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Stimulation de l'ovulation par les plantes : un guide complet

La phytothérapie, une thérapie naturelle largement répandue, suscite un intérêt croissant, notamment pour les femmes confrontées à des problèmes de fertilité ou traversant des étapes hormonales délicates comme la ménopause. Cet article explore en profondeur le rôle des plantes dans la stimulation de l'ovulation, en mettant en lumière les mécanismes d'action, les plantes les plus pertinentes et les précautions à prendre.

La phytothérapie : une approche naturelle pour la fertilité

De nos jours, la phytothérapie est sans doute la thérapie naturelle la plus utilisée. Bien que non remboursée, la majorité des Français souhaitant se soigner autrement, se tournent vers les plantes. Que vous les préfériez en infusion, en gélules, ou encore en teinture mère, elles trouvent désormais plus que jamais leur place dans l’arsenal thérapeutique de la ménopause. Et pour cause, à l’heure où les médicaments allopathiques ne plaisent pas à tout le monde, si vous participez à ce programme, c’est que vous faites partie de celles qui veulent essayer de se soigner différemment.

Contrairement aux idées reçues, les plantes, bien que naturelles, tout comme les huiles essentielles, ne sont pas sans danger. Leur activité est relativement subtile et doit faire l’objet de bonnes connaissances de votre part. Les phyto-œstrogènes ressemblent à nos propres hormones et peuvent de ce fait s’imbriquer dans nos récepteurs hormonaux. Leur intérêt est multiple, puisqu’ils ont une action sur la majorité des symptômes de la ménopause (bouffées de chaleur, déprime, sécheresse vaginale, …) et ont un effet préventif sur l’ostéoporose, le cancer du sein, le cholestérol.

Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et infertilité : le rôle des plantes

Chez les femmes en âge de concevoir un enfant, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la première cause d’infertilité. Cette pathologie, qui est associée à des risques de complications métaboliques et cardiovasculaires, concerne une femme sur dix. Le traitement du SOPK traite uniquement les signes cliniques en lien avec la maladie. Le traitement médicamenteux est surtout indiqué en cas d’hirsutisme. Les femmes atteintes de SOPK présentent généralement une pilosité excessive dans des zones habituellement glabres (dépourvues de poils). Celle-ci peut apparaître au niveau du visage, du torse, des fesses ou encore du dos. Source de complexes, l'hirsutisme peut être pris en charge médicalement. Des pilules oestro-progestatives sont souvent prescrites en première intention. Si cette pilule s’avère inefficace, le médecin peut proposer de l’acétate de cyprotérone combiné à un œstrogène afin de bloquer le récepteur hormonal au niveau ovarien. D’autre part, les femmes souffrant des ovaires polykystiques développent souvent une résistance à l’insuline. Cette hormone régulatrice de la glycémie (taux de sucre dans le sang) stimule la fabrication de la testostérone par les ovaires.

Le syndrome des ovaires polykystiques touche environ 10 % des femmes, avec des symptômes complexes et très variables d'une personne à l'autre. Son origine n'est pas encore clairement identifiée, mais elle serait probablement multifactorielle, due à un dérèglement hormonal d'origine ovarienne et/ou centrale, lié au stress et/ou à une inflammation. Dans un cycle classique, la LH (hormone lutéinisante, qui permet la maturation de l'ovocyte, puis l'ovulation et la synthèse de la progestérone) est relativement basse, hormis au milieu du cycle où on observe un pic qui déclenche justement l'ovulation. Dans la plupart des cas de syndrome des ovaires polykystiques, la LH reste élevée, sans former de pic, et on observe une hyperandrogénie biologique (taux de testostérone dans le sang anormalement élevé) et/ou clinique (hyperpilosité, acné). Cet excès de LH et de testostérone entraîne des troubles de l'ovulation et du cycle menstruel. C'est pourquoi l'un des critères de diagnostic du SOPK est la rareté des cycles menstruels (moins de huit par an). Quelles que soient les formes prises par le syndrome - il se présente parfois sans hyperandrogénie, et sans taux excessif de LH -, ses complications à long terme sont souvent méconnues des patientes qui en souffrent. Les modifications hormonales prédisposent aussi à l'insulinorésistance et au diabète.

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Heureusement, ce syndrome peut être atténué en choisissant des plantes aux propriétés hormonales qui ont fait l'objet ces dernières années d'études plus ou moins approfondies. Il est possible d’améliorer l’état de santé général des femmes avec un SOPK avec les plantes. Réguler les hormones est l’un des piliers pour lutter contre les ovaires polykystiques.

