La retraite est une étape majeure de la vie, un nouveau chapitre qui mérite d'être abordé avec sérénité et préparation. Loin d'être une fin, elle représente le début d'une nouvelle phase, riche en opportunités et en projets personnels. Cependant, pour profiter pleinement de cette période, il est essentiel de s'y préparer bien à l'avance, tant sur le plan financier que personnel. La retraite se prépare tout au long de votre vie professionnelle.
L'Importance d'une Préparation Précoce
La question qui revient souvent est : quand commencer à préparer sa retraite ? La réponse est simple : le plus tôt possible ! Même quelques dizaines d’euros par mois à 25 ou 30 ans peuvent se transformer en une somme confortable grâce aux intérêts composés. Et si vous préparez votre retraite à 50 ans, il n’est jamais trop tard… Plus vous tardez, plus rattraper le retard exige des efforts d’épargne importants. Une approche efficace consiste aussi à consacrer 15% de vos revenus chaque année à votre épargne retraite, ajustable selon vos capacités.
Comprendre le Système de Retraite Français
Avant d’entrer dans les étapes pratiques de préparation de sa retraite, rappelons brièvement que le système de retraite en France repose sur deux grands volets :
- Le régime par répartition: Composé du régime de base de la Sécurité sociale et du régime complémentaire AGIRC-ARRCO, qui fonctionne grâce aux cotisations des actifs.
- La retraite par capitalisation: Facultative, qui passe par une épargne individuelle ou un dispositif mis en place par votre entreprise, et qui vient compléter vos revenus une fois à la retraite.
Les Étapes Clés de la Préparation
1. Faire le Point sur Sa Carrière
Quatre ans avant votre départ prévu à la retraite, prenez le temps de faire le point sur votre carrière ! Cette première étape permet de vérifier vos droits, d’anticiper le montant de votre future pension, et de commencer à réfléchir au meilleur moment pour partir. C’est aussi l’occasion de détecter d’éventuels oublis ou erreurs dans votre relevé de carrière. Rassemblez tous vos bulletins de salaire, attestations France Travail et certificats de travail. Ces documents permettent de vérifier les trimestres validés et seront indispensables pour constituer votre dossier de retraite. Profitez-en pour consulter votre relevé de carrière sur le site Info Retraite afin de repérer d’éventuelles erreurs ou oublis.
- Mon agenda retraite: Ce sont des informations et conseils personnalisés sur la retraite et ses démarches.
- Créer son espace personnel: C'est bénéficier de services personnalisés pour préparer votre retraite comme la consultation de votre relevé de carrière, la calculette d'âge de départ, ou encore la demande de retraite en ligne, etc.
- Mon relevé de carrière tous régimes: Adressé à votre domicile tous les 5 ans, à partir de vos 35 ans, ce relevé reprend l'ensemble des droits que vous avez acquis dans vos régimes de retraite obligatoires de base et complémentaires. Il est disponible via votre caisse de retraite à partir de 35 ans puis tous les cinq ans. Il vous faudra tout vérifier pour signaler erreurs ou anomalies. C’est l'occasion de faire un premier point avec un conseiller pour le décrypter et démarrer sa stratégie financière.
2. Calculer l’Âge de Départ et Estimer Sa Pension
La retraite est un sujet sociétal fluctuant puisqu’il dépend de la démographie. Ainsi, des réformes viennent régulièrement modifier son fonctionnement et ses critères. Utilisez les simulateurs officiels en ligne (notamment celui du Service public) pour avoir une idée du montant de votre pension. Ces outils prennent en compte votre âge, votre parcours professionnel et vos revenus. Comparez ensuite ce montant avec vos besoins estimés pour identifier l’écart à combler grâce à votre épargne personnelle.
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- Calculer l’âge de départ: En 2024, l’âge légal minimum de départ à la retraite est passé de 62 à 64 ans, il faudra désormais cotiser pendant 172 trimestres pour atteindre le taux plein. Autrement, deux malus sont appliqués au calcul de votre pension : la décote, soit 1,25% de moins par trimestre non travaillé, et le coefficient de proratisation qui détermine la différence entre le nombre de trimestres validés et le nombre de trimestres requis.
