Les paramètres vitaux sont un ensemble de mesures essentielles qui fournissent un aperçu précis de l’état de santé global d’un patient. Ces indicateurs clés sont essentiels pour les professionnels de santé, car ils permettent d’évaluer rapidement l’état physique d’un patient. La surveillance de ces paramètres est un élément essentiel de l'évaluation de la santé, en particulier chez l'enfant, permettant d'identifier les signes de détresse et de prendre les mesures nécessaires en cas de besoin.
Composantes des paramètres vitaux
L’ensemble des paramètres vitaux sont des mesures clés de l’état de santé général d’une personne. Ils comprennent :
- La température corporelle
- Le rythme cardiaque
- La fréquence respiratoire
- La pression artérielle
- La saturation en oxygène
- La glycémie
- La diurèse
- Le score de Glasgow
Température corporelle
La température corporelle est un autre paramètre vital essentiel à surveiller. La mesure du degré de la chaleur de l’organisme dépend du climat et de l’heure. La température corporelle normale d’un adulte en bonne santé varie entre 36,8°C et 37,5°C. L’hyperthermie correspond à une température corporelle supérieure à 37,8°C, tandis que l’hypothermie est caractérisée par une chute de la température corporelle en dessous de la norme.
Méthode de prise de température et normes associées :
- Voie rectale : Entre 36.6 et 38 °C (Température trop élevée (fièvre) : Plus de 38 °C)
- Voie buccale : Entre 35.5 et 37.5 °C (Température trop élevée (fièvre) : Plus de 37.5 °C)
- Voie axillaire : Entre 34.7 °C et 37.5 °C (Température trop élevée (fièvre) : Plus de 37.5 °C)
- Voie tympanique : Entre 35.8 et 38 °C (Température trop élevée (fièvre) : Plus de 38 °C)
Fréquence cardiaque
La fréquence cardiaque, mesurée en battements par minute (BPM), est un indicateur essentiel de la santé cardiovasculaire. L’analyse du nombre de pulsations peut aider à identifier une pathologie, à évaluer la tolérance du patient à cette pathologie et/ou à mesurer l’efficacité d’un traitement médicamenteux. Il convient de noter certaines spécificités pour les personnes sportives et en surpoids. Les sportifs ont souvent une fréquence cardiaque plus basse (bradycardie), car leur cœur, plus musclé, nécessite moins d’efforts pour pomper le sang.
Lire aussi: Paramètres de croissance fœtale expliqués
Normes de fréquence cardiaque selon le type de patient :
- Adulte : De 60 à 80 pulsations par minute au repos
- Nourrisson : De 120 à 160 pulsations par minute
- Enfant de 1 an : De 90 à 150 pulsations par minute
- Enfant de 4 ans : De 70 à 130 pulsations par minute
- Enfant de 10 ans : De 55 à 120 pulsations par minute
- Enfant de 14 ans : De 50 à 110 pulsations par minute
Lors de la mesure de la fréquence cardiaque, on peut déceler une augmentation au-delà de 100 battements par minute (tachycardie), une diminution de moins de 50 battements par minute (bradycardie), une irrégularité (arythmie) ou l’association d’une augmentation et d’une irrégularité (tachyarythmie).
Fréquence respiratoire
La fréquence respiratoire, qui correspond au nombre de cycles respiratoires (une inspiration et une expiration) qu’une personne effectue en une minute, est un autre indicateur vital important. La fréquence respiratoire normale d’un adulte en bonne santé se situe entre 12 et 20 cycles par minute.
Normes de fréquence respiratoire selon l’âge :
- Adulte : 12 à 20 inspirations par minute
- Nouveau-né : 40 à 45 inspirations par minute
- Enfant de 2 ans : 40 inspirations par minute
Une anomalie de la fréquence respiratoire peut se caractériser par une accélération (tachypnée), un ralentissement (bradypnée), une difficulté (dyspnée), une accélération avec diminution du volume respiratoire (polypnée) ou une absence de respiration (apnée). Il faut être attentif à la présence de douleur à l’inspiration ou à l’expiration.
Lire aussi: Péridurale et Coagulation : Que Savoir ?
Pression artérielle
La pression artérielle représente la pression exercée par le sang sur les parois des artères. Elle est exprimée en millimètres de mercure (mmHg). On considère généralement qu’une tension artérielle de 120/80 mmHg est normale. Une tension artérielle élevée peut indiquer une maladie cardiaque ou un risque d’accident vasculaire cérébral, tandis qu’une tension artérielle basse peut signaler une déshydratation ou un état de choc. L’hypertension correspond à une tension artérielle supérieure à 140/90 mmHg. L’hypotension, quant à elle, est caractérisée par une tension artérielle inférieure à 90/60 mmHg. Les symptômes peuvent inclure de la fatigue, des étourdissements et des vertiges.
