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Trisomie 15 : Comprendre le Syndrome et ses Manifestations

Le syndrome de la trisomie 15, bien que relativement rare, engendre des défis significatifs pour les individus affectés et leurs familles. Cet article explore en profondeur les aspects génétiques, les manifestations cliniques, les options de diagnostic et les approches de prise en charge de ce syndrome complexe. Il aborde également des affections connexes comme le syndrome de Prader-Willi (SPW), souvent lié à des anomalies sur le chromosome 15.

Base Génétique de la Trisomie 15 et du Syndrome de Prader-Willi

Normalement, chaque individu hérite de deux copies du chromosome 15, une de chaque parent. Cependant, dans les cas de trisomie 15, une anomalie survient, conduisant à la présence d'une copie supplémentaire de tout ou partie de ce chromosome. Cette duplication peut perturber le développement normal et entraîner divers problèmes de santé.

Dans le contexte du syndrome de Prader-Willi (SPW), les anomalies du chromosome 15 jouent également un rôle central. Le SPW est un trouble du développement caractérisé notamment par une hypotonie néonatale, un hypogonadisme, une hyperphagie et des troubles de l'apprentissage. Son incidence estimée est de 1:15.000 à 1:20.000 naissances vivantes. Deux causes génétiques majeures relatives au chromosome 15 ont été identifiées : une délétion en 15q11-13 d'origine paternelle ou une disomie maternelle pour le chromosome 15. Les gènes responsables du syndrome ne sont pas encore identifiés.

La région 15q11-q13 présente une particularité : seule la copie paternelle va normalement s’exprimer ; les gènes provenant du chromosome 15 maternel sont silencieux, ils ne s’expriment pas, ils ne remplissent pas de fonction : ils ne sont pas fonctionnels. Dans 25 à 30% des cas de SPW, l’enfant a hérité de deux chromosomes 15 maternels ; le chromosome paternel est donc absent. Dans moins de 5% des cas, l’anomalie est isolée, sans délétion détectable ni disomie. Elle concerne la région particulière du chromosome 15 appelée « centre de l’empreinte », zone qui est « silencieuse ». Dans des cas très rares, un petit morceau d’un autre chromosome est venu se coller sur le chromosome 15. La majorité des cas (98%) sont attribués au hasard ou dits « de novo ».

Manifestations Cliniques et Diagnostic

Les manifestations cliniques de la trisomie 15 peuvent varier considérablement d'un individu à l'autre, mais certaines caractéristiques sont fréquemment observées. Un syndrome rare d'anomalie chromosomique principalement caractérisé par un retard de croissance intra-utérin, des anomalies cardiaques congénitales (incluant une communication atrioventriculaire, la persistance du canal artériel) et une dysmorphie craniofaciale (incluant un hypertélorisme, des fentes palpébrales obliques en bas et en dehors, un large pont nasal). Les patients présentent aussi des anomalies cérébrales (hypoplasie du cervelet, asymétrie ventriculaire), rénales (petits reins dysplasiques), et/ou génitales (testicules non descendues, micropénis, hypoplasie des grandes lèvres).

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Le diagnostic du syndrome de Prader-Willi est réalisé très précocement au vu de signes cliniques à la naissance (hypotonie néonatale sévère, absence de réflexe de succion, difficultés d’alimentation).Les critères cliniques de diagnostic du syndrome de Prader-Willi, proposés par Holm en 1981, furent développés par consensus et publiés en 1993 alors que l’on ne disposait pas encore de tous les examens génétiques disponibles actuellement. Maintenant, une simple prise de sang permet de confirmer le diagnostic.

L’amniocentèse, telle qu’on la pratique actuellement dans le cadre du diagnostic prénatal, ne met pas en évidence l’anomalie génétique responsable du syndrome de Prader Willi : cet examen est en général réalisé afin de dépister une anomalie chromosomique. Dans le cas du SPW, les deux chromosomes 15 apparaissent normaux. Il faut aller plus loin.

Troubles Psychotiques et le Chromosome 15

Des gènes localisés sur une région précise du chromosome 15 seraient éventuellement liés au développement de troubles psychotiques. C'est du moins l'hypothèse émise par des chercheurs qui se sont intéressés à ces troubles dans le syndrome de Prader Labhard Willi (SPW). Le SPW est justement caractérisé par des anomalies sur le chromosome 15.

