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Vaccins Obligatoires et Recommandés Pendant la Grossesse : Protéger la Mère et l'Enfant

La grossesse est une période de changements physiologiques importants, rendant les femmes enceintes plus vulnérables à certaines infections. La vaccination joue un rôle crucial dans la protection de la mère et de son futur enfant contre des maladies potentiellement graves. Cet article détaille les vaccins essentiels, recommandés et contre-indiqués pendant la grossesse, en s'appuyant sur les recommandations des autorités de santé et les données scientifiques actuelles.

Importance de la Vaccination Pendant la Grossesse

La vaccination pendant la grossesse est essentielle pour plusieurs raisons :

  • Protection de la mère: La grossesse peut augmenter le risque de complications graves liées à certaines infections comme la grippe et la COVID-19. La vaccination réduit ce risque.

  • Protection du fœtus et du nouveau-né: Les anticorps produits par la mère après la vaccination sont transmis au fœtus via le placenta, offrant une protection passive au nouveau-né pendant les premiers mois de sa vie, période où il est le plus vulnérable.

  • Protection collective: La vaccination de l'entourage de la femme enceinte (stratégie du "cocooning") contribue à créer une barrière protectrice autour du nourrisson, réduisant ainsi son risque d'exposition à certaines maladies.

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Il est important de discuter de son projet de grossesse avec un médecin ou une sage-femme, afin de faire le point sur son statut vaccinal et de mettre à jour les vaccinations nécessaires avant la conception, si possible.

Vaccins Recommandés Pendant la Grossesse

Plusieurs vaccins sont spécifiquement recommandés pendant la grossesse en raison de leur capacité à protéger la mère et l'enfant contre des infections potentiellement graves.

Vaccination contre la Grippe Saisonnière

La vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée pour toutes les femmes enceintes, quel que soit le terme de la grossesse. La grippe peut entraîner des complications importantes chez la femme enceinte, telles que la fièvre, les difficultés respiratoires, et peut mettre en danger le futur bébé (fausse couche, naissance prématurée). La vaccination permet de diminuer le risque de donner la grippe à son bébé après sa naissance. Par ailleurs, les anticorps transmis par la mère le protègent contre des formes sévères plus fréquentes avant l’âge de 6 mois.

Depuis 2012, la vaccination contre la grippe est recommandée en France pour toutes les femmes enceintes, quel que soit le terme. La vaccination des femmes enceintes les protège d’infections auxquelles elles peuvent être particulièrement sensibles pendant la grossesse, mais protège également le fœtus des mêmes infections, congénitales ou néonatales, et des effets obstétricaux néfastes de l’infection maternelle. Quatre essais randomisés et contrôlés, menés en Afrique et en Asie, ont montré l’efficacité du vaccin antigrippal inactivé administré pendant la grossesse, contre les infections maternelles et infantiles. Concrètement, la vaccination des femmes enceintes contre la grippe permet d’éviter des épisodes de fièvre du très jeune nourrisson, qui est en soi un signe de gravité dont la sanction systématique est une hospitalisation et la réalisation d’explorations étiologiques.

Le vaccin protège pour un seul hiver. En effet, la protection diminue avec le temps. De plus, les virus de la grippe se modifient d’année en année. Demandez un bon de prise en charge à un infirmier, un médecin, un pharmacien ou une sage-femme, pour obtenir sans frais le vaccin en pharmacie quel que soit le terme de votre grossesse.

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Vaccination contre la COVID-19

La vaccination contre la COVID-19 est recommandée dès le premier trimestre de la grossesse. Les femmes enceintes sont davantage susceptibles de développer une forme grave de la maladie, si elles l’attrapent. En outre, le risque d’accoucher prématurément est plus élevé si vous contractez la Covid-19 pendant votre grossesse. De plus, les bébés de moins de 6 mois doivent souvent être hospitalisés s’ils s'infectent.

Peu de temps après l’autorisation conditionnelle sur le marché des vaccins ARN contre le Covid-19, les premières données sur leur sécurité pendant la grossesse ont été publiées. Une étude de cohorte rétrospective menée chez plus de 45 000 femmes enceintes n’a montré aucun lien entre la vaccination maternelle et les effets indésirables graves dans les 42 jours suivant la vaccination.

Cette vaccination des femmes enceintes est pratiquée dans plus de 200 pays. L’objectif est de protéger la femme enceinte et d'éviter les complications de sa grossesse qui retentissent sur son bébé. La vaccination de la mère permet aussi de diminuer le risque d'infection du bébé après sa naissance et d'éviter des hospitalisations. Concernant la Covid-19, les personnes les plus à risque de forme grave peuvent se faire vacciner, 6 mois après leur dernière injection ou 3 mois après leur dernière infection à la Covid-19. La vaccination est le moyen le plus sûr de vous protéger contre une Covid-19 grave pendant votre grossesse.