- Faire une simulation: Le montant de votre pension de retraite peut être estimé à tout moment de votre vie, grâce à notre simulateur en ligne. Même s’il ne s’agit que d’une simulation, cela peut vous permettre d’anticiper les besoins et les moyens nécessaires pour profiter d’une retraite paisible. Il vous permet d’obtenir une estimation du montant de la pension qui vous sera versé par vos régimes de retraite obligatoires (de base et complémentaire) ainsi que du taux de remplacement (soit la différence entre le montant de votre pension et votre dernier salaire). Notre simulateur vous indique également l’âge de votre taux plein et vous permet de l’ajuster afin de visualiser l’impact sur le montant de votre pension. Toutes ces informations, même si elles ne sont que des indicateurs, vont vous permettre d’évaluer le niveau d’épargne dont vous aurez besoin pour compléter.
- Estimation Indicative Globale (EIG): À partir de 55 ans, vous recevrez aussi régulièrement votre Estimation Indicative Globale (EIG), qui indique les montants de votre pension de retraite selon l’âge de départ.
3. Se Préparer à une Baisse de Revenus et Épargner
La première étape est de déterminer la somme dont vous aurez réellement besoin pour vivre confortablement à la retraite. Pour cela, faites le point sur vos dépenses actuelles, retirez celles qui disparaîtront avec la vie active (transports, repas à l’extérieur, frais professionnels…) et ajoutez celles qui augmenteront ou apparaîtront, comme les loisirs, les voyages ou les dépenses de santé.
- Épargner en amont de la retraite: L’option la plus pragmatique est d’ouvrir un compte d’épargne dédié à notre retraite, comme la majorité des français. Depuis 2019 et la loi PACTE, le Plan d'Épargne Retraite (PER) permet de pouvoir mettre de l’argent de côté. Les sommes déposées sont en partie exonérées d’impôts et bloquées jusqu’au début de votre retraite. Elles émettent un rendement annuel, dont le taux varie selon les garanties choisies et votre situation financière. Votre entreprise a sûrement aussi ouvert un PER dit obligatoire, sur lequel elle verse une partie de ses versements obligatoires. Si les conditions du PER ne vous conviennent pas, vous pouvez choisir d’épargner sur une assurance-vie. Les deux produits d’épargne sont très similaires mais le PER est plus contraignant si vous souhaitez retirer de l’argent avant votre retraite. L’assurance-vie existe pour tout type de projet, c’est pourquoi les conditions de retrait sont plus souples. Celle-ci ne donne pas d’avantages fiscaux à l’entrée, contrairement au PER. Cependant, sa fiscalité est plus faible que celle du PER à la sortie. Son dernier avantage réside dans sa possibilité d’être incluse dans une succession, en y ajoutant des bénéficiaires.
- Investir: L’investissement le plus évident et le moins risqué est celui de l’immobilier. Devenir propriétaire reste aujourd’hui le meilleur moyen d’investir son capital de manière sécurisée. On peut acheter un bien pour en faire sa résidence principale ou en faire de la location et recevoir chaque mois un loyer. Ces deux options dépendent de votre situation personnelle et financière et si vous devez souscrire à un prêt ou non. Une fois le type d’investissement choisi, il vous faudra trouver le meilleur financement (taux de prêt bancaire, conditions) puis le bien qui correspond à votre projet. Pour de la location, il faut choisir un emplacement où la demande est bien présente et comparer les prix au m². Pour de l’achat direct, il faut penser à la revente du bien et sa valeur ajoutée dans quelques années. L’investissement immobilier apporte des avantages fiscaux comme la réduction d’impôt ou la transmission d’un bien à vos enfants (nu propriété). S’il s’agit encore d’investir, vous pouvez aussi vous tourner vers des placements d’épargne ou côtés en bourse. Ces derniers sont les plus risqués mais bien accompagnés, vous pourrez en tirer profit à long terme. Lorsque l’on parle d’épargne, on cite d’abord le PER ou l’assurance-vie mais il existe aussi des placements d’épargne dits d’actions (PEA). Le PEA bancaire permet d’investir en bourse et prend la forme d’un compte-titre ; le PEA assurance est un contrat de capitalisation en unités de compte ; le PEA-PME est spécifiquement dédié aux investissements dans les petites/ moyennes entreprises. Diversifiez vos placements : PER, assurance-vie, SCPI, immobilier…
4. Retrouver du Pouvoir d'Achat et Augmenter Ses Revenus
Vous avez fait des estimations, commencé à épargner et à prévoir pour votre retraite, mais le montant de votre pension ne vous convient pas, alors vous pouvez envisager des options supplémentaires pour augmenter vos revenus.
