Le Canada, vaste pays aux paysages grandioses et à la culture riche, attire chaque année de nombreux étudiants internationaux, dont plus de 20 000 Français. Le Québec, en particulier, est une destination prisée grâce à son système éducatif de qualité et à un accord historique avec la France qui permet aux étudiants français de bénéficier de frais de scolarité réduits. Pour réussir son projet d'études au Canada, il est essentiel de comprendre le fonctionnement du système universitaire, notamment l'organisation des trimestres et les démarches à effectuer.
Aperçu du Système Universitaire Canadien
Les universités canadiennes, qu'elles soient petites avec quelques centaines d'étudiants ou grandes avec plus de 35 000, offrent une vaste gamme de programmes de premier cycle et des cycles supérieurs. Plus de 10 000 programmes de haute qualité sont disponibles. Un programme de baccalauréat dure généralement de trois à quatre ans, avec parfois une année supplémentaire pour les programmes de distinctions honorifiques. Les programmes de maîtrise durent généralement deux ans, tandis que les études doctorales se poursuivent pendant quatre à cinq ans. Certaines universités offrent également des programmes d'éducation, des diplômes et des certificats.
En plus des cours de formation, les universités canadiennes offrent généralement des services d'athlétisme, d'hébergement, de conseils, de bourses d'études, des ateliers de compétences et des services d'orientation de placement pour leurs étudiants. Les universités et les collèges universitaires au Canada sont presque toujours financés par l'État, avec des frais de scolarité plus ou moins élevés.
L'année scolaire s'étend de septembre à mai et est divisée en semestres ou en trimestres. Les programmes d'éducation universitaire au Canada sont généralement offerts en français ou en anglais. La maîtrise des deux langues n'est pas nécessaire pour aller à l'université. Les diplômes obtenus dans les universités au Canada ont le même mérite que ceux gagnés aux États-Unis ou dans d'autres pays du Commonwealth, comme l'Australie et le Royaume-Uni. Il est souvent possible pour un étudiant de poursuivre ses études qui ont été lancées dans un autre pays dans une école au Canada, et vice versa, selon l'université.
Les Sessions Universitaires au Québec
Au Québec, les universités divisent généralement l'année académique en trois sessions principales:
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- Session d'automne: Elle se déroule de fin août à décembre.
- Session d'hiver: Elle a lieu de janvier à fin avril.
- Session d'été: Plus courte, elle se déroule de mai à juin.
Cette division permet une certaine flexibilité dans le choix des cours et du rythme d'études. Un étudiant peut choisir de suivre des cours pendant les trois sessions ou de concentrer ses efforts sur les sessions d'automne et d'hiver.
Le Programme d’Échange Étudiant: Une Porte d'Entrée
Une excellente façon de découvrir le système universitaire canadien, et plus particulièrement québécois, est de participer à un programme d'échange étudiant. C'est d'ailleurs ainsi que beaucoup d'étudiants font leur première expérience au Canada. Ces programmes permettent aux étudiants d'une université étrangère de venir étudier dans une université canadienne pendant une session ou une année, tout en continuant à payer les frais de scolarité de leur université d'origine.
L'expérience d'un programme d'échange étudiant peut être très enrichissante, tant sur le plan académique que personnel. J'ai moi-même eu l'opportunité d'étudier à l'Uqàm (université du Québec à Montréal) dans le cadre d'un programme d'échange étudiant entre mon université française, l'université Paris-Nanterre, et l'Uqàm.
L'un des principaux avantages est le coût. On ne paie pas de frais de scolarité à l’université d’accueil. On paie des frais de scolarité à notre université française, et c’est tellement moins cher que les frais de scolarité exigés au Québec ou dans le reste du Canada ! Pour une année, hors frais de logement, livres et autres, vous paierez environ 400 euros. C’est un superbe plan !
De plus, le programme d’échange étudiant a été plus reposant que mes années précédentes en licence de droit. Cela, d’une part, parce que j’ai eu la possibilité de choisir mes cours ; d’autre part, parce qu’ici on a moins de cours par session. Fini les huit ou dix cours par trimestre ! On a un maximum de cinq cours par session. À titre d’exemple, pendant mon année, je n’ai eu que quatre cours à la session d’automne et quatre cours à la session d’hiver. Le fait d’avoir aussi peu de cours m’a laissé beaucoup de temps pour étudier, mais aussi pour découvrir Montréal et les villes canadiennes et américaines à proximité.
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Démarches Administratives pour un Échange Étudiant
Partir en échange étudiant demande de faire énormément de démarches administratives. Pourquoi ? Parce qu’on doit postuler au niveau de notre université et ensuite auprès de l’université d’accueil. Aussi, pendant un an, on a deux universités différentes, et on doit souvent - plutôt tout le temps - faire le lien entre les deux universités.
