La varicelle est une infection virale très contagieuse causée par le virus varicelle-zona (VZV), appartenant à la famille des herpès virus. Selon Santé publique France, environ 700 000 cas de varicelle sont recensés chaque année en France. Bien qu'elle soit souvent considérée comme une maladie infantile bénigne, elle peut entraîner des complications, notamment chez les personnes à risque, les femmes enceintes et les nouveau-nés. Cet article vise à fournir des informations complètes sur la varicelle chez l'enfant, y compris ses symptômes, sa transmission, son traitement et sa prévention.
Qu'est-ce que la varicelle ?
La varicelle est une maladie infantile très contagieuse, causée par le virus varicelle-zona (VZV). Elle se caractérise par l'apparition de boutons (éruption vésiculeuse) sur la peau. Elle touche principalement les enfants âgés de 1 à 10 ans, mais peut également affecter les adolescents et les adultes non immunisés. La varicelle est l'une des maladies infantiles virales les plus répandues.
Comment se transmet la varicelle ?
Le virus de la varicelle se transmet de deux manières principales :
- Par voie aérienne : lorsqu'une personne inhale des gouttelettes de salive contenant le virus, émises par une personne infectée lorsqu'elle tousse, éternue ou parle. Ces particules virales peuvent rester en suspension dans l'air.
- Par contact direct : par contact direct avec les lésions cutanées ou les vésicules d'une personne infectée, car ces vésicules contiennent un liquide très contagieux.
Une personne infectée est contagieuse par voie respiratoire deux à quatre jours avant l’apparition des boutons puis jusqu’à ce que toutes les lésions soient toutes crouteuses (environ 7 à 10 jours).
Quels sont les symptômes de la varicelle ?
L'incubation de la varicelle dure en moyenne 14 jours (de 10 à 21 jours) après le contact avec une personne infectée. Après un petit syndrome viral léger (rhume, fièvre) inconstant 8 jours après la contagion, la maladie commence par :
Lire aussi: Bébé et varicelle : que faire ?
- Une légère fièvre (environ 38°C).
- Parfois un écoulement nasal.
- De la fatigue.
- Une éruption avec de fortes démangeaisons.
Les boutons de varicelle apparaissent successivement sur le corps de l’enfant. Il s’agit tout d’abord de boutons rouges qui se transforment rapidement en vésicules remplies d’un liquide clair qui ressemblent à des gouttes de rosée, puis le liquide se trouble et les vésicules évoluent vers une croûte de couleur foncée. Certaines lésions apparaissent encore sur la peau alors que d’autres sont en fin d’évolution. Elles commencent sur le visage et le cuir chevelu, le ventre, le dos, puis l’ensemble du corps et les membres.
Diagnostic de la varicelle
Le diagnostic de la varicelle est généralement clinique, reposant sur l’observation d’une éruption cutanée caractéristique ou sur l’existence d’un contact avec une personne infectée environ deux semaines avant. La sérologie, qui consiste à rechercher les anticorps contre la varicelle dans le sang, peut également être utilisée après l’âge de 11 ans.
Si vous pensez que votre enfant présente les symptômes de la varicelle, il est recommandé de consulter son pédiatre/médecin généraliste.
Traitement de la varicelle
Comme pour toutes les infections virales, les antibiotiques sont inutiles, sauf en cas de complications comme une surinfection bactérienne, principalement cutanée. Le médecin prescrit généralement des soins locaux antiseptiques pour éviter les surinfections cutanées, et exceptionnellement un antiviral dans les cas plus graves.
Voici quelques mesures à prendre pour soulager les symptômes de la varicelle chez l'enfant :
Lire aussi: Varicelle à 8 mois : ce qu'il faut savoir
- Hygiène : Doucher votre enfant deux fois par jour avec de l’eau tiède et du savon doux, puis de sécher doucement en tamponnant avec une serviette propre.
- Éviter la transpiration : Placez votre enfant dans des conditions qui limitent la transpiration.
- Ne pas utiliser de talc, de crème ou de poudre : Ces produits favorisent la surinfection des lésions cutanées.
- Paracétamol : En cas de fièvre, vous pouvez donner du paracétamol (Doliprane®, Dafalgan®), au maximum 4 fois par jour. Lors des pics de fièvre : ne le couvrez pas trop pour que la chaleur s'évacue et proposez-lui régulièrement de l'eau.
- Antiseptiques locaux : Les antiseptiques locaux sont utilisés pour empêcher la surinfection bactérienne.
- Antihistaminiques : Les antihistaminiques sont parfois prescrits quand le grattage (prurit) est trop important.