- Retraite progressive: À partir de deux années avant la date prévue de votre départ, il est possible de lever le pied : la retraite progressive permet de continuer à travailler mais à temps partiel (entre 40 et 80%), tout en touchant le pourcentage complémentaire de votre retraite, calculée au moment de la mise en place de ce statut. Cette démarche vous permet de continuer à cumuler des trimestres sans liquider votre retraite. Vous pouvez donc arriver à votre taux plein en diminuant votre rythme de travail. Ce dispositif permet aux personnes de 60 ans et plus, ayant cotisé pendant au moins 150 trimestres, de diminuer leur temps de travail en cumulant emploi et retraite. Les personnes éligibles peuvent travailler à temps partiel (entre 40 et 80 % d’un temps complet) tout en percevant une partie de leur pension de retraite, et ce pendant une durée illimitée. Ainsi, un salarié bénéficiant, au titre de sa retraite progressive, d’un contrat à temps partiel de 40 % touchera 60 % de sa pension de retraite. Le petit plus ? Le fait de vous maintenir en poste vous permet de cotiser encore et d’améliorer le montant de votre future retraite !
- Cumul emploi et retraite: Vous pouvez aussi tout à fait cumuler emploi et retraite. Une fois votre taux plein atteint et votre retraite liquidée, il est possible de continuer à travailler avec un nouveau contrat ou en créant votre auto entreprise (cumul intégral). Si vous avez pris une retraite anticipée ou s’il vous manquait quelques trimestres avant le taux plein au moment de la liquidation de votre retraite, vous pouvez tout de même reprendre un travail mais vos revenus seront plafonnés. Dans les deux cas, votre travail ne vous permettra pas de cotiser pour de nouveaux trimestres, puisque votre retraite aura été liquidée. C’est cependant un bon moyen de rester actif dans cette nouvelle période de votre vie.
- Vente en viager: Vous avez besoin d’augmenter vos revenus mais vous souhaitez profiter de votre retraite pour ne plus jamais travailler ? Si vous êtes propriétaire, vous pouvez vendre votre bien immobilier en viager. À l’inverse d’une vente classique, l’acheteur ne vous verse pas le montant total lors de la signature mais une partie du montant tous les mois jusqu’à votre décès. Ce système a également l’avantage de ne pas vous forcer à déménager car la majorité des viagers sont “occupés”, vous pouvez donc rester chez vous et toucher une rente mensuelle. Il est aussi possible d’opter pour un viager libre. Dans ce cas, vous devez quitter votre logement au moment de la vente. Dans les deux cas, l’acheteur ne devient propriétaire qu’à votre décès.
5. Penser à Son Lieu de Vie
En France, chaque année, plus de 10% des nouveaux retraités en profitent pour déménager. Ce changement de domicile est souvent poussé par la volonté de changer d’air, de passer d’une métropole à une ville plus petite dans un environnement plus naturel ou de vivre dans une maison au lieu d’un appartement. Les motivations sont aussi souvent liées à des obligations familiales. Près d’un million de retraités se sont expatriés ces dernières années, au Portugal, au Maroc ou encore en Indonésie, pour profiter pleinement de leur retraite dans des conditions de vie différentes. Il faut en tout cas vérifier la proximité immédiate des commerces et services ainsi que celle du médecin et de l’hôpital. À partir de 60 ans, la santé et l’autonomie sont nos principales préoccupations et déterminent donc notre lieu de vie.
