L'accès à l'avortement, un droit fondamental pour les femmes, est aujourd'hui remis en question en France. La Coordination des associations pour le droit à l'avortement et à la contraception (CADAC) dénonce une multiplication des attaques contre les droits des femmes, incluant la fermeture de centres d'interruption de grossesse et de planification familiale, la suppression du remboursement des pilules anticonceptionnelles et la montée en puissance de commandos anti-IVG. Ces attaques s'inscrivent dans un contexte plus large de remise en cause du droit à l'emploi des femmes, notamment à travers des politiques comme l'allocation parentale pour le deuxième enfant, perçue comme une incitation à les renvoyer au foyer. La fermeture d’hôpitaux publics et la nouvelle gouvernance hospitalière accélérée par la loi HPST font craindre une restriction de l'accès à l'avortement.
Évolution législative et stabilité du nombre d'IVG
La loi Aubry de 2001 a marqué une étape importante en réunissant avortement et contraception, en sortant l'avortement du code pénal pour l'intégrer au code de la santé, en allongeant les délais de 10 à 12 semaines et en supprimant l'autorisation parentale pour les mineures. Malgré ces avancées, le nombre d'IVG en France est resté relativement stable depuis 2002, se situant au-dessus de 200 000 par an.
La progression de l'IVG médicamenteuse
On observe une progression de la part des IVG médicamenteuses, atteignant 46% des IVG réalisées en 2006. Une IVG médicamenteuse sur six est réalisée hors hôpital. Cette évolution soulève des questions quant au réel choix des femmes et à un éventuel désengagement des services hospitaliers de la technique instrumentale. Il est crucial que l'IVG médicamenteuse ne remette pas en question la technique instrumentale, si tel est le choix de la patiente. En France, plus de 100 000 IVG par an sont instrumentales.
Fermetures de maternités et accès à l'IVG
La France a connu une diminution du nombre de maternités depuis 1987, avec la fermeture de la moitié d'entre elles. A l’AP-HP, en 2009, trois structures pratiquant les IVG ont fermé : Tenon 75020, Broussais 75014, Jean Rostand Ivry sur Seine ; le CIVG Avicenne Bobigny est menacé. Si la privatisation des activités médico-chirurgicales se confirme, l'activité IVG, assurée aux 2/3 par le privé, pourrait se réduire, comme cela s'est observé ces dernières années. En Ile-de-France, le désengagement du privé a conduit le secteur public à assurer 50% des IVG.
Formation médicale et désengagement des praticiens
La formation médicale à la contraception et à l'avortement reste un domaine négligé. Le départ à la retraite des praticiens en charge de l'IVG, souvent d'anciens militants, sans relève immédiate, conduit à la fermeture de centres. La fermeture de quelques CIVG autonomes a entraîné le transfert de l'activité vers les services de gynéco-obstétrique. Dans un contexte de restrictions budgétaires et de suppressions de postes dans les hôpitaux publics, la concentration des activités sur de gros pôles n'est pas forcément un gage de qualité ni d'humanisation des soins.
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