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Vaccination du nourrisson allaité : causes, enjeux et perspectives

La vaccination des nourrissons, et en particulier ceux qui sont allaités, est une question complexe qui suscite de nombreuses interrogations et parfois des inquiétudes chez les parents. Cet article vise à explorer les causes de ces préoccupations, les enjeux liés à la vaccination infantile et à offrir une perspective éclairée pour aider les parents à prendre des décisions éclairées.

Le contexte de la vaccination infantile en France

En France, la vaccination est un enjeu de santé publique majeur. Elle est obligatoire pour certaines maladies, tandis que d'autres sont simplement recommandées. Actuellement, seuls trois vaccins sont obligatoires : Diphtérie, Tétanos et Poliomyélite (DTP). Cependant, le débat sur l'extension de l'obligation vaccinale à d'autres maladies est récurrent. Le calendrier vaccinal est mis à jour chaque année par le Ministère de la Santé, après avis des experts de la Commission Technique des Vaccinations (Haute Autorité de santé). En plus d’établir la liste des vaccins obligatoires, il précise les dates des injections et des rappels (chez les bébés, les enfants et les adultes).

Les premiers vaccins sont administrés dès l'âge de deux mois, avec des rappels à 11 mois, puis à des âges plus avancés. Ce calendrier précis vise à protéger les nourrissons dès le plus jeune âge, alors que leur système immunitaire est encore immature.

Les causes des préoccupations parentales

De nombreux parents expriment des inquiétudes quant à la vaccination de leurs enfants. Ces préoccupations peuvent être liées à plusieurs facteurs :

  • La multiplication des vaccins : Certains parents ont le sentiment que trop de vaccins sont administrés en même temps, ce qui peut susciter des craintes quant à la capacité du système immunitaire de leur enfant à gérer cette surcharge. Ils peuvent avoir l'impression que leur enfant est un "cobaye des lobbys pharmaceutiques".
  • Les adjuvants vaccinaux : La présence d'adjuvants comme l'aluminium dans certains vaccins est une source d'inquiétude pour certains parents, qui craignent des effets néfastes sur la santé de leur enfant. Cependant, il est important de noter que les études montrent que la quantité d'aluminium présente dans les vaccins ne présente aucun risque pour l'organisme.
  • Le manque d'information et la désinformation : La complexité de l'information scientifique et la circulation de fausses informations sur les vaccins peuvent semer le doute dans l'esprit des parents. Il est donc essentiel de s'informer auprès de sources fiables et de professionnels de santé compétents.
  • La peur des effets secondaires : Comme tout médicament, les vaccins peuvent entraîner des effets secondaires, allant de réactions bénignes (fièvre, douleur au point d'injection) à des complications plus rares mais potentiellement graves. Cette crainte est légitime, mais il est important de mettre en balance les risques liés à la vaccination et les risques liés aux maladies qu'elle permet de prévenir.
  • Le sentiment de perte de contrôle : L'obligation vaccinale peut être perçue comme une atteinte à la liberté individuelle et au droit de choisir pour son enfant. Certains parents souhaiteraient avoir plus de latitude pour décider des vaccins à administrer à leur enfant, en fonction de leurs convictions personnelles.

Les enjeux de la vaccination infantile

La vaccination infantile est un enjeu majeur de santé publique, tant au niveau individuel que collectif.

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  • Protection individuelle : La vaccination permet de protéger l'enfant contre des maladies infectieuses potentiellement graves, voire mortelles. Certaines de ces maladies, comme la rougeole ou la coqueluche, peuvent entraîner des complications sévères chez les nourrissons et les jeunes enfants.
  • Protection collective : La vaccination contribue à l'immunité collective, c'est-à-dire à la protection de l'ensemble de la population, y compris les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées (nourrissons trop jeunes, personnes immunodéprimées). Lorsque le taux de vaccination est suffisamment élevé, la circulation des agents infectieux est limitée, ce qui protège indirectement les personnes non vaccinées.
  • Éradication des maladies : La vaccination a permis d'éradiquer certaines maladies, comme la variole, et de réduire considérablement l'incidence d'autres maladies, comme la poliomyélite. Le maintien d'une couverture vaccinale élevée est essentiel pour éviter la réémergence de ces maladies.

Vaccination et allaitement : points importants

L'allaitement maternel est bénéfique pour la santé du nourrisson, car il lui apporte des anticorps et renforce son système immunitaire. Cependant, l'allaitement ne dispense pas de la vaccination. Les vaccins agissent en stimulant le système immunitaire de l'enfant pour qu'il produise ses propres anticorps contre des maladies spécifiques.

Il est important de noter que l'allaitement ne constitue pas une contre-indication à la vaccination. Au contraire, il est recommandé de poursuivre l'allaitement pendant la période de vaccination, car il peut aider à atténuer certains effets secondaires.

Les vaccins obligatoires et recommandés en France

En France, le calendrier vaccinal comprend des vaccins obligatoires et des vaccins recommandés.