Vaccination contre la Coqueluche

La vaccination contre la coqueluche est recommandée à partir du deuxième trimestre de grossesse (en privilégiant la période entre 20 et 36 semaines d'aménorrhée). La coqueluche est une maladie grave chez le nourrisson, notamment du fait des difficultés respiratoires qu’elle peut entraîner chez les tout-petits. La vaccination de la mère permettra de transmettre à l’enfant, via le placenta, les anticorps et de le protéger dans ses premiers mois de vie.

En avril 2022, la HAS a recommandé que la vaccination coqueluche soit réalisée chez toutes les femmes enceintes à partir du 2ème trimestre de grossesse, en privilégiant la période 20-36 SA. Pour l’OMS, la vaccination des femmes enceintes constitue la stratégie complémentaire la plus efficiente pour prévenir la coqueluche chez les nourrissoons trop jeunes pour être vaccinés, grâce à l’efficacité intrinsèque de cette stratégie (effet cocooning par protection de la mère et passage transplacentaire des anticorps protecteurs) et à une meilleure faisabilité par rapport au cocooning. On dispose de données de nombreux pays (Royaume-Uni, USA, Australie, Belgique, Suisse, etc.) qui ont initié cette stratégie il y a plus de 10 ans, pour protéger les nourrissons trop jeunes pour être eux-mêmes vaccinés. Le profil de sécurité et de tolérance est excellent pour les mères, les fœtus, les nouveau-nés et les nourrissons et il n’y a pas de signal de sécurité à la répétition des doses de dT(P)ca lors de chaque grossesse. Dans l’expérience anglaise par exemple, la réduction de la mortalité par coqueluche, des nourrissons de moins de 2 mois, nés de femmes vaccinnées, est d’environ 95%.

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Plusieurs études ont montré qu’il y avait une diminution très significative des titres d’anticorps 9-12 mois après la dose reçue. La vaccination pré- conceptionnelle ne permet par exemple pas d’obtenir des taux d’anticorps chez le nouveau-né au-dessus du seuil jugé comme protecteur parce que la concentration des anticorps maternels à partir du 2ème trimestre de grossesse n’est probablement plus assez élevée.

La coqueluche reste une des premières causes de décès par infection bactérienne communautaire chez le nourrisson de moins de 3 mois. Le vaccin contre la coqueluche, dans sa formule indiquée chez l’adulte, est combiné au vaccin diphtérie, tétanos et poliomyélite.

La vaccination est recommandée à chaque grossesse en une dose, dès le 4ème mois (à partir de 16 semaines après les dernières règles) et de préférence à partir du 5ème mois (entre 20 et 36 semaines après les dernières règles), car c’est le moment de la grossesse le plus efficace pour transmettre vos anticorps avec l’un des vaccins disponibles en France. Si vous avez eu la coqueluche au début de votre grossesse, vous êtes protégée contre la maladie mais la quantité d'anticorps que vous avez fabriquée pendant votre infection peut ne pas être suffisante pour protéger votre bébé à la naissance et un vaccin au 2ème trimestre de la grossesse sera le plus souvent nécessaire. Toute femme enceinte bénéficie d'une prise en charge à 100 %, au titre de l'assurance maternité, à partir du premier jour de son 6ème mois de grossesse (24 semaines d’absence de règles) et jusqu'à 12 jours après l'accouchement. Si vous avez cependant fait le choix de ne pas vous faire vacciner pendant votre grossesse, il est important de vous faire vacciner juste après l’accouchement si votre dernière vaccination date de plus de 5 ans.

Vaccination contre la Bronchiolite (Infections à VRS)

L'ensemble des femmes enceintes entre 32 et 36 semaines d’aménorrhées (entre septembre et janvier) peuvent se faire vacciner contre la bronchiolite. Cette vaccination des femmes enceintes est pratiquée dans de nombreux pays (Etats-Unis, Canada, Australie, Japon et pays de l'Union européenne), depuis 2023. Le but est de protéger le nourrisson de la bronchiolite grâce à la transmission des anticorps fabriqués par sa mère 14 jours après sa vaccination. Les études de sécurité menées depuis la commercialisation du vaccin aux Etats-Unis en 2023 montrent que le vaccin est bien toléré. Un délai de 14 jours entre la vaccination contre la bronchiolite et celle contre la coqueluche est recommandé.