Des chercheurs de l'Université de Cambridge ont étudié la relation entre les symptômes psychiatriques et le profil génétique de 25 patients atteints de SPW. Des études antérieures ont en effet montré que ce type de troubles était plus fréquent dans ce syndrome. Pour leur étude, Boer et al ont recherché les cas de SPW au sein d'une région d'environ cinq millions d'habitants : 25 cas adultes ont été identifiés. Parmi ces 25 patients, 7 (28 %) présentaient de sérieux troubles affectifs ou psychotiques. Sur ces 7 cas, 5 étaient caractérisés par une disomie du chromosome 15. C'était de plus les seuls cas de disomie 15 dans le groupe de 25 patients."Le taux de 100 % de maladie psychotique chez les adultes avec une disomie du chromosome 15 ne peut donc pas être seulement au SPW et troubles de l'apprentissage associés", argumentent les auteurs dans leur discussion. Bien que ces résultats demandent à être confirmés, ils indiquent que cette région du chromosome 15 peut jouer un rôle important dans les maladies psychotiques.

Prise en Charge et Soutien

Bien qu'il n'existe pas de traitement curatif pour la trisomie 15 ou le syndrome de Prader-Willi, une prise en charge multidisciplinaire peut améliorer considérablement la qualité de vie des personnes atteintes. Cette approche implique généralement une équipe de professionnels de la santé, notamment des médecins, des thérapeutes, des éducateurs et des travailleurs sociaux.

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Le suivi est toujours pluridisciplinaire : médical, kinésithérapique, éducatif, diététique et psychologique. À l’heure actuelle, il n’existe pas de médicament pour traiter ce syndrome. Des recherches sont menées, en France et dans le monde, pour comprendre ses mécanismes et pour trouver des traitements capables de corriger certains dysfonctionnements.

Les personnes atteintes de Prader-Willi ont besoin d’être valorisées. Au quotidien, il faut savoir créer des émotions positives et tenir compte de leur grande demande affective.

Importance de l'Accompagnement Alimentaire dans le SPW

Les mécanismes de la satiété fonctionnent mal, les enfants touchés sont fortement attirés par la nourriture. Ils seront confrontés à ce problème toute leur existence. En l’absence d’un régime alimentaire strict, la prise de poids peut être très rapide et conduire à une obésité massive. Cette addiction alimentaire constitue le principal obstacle à l’autonomie et la socialisation des personnes porteuses du syndrome car il nécessite un accompagnement tout au long de leur vie.

Leur prise en charge nécessite donc la mise en place d’un cadre précis autour des repas : respect strict des horaires, attitude de ‘détournement’ de l’attention avant les repas, proposition d’une quantité limitée de nourriture mais donnant le sentiment de remplissage (en utilisant par exemple une assiette de plus petite taille), mise en œuvre de signaux clairs pour signifier la fin du repas… En outre, il ne faut jamais utiliser la nourriture comme une récompense ou une sanction.

L’accompagnement proposé doit aussi tenir compte de la fragilité émotionnelle de ces adultes. L’émergence d’émotions difficiles à contrôler, comme les sentiments de frustration ou d’injustice, peut se traduire par la survenue de crises soudaines et intenses qu’il faut apprendre à analyser.

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Le Rôle des Associations

Pour beaucoup, le handicap a des répercussions aussi bien sur la vie professionnelle que personnelle. « Nos relations sociales sont forcément impactées, notre attention est avant tout portée sur Maëlys », confirme Giovanni, son père. Pour ces parents, les associations jouent un rôle de coordination et d'écoute essentiel. « C'est le nerf de la guerre, le seul lien qui permet de réunir les familles et d'échanger aussi bien sur les difficultés de nos enfants que sur leurs réussites, estime Magali.

Lorsque le diagnostic tombe, les proches se sentent désemparés, perdus, incompris, parfois seuls au monde… « C'est un tsunami qui détruit tout sur son passage : famille, travail, projets, santé, finances… Mais il faut faire preuve de courage, comme nos enfants », affirme Magali, la maman de Maxens.

