La varicelle est une maladie infantile extrêmement contagieuse et très courante, causée par le virus varicelle-zona (VZV). Bien que souvent bénigne, elle peut être difficile à vivre en raison des démangeaisons intenses qu'elle provoque. Cet article vise à fournir une information complète sur la varicelle chez le nourrisson, les risques potentiels, notamment en lien avec l'asthme, et les mesures à prendre pour la prévenir et la soigner.
Qu'est-ce que la varicelle ?
La varicelle est une maladie virale très contagieuse, due au virus varicelle-zona. Elle touche principalement les enfants, avec un pic de fréquence entre 3 mois et 10 ans. En France, on dénombre chaque année de 600 000 à 700 000 cas de varicelle.
Comment la varicelle se propage-t-elle ?
Avec un "taux d'attaque" estimé à près de 90 %, le virus de la varicelle, l’herpès zoster, se propage très vite. Le virus est présent non seulement dans les boutons caractéristiques de la maladie, mais aussi dans les gouttelettes de salive dès le début de l'infection, soit en moyenne 14 jours avant l'éruption proprement dite. Le virus se propage le plus souvent via des petites gouttes de salive ou de mucus rejetées dans l’air lors d’un éternuement. Porté par l’air, le virus peut se propager de pièce en pièce. La période d'incubation peut varier de 10 à 20 jours durant lesquels l'infection reste "silencieuse". La varicelle est pourtant très contagieuse, deux jours avant l'apparition du premier bouton jusqu'à la disparition totale des croûtes.
Les symptômes de la varicelle
Les symptômes de la varicelle mettent environ deux semaines à apparaître après la contamination. Ils incluent :
- Une légère fièvre, ne dépassant généralement pas 38,5°C.
- Des maux de tête et/ou de ventre peuvent précéder l'éruption cutanée.
- Une éruption de vésicules : les premières vésicules apparaissent au niveau du visage et du cuir chevelu, puis gagnent l’ensemble du corps, y compris le siège. Ces vésicules ressemblent à des petites bulles remplies d’eau ou à des mini-ampoules.
- Des démangeaisons plus ou moins fortes.
- De la fatigue et de l’irritabilité.
- Parfois, une conjonctivite virale.
- Le premier bouton ressemble à une piqûre de moustique, puis très vite, la petite lésion se remplit de liquide (qui contient beaucoup de virus) et finit par former une croûte. D'autres apparaissent, par vagues successives, pendant 24 à 48 heures sur le visage, la poitrine, le ventre, le dos puis sur le corps entier, le cuir chevelu.
Diagnostic de la varicelle
Le diagnostic de la varicelle du jeune enfant se fait habituellement dans le cabinet d’un pédiatre ou d’un médecin généraliste. Le médecin va commencer par analyser les symptômes cliniques : prise de température, recherche des boutons… Ce n’est pas toujours aisé : certains enfants n’ont qu’un seul et unique bouton de varicelle. D'ordinaire, le simple examen des boutons ‒ et le fait qu’il y ait une épidémie de varicelle dans la région ‒ permet au médecin d’établir son diagnostic. En cas de doute, il fait un prélèvement du liquide contenu dans les boutons pour analyse. Si l’enfant est aussi sujet à de vives douleurs au ventre ou à la tête, le médecin recherche une éventuelle (et rare) complication de la varicelle comme une encéphalite.
Lire aussi: Reconnaître et traiter l'asthme chez l'enfant
Traitement de la varicelle chez le nourrisson
Le traitement de la varicelle vise principalement à soulager les symptômes et à prévenir les complications. Il comprend :
- Des soins locaux :
- Une à deux douches quotidiennes rapides avec un gel antiseptique pour apaiser les démangeaisons et empêcher les vésicules de s’infecter.
- Bien sécher l’enfant en tamponnant délicatement avec une serviette en papier, surtout au niveau des plis.
- Appliquer ensuite 3 fois par jour sur les lésions un désinfectant transparent, puis une lotion asséchante, à la fois cicatrisante et désinfectante.
- Nettoyer le siège avec un gel lavant désinfectant à chaque change, en rinçant à l’eau tiède ou avec des pulvérisations d’eau thermale enrichie en principes apaisants. Éviter les lingettes et les laits de toilette.
- Contrôle de la fièvre :
- Ne pas trop couvrir l’enfant.
- Lui proposer à boire régulièrement.
- Maintenir la température de sa chambre à 19°C.
- Donner du paracétamol si nécessaire, en respectant les doses liées au poids de l'enfant. L’aspirine et l’ibuprofène sont interdits.
- Soulagement des démangeaisons :
- Couper et limer les ongles de l’enfant pour éviter qu'il ne se gratte et n'infecte les lésions.
