L'asthme du nourrisson et l'étouffement sont deux situations d'urgence qui nécessitent une intervention rapide et efficace. Cet article vise à fournir des informations détaillées sur la reconnaissance des signes d'alerte, les gestes de premiers secours et les mesures préventives pour assurer la sécurité et le bien-être de votre enfant.
Reconnaître les Signes d'Alerte d'une Crise d'Asthme
Une crise d'asthme survient rarement sans signes avant-coureurs. Presque tous les asthmatiques présentent de petits signes qui apparaissent avant le début de la crise proprement dite. Ces signes d'alerte, différents pour chaque individu, sont cruciaux à connaître et à reconnaître. Selon la gravité de l'asthme de l'enfant, la prise d'un bronchodilatateur, la surveillance du débit de pointe, ou les deux, peuvent être conseillées.
Il est important de noter que ces signes ne sont pas toujours le point de départ d'une crise d'asthme. Parfois, une crise d'asthme est difficile à identifier car ses symptômes peuvent être confondus avec ceux d’autres maladies respiratoires.
Symptômes d'une Crise d'Asthme
Une crise d'asthme peut démarrer plus ou moins rapidement. Après l'apparition des signes annonciateurs, l'enfant peut ressentir une oppression thoracique, souvent décrite comme un serrement ou un picotement dans la gorge. La difficulté respiratoire peut se manifester par une diminution de l'activité physique de l'enfant.
Pendant la crise, la respiration est entravée par le spasme des bronches. Un sifflement respiratoire peut être audible, résultant du passage de l'air dans des bronches resserrées. Bien que le sifflement soit le signe le plus connu, son absence ne signifie pas nécessairement l'absence d'asthme, et inversement, tout sifflement n'est pas synonyme d'asthme.
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La toux est parfois considérée à tort comme non liée à l'asthme. La toux typique d'un asthmatique est sèche, quinteuse, survenant au milieu de la nuit ou déclenchée par un effort physique. Cependant, elle peut prendre d'autres aspects, être grasse, se manifester dans la journée, sans facteur déclenchant apparent. Ignorer la toux en tant que symptôme d'asthme conduit souvent au diagnostic de bronchite et à la prescription de sirops ou d'antibiotiques inefficaces contre l'asthme.
L'essoufflement est souvent associé aux sifflements et à la toux, mais il peut également apparaître seul. Certains enfants asthmatiques ont du mal à ressentir l'obstruction de leurs bronches. L'intensité de la gêne respiratoire est évaluée selon deux indicateurs : la possibilité de dire une phrase sans reprendre son souffle et la capacité à faire des exercices physiques. Chez le nourrisson, l'allaitement est un effort physique significatif.
La réponse au traitement bronchodilatateur est évaluée en fonction de la gêne respiratoire et du chiffre de débit expiratoire de pointe (DEP) lorsqu'il est mesurable. La toux, les sifflements ou la gêne respiratoire peuvent être présents pendant l'activité, mais pas au repos. Le sommeil n'est pas ou peu perturbé.
Débit Expiratoire de Pointe (DEP)
Le DEP correspond au débit maximum obtenu lors d'une expiration forcée. C'est le moyen le plus simple pour mesurer le souffle. Lorsque les voies respiratoires sont obstruées, le DEP diminue. Il constitue une aide importante pour dépister précocement une déstabilisation de l'asthme, vérifier le bon contrôle d'une crise après la prise de bronchodilatateurs inhalés ou évaluer objectivement la gravité d'une crise.
Pour mesurer le DEP, il est conseillé de garder la meilleure des trois mesures. Le chiffre obtenu peut être utilisé en valeur absolue ou être comparé à une valeur de référence. Deux valeurs de référence peuvent être utilisées : une valeur théorique basée sur la taille de l'enfant et la valeur personnelle de référence de l'enfant.
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La deuxième valeur de référence est celle de l’enfant lui-même. Pour pouvoir comparer la valeur mesurée à celle de référence il faut faire un petit calcul : valeur mesurée/valeur de référence. Par exemple un enfant mesure 1m30. Sa valeur de DEP de référence est de 260. La mesure du débit de pointe qu’il obtient est de 200.
Avoir un débitmètre à la maison ne signifie pas que le débit de pointe doit être réalisé tous les jours. Il est particulièrement utile au moment des crises d'asthme pour vérifier l'efficacité du traitement.
Fausse Route et Étouffement : Réaction Immédiate
La fausse route survient lorsqu'un aliment ou un objet passe dans les voies respiratoires et les obstrue, entraînant un risque d'asphyxie par étouffement. Il s'agit d'une urgence vitale qui nécessite une réaction très rapide.
Reconnaître les Signes d'Étouffement
Une personne peut avoir du mal à respirer et être essoufflée de manière soudaine pour de multiples raisons, telles qu'une infection pulmonaire, une maladie de la plèvre, une aggravation soudaine d'une broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO), une crise d'asthme ou une embolie pulmonaire. Chez les nourrissons, une bronchiolite peut également être en cause.
