus. Utérus cloisonné (séparé par une cloison), bicorne (en deux parties), synéchies (accolement des deux faces de l'intérieur de l'utérus), endométriose (présence de morceaux d’endomètre en dehors de la cavité utérine)… Ces malformations d'origine congénitale ou pathologique peuvent gêner l’implantation de l’œuf et entraîner un avortement spontané. Des examens d'imagerie (échographie ou IRM pelvienne) permettent de détecter ce type de problème. Certaines anomalies de l’utérus peuvent gêner la bonne implantation ou le développement de l’embryon. Ces anomalies peuvent être diagnostiquées par échographie, IRM ou hystéroscopie.

Autres facteurs

Dans certains cas, les membranes embryonnaires et le placenta se développent en l'absence d'un embryon. C'est ce que l'on appelle un « œuf clair ». Il est diagnostiqué par échographie ou peut provoquer des symptômes de fausse couche. Dans certains cas, il se résorbe spontanément en entraînant quelques saignements vaginaux discrets.

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Contrairement à ce que croient de nombreuses personnes, l'activité et les efforts physiques, le travail ou les relations sexuelles n'ont aucun effet sur le risque de fausse couche.

Fausses couches inexpliquées

Pour tenter de mieux comprendre les fausses couches inexpliquées, l'immunologie est une approche étudiée. Le test diagnostic permettant de dresser ce profil immunitaire de l’endomètre est très prometteur pour comprendre la cause de 75% des fausses couches jusque-là inexpliquées. En dosant des biomarqueurs précis grâce à un test RT-PCR réalisé à partir d’une biopsie d’endomètre réalisée en consultation, on cherche le mécanisme de la fausse couche.

Après avoir réalisé toutes les études pertinentes connues actuellement, pour un pourcentage de patientes il sera impossible d’identifier la cause. Dans environ 30 % des cas, aucune cause identifiable de fausse couche n’est mise en évidence, même après un bilan complet.

Conséquences des fausses couches à répétition

Les fausses couches à répétition ont un impact émotionnel intense pour le couple, s'accompagnant d'angoisse, d'anxiété et de dépression. Elles peuvent également entraîner des conséquences médicales pour la mère, telles que des infections ou des hémorragies intenses. De plus, bien que cela reste très désagréable, faire plusieurs fausses couches n’est pas dangereux pour la santé (du moins la santé physique).

Les pertes à répétition peuvent être dues à des troubles chromosomiques qui donnent lieu à un embryon non viable. En tout cas, pour éviter les risques pour la mère et le fœtus, il est crucial de réaliser un bilan médical complet du couple. Cette étude inclut des examens génétiques, des analyses hormonales et immunologiques ainsi que des examens d’imagerie.

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Solutions et traitements

Les traitements dépendent de la cause des fausses couches à répétition.

  • Chirurgie: Appliquée dans le cas d’anomalies utérines.
  • Traitement hormonal: Viable si la cause est due au syndrome de l’ovaire polykystique. Lorsqu’on décèle un dérèglement hormonal, un traitement à base d’hormones spécifiques prescrites à un certain moment du cycle permet bien souvent de régler le problème.
  • Thérapie immunologique: Envisagée si le problème est lié à une réaction adverse envers le fœtus.
  • Conseil génétique: Requis si la cause est provoquée par des troubles génétiques. En cas d’anomalies génétiques, chromosomiques ou utérines, une fécondation in vitro est parfois proposée.

En l’absence de causes identifiées par les spécialistes, on donne à certaines femmes de l’aspirine : 75 mg par jour dès le début de la grossesse. Un anticoagulant, l’Héparine, est également prescrit.

Si une fausse couche unique n’a aucune influence sur le succès des grossesses futures, l’existence de deux fausses couches successives (avec le même père) semble augmenter le risque d’en développer une nouvelle. Après deux à trois fausses couches consécutives, un bilan est généralement proposé.

Facteur Masculin

Classiquement on ne lui attribuait aucune valeur de cause sauf chez les hommes présentant des altérations du caryotype. Les recherches réalisées ces dernières années indiquent que des altérations dans la formation des spermatozoïdes (spermatogénèse) peuvent être à l’origine des fausses-couches à répétition.

Infections

Toxoplasme, Cytomégalovirus, Rubéole, Herpes, Urée plasmatique, Chlamydia, …les agents infectieux pouvant déboucher sur la perte de grossesse sont nombreux. Cependant, aucun d’eux ne durent suffisamment long temps pour produire des pertes à répétition.

Problèmes immunologiques

Problèmes immunologiques qui cassent l’équilibre « protecteur » qui s’établit de manière physiologique de sorte que la mère accepte l’embryon et ne l’interprète pas comme un corps « étranger » et le rejette. Syndrome Antiphospholipide (SAF), observé chez 10 à 15% des femmes qui souffrent de fausses-couches à répétition. Ce syndrome appartient à un groupe de situations caractérisées par l’augmentation de la coagulabilité sanguine dénommées dans l’ensemble thrombophilies. Les thrombophilies peuvent avoir une origine génétique-congénitale (dans ces cas les personnes naissent avec certains facteurs en lien avec la formation et la dissolution de caillots qui sont altérés) ou une origine acquise liée à une altération de l’immunité. Le SAF appartient au groupe des thrombophilies acquises.

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