- Dans certains cas, le médecin peut prescrire un sirop antiprurigineux.
- Alimentation :
- Si des vésicules dans la bouche gênent l’enfant, lui proposer des aliments froids et peu salés (soupes, yaourts, compotes, sorbets).
- Traitement antiviral :
- Un traitement antiviral peut être envisagé dans les cas de poussées trop importantes ou chez les personnes à risque de complications.
Varicelle et asthme : quel lien ?
Une étude a mis en évidence un risque accru de zona chez les enfants asthmatiques après une varicelle. L’étude a montré qu’un asthme était significativement associé au risque de survenue d’un zona (OR : 2,09). Ainsi, le pourcentage de risque d’avoir un zona chez les enfants asthmatiques était de 12 %. Les complications pulmonaires sont plus fréquentes chez les enfants immunodéprimés ou chez ceux souffrant d’un asthme traité par des corticoïdes. L’atteinte peut concerner les poumons ou la plèvre et entraîner une pneumopathie ou un pneumothorax. Il convient donc d’être vigilant en cas de toux persistante.
Si l’enfant prend des corticoïdes pour traiter un asthme ou un eczéma, il faut le signaler au médecin. En cas de crise modérée à sévère => pas de corticoïde oral.
Quand consulter un médecin ?
Il est préférable d’avoir un avis médical, surtout si l’enfant a moins d’un an. Il faut consulter rapidement si :
- La fièvre est élevée et persistante.
- L’enfant présente des signes de complications (difficultés respiratoires, troubles de la conscience, convulsions, douleurs intenses).
- L’enfant a une maladie chronique (asthme, eczéma, immunodéficience).
- L’enfant prend des corticoïdes.
Prévention de la varicelle
La varicelle est une maladie très contagieuse, il est donc difficile d’empêcher sa propagation. Cependant, certaines mesures peuvent être prises :
Lire aussi: Comprendre et gérer l'asthme chez les bébés
- Eviter le contact avec les personnes à risque : personnes immunodéprimées, femmes enceintes qui n’ont jamais eu la varicelle, nourrissons.
- Vaccination : Un vaccin contre la varicelle existe et est très efficace. Il est recommandé dans plusieurs pays pour les nourrissons et les adultes n’ayant jamais eu la varicelle. En France, la vaccination n’est pas obligatoire chez les nourrissons, mais elle est recommandée chez les adolescents à partir de 12 ans sans antécédents de varicelle. Pour les parents: si aucun des parents n’a fait la varicelle alors que leur enfant en déclare une, il est possible encore de vous faire vacciner (déjà de deux jours maxi dès l’apparition de boutons chez l’enfant).
La vaccination contre la varicelle en pratique
Il existe actuellement deux vaccins commercialisés en France. Il s’agit de vaccins vivants atténués. Ils peuvent être utilisés à partir de l’âge de 12 mois. Le schéma de vaccination repose sur deux doses espacées de 4 à 8 semaines ou de 6 à 10 semaines selon le vaccin utilisé. La vaccination contre la varicelle est contre-indiquée pendant la grossesse. Elle doit être précédée d’un test de grossesse négatif.
Varicelle et grossesse
Si vous n'avez jamais eu la varicelle et que vous êtes enceinte, il est important de prendre des précautions. Si vous êtes enceinte de moins de 5 mois et que vous avez été en contact avec un malade, prévenez votre médecin. Celui-ci vous prescrira une prise de sang pour vérifier si vous êtes ou non immunisée et décidera d'un éventuel traitement préventif. Votre médecin vous injectera des anticorps spécifiques afin de bloquer le virus et mettra en place une surveillance - notamment échographique - plus stricte. Le cas échéant, il procédera à une ponction fœtale (amniocentèse) pour savoir si le fœtus est touché ou non. Après cette première phase sensible et jusqu'en fin de grossesse, le virus est sans danger pour le foetus. Au moment de l'accouchement, le risque est celui d'une varicelle du nouveau-né, s'il y a contamination de la mère à l'enfant par le placenta.
Complications possibles de la varicelle
Bien que la varicelle soit généralement bénigne, des complications peuvent survenir, en particulier chez les nourrissons, les personnes immunodéprimées et les adultes. Les complications les plus fréquentes sont :
- Surinfections bactériennes de la peau : dues au grattage des lésions.
- Complications neurologiques : encéphalite, cérébellite, méningite.
- Complications pulmonaires : pneumonie, pneumothorax.
- Dans de rares cas, la varicelle peut entraîner un choc septique et être mortelle.
Lire aussi: Asthme du nourrisson : Guide Flixotide
tags: #asthme #du #nourrisson #varicelle #risque