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Besoins Nutritionnels de la Truie Allaitante : Optimisation de la Lactation et de la Santé

L'alimentation de la truie, tant pendant la gestation que pendant la lactation, est un facteur déterminant pour optimiser sa carrière et la vitalité des porcelets, en particulier dans un contexte de forte prolificité. Une attention particulière aux besoins nutritionnels de la truie allaitante est essentielle pour garantir une production laitière adéquate, la santé de la truie et la croissance optimale des porcelets.

Impact de l'Alimentation sur la Lactation et la Croissance des Porcelets

Chez la truie, l'ingestion d'aliments a une incidence directe sur la quantité et la qualité du lait produit. Cette production laitière influence considérablement la croissance des porcelets et l'intervalle sevrage-saillie de la truie. Plusieurs facteurs influencent l'ingestion alimentaire pendant la lactation, notamment le niveau d'alimentation pendant la gestation et les conditions environnementales.

Facteurs Influant sur l'Ingestion Alimentaire en Lactation

Température Effective

La température effective (TE) est un facteur environnemental crucial qui affecte l'ingestion alimentaire des truies allaitantes. La TE dépend de la température ambiante, du type de sol, de l'isolation et de la ventilation de la maternité. Un excès de température provoque une diminution linéaire de l'ingestion volontaire d'aliments, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur la production laitière et la santé de la truie. Il est donc essentiel de maintenir la TE dans une plage adéquate pour assurer une ingestion optimale.

Pendant les deux jours précédant et suivant la mise-bas, il est approprié de maintenir la salle de maternité à une température relativement élevée, car l'hypothermie est une cause majeure de mortalité néonatale.

Apport en Eau

Un principe essentiel est de garantir un apport suffisant en eau et en aliments. Chez l'espèce porcine, l'ingestion d'aliments est toujours liée à l'ingestion d'eau : le manque d'eau réduira par conséquent l'ingestion d'aliments. Il est indispensable que les animaux disposent d'une quantité d'eau suffisante et de bonne qualité. La quantité d'eau peut être évaluée par le flux d'eau dans les abreuvoirs à tétine (qui devrait être de 2 à 4 litres/minute) et par la profondeur (qui devrait être de 4 cm environ) pour les bols. La température de l'eau est également un facteur important. Des études ont montré qu'une eau trop chaude (28°C) peut entraîner une croissance moindre chez les animaux.

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L'équipe de Klopfenstein de l'université de Montréal a montré que les truies ont tendance à augmenter leur consommation d'eau de manière très importante la veille de la mise bas (20-40 litres). Ce comportement contraste avec le sous-abreuvement constaté dans les 48 heures qui suivent la mise bas (beaucoup de truies à moins de 10 litres). Permettre à une truie de s'abreuver avant la mise bas pourrait limiter son stress ou jouer un rôle dans l'initiation de la lactation.

Alimentation en Période de Chaleur

Une température ambiante élevée est un handicap redoutable. Son impact ne se limite pas à une réduction de la consommation des truies. La production laitière de truies conduites dans une maternité à 30°C et alimentées à volonté a été significativement inférieure à celle de truies alimentées sur le même niveau de rationnement, mais dans une ambiance à 20°C.

Stratégies d'Alimentation en Fonction du Stade de la Truie

Reconstitution des Réserves en Début de Gestation

Il est important de profiter du premier mois de gestation pour permettre la reconstitution des réserves de la truie après son sevrage. À ce stade, les besoins fœtaux sont faibles et la truie peut valoriser l'aliment pour reconstituer ses réserves. La quantité d'aliment apportée dépend de son rang de portée, de son état corporel, des besoins de croissance et de l'objectif d'état à atteindre pour la prochaine mise-bas. Elle peut varier entre 2,6 kg et 4,0 kg par jour.

Maintien de l'État Corporel en Milieu de Gestation

Entre le 30ème et le 85ème jour de gestation, les besoins du fœtus sont encore faibles et la truie a reconstitué ses réserves. La truie utilise l'aliment en majorité pour ses besoins d'entretien.

Croissance du Fœtus en Fin de Gestation

Au-delà du 85ème jour de gestation, la croissance du fœtus est forte. L'alimentation de la truie doit y pourvoir sans que la truie puise dans ses réserves destinées à la phase de lactation.

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Alimentation en Lactation

En lactation, près de 75 % des besoins de la truie sont consacrés à la lactation. Lorsque plusieurs aliments peuvent être distribués en maternité, l'aliment de gestation peut être apporté jusqu'à 2 ou 3 jours après la mise-bas. Ensuite, les truies passent à l'aliment allaitante. Si possible, une transition entre les deux aliments doit être effectuée, surtout si les formules sont très différentes. Si les maternités sont approvisionnées avec un seul aliment, les truies reçoivent l'aliment de lactation dès leur entrée en maternité. Il faut alors être plus vigilant sur la cohérence des matières premières utilisées dans les aliments de gestation et de lactation et limiter les quantités distribuées d'aliment allaitante pour éviter une surcharge en acides aminés.

L'alimentation de la truie allaitante doit permettre de limiter les pertes de poids et d'état corporel, tout en maintenant un bon niveau de lactation pour améliorer le poids de portée. Cette augmentation progressive en début de lactation permet de limiter le risque de chute d'appétit. La capacité d'ingestion de la truie étant limitée, tout retard dans la progression de consommation ou blocage ne pourra pas être compensé ensuite. Le plan d'alimentation doit être modulé en fonction de son état à l'entrée en maternité, de sa capacité d'ingestion, de son appétit et de la taille de la portée.