Les vaccins obligatoires sont :

  • Diphtérie, Tétanos, Poliomyélite (DTP) : Ce vaccin protège contre trois maladies graves : la diphtérie (infection bactérienne qui peut provoquer des difficultés respiratoires et des problèmes cardiaques), le tétanos (infection bactérienne qui provoque des contractions musculaires douloureuses) et la poliomyélite (maladie virale qui peut entraîner une paralysie). Le DTP doit être obligatoirement fait avant 18 mois.
  • Rougeole, Oreillons, Rubéole (ROR) : Ce vaccin protège contre trois maladies virales très contagieuses : la rougeole (qui peut entraîner des complications respiratoires et neurologiques), les oreillons (qui peuvent provoquer une inflammation des testicules ou des ovaires) et la rubéole (qui peut causer des malformations congénitales si elle est contractée pendant la grossesse).
  • Coqueluche : La coqueluche est une maladie infectieuse due à une bactérie. Elle se manifeste par une fièvre et des quintes de toux intenses qui peuvent gêner l'alimentation. C'est une maladie très contagieuse qui se transmet par les gouttelettes de salive, lorsque la personne malade tousse. Chez le jeune nourrisson, lors des premiers mois de la vie, la coqueluche peut être très grave. Elle peut entraîner des difficultés respiratoires, des complications neurologiques… C'est la première cause de mortalité par infection bactérienne communautaire chez les nourrissons de moins de 2 mois.

Les vaccins recommandés sont :

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  • Haemophilus influenzae de type B (Hib) : Ce vaccin protège contre une bactérie qui peut provoquer des infections graves, comme la méningite (inflammation des méninges, les membranes qui entourent le cerveau et la moelle épinière) et l'épiglottite (inflammation de l'épiglotte, un cartilage qui protège les voies respiratoires).
  • Hépatite B : Ce vaccin protège contre une infection virale du foie qui peut devenir chronique et entraîner des complications graves, comme la cirrhose et le cancer du foie. Pour l'hépatite B, les études montrent qu'il n'y a pas de risque particulier par rapport aux autres vaccins ; notamment chez un nourrisson de 2 mois qui ne peut pas developper une maladie démyélinisante car pas encore de myéline. La question de son utilité se pose vu la faible prévalence de l'hep B en France dans la population non à risque.
  • Infections à pneumocoque : Ce vaccin protège contre des bactéries qui peuvent provoquer des infections graves, comme la pneumonie (infection des poumons), la méningite et l'otite (infection de l'oreille).
  • Infections à méningocoque de type C : Ce vaccin protège contre une bactérie qui peut provoquer une méningite grave. Le rapport bénéfice risque est favorable même si la on joue sur la peur des parents car tres peu de cas de meningo C en france.
  • BCG (tuberculose) : Il n’est pas obligatoire, mais simplement recommandé dans certains cas (pour les nourrissons particulièrement exposés au bacille de la tuberculose). Il consiste en l’administration d’une dose unique de vaccin, sans rappel.
  • Grippe saisonnière : À partir de 65 ans, une injection par an est recommandée. En cas de grippe, les femmes enceintes présentent un risque accru de survenue de complications pulmonaires et cardiaques et d’hospitalisation en réanimation.
  • Zona : Une injection est recommandée chez les personnes âgées de 65 à 74 ans révolus (même en cas d’antécédent de zona).
  • Infections à papillomavirus humain (HPV) : Même s’il ne s’agit pas d’un vaccin obligatoire, le vaccin contre les infections à papillomavirus humain (HPV) est fortement recommandé chez les filles et les garçons. Il consiste en l’injection de 2 doses, espacées de 6 mois.

Les rappels vaccinaux : une étape essentielle

Pour rester efficaces, certains vaccins nécessitent un ou plusieurs rappels périodiques. Les premiers rappels sont effectués dès l’âge de 11 mois chez le bébé. Comme son nom l’indique, cette nouvelle injection permet de « rappeler » au corps comment se défendre contre l’agent pathogène en cause.

D’autres vaccins et rappels sont ensuite effectués pendant l’enfance et l’adolescence :

  • à 6 ans : l’enfant doit recevoir le deuxième rappel du vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche et la poliomyélite ;
  • entre 11 et 13 ans : il reçoit le troisième rappel du vaccin contre la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, la poliomyélite (avec des doses réduites de l’anatoxine de la diphtérie et de l’antigène de la coqueluche) ;
  • le tétanos, la diphtérie, la coqueluche et la poliomyélite : en plus des 3 rappels déjà effectués pendant l’enfance, il faut programmer un rappel à 25 ans, un à 45 ans et un à 65 ans, puis un rappel tous les 10 ans (le vaccin contient une dose réduite d’anatoxine diphtérique).
  • la coqueluche : il faut prévoir un rappel à 25 ans (si la personne n’a pas été vaccinée depuis 5 ans). Le vaccin quadrivalent contient des doses réduites d’antigène coquelucheux. Ce rappel est particulièrement recommandé chez les personnes qui ont un projet parental (et chez l’entourage de la femme enceinte et les personnes susceptibles d’être en contact étroit avec le nourrisson). La coqueluche peut en effet avoir de graves conséquences chez l’enfant de moins de 6 mois.