6. Faire le Point sur Sa Santé
La retraite est un changement de vie qui nécessite de faire des choix, souvent basés sur votre état de santé. Il est donc essentiel d’être suivi de façon régulière par un médecin traitant mais c’est aussi le bon moment pour faire un bilan complet. Cela tombe bien, ce dernier est proposé gratuitement par l’Assurance Maladie. Il inclut des analyses biologiques, diagnostics dentaires, visuels, auditifs, cardiaques ou encore gynécologiques, le tout sans avance de frais. Pour en bénéficier, il vous suffit de prendre rendez-vous sur Doctolib, avec votre carte vitale à jour. Si vous êtes salariés, vous bénéficiez d’une mutuelle. Une fois à la retraite, celle-ci sera résiliée par votre employeur. Or les dépenses liées à la santé ont tendance à augmenter au fil des années et seule une partie est couverte par l’Assurance Maladie. Si vous êtes prévoyants et non-salariés, vous pouvez déjà souscrire à une mutuelle qui couvrira vos besoins pour les années à venir. Une fois à la retraite, en tant qu’ancien salarié, il vous faudra choisir une complémentaire santé adéquate. C’est un budget supplémentaire à prendre en compte mais souvent préconisé car il n’est jamais aisé d’avancer des frais de santé difficiles à prévoir. Environ six mois avant votre départ, commencez à organiser votre future couverture santé. À la retraite, votre mutuelle d’entreprise ne s’applique plus de la même façon, plusieurs solutions existent pour continuer à bénéficier d’une protection adaptée à vos besoins. Bien choisie, votre complémentaire santé vous permettra de faire face sereinement aux dépenses de santé.
Voici plusieurs solutions pour continuer à bénéficier d’une protection adaptée à vos besoins :
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- Régime d’accueil de votre entreprise: Certaines entreprises proposent un régime de couverture santé pour leurs retraités. Vérifiez auprès de votre employeur si vous pouvez en bénéficier après la fin de votre activité professionnelle.
- Le dispositif de Loi Evin: Qui impose aux entreprises de maintenir la couverture santé des salariés après leur départ à la retraite sous certaines conditions. Renseignez-vous sur les conditions spécifiques de cette loi auprès de votre employeur pour éviter toute surprise.
- Adhérer à une complémentaire santé individuelle: Dédiée aux retraités, avec des formules spécifiques et modulables. Souvent coûteuses, comparez les conditions de cette couverture (tarif, évolution, garanties…) avant votre départ en retraite afin d’éviter toute rupture de contrat, et un choix dans la précipitation.
7. Faire Sa Demande de Départ à la Retraite
- À sa caisse de retraite: Au fil des années, il est important de réunir tous les documents importants pour reconstituer votre carrière professionnelle. Il faudra aussi conserver tous les papiers transmis par votre caisse de retraite (dont le RIS évoqué plus haut, vérifié et rectifié). Ainsi, quatre à six mois avant la date de votre départ à la retraite, vous pourrez envoyer un dossier complet à votre caisse accompagné des pièces obligatoires : justificatif d’état civil, RIB et derniers avis d’imposition. Pensez aussi à y ajouter tous les documents concernant des aides ou droits spécifiques dont vous aurez pu bénéficier, ainsi que vos arrêts de travail et attestations France Travail. Avec la dématérialisation, il est possible aujourd’hui de faire votre demande en une seule fois sur le site Info retraite qui va la transmettre automatiquement à l’ensemble des régimes de base et complémentaires dont vous avez dépendu. Si vous effectuez votre demande en ligne, vous n'avez qu'une seule demande à faire pour l'ensemble de vos régimes de retraite, de base et complémentaires. Hors cas spécifiques, pour demander votre retraite, vous devez contacter le dernier régime auprès duquel vous avez cotisé. Une fois votre dossier traité, vous recevrez votre notification de retraite par courrier, qu'il vous faudra conserver précieusement. Le paiement de votre retraite intervient le 9 de chaque mois. Vous recevez la notification d’attribution de votre retraite. Gardez-la précieusement. Elle justifie de votre qualité de retraité(e) du régime général.
- À son employeur: Quelques semaines ou mois avant votre départ à la retraite, si vous êtes salarié, vous devez prévenir votre employeur. Les modalités dépendent généralement de votre convention collective ou de votre contrat de travail. Dans tous les cas, il est recommandé d’envoyer une lettre de notification à l’employeur avec accusé de réception. Le délai de préavis est en général de 1 à 2 mois. Vous devez informer votre employeur de votre projet de départ à la retraite, en privilégiant l'envoi par lettre recommandé avec accusé de réception. Si vous êtes au chômage, vous devez prévenir Pôle emploi de votre changement de situation. C'est à vous de déterminer votre date de départ à la retraite.
Les Différentes Options pour Partir Plus Tôt à la Retraite
Aujourd’hui en France, l’âge légal du départ en retraite s’élève à 62 ans et l’âge de la retraite à taux plein à 67 ans. Un horizon trop lointain pour bon nombre de salariés qui souhaitent se reposer, s’occuper d’un proche ou simplement profiter de la vie ! Selon une étude réalisée par Aviva, les Français considèrent que l’âge idéal pour prendre leur retraite est de 58 ans. Alors, que faire pour se rapprocher de cet objectif ?