Plantes pour stimuler l'ovulation et réguler les hormones

Plusieurs plantes sont reconnues pour leur capacité à influencer positivement la fertilité féminine en agissant sur l'équilibre hormonal et en favorisant l'ovulation.

  • Le grémil : Cette plante a une action antigonadotrope, diminuant les sécrétions de LH, de FSH, d'androgènes et d'œstrogènes, antiprolactine et anti-TSH, l'hormone stimulant la thyroïde. Ces plantes sont donc indiquées pour les femmes présentant des taux anormalement élevés de LH et d'androgènes.
  • Le gattilier : Cette plante permet de diminuer la prolactine chez les femmes qui présentent un taux anormalement élevé de cette hormone, avec un taux de LH normal. Cette plante augmente en effet le taux de LH et de progestérone, cette dernière étant déficitaire en cas de SOPK. Mais certaines femmes ne supportent pas le gattilier ; il faudra alors envisager une autre prise en charge. En cas de SOPK, le gattilier est aussi une plante naturelle conseillée. Cette baie, connue sous le nom de “poivre des moines”, était autrefois utilisée par les religieux afin de calmer la libido et pour mieux supporter le vœu de chasteté. Aujourd’hui, le gattilier a révélé des effets positifs sur les cycles menstruels. Le gattilier, également connu sous le nom de Vitex, est une plante particulièrement efficace pour équilibrer les hormones féminines. Il agit directement sur l'hypophyse, favorisant ainsi la production de progestérone. Cette plante est également recommandée pour harmoniser et réguler le cycle menstruel.
  • Le fenugrec : Au travers de plusieurs essais cliniques, des scientifiques ont mis en évidence les bienfaits du fenugrec. Cette plante légumineuse aux vertus médicinales, en particulier ses graines, ont fait leurs preuves sur plusieurs symptômes du SOPK chez 50 femmes participant à une étude. L'intérêt des phytœstrogènes du fenugrec a été confirmé par plusieurs études cliniques : en 2015 notamment, une équipe de chercheurs a suivi 50 femmes entre 18 et 45 ans atteintes de SOPK qui ont pris par voie orale un extrait de graines de fenugrec, enrichi avec 40 % de composés antidiabétiques, sur une période de 90 jours consécutifs. Le but était de déterminer son efficacité pour réduire le volume ovarien et le nombre de kystes.
  • Le curcuma : La curcumine, une molécule présente dans le curcuma, est également une plante proposant des bienfaits intéressants sur les troubles du SOPK. Grâce à son pouvoir anti-inflammatoire, le curcuma réduirait efficacement le volume et le nombre de follicules ovariens. Dans une étude animale de 2004, des rates adultes ayant des anomalies similaires à celles dues au SOPK ont reçu de la curcumine. Cette molécule phare de la racine a permis le retour de tous les paramètres à la normale (profil sérique des hormones sexuelles stéroïdiennes, des lipides, du glucose et de l'hémoglobine glyquée, mais aussi de la capacité antioxydante sanguine), et entraîné la disparition de tous les kystes ovariens.
  • Les plantes riches en phytoestrogènes : Il est possible de consommer des phytoestrogènes, qui sont des œstrogènes présentes dans les végétaux. L'œstrogène est un anti androgène naturel qui permet de lutter contre l'excès d’hormones et qui augmente les fréquences d'ovulation. Les œstrogènes présents dans les végétaux se comportent comme les hormones de notre corps en se liant aux différents récepteurs d'œstrogènes présents dans l'organisme. Or, d'après les résultats d'études internationales, les phytœstrogènes ont une action pertinente dans le SOPK : ils sont capables de diminuer l'hyperandrogénie, la résistance à l'insuline et le poids des ovaires, et d'augmenter la fréquence d'ovulation. Par exemple, la réglisse, la framboise et le soja contiennent de grandes quantités de certains phytœstrogènes comme la biochanine A, la daidzéine, la génistéine et la formononétine. Ces molécules leur confèrent des propriétés antiandrogéniques provoquant la diminution des taux circulants de testostérone chez les patientes souffrant de SOPK.
  • L'alchémille : L'alchemille est également une plante médicinale recommandée pour booster la production de progestérone. Elle possède des propriétés anti-inflammatoires, utiles dans le cas d’un SOPK. L’alchémille est une plante appréciée pour son effet sur le confort du cycle. Elle est également utilisée lors du début de la préménopause pour cela.
  • Le yam : Le yam, ou igname sauvage, est traditionnellement utilisé pour le confort menstruel, y compris pendant la périménopause. Il augmente les taux en hormones surrénaliennes (cortisol notamment), et présente donc des vertus en cas de fatigue.