Exemple d'une Enfant Atteinte d'une Anomalie Chromosomique

Découvrez ci-dessous le portrait d’Evangelline, une petite fille de 3 ans qui présente une délétion du chromosome 15 ainsi qu’une duplication, et une délétion au chromosome 1. Elle a de gros retards des acquisitions, elle a acquis la marche à l’âge de 34 mois. Elle a vu 2 généticiens qui donnent le même résultat ; Evangelline est un cas extrêmement rare. Pas de nom de pathologie ni de syndrome.

Comment s’organisent ses journées ? Le quotidien s’organise en fonction des rendez-vous d’Evangelline, entre école, psychomotricité, équitation, orthophoniste, kinésithérapie… Evangelline va à l’école 2h par semaine avec une AVS. Elle a commencé un bilan avec son orthophoniste (Evangelline fait des vocalises selon ses parents !) et fait des séances de psychomotricité de groupe. Quels sont ses loisirs ? Evangelline a une alchimie avec son poney « gribouille ». Elle aime énormément l’eau et la piscine et on envisage prochainement d’essayer la balnéothérapie. Oui à ce jour nous essayons qu’Evangelline puisse manger seule. C’est encore très difficile mais elle fait beaucoup de progrès. Pour l’instant, les jeux sont très difficiles pour Evangelline car elle n’en comprend pas son sens. Par contre, le Plasma Car lui a donné une grande liberté et aujourd’hui dehors comme dedans elle aime être dessus. Je suis très fière de ma fille qui me surprend chaque jour par ses petits progrès. J’aimerais beaucoup pouvoir échanger avec d’autres parents qui ont un enfant avec les mêmes problèmes même si on nous a dit qu’Evangelline était un cas unique.

L'IDIC 15 et la Campagne de Sensibilisation

Captain Maxens, Fabulous Ernest, Miracle Maëlys et Super Nathan ont un ennemi commun : IDIC 15. Une maladie génétique rare contre laquelle ils se battent depuis toujours. Pour la faire connaître, une asso lance une campagne digitale et positive.Ernest ne parle pas, ne regarde pas, ne marche pas et ne se tient pas debout tout seul… Comme Maëlys, Maxens et Nathan, il se bat depuis des années contre l'IDIC 15. Le syndrome du chromosome 15 isodicentrique est une maladie génétique rare qui touche une personne sur 30 000. Elle entraîne un retard de développement, un déficit intellectuel, des crises d'épilepsie, des troubles du spectre autistique et un comportement social inhabituel. Des symptômes multiples et complexes qui mènent la vie dure à ceux qui en sont touchés. Quatre d'entre eux ont pu se délester de ce poids, le temps d'une journée, pour se glisser dans la peau de super-héros. Cette anomalie a été identifiée comme la cause génétique la plus fréquente de l'autisme. Pourtant, personne ne la connaît… Pour la révéler au grand public et récolter des fonds pour améliorer la qualité de vie de leur enfant, les parents d'Ernest ont décidé de créer une association. Aujourd'hui, ils sont les porte-parole de milliers de parents d'enfants handicapés, parfois désabusés. « Ce n'est pas tellement au niveau émotionnel que je me sens fatigué, c'est plus de la fatigue physique. On est constamment en action, toujours derrière Ernest pour le porter, l'habiller, le changer, le baigner… », explique Jean-Marie, son père.

A l'occasion de la Journée internationale des maladies rares du 28 février 2019, l'association a réalisé, avec l'aide d'une classe d'étudiants en communication, quatre vidéos mettant en scène des enfants malades dans leur vie quotidienne. On découvre Captain Maxens, Fabulous Ernest, Miracle Maëlys et Super Nathan déterminés, joueurs, souriants, combatifs mais aussi affectueux et proches de leur « super famille » et des professionnels qui les entourent. Une autre vidéo donne la parole aux parents. « Maxens est mon rayon de soleil, c'est un petit extra-terrestre mais il m'apporte tellement », confie sa maman. « Penser pour deux, rire pour deux, pleurer pour deux… ça nous apprend l'amour totalement inconditionnel », révèle Nathalie, la maman de Nathan.

tags: #trisomie #15 #syndrome

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