L'allaitement maternel est un processus naturel et bénéfique tant pour la mère que pour l'enfant. Cependant, il arrive parfois que la production de lait diminue, suscitant des inquiétudes chez les jeunes mamans. Cet article a pour but de fournir des conseils pratiques et des solutions éprouvées pour stimuler la lactation et assurer un allaitement serein et réussi.
Comprendre la Lactation et ses Défis
L’allaitement n’est pas une science exacte, mais plutôt une savante alchimie entre une mère et son bébé, soumise aux aléas de l’environnement, du corps et des émotions de l’un ou de l’autre. La baisse de lactation est un phénomène fréquent, constituant même la deuxième cause d’arrêt précoce de l’allaitement. Cette diminution de la production lactée peut être due à divers facteurs, notamment le stress, la fatigue, un espacement trop long entre les tétées, ou une succion inefficace du bébé.
La Loi de l'Offre et de la Demande
Le corps de la mère répond à la loi de l’offre et de la demande. Plus le sein est drainé, plus il produit du lait. Moins il est drainé, de façon régulière et efficace, moins il produit. La maman ressent alors une diminution de sa production. Cela peut se traduire par des bébés dont la courbe de poids chute, qui s’agitent au sein ou qui ne décrochent jamais du sein. Heureusement, si la situation est prise en charge suffisamment tôt, le problème peut être temporaire et rapidement résolu.
La Peur des Seins "Vides"
Bien souvent notre première réaction en cas de baisse de lactation est de penser que la source est tarie, que l’on n’a plus de lait… Inutile de culpabiliser, c’est inexact : le sein lactant n’est jamais réellement vide, et il est possible de refaire partir cette belle machine !
Stratégies pour Relancer la Lactation
Il existe plusieurs stratégies efficaces pour stimuler la lactation et augmenter la production de lait maternel.
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1. Repos et Contact avec Bébé
Mon premier conseil aux mamans qui subissent une baisse de lactation : si possible, reposez-vous au maximum ! De l’aide extérieure peut être la bienvenue pour soulager la charge mentale et/ou physique qui peut peser. En effet, le stress et la fatigue peuvent avoir un impact négatif sur la lactation : le corps produit alors moins d’ocytocine qui est une hormone indispensable au bon fonctionnement de l’allaitement.
Détendez-vous et favorisez le contact physique avec votre bébé (câlins, peau à peau). Proposez-lui le sein aussi souvent que possible, partout, tout le temps, autant que bébé le souhaite, y compris la nuit. Plus le sein sera drainé, plus il produira du lait.
Le contact direct entre la peau de la mère et celle du bébé favorise la libération de prolactine et d’ocytocine, deux hormones indispensables à la lactation. Il procure également un sentiment de sécurité à votre tout-petit et facilite l’éjection du lait. Si vous souhaitez en profiter pour stimuler la lactation, installez votre bébé en couche contre votre poitrine nue, bien au chaud sous une couverture. Vous allez ainsi renforcer le lien entre vous et favoriser une mise au sein plus intuitive. Cela dit, le simple fait de garder votre bébé blotti contre vous, sans forcément le déshabiller, offre déjà des bénéfices similaires tout en évitant de le manipuler trop souvent ! Plus que le peau-à-peau en lui-même, c’est la proximité avec votre enfant qui importe : elle vous permet de mieux percevoir ses signaux d’éveil et d’y répondre rapidement, parfois même avant qu’il ne pleure.
2. Le Tire-Lait et le Power Pumping
Pour en finir avec une baisse de lactation, on recommande de proposer des tétées fréquentes et/ou d’augmenter les stimulations à l’aide d’un tire-lait. On peut le choisir électrique et/ou à double pompage pour plus d’efficacité. L’essentiel est de trouver celui qui répond à ses besoins.
On appelle “power pumping” la méthode qui consiste à booster sa lactation à l’aide d’un tire-lait. À l’origine, elle a été pensée pour les mamans de prématurés ne pouvant pas allaiter au sein et qui, au bout de plusieurs semaines, faisaient face à une baisse de lactation. Pendant une heure, tirez votre lait toutes les 20 minutes. Il est possible de le faire 1 à 2 fois par jour. Dans les deux cas, le power pumping doit être occasionnel et se faire au maximum sur 2-3 jours. Trouver rapidement la cause de la baisse de lactation et faire un point avec un professionnel formé permettra de choisir la méthode la plus adaptée pour augmenter sa lactation.
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3. Alimentation et Hydratation
L’alimentation a un rôle important dans la vie d’une jeune maman et d’autant plus pendant la période de l’allaitement où les dépenses caloriques sont plus élevées. Ne cherchez pas à vous mettre au régime pendant cette période et misez plutôt sur une alimentation riche et variée, sans oublier la notion de plaisir, ainsi qu’une bonne hydratation qui vous aideront à récupérer et à garder la forme.
Vos besoins augmentent de 500 à 600 calories par jour en moyenne pendant l'allaitement. Si besoin, demandez conseil à un professionnel de santé pour savoir comment ajuster votre alimentation.