L'étouffement survient lorsque les voies aériennes sont obstruées par un corps étranger, bloquant le passage de l'air entre l'extérieur et les poumons. L'étouffement est généralement dû à une fausse route, où un aliment ou un objet mis dans la bouche passe dans les voies aériennes de manière accidentelle.
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Causes Courantes d'Étouffement
Plusieurs types d'obstacles peuvent gêner ou empêcher totalement la respiration. Chez l'adulte, il s'agit le plus souvent d'un morceau d'aliment trop gros ou de petites particules de nourriture. Chez le jeune enfant, les fausses routes sont plus fréquentes, impliquant des objets tels que des pièces de monnaie, des ballons de baudruche dégonflés, des billes ou de petites piles rondes. Les enfants peuvent également s'étouffer en avalant de la nourriture de travers, comme des bonbons durs ou des grains de raisin. Chez les personnes âgées, l'étouffement peut survenir lors de la prise de médicaments ou d'un repas, en raison de difficultés à mastiquer et à avaler.
Symptômes d'Étouffement
L'étouffement par inhalation d'un corps étranger provoque des symptômes caractéristiques chez l'adulte et l'enfant de plus de deux ans. La personne commence par tousser violemment, mais la toux peut devenir très intense et empêcher la personne de parler. En cas d'obstruction totale des voies aériennes, la personne est agitée et se tient la gorge, incapable de parler ou de respirer. Si le corps étranger n'est pas expulsé, la personne peut émettre des sons aigus et sifflants, son rythme cardiaque s'accélère, elle s'asphyxie, devient bleue et perd connaissance.
Chez le nourrisson et l'enfant de moins de deux ans, les symptômes sont moins visibles. En cas d'asphyxie totale, l'enfant ne tousse plus et ne respire plus, il est pâle, et ses mains, ses pieds et ses lèvres deviennent bleus. Il peut s'agiter ou, au contraire, ne plus bouger.
Gestes de Premiers Secours en Cas d'Étouffement
Face à une personne qui s'étouffe, il est crucial de savoir comment réagir et d'adopter les bons gestes de secours. Le manque d'oxygène peut rapidement menacer sa vie.
Chez l'Adulte et l'Enfant de Plus de Deux Ans
- Claques dans le dos: Commencez par donner 5 claques dans le dos, en vérifiant l'état de la personne après chaque claque. Placez-vous sur le côté de la personne, un peu en arrière, penchez-la vers l'avant et soutenez sa poitrine. Donnez des claques fermes et vigoureuses entre ses deux omoplates avec le talon de votre main.
- Compressions abdominales (Manœuvre de Heimlich): Si les claques n'ont pas d'effet, passez aux compressions abdominales. La personne doit se tenir debout, et vous derrière elle. Entourez sa taille avec vos deux bras, en inclinant son buste légèrement vers l'avant. Formez un poing avec l'une de vos mains et placez-le au centre de l'abdomen de la personne, entre le nombril et l'extrémité inférieure du sternum. Plaquez ce poing contre son ventre à l'aide de votre autre main, et enfoncez-le brusquement et fortement vers vous et vers le haut.
- Alternance des techniques: Si les compressions ne permettent pas de dégager les voies respiratoires, alternez entre 5 claques dans le dos et 5 compressions abdominales.
- En cas de perte de connaissance: Si la personne perd connaissance, allongez-la délicatement au sol et prévenez les secours. Démarrez la réanimation cardio-pulmonaire en attendant leur arrivée, en commençant par 30 compressions thoraciques.
Chez le Nourrisson et l'Enfant de Moins de Deux Ans (Manœuvre de Mofenson)
- Claques dans le dos: Asseyez-vous et placez l'une de vos mains sur le ventre et le thorax de l'enfant, avec vos doigts de part et d'autre de son cou. Installez l'enfant sur l'une de vos cuisses, à plat ventre et la tête dirigée vers le bas, après le genou. Avec votre autre main, tapez vigoureusement entre ses omoplates.
- Compressions thoraciques: Si cette première manœuvre ne fonctionne pas, passez aux compressions thoraciques. Prenez l'enfant et retournez-le sur le dos. Placez-le sur votre avant-bras, appuyé sur votre cuisse. Soutenue dans l'une de vos mains, sa tête doit être plus basse que son corps. Réalisez des compressions au niveau de son sternum, à l'aide de deux doigts, en répétant ce geste 5 fois.
- Alternance des techniques: Si l'obstruction persiste, continuez à alterner entre 5 claques et 5 compressions thoraciques, jusqu'à ce que les secours arrivent.
Quand Appeler les Secours
En cas de signes de détresse respiratoire, il faut réagir rapidement. Vous pouvez joindre les secours au 15 (Samu) ou au 112 (numéro d'urgence européen), depuis un téléphone fixe ou mobile. Vous pouvez également appeler les pompiers, au 18. Pour faciliter l'intervention des secours, parlez calmement et fournissez des informations claires et précises : votre nom et numéro de téléphone, le nom de la victime et l'adresse où elle se trouve.
En attendant les secours, ne changez pas la position de la personne qui s'étouffe (sauf si elle est inconsciente). Laissez-la prendre une position instinctive. Dès l'arrivée des secours, la personne est prise en charge.