- Couper les ongles : Couper les ongles de votre bébé bien courts le protège des surinfections si jamais il parvenait à se gratter. Cela évite aussi la formation de cloques et de cicatrices. Enfilez-lui des chaussettes ou mitaines sur ses mains.
Il ne faut pas appliquer de crème, de talc, de pommade sur la peau de votre enfant. Le talc, les poudres et les crèmes contenant un antibiotique, un antiviral ou encore un anesthésiant sont à proscrire en cas de varicelle.
Complications possibles de la varicelle
Bien que la varicelle soit généralement bénigne chez l'enfant, des complications peuvent survenir, notamment :
- Surinfection cutanée : C'est la complication la plus fréquente. Le streptocoque A et le staphylocoque doré sont les principaux agents des surinfections cutanées qui peuvent prendre des formes sévères comme le choc toxique ou la dermohypodermite nécrosante. Désinfecter soigneusement les lésions de la peau est important pour prévenir la surinfection bactérienne.
- Complications neurologiques : Cérébellite, encéphalite, syndrome de Guillain-Barré, paralysies…
- Atteinte pulmonaire : Chez les immunodéprimés.
- Pneumopathie varicelleuse : Chez la femme enceinte.
- Varicelle néonatale grave : Si la maman est en fin de grossesse, le fœtus peut s’infecter et présenter une varicelle néonatale grave, tout comme le nouveau-né à sa naissance.
Une étude multicentrique rétrospective réalisée dans 45 services de réanimation pédiatrique, entre 1998 et 2001, rend compte de la gravité potentielle de cette maladie infectieuse considérée, par les médecins et par les parents, comme bénigne. Au cours de cette période, 68 enfants ont été hospitalisés en réanimation, 10 sont décédés, 16 ont gardé des séquelles, dont 12 graves. Plus de 75 % d’entre eux étaient auparavant en bonne santé, 16 % souffraient d’une pathologie chronique et 7 % étaient immunodéprimés.
Vaccination contre la varicelle
Le vaccin contre la varicelle existe depuis plus de 30 ans. En France, cette vaccination est actuellement recommandée pour les adolescents à partir de 12 ans et tout adulte n’ayant pas d’antécédent clinique de varicelle. Elle est également recommandée pour certaines catégories de personnes :
- Les femmes souhaitant tomber enceinte et qui n’ont jamais eu la varicelle en étant enfant.
- Les femmes n’ayant pas eu la varicelle dans les suites d’une première grossesse.
- Toute personne n’ayant pas attrapé la varicelle précédemment et dont la sérologie est négative, et qui est en contact étroit avec des personnes immunodéprimées.
- Les personnes en attente de greffe, dans les six mois précédant une greffe d’organe solide, sans antécédent de varicelle (ou dont l’histoire est douteuse) et dont la sérologie est négative (avec deux doses à au moins un mois d’intervalle).
La vaccination contre la varicelle est contre-indiquée pendant la grossesse. Elle doit être précédée d’un test de grossesse négatif.
Lire aussi: Traitement et prévention de la varicelle
Il existe actuellement deux vaccins commercialisés en France. Il s’agit de vaccins vivants atténués. Ils peuvent être utilisés à partir de l’âge de 12 mois. Le schéma de vaccination repose sur deux doses espacées de 4 à 8 semaines ou de 6 à 10 semaines selon le vaccin utilisé.
Varicelle et grossesse
La varicelle présente un danger en cas de grossesse, particulièrement durant le premier trimestre (risque de malformations congénitales) et autour de la fin de la grossesse (par rapport à accouchement risque important entre J-5 à J+2). Si la maman est en fin de grossesse, le fœtus peut s’infecter et présenter une varicelle néonatale grave, tout comme le nouveau-né à sa naissance.
Si vous êtes enceinte et que vous suspectez une varicelle chez vous, l’un de vos enfants ou une personne de votre entourage proche, consultez rapidement votre sage-femme, médecin généraliste, gynécologue ou tout autre professionnel de santé à même de vous conseiller. Si la future maman n’est pas certaine d’avoir eu la varicelle étant enfant (ou qu’elle n’est pas vaccinée), un dosage des anticorps est indispensable. Si elle n’a pas d’anticorps spécifiques, cela signifie qu’elle n’a pas eu ni vaccination, ni varicelle. Dans ce cas, il faut absolument éviter le contact avec un enfant suspect de varicelle ou une personne atteinte de zona, et autant que possible, éviter le contact avec les enfants en bas âge.
tags: #varicelle #enfant #symptômes #et #traitement