L'induction du travail, ou déclenchement artificiel de l'accouchement, est une intervention médicale visant à initier le processus de l'accouchement lorsque celui-ci ne démarre pas spontanément. Plusieurs méthodes existent pour déclencher le travail, allant des approches mécaniques aux interventions pharmacologiques. Parmi ces dernières, l'utilisation de suppositoires contenant des prostaglandines est parfois envisagée. Cet article explore les indications potentielles et les considérations importantes relatives à l'utilisation de suppositoires pour déclencher l'accouchement.
Indication et méthodes de déclenchement
Le déclenchement du travail peut être envisagé lorsque le terme de la grossesse est dépassé, généralement à partir de 41 semaines d'aménorrhée, à condition que le col soit favorable et après avoir informé la femme enceinte et obtenu son accord. Il peut également être indiqué en cas de rupture prématurée de la poche des eaux, de certaines complications maternelles ou fœtales, ou sur demande de la patiente, sous certaines conditions.
Plusieurs méthodes sont disponibles pour déclencher le travail, notamment :
- Prostaglandines: Administration intravaginale de gel de prostaglandines (E2) ou utilisation d'un tampon vaginal (PropessⓇ) contenant des prostaglandines.
- Ocytocine: Perfusion intraveineuse d'ocytocine associée à une rupture artificielle de la poche des eaux.
- Méthodes mécaniques: Utilisation d'un ballonnet inséré dans le col utérin ou décollement des membranes.
Le choix de la méthode dépend de l'état du col utérin, des antécédents médicaux de la patiente et des préférences de l'équipe médicale.
Le rôle des prostaglandines
Les prostaglandines jouent un rôle essentiel dans la maturation cervicale, un processus qui prépare le col de l'utérus à l'accouchement. Elles favorisent la relaxation des fibres musculaires lisses du col, ce qui entraîne son ramollissement, son raccourcissement et sa dilatation. Elles stimulent aussi les contractions utérines. L'utilisation de prostaglandines E2 est préférable à l'utilisation de l'ocytocine pour le déclenchement du travail quand le col est immature.
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Utilisation de PROFENID (kétoprofène) et risques associés
Il est crucial de noter que certains suppositoires, comme PROFENID 100 mg, contiennent du kétoprofène, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS). L'utilisation de PROFENID est formellement contre-indiquée à partir du 6ème mois de grossesse (24 semaines d'aménorrhée) en raison des risques graves pour le fœtus et le nouveau-né.
PROFENID 100 mg, suppositoire expose à un risque de mort fœtale même après une seule prise en raison de sa toxicité cardio-pulmonaire (constriction du canal artériel et de la survenue d'un oligoamnios, voir rubrique Contre-indications).
PROFENID 100 mg, suppositoire expose également le nouveau-né à un risque d'atteinte rénale (insuffisance rénale), de fermeture prématurée du canal artériel et d'hypertension pulmonaire, voir rubrique Fertilité/Grossesse/Allaitement).
Même avant 24 semaines d'aménorrhée, PROFENID ne doit être prescrit qu'en cas de nécessité absolue.
Effets secondaires et précautions générales liés aux AINS
Outre les risques spécifiques associés à PROFENID en fin de grossesse, il est important de considérer les effets secondaires potentiels des AINS en général.
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- Risques gastro-intestinaux: Les AINS peuvent provoquer des hémorragies, des ulcérations ou des perforations gastro-intestinales, parfois fatales. Le risque est accru chez les patients ayant des antécédents d'ulcère, les sujets âgés et les personnes de faible poids corporel.
- Risques cardiovasculaires: L'utilisation prolongée d'AINS, surtout à dose élevée, peut être associée à une légère augmentation du risque d'événements thrombotiques artériels, tels qu'un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral.
- Risques rénaux: Les AINS peuvent provoquer une insuffisance rénale fonctionnelle en inhibant l'action vasodilatatrice des prostaglandines rénales.
- Réactions cutanées: Des réactions cutanées graves, parfois fatales, telles que des dermatites exfoliatives, des syndromes de Stevens-Johnson et des syndromes de Lyell, ont été très rarement rapportées.
- Autres précautions: Les AINS peuvent masquer les symptômes d'une infection, altérer la fertilité féminine et interagir avec d'autres médicaments.
Utilisation de PROPESS
PROPESS est un système de diffusion vaginal contenant de la dinoprostone (prostaglandine E2). Il est utilisé pour la maturation cervicale chez les femmes enceintes à terme. PROPESS doit être administré dans un hôpital ou une clinique disposant d'unités obstétriques spécialisées et d'installations permettant une surveillance fœtale et utérine continue.
Précautions et contre-indications de PROPESS
PROPESS ne doit être administré qu’au sein d’hôpitaux et cliniques disposant d’unités obstétriques spécialisées et dotées d'installations permettant une surveillance fœtale et utérine continue.
Quelques cas de rupture utérine ont été rapportés en association avec l’utilisation de PROPESS principalement chez les patientes présentant une contre-indication au produit (voir rubrique 4.3).
Les femmes âgées de 35 ans et plus, les femmes ayant rencontré des complications durant leur grossesse tels qu’un diabète gestationnel, une hypertension artérielle ou une hypothyroïdie, ou dont l’âge gestationnel de la grossesse est supérieur à 40 semaines ont un plus grand risque de développer une Coagulation Intravasculaire Disséminée (CIVD).
Contre-indications générales
Le tampon sera contre-indiqué chez les patientes ayant déjà eu une césarienne. Dans ce cas, les prostaglandines - hormones présentes dans le tampon - ne sont pas recommandées. Elles peuvent augmenter le risque de rupture de la poche utérine et rouvrir la cicatrice de la césarienne.
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Surveillance et gestion du travail
Quel que soit la méthode de déclenchement utilisée, une surveillance attentive de la mère et du fœtus est essentielle. Cela comprend la surveillance continue du rythme cardiaque fœtal et des contractions utérines. En cas de contractions excessives ou de signes de détresse fœtale, des mesures appropriées, telles que l'arrêt de l'ocytocine ou la réalisation d'une césarienne, doivent être prises. L'utilisation des prostaglandines E2 en application vaginale nécessite un monitorage fœtal continu pendant au moins 2 heures.
Alternatives aux suppositoires
Il existe d'autres méthodes pour favoriser le travail lorsque les contractions utérines peinent à venir au terme de la grossesse, dont celle du tampon. Pour maturer le col, plusieurs procédures sont présentées aux jeunes mamans, en fonction de leur état de santé et de leurs antécédents :
- la prise de Misoprostol par voie orale : comme le tampon, ce médicament contient de la prostaglandine.
- le ballonnet : placé au-dessus du col, le ballonnet est une petite sphère souple qui agit de façon mécanique et naturelle. Gonflé avec de l’eau, il entre en contact avec les membranes.
- le décollement des membranes : c’est une méthode mécanique comme le ballonnet qui consiste à décoller les membranes lorsque le col est perméable. « Ce procédé consiste à passer le doigt entre l’utérus et la poche des eaux pour décoller les membranes en regard du col, ce qui va permettre de libérer des hormones favorisant les contractions », stipule le Dr Emmanuelle Cohen.
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