N'oubliez pas d'avoir toujours un verre d’eau à proximité pour étancher cette soif. Contrairement à l’idée reçue, boire en grande quantité ne va pas permettre une lactation plus importante. Il n’y a aucun lien entre les deux. Dans le même ordre d’idée la croyance selon laquelle il faut boire du lait pour produire du lait est fausse !
4. Aliments Galactogènes
Certains aliments sont réputés pour donner un petit coup de pouce à la production de lait. Parmi ceux à glisser dans votre assiette pour stimuler la lactation, on retrouve :
- Le fenouil : connu depuis des siècles pour favoriser la lactation, il peut être consommé en tisane, en salade ou même cuit dans des plats réconfortants. En prime, il aide aussi à soulager les coliques de votre bébé !
- Les flocons d’avoine : riches en fer et en fibres, ils boostent l’énergie et participent à une bonne production de lait. En porridge, en galette ou dans des biscuits maison, c’est un allié gourmand et efficace.
- Les amandes (et autres oléagineux) : pleines de bons gras et de protéines, elles sont parfaites en snack ou en lait végétal pour soutenir votre lactation tout en vous apportant un maximum d’énergie.
Il existe également des aliments, herbes et plantes qui seraient capables de stimuler la lactation. Les fruits oléagineux soutiendraient de façon efficace la montée de lait maternel. Vous pouvez donc en consommer régulièrement, ils sont d’ailleurs très faciles à emporter pour vos collations. Le malt d’orge, du fait de sa composition en pectines (beta-glucane) a pour effet de stimuler la production de lait par le biais de la sécrétion de la prolactine. Bien connu de nos grand-mères, la levure de bière peut également jouer un rôle pour booster votre lactation. La levure de bière regorge de vitamines et minéraux pour vous aider à lutter contre la fatigue et retrouver de l’énergie. Elle peut ainsi vous aider à produire plus de lait. Très utilisé dans la médecine ayurvédique, la médecine traditionnelles Indienne. On peut l’utiliser en graines ou en poudre. Riche en fer et en magnesium, en potassium, le cumin est antalgique et anti-inflammatoire, il aurait un effet positif sur la lactation. On retrouve d’ailleurs souvent l’association du fenouil, de l’anis et du cumin dans les tisanes d’allaitement. Cette association aide également à soulager les douleurs liées aux coliques du nourrisson. On le retrouve dans de nombreuses recette de boisson d’allaitement, car il stimule la production d’œstrogènes et de prolactine. Le mieux est de l’associer avec d’autres plantes galactogènes comme l’anis. Il apaise également les coliques et facilite la digestion. Il peut être consommé très simplement en tisanes une fois broyé. D’un point de vue nutritionnel, il vous apportera calcium, vitamine C et flavonoïdes qui sont des antioxydants. Autre plante méditerranéenne, le fenugrec est utilisé dans de nombreux pays en cuisine pour ses propriétés nutritionnelles, notamment sa richesse en vitamines et minéraux. On le trouve en graines, en poudre ou encore en gouttes. Tout comme le fenouil, on retrouve beaucoup l’anis dans les tisanes d’allaitement. Le moringa est une plante qui pousse dans les régions sub-himalayennes et dans les tropiques. Dans certaines cultures, différentes parties de la plante sont cuisinées ou séchées et consommées en tant qu’aliments, ou transformées en médicaments pour traiter une variété de pathologies. Sa consommation est recommandée en cas d’anémie (carence en fer), ou de diabète. Ajoutez une cuillère a café de poudre par jour, voire deux, à votre alimentation: dans une boisson, un jus frais, un lait froid ou chaud, dans une vinaigrette, mélanger à une sauce. Cette plante porte son nom en hommage à la Vierge Marie, elle est utilisée depuis longtemps en Europe. Les premiers chrétiens croyaient que les nervures blanches sur les feuilles étaient le symbole de son lait. L'ortie est riche en vitamines et minéraux, ce qui en fait une excellente plante pour soutenir la santé générale et la lactation. Aussi connue sous le nom de rue des chèvres, est une plante traditionnellement utilisée pour stimuler la production de lait. Le basilic, utilisé frais ou séché, peut être ajouté à vos repas ou consommé en tisane.
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5. Tisanes d'Allaitement
On peut aussi consommer des tisanes d’allaitement (à base de fenouil, anis vert, moringa) pour soutenir la lactation en deuxième intention. Cette astuce de grand-mère a fait ses preuves, à condition d’en boire plusieurs tisanes par jour. On trouve ces tisanes en pharmacie, dans les magasins bio ou en vente sur internet. Plus économique, la tisane d’allaitement faite « maison » est aussi une excellente alternative. La recette est très simple : mélangez du fenouil, du cumin, du fenugrec, du chardon-marie et de l’anis étoilé dans de l’eau chaude.