Vaccins Contre-Indiqués Pendant la Grossesse

Certains vaccins sont contre-indiqués pendant la grossesse en raison du risque potentiel pour le fœtus. Il s'agit principalement des vaccins vivants atténués.

Vaccins Vivants Atténués

Les vaccins contre la rougeole-oreillon-rubéole (ROR), la tuberculose et la varicelle sont contre-indiqués pendant la grossesse, car ils s’appuient sur des virus vivants atténués. La vaccination contre la rubéole doit être réalisée si la femme ne l’a pas déjà contractée ou si elle n’a pas déjà été vaccinée. Une analyse de sang sera réalisée pour vérifier la présence d’anticorps. La rubéole peut être à l’origine de graves malformations (cérébrales, oculaires ou encore auditives) chez l’enfant lorsque la femme la contracte au début de sa grossesse.

Si la femme n’a pas contracté la varicelle, son médecin lui conseillera également de se faire vacciner avant la grossesse. En effet, la varicelle chez une femme enceinte, notamment au cours des 4 premiers mois, peut être à l’origine de malformations chez l’enfant ; contractée en fin grossesse, elle peut provoquer chez le nouveau-né une forme grave de la varicelle à sa naissance.

La vaccination contre la rougeole est aussi importante.

Comme avec tout vaccin vivant atténué, avant les vaccinations contre la varicelle, la rougeole et la rubéole, le médecin s’assurera de l’absence de grossesse.

Vaccinations à Mettre à Jour Avant la Grossesse

Certains vaccins, bien que non spécifiquement recommandés pendant la grossesse, doivent être mis à jour avant la conception pour assurer une protection optimale de la mère et de l'enfant.

Rubéole

La vaccination contre la rubéole est particulièrement recommandée pour les jeunes femmes ayant un projet de grossesse, non vaccinées et nées avant 1980. La vaccination consiste en une dose de vaccin rougeole-oreillons-rubéole. La vaccination n’est pas nécessaire si une analyse de sang montre la présence d’anticorps contre la rubéole.

Coqueluche

Un rappel vaccinal contre la coqueluche est recommandé pour tous les adultes de 25 ans (avec rattrapage jusqu’à 39 ans).

Vaccination de l'Entourage (Stratégie du Cocooning)

Si la mise à jour des vaccins n’a pas pu se faire avant ou pendant la grossesse, elle pourra s’effectuer après l’accouchement, en tenant compte de l’allaitement maternel. Pour la coqueluche, le médecin ou la sage-femme pourra également proposer de vacciner contre la coqueluche l’entourage du nourrisson tel que la mère si cela n’a pu être fait pendant la grossesse et le second parent, les frères et sœurs, les grands-parents, baby-sitter….

Alors que le niveau de preuve de l’efficacité de la vaccination coqueluche des femmes enceintes est fort, les études visant à démontrer l’efficacité de la stratégie cocooning ont, dans la grande majorité des cas, échoué dans cette démonstration.

Sécurité des Vaccins Pendant la Grossesse

Avant d’être recommandés, les vaccins sont évalués par des experts à partir d'études scientifiques rigoureuses. Ils vérifient que les vaccins n’augmentent pas le risque de fausse couche, de prématurité, de malformation ou d’anomalies du développement de l’enfant.

Depuis le début des années 2010, de nombreux essais cliniques ont apporté des données rassurantes en termes de sécurité maternelle, fœtale et néonatale après vaccination dTP ou dTPca des femmes enceintes. La comparaison d’évènements médicaux d’enfants de 0 à 6 ans, dont la mère avait été vaccinée au cours de sa grossesse par rapport à des enfants du même âge dont les mères n’avaient pas été vaccinées, apporte des données rassurantes en termes de risque de maladies infectieuses, d’asthme, de troubles sensoriels ou de troubles du spectre de l’autisme.

Aucune toxicité sur le fœtus n’a été montrée avec les vaccins. Aucun effet néfaste de ce vaccin sur le fœtus n’a été démontré. Aucun effet néfaste de ce vaccin à ARNm sur le bébé n’a été démontré.

Les effets indésirables sont ceux que l’on peut voir habituellement avec tous les vaccins (rougeur, douleur au point d'injection, etc.).

Allaitement et Vaccination

L’allaitement n’est pas une contre- indication à la vaccination à l’exception de la vaccination contre la fièvre jaune. Bien qu’un affaiblissement des réponses immunitaires à certains antigènes de la primovaccination ait été en effet documenté chez ces nouveau-nés, l’effet est estompé après le 1er rappel vaccinal et il n’y a pas d’effet négatif apparent sur l’efficacité des vaccins d’après l’expérience des pays qui utilisent les vaccins dTPca ou dTca chez les femmes enceintes.

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