Prévention de l'Étouffement
Pour prévenir l'étouffement, il est crucial d'éviter de donner à votre enfant certains aliments avant l'âge de 4 ans, tels que les cacahuètes, noisettes, pistaches, grains de raisin et fromages de type Babybel. Mettez hors de portée de l'enfant tous les petits objets, comme les billes, jetons en plastique, boutons et perles. Une fois l'épisode de fausse route terminé, continuez à surveiller la respiration de votre enfant. Si, au cours des jours qui suivent, celui-ci se met à tousser ou fait une poussée de fièvre, consultez son médecin.
Asthme Infantile : Comprendre et Gérer
L'asthme infantile est la maladie chronique la plus fréquente chez les enfants. Elle se définit par l'inflammation permanente des bronches, ce qui les rend particulièrement sensibles. Cette inflammation se traduit par des crises d'asthme au cours desquelles la respiration devient difficile, en raison de la surproduction de mucus et de la contraction des muscles autour des bronches.
Facteurs Déclencheurs de l'Asthme Infantile
Plusieurs facteurs combinés expliquent la survenue d'une crise d'asthme chez l'enfant. Ces facteurs peuvent varier d'un patient à l'autre et sont d'origine génétique et environnementale. Les prédispositions familiales jouent un rôle important.
D'origine environnementale, certains facteurs favorisent la survenue de crises d'asthme chez les enfants sensibles. Une mauvaise qualité de l'air, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, est un facteur majeur, avec les particules fines et l'ozone comme principaux responsables. Le stress, qu'il soit de courte ou de longue durée, peut également aggraver l'asthme infantile. L'activité physique peut déclencher une crise, c'est l'asthme d'effort. Enfin, les infections respiratoires causées par un virus favorisent le déclenchement de crises d'asthme.
Traitement de l'Asthme Infantile
Pour soulager rapidement une crise d'asthme infantile, votre médecin prescrira des médicaments par inhalation, tels que des bronchodilatateurs de courte durée d'action (BDCA) adaptés à son âge. Ces médicaments permettent aux bronches de se dilater et de faciliter la respiration. Ils doivent être inhalés par aérosols-doseurs dès que la crise apparaît. S'ils sont efficaces rapidement, leur action est de courte durée et l'administration peut être répétée toutes les 20 minutes pendant une heure, en cas de persistance de la crise.
Un traitement de fond a pour objectif de contrôler les symptômes de l'asthme de l'enfant et de prévenir un maximum les crises, autrement dit de maintenir une fonction respiratoire normale. Différents types de médicaments peuvent être utilisés, notamment les corticoïdes inhalés à faible dose. Il est essentiel de respecter les dosages prescrits par votre médecin, car ils tiennent compte de l'âge de votre enfant et de la sévérité de son asthme.
Habitudes à Adopter au Quotidien
Certaines habitudes à prendre au quotidien peuvent vous aider à améliorer la qualité de vie de votre enfant en prévenant les crises d'asthme. Arrêtez de fumer et sensibilisez votre entourage à ce sujet, afin que votre enfant ne subisse pas de tabagisme passif. Soyez prudent quant aux plantes d'intérieur et renseignez-vous quotidiennement sur la qualité de l'air et les conditions météorologiques avant de sortir. Plus généralement, évitez toute source de stress à votre enfant.
Conduite à Tenir en Cas de Crise Sévère
En l’absence d’amélioration après l’inhalation de six à huit bouffées d’aérosol (ou trois ou quatre inhalations de poudre) de bronchodilatateurs bêta-2-mimétiques, si le débit expiratoire de pointe (DEP) est inférieur à 50 % de la valeur de référence ou si la crise recommence rapidement, il s’agit d’une crise dite « sévère ». En l’absence d’amélioration, ou en cas de véritable sensation d’étouffement d’emblée, il faut considérer qu’il s’agit d’un asthme aigu grave, et appeler une équipe médicale d’intervention au domicile : SAMU (15) ou pompiers (18 ou 112).
En l’absence de maladie cardiaque, il est possible de dépasser de quelques bouffées la dose de bronchodilatateurs d’action rapide prescrite en cas de crise. Vous pouvez alors ressentir des signes de surdosage (tremblements, palpitations) qui sont habituellement bien tolérés. Si votre besoin de bronchodilatateurs bêta-2 mimétiques d’action rapide augmente de jour en jour, cela signifie que votre asthme s'aggrave. Dans ce cas, il faut également consulter rapidement votre médecin pour en trouver la cause et réajuster le traitement. Enfin, prenez contact avec votre médecin traitant (ou un médecin de garde la nuit) pour lui demander conseil.
Pour une personne asthmatique, l’hospitalisation offre la possibilité de réaliser, en un court laps de temps, une série d'examens pour rechercher les facteurs d'aggravation ou d'instabilité d’un asthme jusque-là bien contrôlé. Mesurez votre débit expiratoire de pointe et surveillez-le pendant quelques jours afin de vérifier qu’il reste proche des valeurs habituelles. Si les crises se sont répétées les jours précédents, un renforcement du traitement de fond est vraisemblablement nécessaire.
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