6. Allaitement à la Demande
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un allaitement exclusif à la demande durant les 6 premiers mois, avec une fréquence moyenne de 8 à 12 tétées par jour, y compris la nuit. Pour stimuler la lactation, l’allaitement à la demande est essentiel. En moyenne, les nourrissons tètent 11 fois par jour (+/- 3 tétées), avec des écarts allant de 6 à 18 tétées sur 24 heures. Un rythme qui peut surprendre mais qui est totalement physiologique ! N’hésitez pas à proposer le sein dès que votre bébé manifeste des signes d’éveil, même s’il est encore somnolent. Beaucoup de nourrissons commencent à téter instinctivement tout en gardant les yeux fermés, simplement parce qu’ils sont placés au sein au bon moment. Vous pouvez aussi observer certains signaux précoces : petits gémissements, mouvements de succion, recherche du sein ou doigts portés à la bouche.
7. Technique de Compression du Sein
Lorsqu’un nourrisson tète, il ne se contente pas seulement de se nourrir : il vient stimuler la lactation. Cependant, certains bébés peuvent s’endormir rapidement au sein, notamment lorsque le débit de lait est faible ! Pour favoriser un écoulement constant et éviter qu’il ne se lasse trop vite, la compression du sein est une technique efficace. Elle consiste à exercer une pression douce mais ferme avec les doigts pour encourager la succion active et prolonger la tétée.
8. Eviter les Erreurs Communes
Maintenant que vous savez comment stimuler la lactation, il faut aussi connaître les erreurs à éviter !
- Des tétées trop espacées : l’allaitement fonctionne sur le principe de l’offre et de la demande. Moins votre bébé tète, moins votre corps produit de lait. Un espacement trop important des tétées peut donc entraîner une diminution progressive de la production.
- Une succion inefficace : si votre enfant ne prend pas bien le sein ou s’il a une succion faible, il ne stimule pas correctement la lactation. Une prise du sein efficace et les bonnes positions d’allaitement sont donc essentiels.
- L’introduction précoce du biberon : proposer un biberon trop tôt dans le cadre d’un allaitement mixte, c’est-à-dire avant que l’allaitement ne soit bien établi, peut réduire la stimulation du sein. Votre corps reçoit alors le signal qu’il doit produire moins de lait.
Comment Savoir si Bébé Reçoit Assez de Lait ?
Il est difficile de mesurer précisément votre production de lait, et il est bien plus fiable d’observer les signes montrant que votre bébé boit suffisamment. Voici quelques repères à garder en tête avant de chercher à stimuler l’allaitement :
- Une prise de poids régulière : un bébé bien nourri reprend du poids après les premiers jours de vie. Il est normal qu’il perde jusqu’à 7 % de son poids de naissance, mais il devrait retrouver ce poids d’ici 2 semaines environ. Une prise de poids constante par la suite est un bon indicateur d’une alimentation adaptée.
- Un bon nombre de couches mouillées et de selles : les couches sont un excellent baromètre de l’hydratation de votre enfant. Vous devriez voir au moins 6 couches mouillées par jour, avec une urine de couleur jaune pâle (pas foncée ni orange). Également, 3 à 4 selles molles et jaunâtres après les premiers jours. Au début, elles sont noirâtres et collantes (le méconium) avant de s’éclaircir.
- Un rythme de tétées adapté : un nouveau-né réclame généralement 8 à 12 tétées par jour, soit environ toutes les 2 à 3 heures. Ce rythme peut s’intensifier lors des poussées de croissance.
- Un bébé apaisé après la tétée : un nourrisson rassasié se détend après la tétée (ses bras se relâchent, ses mains s’ouvrent). À l’inverse, s’il a encore faim, ses poings restent serrés et il cherche à sucer ses doigts.
- Un comportement serein entre les repas : s’il semble éveillé, actif et apaisé après les tétées, sans agitation excessive, c’est un bon signe qu’il reçoit ce dont il a besoin.
- Des seins plus souples après la tétée : avec la montée de lait, vos seins peuvent être pleins et tendus. Après, ils devraient paraître plus souples, signe que votre enfant a bien bu.
Quand Consulter un Professionnel de Santé ?
Avec l’arrivée de bébé vous vous sentez prête à commencer l’allaitement ! Bravo ! Comme vous le savez peut-être déjà, allaiter apporte de nombreux bienfaits pour vous et votre nourrisson.
En général il faut compter 6 semaines pour qu’un allaitement se mette complètement en place. Et la lactation n’est pas toujours régulière.
Si vous remarquez une baisse de lactation, l’idéal est de revenir à un allaitement à la demande, de proposer le sein plus fréquemment et d’éviter les longues pauses entre les tétées et de s’accompagner de Calmosine Allaitement.
Solliciter les conseils personnalisés d’un ou une consultant(e) en lactation. Dans les sections qui suivent, nous détaillerons chacun de ces conseils pour vous aider à maintenir jour après jour une production de lait abondante et régulière.
N’hésitez pas à échanger avec un professionnel de santé ou un ou une consultant(e) en lactation. Ces spécialistes pourront vérifier que bébé prend bien le sein, que les tétées sont régulières ou proposer des solutions personnalisées.
En cas de doute sur la quantité de lait maternel que votre bébé reçoit ou si vous constatez une baisse de votre production de lait qui perdure, contactez votre professionnel de santé ou demandez conseil à un ou une consultant(e) en lactation.
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