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Le rôle crucial de la progestérone placentaire dans l'inhibition des contractions du myomètre chez les bovins

Introduction

La gestation chez les bovins est un processus complexe et finement régulé, dont la durée moyenne est d'environ 280 jours. Le maintien de cette gestation est assuré par l'équilibre délicat entre différentes hormones, parmi lesquelles la progestérone placentaire joue un rôle essentiel. Cet article se penche sur le rôle de la progestérone placentaire dans l'inhibition des contractions du myomètre, un mécanisme crucial pour le bon déroulement de la gestation chez les vaches.

Durée de la gestation chez les bovins : une variabilité naturelle

La durée de la gestation chez une vache n’est pas une constante absolue. Plusieurs facteurs peuvent influencer cette durée, liés à la fois à la mère et au veau.

Facteurs liés à la mère

  • Race : La race bovine est un facteur déterminant. Par exemple, la durée de gestation peut varier de 277 jours chez les Holsteins à 295 jours chez les Blondes d’Aquitaine. Les races Charolaises et Limousines ont une durée de gestation d'environ 290 jours, tandis que les Aubracs et les Salers se situent autour de 285 jours.
  • Variations individuelles : Même au sein d'une même race, il peut exister de légères différences entre les individus.
  • Nombre de gestations : Une première gestation est en moyenne plus courte de 2 à 3 jours par rapport à la « norme ».

Facteurs liés au veau

  • Sexe du veau : La gestation est généralement plus longue de 2 à 3 jours lorsque le veau est un mâle.
  • Gestation gémellaire : En cas de naissance de jumeaux (environ 3 % des gestations), la durée de la gestation est réduite de 3 à 6 jours.

Le veau : l'initiateur du processus de mise bas

Bien que divers facteurs influencent la durée de la gestation, c'est le veau lui-même qui initie le processus de mise bas. La naissance représente un moment critique pour le veau, qui passe d'un environnement protégé à un environnement extérieur où il doit immédiatement respirer, se nourrir et se protéger du froid. La survie du veau dépend donc de la maturité de ses organes.

Le veau ne déclenche la cascade hormonale conduisant à sa naissance que lorsqu'il est prêt à affronter ces changements. Le point de départ serait la maturation des thermorécepteurs situés dans le cerveau du veau (hypothalamus). La perception de la chaleur de son environnement déclenche le processus.

Le rôle de la progestérone dans le maintien de la gestation

La gestation est maintenue par un taux élevé de progestérone et une production réduite d’œstradiol. La progestérone est produite par le corps jaune présent dans les ovaires, et en fin de gestation, par le placenta. Cette hormone inhibe les contractions utérines et permet le maintien de la gestation. La mise bas ne pourra avoir lieu que si cette situation s’inverse.

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Progestérone placentaire : un inhibiteur clé des contractions utérines

La progestérone, produite initialement par le corps jaune et ensuite par le placenta, joue un rôle crucial dans le maintien de la gestation. Son action principale est d'inhiber les contractions du myomètre, la couche musculaire de l'utérus. Cette inhibition est essentielle pour empêcher une expulsion prématurée du fœtus et garantir le bon déroulement de la gestation jusqu'à terme.

Déclenchement du vêlage : une inversion du rapport progestérone/œstrogènes

La mise bas ne peut avoir lieu que si l'équilibre hormonal s'inverse, c'est-à-dire si le taux de progestérone diminue et que le taux d'œstrogènes augmente. Ce processus est initié par le fœtus lui-même.

Le cortisol : l'hormone clé du déclenchement

Tout démarre donc de l’hypothalamus du fœtus qui va provoquer la sécrétion d’une hormone, l’ACTH, par l’hypophyse. L’ACTH va à son tour conduire à la sécrétion d’une autre hormone : le cortisol, par les surrénales du fœtus. Le taux de cortisol fœtal augmente ainsi progressivement pendant les sept jours qui précèdent la mise bas, et subit une forte augmentation dans les deux derniers jours. Il va ainsi contribuer à préparer le veau à sa vie extra-utérine, en mettant en route les fonctions vitales nécessaires à sa survie (comme la synthèse du surfactant pulmonaire, substance qui tapisse les alvéoles pulmonaires, indispensable au fonctionnement des poumons). Le vêlage n’a bien lieu que lorsque le veau a atteint un stade de maturité suffisant pour lui permettre de survivre dans le milieu extérieur. Ainsi, le cortisol est l’hormone-clef du déclenchement de la mise bas.

Action du cortisol sur le placenta

Le cortisol agit à son tour sur le placenta, en modifiant l’activité des enzymes liées à la fabrication de progestérones et d’œstrogènes et en inversant les tendances… : la progestérone se trouve ainsi en quantité réduite ; par conséquent, son rôle d’inhibition des contractions utérines, qui jusque-là permettait de maintenir la gestation, est largement amoindri. Le taux d’œstrogènes, quant à lui, augmente.

Rôle des œstrogènes dans la stimulation des contractions utérines

Au contraire des progestagènes, ils ont une action directe sur l’utérus en augmentant sa contractilité. Ils stimulent également la fabrication de « jonctions » entre les cellules de la partie musculaire de l’utérus (myomètre), qui permettent la propagation des contractions dans tout l’utérus.

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Action indirecte des œstrogènes : prostaglandines et ocytocine

Mais les œstrogènes vont également avoir une action indirecte en conduisant à la synthèse d’autres substances : les prostaglandines, qui vont être produites par l’utérus, et l’ocytocine, sécrétée par l’hypophyse, cette fois de la mère.

S’installe alors un véritable cercle vicieux : l’ocytocine va à son tour stimuler les contractions utérines. La distension de l’utérus, ses contractions, vont de leur côté stimuler la sécrétion d’ocytocine par l’hypophyse. Les prostaglandines quant à elles jouent ce même rôle à deux titres : en agissant directement sur l’utérus, et indirectement, en détruisant le corps jaune encore présent, lui-même responsable de la production de progestérones. Un autre moyen de favoriser les contractions utérines. Enfin, les prostaglandines interviennent également dans la maturation du col.

Phase d'expulsion du veau

Enfin, quand le col se dilate, le fœtus s’engage progressivement dans la filière pelvienne. La dilatation du vagin provoque alors une décharge d’ocytocine qui renforce encore les contractions utérines, de plus en plus fortes et de plus en plus fréquentes, afin de parvenir à une expulsion rapide ; c’est le réflexe « de Ferguson ». Le cortisol est l’hormone du déclenchement, l’ocytocine est celle de l’expulsion.

Intervention possible de la mère

Donc, une fois que le signal de départ est donné par le veau via le cortisol, tout se déroule et s’enchaîne selon un processus bien établi, inexorable, qui va conduire à l’expulsion du veau. Toutefois, la mère peut intervenir dans certains cas ! Il existe un système de contrôle qui lui permet de repousser la naissance de quelques heures en situation de stress. En effet, la libération d’adrénaline inhibe les contractions utérines et de ce fait, retarde le moment de la mise bas. Mais cela n’est possible que si le col n’est pas dilaté, donc plutôt au début du processus. C’est ainsi que dans le milieu sauvage, une femelle sur le point de mettre bas est capable de bloquer le processus en présence d’un prédateur, et c’est ce qui explique qu’une vache dérangée dans sa phase de préparation risque finalement de mettre plus de temps à vêler.

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