Malheureusement, devenir rentier et arrêter de travailler à 40 ans n’est pas à la portée de tout le monde. Cependant, d’autres options existent pour partir plus tôt à la retraite quand on est cadre ou employé.
- Prendre sa retraite à l’âge légal de la retraite, mais avec une décote: Les salariés qui le souhaitent peuvent simplement décider de partir à la retraite à l’âge minimum de départ en retraite, c’est-à-dire à 62 ans. Cette option n’est néanmoins pas optimale pour tous. En effet, les individus qui n’ont pas cotisé suffisamment longtemps pour obtenir une retraite à taux plein (taux maximum) peuvent voir le montant de leur pension diminué définitivement (décote).
- Racheter des trimestres de cotisation à l’assurance retraite pour avancer l’âge de son départ: Vous souhaitez embrasser la vie de retraité avant 67 ans sans subir de décote, mais il vous manque des trimestres ? La solution : procéder au rachat des trimestres manquants afin d’accroître votre durée de cotisation et donc de partir plus tôt à la retraite sans réduire le montant de vos indemnités. Pour mettre en œuvre cette "astuce'', il vous faudra néanmoins débourser un certain montant, lequel dépendra notamment de votre âge et de votre niveau de rémunération. Ce point ne constitue cependant pas un obstacle infranchissage. En effet, le rachat de trimestres est déductible de votre revenu imposable et peut même être financé par votre employeur. Surtout, il vous faudra disposer de trimestres à racheter, par exemple au titre de vos années d’études supérieures, de vos stages ou encore de vos périodes d’expatriation à l’étranger. Si vous souhaitez partir à la retraite avant d’atteindre le taux plein, il est possible de racheter des trimestres. Seuls les trimestres liés aux études supérieures ou à des années incomplètes sont rachetables, dans la limite de 12 trimestres. Le rachat peut porter sur le taux seul ou sur le taux et la durée. Le coût varie selon : vos revenus des 3 dernières années, l’option choisie, votre âge au moment de la demande. Ce montant est entièrement déductible du revenu imposable, sans plafond. Pour 2 trimestres ou plus, le paiement peut s’échelonner sur 1 à 5 ans.
- Bénéficier du départ à la retraite anticipée pour carrière longue: Une large proportion de salariés peut bénéficier du dispositif de départ anticipé à la retraite. Ces derniers peuvent partir à la retraite avant l’âge légal, soit avant 62 ans, tout en profitant d’un taux plein, c'est-à-dire sans subir de décote sur le montant de leur pension de retraite. Cette solution concerne notamment les salariés qui ont effectué une longue carrière, autrement dit, ceux qui ont commencé à travailler à un jeune âge (avant 20 ans). Pour accéder à cette mesure, vous devez cependant avoir validé un nombre suffisant de trimestres avant l’âge légal du départ en retraite. Attention, ce nombre varie en fonction de votre année de naissance. Par ailleurs, pour profiter de ce dispositif de retraite anticipée pour carrière longue, il est nécessaire d’avoir cotisé durant au moins 5 trimestres avant la fin de l’année de vos 16 ans, pour un départ avant 60 ans, ou avant la fin de l’année de vos 20 ans, pour un départ avant 62 ans. Néanmoins, si vous êtes né en fin d’année (dernier trimestre), 4 trimestres cotisés suffisent ! Les salariés en situation de handicap et ceux subissant une incapacité permanente peuvent également prétendre à la retraite anticipée. La carrière longue permet de partir en retraite 2 ans avant l’âge réglementaire. Pour être éligible à la carrière longue, vous devez notamment avoir cotisé 5 trimestres avant la fin d’année de vos 21 ans (4 trimestres si vous êtes né(e) en octobre, novembre ou décembre). Si vous êtes en carrière longue, vous pouvez partir avant l’âge légal sans être soumis au malus AGIRC-ARRCO, à condition d’avoir validé un nombre minimum de trimestres. Sinon, un malus pourrait s’appliquer. Dans le cas où vous y êtes éligibles, prévoyez de faire votre demande de départ anticipé auprès de votre caisse de retraite au moins 8 mois avant votre date de départ en taux plein.