Importance de l'Abreuvement

L’abreuvement correspond à 93,6 % de la consommation d’eau d’un élevage. Les consommations d’eau par jour sont de 15 à 20 litres pour les truies gestantes et de 20 à 35 litres pour les truies allaitantes. Apporter de l’eau aux porcs de plus de deux semaines en permanence est une obligation réglementaire, quel que soit le mode d’alimentation.

Besoins Spécifiques pour le Confort Digestif, les Aplombs et l'Oxygénation Sanguine

Dans un contexte d'hyperprolificité, la truie réclame aujourd'hui toute notre attention nutritionnelle. Confort digestif, aplombs solides et oxygénation sanguine sont incontournables pour soutenir la truie.

Confort Digestif

Pour un bon confort digestif, la truie a besoin de sources de fibres variées, comme les fibres de son de blé, de tournesol ou d’avoine pour faciliter le transit, et les fibres de pulpe de betterave ou de coque de soja pour nourrir la bonne flore intestinale.

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Aplombs

La minéralisation est activée à l’aide de la vitamine D (D3 et HyD). La résistance des onglons est renforcée par un apport de 400 à 500 ppb de biotine, indispensable à la kératinisation.

Oxygénation Sanguine

L’oxygénation sanguine de la truie est cruciale pour des porcelets lourds et toniques à la mise-bas. Pour y pallier, l'incorporation de SN Amine dans les aliments de gestation permet une meilleure irrigation du placenta et une activation de l’oxygénation des fœtus. En période péri-partum, la SN Tonic peut également agir sur l’oxygénation sanguine.

Conséquences d'un Apport Insuffisant de Nutriments

Les conséquences d'un apport insuffisant de nutriments pendant la lactation sont variées. Dans les lactations de 28 jours, on peut proposer une consommation supérieure à 200 kg/truie et dans celles de 24 jours de > 150 kg, mais le plus important est d'atteindre la plus forte consommation journalière de lysine digestible (> 65 g) et d'énergie nette journalière ( > 14 500 kcal).

Détermination des Besoins Énergétiques

La détermination des besoins énergétiques par la méthode des essais d’alimentation présente des limites, notamment pour extrapoler les résultats obtenus à d’autres situations. Une méthode factorielle peut être utilisée, basée sur les données relatives aux besoins d’entretien (110 kcal d’énergie métabolisable (EM) par kg P0,75) et aux rendements d’utilisation de l’EM (kl = 72 %) et des réserves corporelles (krl = 88 %) pour la synthèse du lait. L’énergie exportée dans le lait est estimée à partir de la croissance de la portée. Les calculs montrent que les besoins en EM varient avec le poids vif de la truie et surtout avec le gain de poids de la portée, et sont en moyenne de 18 à 20 Mcal par jour.

Alimentation de Précision

L'alimentation de précision en élevage permet de mieux prendre en compte les besoins nutritionnels individuels des animaux, en fournissant à l'animal l'apport idéal d'aliment, en quantité et en composition. Au sein d'un groupe de truies, il existe une variabilité des besoins nutritionnels liée principalement au rang de portée, à l'état corporel lors de l'insémination et au stade de gestation. Le développement d'automates rend possible une distribution individualisée d'aliments, et ainsi, une réduction des situations de déficit ou d'excès des apports en nutriments et en énergie lors de la gestation des truies.

Un modèle pour les truies gestantes dérivé d'InraPorc prédit les besoins journaliers individuels en énergie, en acides aminés et en minéraux. Les besoins de la truie sont calculés selon une approche factorielle comme la somme de différentes dépenses : entretien, réserves corporelles, développement des fœtus, activité physique et thermorégulation. En pratique, l'estimation des besoins nutritionnels est réalisée principalement selon l'âge, le poids vif et l'Épaisseur de Lard Dorsal (ELD) de la truie lors de l'insémination ainsi que selon les objectifs à la mise bas.

Facteurs Supplémentaires Influant sur les Besoins Nutritionnels

Activité Physique

L'activité physique est dépendante de la parité, du stade de gestation de la truie, du type de logement et du mode d'élevage. Une heure d'activité journalière supplémentaire pour une truie de 200 kg se traduit par une augmentation du besoin alimentaire de 0,30 kJ d'énergie métabolisable par kg de poids métabolique (PV0,75) et par minute, soit environ 75 g/j. L'intégration de l'activité physique individuelle dans le calcul des besoins nutritionnels permet donc de gagner en précision.

Comportement Social

Le comportement social influence les besoins nutritionnels des truies gestantes, principalement à cause de son effet sur l'activité physique. Une augmentation des tensions sociales, et plus particulièrement des comportements agressifs entre congénères, induit une consommation d'énergie plus importante et un moindre accès à l'alimentation en situation de compétition.

État de Santé

L’état de santé d’un animal influence ses besoins nutritionnels tout en étant également impacté par les apports nutritionnels. Une truie malade ou en situation de mal-être diminue son ingestion ainsi que son niveau d'activité, via des modifications physiologiques et métaboliques. Une baisse de la quantité d'aliment ingéré d'environ 10 à 20 % est souvent le signe précoce d'un problème de santé ou une maladie déjà déclarée. De plus, en cas de maladie, la répartition des besoins nutritionnels est modifiée, souvent en faveur du système immunitaire et en défaveur des fonctions de production.

Zone de Confort Thermique

La zone de confort thermique se définit comme une plage de températures dans laquelle la dépense énergétique pour la thermorégulation reste stable et minimale indépendamment de la température ambiante, de même que les besoins nutritionnels et les performances associées. Pour des truies élevées en groupe, la zone de thermoneutralité se situe entre 16 et 20°C.

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