Normes de tension artérielle chez l’adulte (en mmHg) :
- Optimale : 120/80
- Normale : Entre 120/80 et 139/89
- Hypertension grade 1 : Entre 140/90 et 159/99
- Hypertension grade 2 : Entre 160/100 et 179/109
- Hypertension grade 3 : Supérieure à 180/110
Normes de tension artérielle selon l’âge (en mmHg) :
- Adulte : 120/80
- Enfant de 1 an : 94/49
- Enfant de 2 ans : 97/54
- Enfant de 4 ans : 102/62
- Enfant de 6 ans : 105/68
- Enfant de 10 ans : 111/73
- Enfant de 14 ans : 120/75
En cas d’hypotension, l’infirmier(e) doit éliminer la possibilité d’un état de choc, qui est une urgence médicale. Si un patient présente des signes de malaise, comme des étourdissements ou des vertiges, qui pourraient indiquer une baisse de la pression artérielle, l’infirmier peut envisager de lever les jambes du patient ou de l’installer en position déclive. En cas d’hypertension, il est recommandé de placer le patient en position allongée dans un environnement calme et propice au repos. Il est ensuite essentiel de reprendre la mesure de la pression artérielle après une période de 10 à 15 minutes. Si le patient présente une hypertension, il faut envisager la possibilité qu’elle soit due à la douleur par exemple.
Saturation en oxygène
La saturation en oxygène, ou SaO2, est une mesure qui indique la quantité d’oxygène transportée par le sang. Elle est exprimée en pourcentage et, pour un individu en bonne santé, elle se situe généralement entre 95% et 100%. L’hypoxémie se définit par une saturation en oxygène inférieure ou égale à 90%. C’est un état qui nécessite une attention médicale immédiate, car il indique que le corps ne reçoit pas suffisamment d’oxygène pour fonctionner correctement.
Lire aussi: Devenir Auxiliaire de Puériculture : Guide Complet
Glycémie
La glycémie correspond à la concentration de glucose dans le sang. Le glucose, directement assimilable par les cellules, est le sucre de base et un carburant indispensable au métabolisme cellulaire. Les glucides se composent de sucres simples proches du glucose (fructose des fruits, lactose du lait, saccharose). La glycémie dépend des apports en glucides (via l’alimentation), des dépenses (activité des organes) et de la régulation hormonale (surtout l’insuline).
La glycémie d’un adulte en bonne santé se situe entre 0,70 et 1,20 g/l (ou de 4 à 7 mmol/l). Une glycémie élevée peut indiquer un diabète, tandis qu’une glycémie basse peut signaler un jeûne prolongé ou un surdosage en insuline. L’hypoglycémie correspond à une glycémie inférieure à 0,70 g/l. L’hyperglycémie, quant à elle, est caractérisée par une glycémie supérieure à 1,20 g/l. En cas d'hypoglycémie, il faut administrer du sucre, soit par voie orale, soit par voie intraveineuse.
Pour mesurer la glycémie, il est nécessaire de vérifier la compatibilité du lecteur et des bandelettes et leur date de péremption. Vérifier la calibration du lecteur, sinon, le calibrer (pourrait fausser le résultat). Comprimer en dessous de la zone de prélèvement pour y faire affluer le sang. Déposer une goutte de sang sur la cellule de la bandelette. Il existe un système d’autosurveillance du glucose, un dispositif de mesure en continu des taux de glucose dans le liquide interstitiel.
Diurèse
La diurèse fait référence à la quantité d’urine produite sur une période donnée. C’est une mesure importante pour évaluer l’état de santé d’un patient, car elle peut aider à identifier des infections, des déséquilibres électrolytiques et d’autres affections. Un adulte sans problème de diurèse produit entre 1 à 2 litres d’urine par jour.
Une anomalie de la diurèse peut se caractériser par une forte diminution ou une suppression (anurie) de la sécrétion d’urine, une augmentation (polyurie) ou une augmentation de la fréquence des mictions (pollakiurie). En plus de la quantité, des caractéristiques telles que la couleur, l’odeur, la clarté et le volume de l’échantillon d’urine sont prises en compte lors de l’évaluation de l’excrétion urinaire.