- Recourir au chômage jusqu’à l’âge de la retraite à taux plein: Vous ressentez le besoin de cesser votre activité professionnelle sans toutefois pouvoir bénéficier d’un dispositif de retraite anticipée ? Une option reste potentiellement ouverte : avoir recours à l’assurance chômage jusqu’à l’âge de votre retraite à taux plein. Dans le détail, au-delà de 55 ans, vous pouvez être indemnisé par Pôle Emploi pendant une durée pouvant aller jusqu’à 36 mois (trois ans). Cette période d’indemnisation peut néanmoins se poursuivre jusqu’à l’âge de votre retraite à taux plein (67 ans maximum). Pour cela, vous devez remplir les conditions requises pour bénéficier du maintien de vos droits, notamment avoir au moins 62 ans et ne pas avoir cotisé pendant un nombre suffisant de trimestres. Par ailleurs, en pratique, pour profiter de cette solution, vous devez être licencié ou négocier une rupture conventionnelle avec votre employeur.
- Opter pour la retraite progressive pour quitter la vie active à son rythme: Vous souhaitez lever le pied et commencer à profiter des joies de la retraite sans décrocher trop brutalement ? Pourquoi ne pas envisager la retraite progressive, également dénommée aménagement de fin de carrière ? Ce dispositif permet aux personnes de 60 ans et plus, ayant cotisé pendant au moins 150 trimestres, de diminuer leur temps de travail en cumulant emploi et retraite. Les personnes éligibles peuvent travailler à temps partiel (entre 40 et 80 % d’un temps complet) tout en percevant une partie de leur pension de retraite, et ce pendant une durée illimitée. Ainsi, un salarié bénéficiant, au titre de sa retraite progressive, d’un contrat à temps partiel de 40 % touchera 60 % de sa pension de retraite. Le petit plus ? Le fait de vous maintenir en poste vous permet de cotiser encore et d’améliorer le montant de votre future retraite !
- Utiliser son compte épargne temps (CET) pour partir plus tôt à la retraite: Vous arrivez à la fin de votre carrière et il vous reste des jours de congé sur votre compte épargne temps (CET) ? Pourquoi ne pas utiliser ces jours pour vous accorder un congé de fin de carrière ? L’avantage : vous continuez à toucher votre rémunération, à bénéficier des avantages sociaux proposés par votre employeur et à cotiser pour votre retraite sans avoir à vous rendre au travail jusqu’à la date de votre départ officiel. Cette solution vous est ouverte si votre société a mis en place un CET et si vous avez accumulé des jours de congé non pris au fil des années. Notez par ailleurs que votre employeur peut vous “offrir” des jours de congé supplémentaires via le mécanisme de l’abondement.
Préparer Sa Retraite, C'est Aussi Préparer Sa Vie
La préparation à la retraite ne se limite pas à l’argent. Anticipez ce nouveau rythme, réfléchissez à vos projets, vos envies et à la manière de rester actif et entouré. La retraite n’est pas seulement un arrêt professionnel, c’est une prochaine étape à remplir de sens et de projets. Quels sont vos rêves ou envies différés ? S’engager dans une association, donner des cours, aider une cause caritative… Le bénévolat offre un sentiment d’utilité et structure votre emploi du temps. Pour éviter l’isolement, il est crucial de cultiver votre réseau social : rejoignez des associations, des clubs de sport, des groupes de bénévoles ou simplement retrouvez régulièrement vos amis.
Les Erreurs à Éviter
- « J’ai le temps, je verrai plus tard. »: C’est l’erreur la plus coûteuse ! Plus vous tardez, plus rattraper le retard exige des efforts d’épargne importants.
- « À la retraite, je dépenserai moins. »: Loisirs, voyages, dépenses imprévues ou frais de santé, vos besoins peuvent être plus élevés que vous ne l’imaginez.
- Se concentrer sur un seul type de placement: Immobilier, assurance-vie, actions… Se concentrer sur un seul type de placement augmente le risque.
- Négliger les aspects administratifs: Des trimestres manquants ou des erreurs de calcul peuvent réduire significativement votre pension.
Ressources Utiles
Pour préparer sereinement votre retraite, le site officiel Info Retraite est votre allié. Enfin, vous pouvez effectuer en ligne vos procédures, comme la retraite progressive ou définitive, et suivre l’avancement de votre demande.
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