Tout d’abord, j’ai commencé par déposer mon dossier d’échange auprès de mon université française. Je devais remplir un formulaire en ligne dans lequel je pouvais faire cinq choix d’universités hors Europe, mais aussi fournir trois lettres de recommandations de chargés de cours ou professeurs en droit et des contrats d’études signés par une responsable de l’UFR de droit. Ensuite, il fallait attendre patiemment la décision du comité de sélection de Nanterre. La réponse tant attendue est arrivée en décembre. En décembre 2014 (oui, je sais cela commence à faire longtemps !), je savais que j’avais été choisie par mon université pour partir au Canada.
Cette étape était plus simple mais plus longue. En effet, il fallait remplir le dossier d’admission de l’université d’accueil et le renvoyer. Ensuite, il fallait tout simplement attendre la décision de l’université d’accueil. Dans mon cas, ma lettre d’acceptation finale est arrivée vers fin mai alors que mon dossier avait été envoyé en janvier. Je me rappelle encore de ce jour. Je revenais de l’Université Nanterre, et j’étais justement allée voir la responsable des affaires internationales pour lui demander pourquoi je n’avais pas de nouvelles. Très clairement, j’étais morte d’inquiétude, et ce, pour rien bien évidemment! Morale de l’histoire : Si vous n’avez pas de nouvelles rapidement, il ne faut pas s’inquiéter. Si votre université vous a choisi il n’y a aucune raison que l’université d’accueil vous refuse.
La dernière étape s’est déroulée pendant le programme d’échange. Je devais toujours garder contact avec mon université française. Voilà comment cela se passait en 2014-2016 dans mon université. Pour des informations plus exactes sur les procédures, il faut vraiment aller voir les services internationaux de votre université.
Exigences de Visa pour les Échanges de Courte Durée
Quand on part dans le cadre d’un programme d’échange de moins de six mois, il n’est pas nécessaire de faire de demande de certificat d’acceptation du Québec (CAQ) et de permis d’étude au fédéral. En fai, on évite des heures et des heures passées la tête plongée dans des formulaires divers et variés d’immigration.
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Candidature Directe dans une Université Canadienne
Si vous ne pouvez pas participer à un programme d'échange, vous pouvez toujours postuler directement à une université canadienne. Cette option demande une préparation plus importante, notamment en ce qui concerne les frais de scolarité et les démarches administratives.
Processus d'Admission
La demande d’admission est relativement simple à faire, car les instructions sont vraiment claires. Il faut faire trois choix de programmes maximum au niveau du 1er cycle (licence) ; au niveau maîtrise, c’est seulement deux choix de programmes. Les choix doivent être placés en ordre de préférence, parce qu’une fois que le registrariat émet une offre d’admission, les autres demandes inférieures sont fermées. Par exemple, lors de ma demande d’admission à l’Udem, j’avais fait trois choix au niveau du 1er cycle, le 1er choix était le baccalauréat en droit, le deuxième était un baccalauréat en relations internationales et le dernier un certificat en droit. Lorsque j’ai reçu l’acceptation pour le baccalauréat en droit, mes deux autres demandes ont été fermées.
Contrairement à la France ou au Royaume-Uni, il n’existe pas de système d’admission centralisée (Parcoursup, UCAS etc). Les critères d’admission au Québec portent uniquement sur les notes obtenues en seconde, première et sur le premier trimestre de terminale. En résumé, postuler au Québec ne s’improvise pas, et cela nécessite une connaissance parfaite du système universitaire et de ses établissements.
Chaque université canadienne dispose d’un espace dédié sur leur portail internet déterminant les dates clés pour les futurs étudiants en programme Undergraduate, Postgraduate, ou même par programme si des spécificités existent. De plus, les universités proposent aussi un niveau d’information différent d’un établissement à l’autre. Une bonne partie offre ainsi des informations particulièrement exhaustives, alors qu’une minorité rentre peu dans les détails. Attention cependant, il s’agit de dates globales données à titre indicatif. Il vous permettra de postuler et d’envoyer l’ensemble des documents requis dans les temps, tout en vous assurant de respecter les délais en cas de demande de bourse d’études. Ouverture des portails d’inscription afin de postuler aux formations des différentes universités au Canada. La date d’ouverture peut varier d’un établissement à l’autre.
La sélection pour intégrer un collège ou une université au Canada se fait sur dossier. Chaque établissement établit ses propres critères d’admission et d’évaluation. Pour multiplier vos chances, il est conseillé de postuler à plusieurs établissements. Mais attention ! Lorsque vous aurez sélectionné le/les établissements et le/les programmes qui vous plaisent, vous accèderez au formulaire en ligne de demande d’admission (soit directement sur le site de l’établissement soit sur un site qui centralise les demandes pour une province en particulier).
