Les suppositoires à l’eucalyptus sont souvent utilisés pour soulager la toux et les voies respiratoires encombrées, chez l’adulte comme chez l’enfant selon les formulations. Ils associent généralement l’eucalyptus à d’autres actifs comme les terpènes, la térébenthine ou le camphre pour une action locale et respiratoire. Cependant, l'utilisation de suppositoires à l'eucalyptus chez les nourrissons et les jeunes enfants soulève des préoccupations en raison des risques potentiels associés aux dérivés terpéniques qu'ils contiennent. Cet article vise à informer les parents et les soignants sur les dangers potentiels de ces suppositoires et à proposer des alternatives plus sûres pour soulager la toux et la congestion chez les nourrissons.
Composition et mécanisme d'action
Avant d’utiliser un suppositoire à base d’eucalyptus, il est essentiel de savoir ce qu’il contient et ce que l’on peut en attendre. Cette forme galénique particulière agit différemment des sirops ou des inhalations, avec ses propres avantages et limites. Un suppositoire à l’eucalyptus libère progressivement des substances aromatiques qui passent dans la circulation sanguine via la muqueuse rectale. Cette voie d’administration permet une absorption rapide, sans passage par le système digestif. L’objectif principal est de faciliter l’expectoration en rendant les mucosités moins épaisses. Cette action aide à calmer la toux grasse, celle qui s’accompagne de glaires. Les patients ressentent généralement une amélioration du confort respiratoire, particulièrement appréciable la nuit quand la toux perturbe le sommeil. Il faut toutefois garder à l’esprit que ce type de traitement soulage les symptômes sans traiter la cause de l’infection.
Risques et dangers pour les nourrissons
Les suppositoires contenant des dérivés terpéniques (menthol, huiles essentielles d'aiguille de pin, eucalyptus, térébenthine, camphre, cinéole, niaouli, thym sauvage, terpinol, terpine, citral, menthol) sont indiqués dans le traitement d'appoint des affections bronchiques aiguës bénignes et des congestions nasales. Or ces produits ont été associés à des complications neurologiques (convulsions, somnolence, agitation) en particulier chez l'enfant, en raison de l'immaturité du système nerveux central. L'âge de l'enfant et des antécédents d'épilepsie ou de convulsion fébrile ont été identifiés comme étant des facteurs de risque de troubles neurologiques.
En novembre 2011, les autorités sanitaires ont décidé de contre-indiquer les suppositoires contenant des dérivés terpéniques chez les enfants de moins de 30 mois. Ces suppositoires sont également contre-indiqués chez les enfants ayant des antécédents de convulsion fébrile ou d’épilepsie quel que soit l’âge, rappelle l’Afssaps. En cas de non respect des doses préconisées: risque de convulsions (liés à la présence de dérivés terpéniques).
Les dérivés terpéniques (incluant le camphre, le cinéole, le niaouli, le thym sauvage, le terpinol, la terpine, le citral, le menthol, les huiles essentielles d'aiguille de pin, d'eucalyptus et de térébenthine) sont notamment utilisés dans le traitement d'appoint d'affections bronchiques aiguës bénignes.
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Contre-indications
Les suppositoires à l’eucalyptus sont formellement contre-indiqués chez les nourrissons de moins de 30 mois, en raison du risque de convulsions lié aux dérivés terpéniques. Les enfants ayant présenté des antécédents de convulsions fébriles ou souffrant d’épilepsie ne doivent pas recevoir ce type de traitement sans avis médical. En cas de fissure anale, d’hémorroïdes inflammatoires ou de rectite, l’insertion d’un suppositoire peut aggraver la douleur et les lésions locales.
Contre-indicationsHypersensibilité à l'un des constituants. Liées à la voie d'administration : antécédents récents de lésions anorectales. - Cette spécialité contient des dérivés terpéniques (eucalyptus) qui peuvent entraîner, à doses excessives, des accidents neurologiques à type de convulsions chez le nourrisson et chez l'enfant.
Effets secondaires possibles
Les effets indésirables les plus fréquents sont locaux : irritation rectale, sensation de brûlure, démangeaisons ou inconfort après l’insertion. Plus rarement, des réactions allergiques cutanées peuvent survenir, avec apparition de rougeurs, d’urticaire ou de démangeaisons étendues. Des troubles digestifs comme des nausées, des douleurs abdominales ou une diarrhée ont également été rapportés.
Les signes d’alerte nécessitant un arrêt immédiat et une consultation en urgence incluent l’apparition de convulsions, de difficultés respiratoires importantes, de réactions cutanées étendues type érythème ou œdème, ou de troubles de la conscience.
Alternatives plus sûres pour les nourrissons
Si vous ou votre enfant ne tolérez pas l’eucalyptus, plusieurs alternatives existent pour soulager la toux et le rhume. Les lavages de nez au sérum physiologique restent la mesure de première intention, particulièrement efficaces chez le nourrisson et le jeune enfant. Certains sirops à base de carbocistéine ou d’acétylcystéine aident à fluidifier les sécrétions bronchiques sans recourir aux dérivés terpéniques. Les inhalations humides, avec de la vapeur d’eau pure ou additionnée de sérum physiologique, peuvent apporter un réel confort.
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Des mesures simples mais efficaces incluent l’humidification de l’air ambiant avec un humidificateur, une hydratation abondante par voie orale, le fractionnement des repas en cas de toux gênant l’alimentation, et le repos.
Lavages de nez au sérum physiologique
Les lavages de nez au sérum physiologique restent la mesure de première intention, particulièrement efficaces chez le nourrisson et le jeune enfant.
Humidification de l'air
Des mesures simples mais efficaces incluent l’humidification de l’air ambiant avec un humidificateur.
Hydratation abondante
Une hydratation abondante par voie orale est également recommandée.
Quand consulter un médecin
Si les symptômes respiratoires persistent au-delà de cinq jours malgré le traitement, une consultation médicale s’impose. L’apparition d’un essoufflement, de douleurs thoraciques, de sifflements respiratoires ou d’une fatigue intense doit alerter. Chez le nourrisson et le jeune enfant, la moindre difficulté respiratoire importante impose d’appeler un médecin ou le 15 sans attendre. Les signes de gravité incluent un battement des ailes du nez, un tirage intercostal, une coloration bleutée des lèvres, un refus de boire ou une altération de l’état général.
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