Autres plantes bénéfiques pour la fertilité

Outre les plantes mentionnées ci-dessus, d'autres peuvent également contribuer à améliorer la fertilité :

  • L'huile d'onagre : Cette huile est extraite des graines de la plante d'onagre et est réputée pour sa richesse en acides gras essentiels, en particulier l'acide gamma-linolénique (GLA). De plus, l'huile d’onagre agit également sur la fertilité en boostant la production de glaire cervicale. Sécrétée au niveau du col de l’utérus, cette glaire change d’aspect et de texture au fil du cycle. Elle permet aux spermatozoïdes de rejoindre plus facilement l’ovule en période de fertilité. Nous ne l’avons pas détaillé plus haut, mais l’huile d’onagre est excellente contre la sécheresse cutanée.
  • Le bourgeon de pommier : Le bourgeon de pommier est également une plante médicinale douce qui vous permet de soutenir la production de progestérone.
  • L'ortie : L'ortie est une véritable alliée de notre métabolisme. Riche en fer, en magnésium et en calcium, elle améliore la circulation et ses agents anti-inflammatoires permettent le développement d'une paroi de l'endomètre saine. C'est cette paroi (qui tapisse l'intérieur de l'utérus) qui s'épaissit chaque mois pour une éventuelle nidation.
  • Les feuilles de framboisier : Les feuilles de framboisier sont riches en calcium et sont un tonique de la muqueuse utérine. C'est donc une plante intéressante lorsqu'on veut préparer une grossesse.
  • Le trèfle des prés : Le trèfle des prés modifie le pH de l'utérus, en le rendant plus alcalin, ce qui favoriserait la conception. En outre, c'est un cocktail de chlorophylle et de protéines, ce qui permet de rééquilibrer l'organisme.

Plantes pour la ménopause et la préménopause

La ménopause marque la fin de la période de fécondité chez la femme. C'est une période de transition que la femme doit traverser avant d'accéder à une étape de sa vie. La périménopause (aussi appelée préménopause) est la période de transition avant la ménopause. Elle est marquée par une diminution de la fréquence des ovulations, des fluctuations des hormones sexuelles sécrétées par les ovaires : œstrogènes et progestérone. Ces deux phases peuvent être accompagnées par la naturopathie, notamment avec des plantes. Arrivée à la fin de la réserve de follicules, l’ovulation ne peut plus se faire, entraînant la diminution de productions hormonales de progestérone puis d'œstrogènes. La préménopause est la conséquence de la baisse de la production de progestérone.

Voici quelques plantes qui peuvent aider à soulager les symptômes de la ménopause et de la préménopause:

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  • Le gattilier : Le Gattilier, qui aide à maintenir le confort du cycle menstruel, y compris lors de syndrome prémenstruel. Son efficacité pour les signes de ménopause et périménopause a été démontrée dans de nombreuses études sérieuses, randomisées avec placebo.
  • Le Yam : Le Yam, ou igname sauvage, est traditionnellement utilisé pour le confort menstruel, y compris pendant la périménopause.
  • L’alchémille : L’alchémille est une plante appréciée pour son effet sur le confort du cycle. Elle est également utilisée lors du début de la préménopause pour cela.
  • Shatavari : Shatavari est une plante importante de la tradition Indienne. Elle aide lors de la ménopause et des cycles menstruels.
  • Houblon : Houblon, utile pour l’équilibre nerveux, le sommeil et la digestion.
  • Lin : Lin : son utilisation est aussi populaire. Ses bienfaits ont été confirmés dans une étude clinique.
  • Actée ou Cimicifuga : Actée ou Cimicifuga : cette plante agit positivement sur les bouffées de chaleur et les transpirations. Il semblerait qu’elle n’agisse pas directement sur le métabolisme des œstrogènes.

Aromathérapie et fertilité

Certaines huiles essentielles (HE) permettent d’améliorer le fonctionnement hormonal et peut-être la fertilité. L’aromathérapie peut accompagner les couples dont la grossesse est difficile à mettre en route sans cause médicale apparente, mais aussi les femmes qui souffrent de dérèglements ovariens.

L’aromathérapie signifie : « Utilisation médicale des huiles aromatiques ». Elle désigne de manière générale l’utilisation des composés aromatiques des plantes ou de parties de plantes, la plupart du temps sous forme d’huiles essentielles (obtenues par distillation) ou d’essences (obtenues par pression à froid). L’objectif est de prévenir et soulager certains troubles physiques ou émotionnels et donc favoriser le bien-être et l’apaisement. Les huiles essentielles sont des solutions actives très odorantes utilisées depuis des millénaires. L’aromathérapie permet donc l’utilisation des huiles essentielles à des fins thérapeutiques.