Indice de masse corporelle (IMC)
L’indice de masse corporelle ou IMC se calcule en divisant le poids en kg par le carré de la taille en mètre. L’IMC est exprimé en kg/m². Par exemple, une personne de 60 kg mesurant 1m62 aura un IMC de 22.8 (60/1.62²).
Catégories de poids selon l’IMC (kg/m²) :
- Poids normal : Entre 18.5 et 24.9
- Surpoids : Entre 25 et 29.9
- Obésité modérée : Entre 30 et 34.9
- Obésité sévère : Entre 35 et 39.9
- Obésité morbide : Plus de 40
Score de Glasgow
Le score de Glasgow est un outil clinique utilisé pour évaluer l’état de conscience d’un patient. Il se base sur trois critères : l’ouverture des yeux, la réponse verbale et la réponse motrice du patient. Les scores plus élevés correspondent à des niveaux de conscience plus élevés. Il est important de mener une enquête sur les antécédents médicaux, en recherchant tout antécédent neuro-chirurgical, ainsi que la prise de médicaments (en particulier d’anticoagulants).
Rôle de l'auxiliaire de puériculture
La surveillance des paramètres vitaux est une compétence essentielle pour les auxiliaires de puériculture. Elle permet d'identifier les signes de détresse et de prendre les mesures nécessaires en cas de besoin. Les auxiliaires de puériculture doivent rester vigilants et surveiller tout changement ou toute irrégularité dans les paramètres vitaux d’un patient.
Les infirmiers(e)s doivent rester vigilants et surveiller tout changement ou toute irrégularité dans les paramètres vitaux d’un patient. La prise en compte des normes pédiatriques est essentielle, car les enfants ne sont pas de simples miniatures d’adultes. Leur âge et leur stade de développement doivent être pris en compte lors des soins et de l’administration des traitements. Les enfants ne communiquent pas toujours leurs besoins aussi clairement que les adultes, il est donc crucial d’être observateur et sensible à tous les signaux qu’ils donnent.
La mesure ou prise des constantes vitales fait partie des missions des infirmiers, inscrites à l’Article R 4311-5 du code de la Santé Publique : « Recueil des observations de toute nature susceptibles de concourir à la connaissance de l'état de santé de la personne et appréciation des principaux paramètres servant à sa surveillance : température, pulsations, pression artérielle, rythme et fréquence respiratoires, taux de saturation en oxygène, volume de la diurèse, poids, dont indice de masse corporelle (IMC) calculé à l'aide d'un outil paramétré, mensurations, mesure du périmètre crânien, réflexes pupillaires, réflexes de défense cutanée, observations des manifestations de l'état de conscience, évaluation de la douleur ».
L’infirmier ou l’infirmière peut établir pour chaque patient un dossier de soins infirmiers contenant tous les éléments relatifs à son propre rôle et permettant le suivi du patient (Article R. 4312-28). L’infirmier ou l’infirmière communique au médecin prescripteur toute information en sa possession susceptible de concourir à l’établissement du diagnostic ou de permettre une meilleure adaptation du traitement en fonction de l’état de santé du patient et de son évolution (Article R. 4312-29).
Analyse et interprétation des paramètres vitaux
L’analyse des normes applicables aux paramètres vitaux doit être individualisée et tenir compte du contexte des symptômes et des antécédents médicaux du patient. L’infirmière ou l’infirmier a le devoir d’interroger le patient et d’examiner son dossier médical pour établir des liens entre les paramètres vitaux et tout signe clinique pouvant indiquer une défaillance. Il est important de partir des valeurs de référence du patient. Les valeurs que nous allons examiner sont des « normes » qui doivent être replacées dans leur contexte. Quelles sont les valeurs de référence ? Quel est le contexte clinique ?
Mise au repos : mettre le patient au repos pendant une dizaine de minutes. Évaluation du rythme cardiaque : après la période de repos, l’infirmier(e) doit réévaluer le rythme cardiaque du patient. Gestion des facteurs confondants : si le patient présente une hypertension, il faut envisager la possibilité qu’elle soit due à la douleur par exemple.
Conclusion
En conclusion, les paramètres vitaux sont des indicateurs clés de la santé et du bien-être du patient. Leur surveillance rigoureuse et leur interprétation adéquate sont essentielles pour assurer une prise en charge optimale et garantir la sécurité des patients. N.B. : les valeurs spécifiques peuvent varier en fonction des sources et des individus.
tags: #paramètres #vitaux #auxiliaire #de #puériculture #definition