L'importance de la vaccination pendant la grossesse

Certaines vaccinations sont importantes pendant la grossesse pour protéger à la fois la mère et le bébé.

  • Rubéole : La rubéole est due à un virus très contagieux, qui se transmet par voie aérienne. Si la maladie est bénigne en dehors de la grossesse, elle provoque encore tous les ans des malformations graves. Malgré la politique de vaccination, il a été noté une recrudescence de la maladie depuis quelques années. On estime à environ 10% le nombre de femmes enceintes non immunisées. Même si ces cas de malformations sont rares (1 à 4 cas pour 10 000 naissances), on ne peut que les regretter dans la mesure où il existe un moyen de prévention efficace. C'est la vaccination. En dehors de la prévention, il n'existe aucun traitement efficace contre la rubéole congénitale. Les conséquences de la rubéole sur le foetus dépendent du stade de la grossesse. Pendant le premier trimestre, la contamination fœtale est quasi-systématique et entraîne des risques importants de fausse couche ou de malformations. Le maximum de gravité se situe entre 8 et 11 semaines d'aménorrhée (SA), avec atteintes cardiaques, oculaires (essentiellement cataracte), de l'oreille interne et cérébrales (microcéphalie ou petite tête, retard mental). Après 12 SA, l'atteinte ne se produit plus que dans 35% des cas et est essentiellement auditive (surdité). Après 16 SA, le virus de la rubéole peut entraîner un retard de croissance intra-utérin, avec atteintes viscérales mais pas de malformations. Au-delà de 18 SA, les risques de malformation semblent quasi nuls. Le vaccin contre la rougeole, la rubéole et les oreillons étant un vaccin vivant atténué, il est contre-indiqué pendant la grossesse, cependant une vaccination réalisée par inadvertance chez une femme enceinte ne doit pas être un motif d'interruption de grossesse. Toute grossesse doit être evitée dans le mois suivant la vaccination. Il convient donc de conseiller aux femmes ayant l'intention de débuter une grossesse de différer leur projet.
  • Varicelle : La varicelle pendant la grossesse peut s’avérer très dangereux pour la maman. En effet, alors que la varicelle est généralement bénigne chez l’enfant, elle peut provoquer chez l’adulte de forts troubles pulmonaires tels que la pneumonie, ou une surinfection bactérienne. En cas de contagion, il vous faudra être très vigilante et surveillez de près l’état de vos poumons. Le risque principal pour votre enfant est la transmission materno-foetale du virus. Le début et la fin de grossesse sont les périodes les plus dangereuses. Entre ces deux périodes, cette maladie est anodine pour le bébé. En début de grossesse (entre la 8ème et la 24ème semaine d'aménorrhée), le risque est la varicelle congénitale : Avant 24 semaines d'aménorrhée, le risque de contamination du foetus est estimé à 8 %, et dans 2 % des cas, cette contagion donne lieu à une varicelle congénitale également appelée varicelle foetale. Comme pour le vaccin contre la rougeole, rubéole et oreillons, le vaccin contre la varicelle est un vaccin vivant atténué. Il est donc contre indiqué pendant la grossesse, même si aucun cas de malformations n'a jamais été decrit si la vaccination est administrée par inadvertance à une femme déjà enceinte. Il nécessite deux doses espacées de 4 à 8 semaines ou de 6 à 10 semaines selon le vaccin utilisé.

Conseils pour une prise de décision éclairée

Face aux interrogations et aux doutes, il est essentiel de se forger une opinion éclairée sur la vaccination infantile. Voici quelques conseils pour vous aider dans votre démarche :

  • Informez-vous auprès de sources fiables : Consultez le site du Ministère de la Santé, de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) ou d'autres organismes de santé reconnus. Évitez les sites complotistes ou les forums de discussion non modérés, où les informations peuvent être biaisées ou erronées.
  • Parlez-en à votre médecin : Votre médecin est votre interlocuteur privilégié pour discuter de la vaccination de votre enfant. Posez-lui toutes vos questions et exprimez vos inquiétudes. Il pourra vous apporter des réponses personnalisées et vous aider à prendre une décision éclairée.
  • Prenez en compte le contexte épidémiologique : L'incidence de certaines maladies peut varier en fonction des régions et des périodes. Renseignez-vous sur la situation épidémiologique locale pour évaluer les risques auxquels votre enfant est exposé.
  • Ne vous laissez pas influencer par la pression sociale : La décision de vacciner ou non votre enfant est personnelle et doit être prise en fonction de vos convictions et de votre évaluation des risques et des bénéfices. Ne vous sentez pas obligé de suivre l'avis de votre entourage si vous n'êtes pas convaincu.
  • Privilégiez le dialogue et l'échange : Discutez de vos interrogations avec d'autres parents, des professionnels de santé ou des associations de patients. L'échange d'expériences et de points de vue peut vous aider à y voir plus clair.

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tags: #retard #vaccination #bébé #allaité #causes

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