L’emploi de certaines huiles essentielles ou essences en massage ou en olfaction a des effets positifs sur l’état émotionnel et le désir sexuel (libido) et peut réconcilier une femme ou un homme avec son corps et agir sur sa fertilité.

Voici quelques huiles essentielles particulièrement efficaces pour la fertilité des femmes :

  • L’huile essentielle de sauge sclarée : Certains de ses composants (le sclaréol) stimulent l’action des œstrogènes, qui régulent le cycle menstruel mais modulent également la composition de la glaire cervicale qui rend plus ou moins perméable l’accès des spermatozoïdes jusqu’à l’ovule. En première partie de cycle, l’huile essentielle de sauge sclarée va stimuler la production d’œstrogènes pour encourager la libération d’hormone lutéinisante (qui déclenche l’ovulation).
  • L’Huile Essentielle de gattilier : Elle peut aider les femmes ayant des problèmes de fertilité causés par une aménorrhée secondaire ou par une insuffisance lutéale (insuffisance en progestérone), elle est aussi utilisée en cas de troubles de la nidation.
  • Huile Essentielle d’ylang-ylang : Le puissant parfum harmonisant est réputé pour réguler les hormones et avoir un effet relaxant et aphrodisiaque.
  • Huile Essentielle de Géranium rosat : Harmonise les hormones féminines, améliore l’humeur et a un effet anti-anxiogène.
  • Huile essentielle de Rose de Damas : Améliore l’ovulation chez les femmes infertiles pour lesquelles se manifestent des symptômes de pré-ménopause, et améliore naturellement la production des hormones sexuelles surtout quand il y’en a peu.

Les huiles essentielles suivantes sont spécialement efficaces pour la fertilité des hommes :

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  • Huile essentielle de santal alba : Elle contient un produit similaire à la testostérone masculine et a un effet aphrodisiaque et calmant et améliore l‘humeur.

Précautions d’usage : Il est recommandé de faire un test d’allergie avant l’utilisation des HE, soit une goutte dans le pli du coude afin de vérifier qu’aucune réaction n’apparaît. De plus, il est toujours utile de faire une fenêtre thérapeutique de 5 jours sur 7 ou 3 semaines sur 4.

Importance d'un mode de vie sain

Outre l'utilisation des plantes, adopter un mode de vie sain est essentiel pour optimiser la fertilité. Cela inclut :

  • Une alimentation équilibrée : Une alimentation saine fait aussi partie des solutions naturelles pour lutter contre le SOPK. Une alimentation industrielle peut, à l'inverse, influencer la survenue du SOPK. Une perte de poids d’environ 5 à 10 % semble suffire pour limiter l’hyperandrogénie et augmenter les chances de tomber enceinte avec un SOPK. Pour réduire l’inflammation et soulager les symptômes du SOPK, il peut être judicieux de consommer des vitamines. Il est conseillé d’avoir une alimentation suffisamment riche en fruits et en légumes. Les antioxydants naturels ont aussi des bienfaits sur la santé des femmes atteintes du SOPK.
  • La gestion du poids : Un surpoids ou au contraire une trop grande maigreur peut entrainer une baisse de la fertilité en bouleversant l’équilibre hormonal.
  • L'arrêt du tabac : Diminution du nombre d’ovocytes, altération de la maturité des ovocytes et de leur capacité à être fécondés, baisse de la capacité d’implantation de l’embryon au niveau de l’utérus… : voici quelques uns des effets du tabac sur la fertilité. Au final, le tabagisme pourrait abaisser la fertilité de plus de 10 à 40% par cycle et allonger le délai de conception de près du double.
  • La réduction de la consommation de caféine : Selon certains spécialistes, boire plus de deux tasses de café par jour diminuerait les chances de conception de moitié.
  • La limitation de la consommation de viande : « Réduire les apports en protéines animales au profit des protéines végétales peut améliorer certains troubles de l’ovulation », indique Le grand livre de la fertilité (Eyrolles). Le soir, misez sur les protéines végétales : légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots rouges, fèves…), produits à base de soja, céréales (complètes de préférence) et faites des collations avec des oléagineux (amandes, noix de cajou, etc).
  • La gestion du stress : Le stress peut avoir des conséquences sur l’équilibre hormonal et par ce biais, sur la fertilité. Pour sortir du cercle vicieux stress/difficulté à concevoir, testez la méditation pleine conscience. Les études ont montré que cette méthode de méditation permettait d’abaisser le taux de cortisol, hormone du stress.

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