Vous devez également fournir les résultats d’un test de langue (anglais et/ou français) afin de justifier votre niveau de maîtrise de la langue dans laquelle vous allez étudier. Seuls certains examens d’évaluation sont validés par les établissements canadiens (TOEFL, IELTS, CAEL pour l’anglais). Vous devez désormais patienter jusqu’à la réception de la réponse à votre demande d’admission.
Frais de Scolarité et Budget
Le prix de la scolarité! Eh oui! oubliez les 400 euros du programme d’échange. Une session pour des étudiants de 1er cycle (licence) coûte environ 4 000 dollars canadiens (2 600 euros). Je paie donc 8 000 dollars (5 200 euros) pour une année scolaire. C’est un budget conséquent, d’autant plus qu’il n’inclut pas les livres, qui sont aussi très chers. Par exemple, j’ai déjà payé environ 300 dollars (198 euros) pour les livres obligatoires d’une seule session! Ce qui est énorme. Toutefois, en tant qu’étudiant français, on a un tarif avantageux pour nos frais de scolarité, car les autres étudiants étrangers paient environ 20 000 dollars (13 200 euros) l’année.
Il est donc essentiel de prévoir un budget conséquent pour les frais de scolarité, le logement, la nourriture, les transports et les autres dépenses courantes. Heureusement, il existe des bourses et des aides financières pour les étudiants étrangers.
Visa et Permis d'Études
Pour étudier au Canada pendant plus de six mois, il est nécessaire d'obtenir un permis d'études. Pour obtenir ce document, il faut au préalable être en possession du CAQ. Le permis d’études est délivré par le Bureau Canadien des Visas (BCV). Coût : 150 $ CAN. Pour obtenir ce dernier, vous devrez fournir vos données biométriques. Retrouvez ici les étapes à suivre pour effectuer cette démarche. Vous devrez pour cela vous rendre dans un Centre de Réception des Demandes de Visa (CRDV), à Paris ou Lyon. Attention, les délais de traitement de ces différentes demandes peuvent varier selon le moment de l’année et l’ambassade et prendre jusqu’à 12 semaines.
La Vie Étudiante au Canada
Être un étudiant au Canada, c'est bien plus que suivre des cours. C'est aussi l'occasion de s'immerger dans une nouvelle culture, de rencontrer des gens du monde entier et de profiter des nombreuses activités et services offerts par les universités.
Engagement Universitaire
On est vraiment un étudiant de l’université. En effet, on peut participer à toutes les activités et on a droit à tous les services universitaires. En fait, en tant qu’étudiant en échange, très clairement il y a certains services dont on ne peut pas bénéficier car on ne paie pas de frais de scolarité. C’est totalement normal et logique. Je dirais aussi qu’on développe un sentiment d’appartenance très fort à notre université. On est étudiant d’une université et on en est véritablement fier. C’est notre Alma Mater! D’ailleurs, c’est pour cela qu’on n’hésite pas à acheter des chandails à des prix clairement exorbitants juste parce qu’il y a marqué le nom de notre université ou encore la devise de notre faculté « Pro Jure Patrio Stamus » ( Nous prenons partie pour notre droit), ou encore des agendas, mugs et autres.
Opportunités de Travail
En effet au Québec et au Canada de manière générale, il est possible de travailler légalement sur le territoire autant de temps que l’on a étudié dans une limite de trois ans. Ainsi, un étudiant qui valide un Bachelor’s degree peut, à la fin de ses études, travailler à plein temps durant 3 années sur le territoire.
Programmes Post-Diplôme
Plus sérieusement, si vous voulez rester au Canada après vos études, il y a des programmes spécialement dédiés aux étudiants étrangers diplômés ici, notamment le programme de visa post-diplôme, qui permet aux étudiants étrangers d’obtenir un visa de travail d’une durée semblable à leur diplôme. Encore une fois, le site du CIC sera votre meilleur ami ! Aussi, pour les personnes qui veulent spécialement rester au Québec, il y a aussi des programmes spécifiques pour étudiants étrangers.
Conseils et Recommandations
- Bien se renseigner: Il est important de bien se renseigner sur chacun des ces établissements pour être sûr de faire le meilleur choix.
- Anticiper les démarches: Partir étudier au Canada demande une organisation qui prend du temps. Elle est fixée par chaque établissement et peut varier et/ou être rallongée en fonction des programmes. Renseignez-vous directement auprès des établissements que vous souhaitez intégrer.
- Explorer les options d'échange: Je conseille vraiment de commencer par un échange étudiant, si possible. En effet, c’est un moyen de voir si on aime le Canada, le Québec, Montréal, et surtout si on supporte le long hiver.
- Ne pas hésiter à se lancer: Si vous ne pouvez pas faire d’échange, c’est un pari un peu plus risqué de partir à l’aventure, mais si vous êtes sûr de vous, FONCEZ !
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